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De la guerre au Congo-Kinshasa

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Lucien Mbala, Jean Robert Biba, Kutambi Bankina

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L'évolution de la situation socio-politique au Congo-Kinshasa depuis 1996 doit interpeller tous les congolais. Tous se passe comme si le sort du peuple congolais
n'avait aucune importance. Que seul le pouvoir comptait et cela à n'importe quel prix,
- Au prix des massacres des populations congolaises, Hutus ou Tutsies, selon les alliances;
- Au prix de mettre en péril l'intégralité de la nation congolaise;
- Au prix des alliances douteuses avec des puissances étrangères.

Cette lettre est une lettre ouverte :
- À la classe Politique congolaise que nous tenons en partie pour responsable de la dégradation de la situation au Congo-Kinshasa ;
- Aux autorités de la rébellion qui consciemment ou non participent au martyre du peuple congolais;
- Aux autorités Rwandaises, Oungandaises et dans une moindre mesure, aux autorités Burundaises, qui, à deux reprises, par des actions prémeditées et planifiées, veulent assujetir le peuple congolais au profit de la minorité tutsie en prenant pour prétexte la présence des factions rèbelles armées le long de leurs frontières avec la complicité de certains fils égarés du pays assoifés de pouvoir et d'argent; aux autorités de la rébellion qui, cosciemment ou non, participe au martyre du peuple congolais.

C'est aussi un cri de tristesse, d'impuissance, de rage. En effet, comment peut-on rester silencieux et indifférent,
- lorsque l'on voit des congolais verser le sang de leurs propres frères pour défendre
des intérêts des puissances etrangères,
- lorsque des congolais sont prêts a aliéner leur independance, leur souveraineté,
- lorsqu'ils sont prêts à acorder en masse à des populations étrangères la nationalité congolaise,
- lorsqu'ils bradent les richesses du pays,
- lorsqu'ils participent au pillage économique du pays, pour bénéficier de soutien militaire afin d'accéder au pouvoir ou de s'y maintenir.

Encore une fois, le sang congolais coule pour la conquête du pouvoir. Le peuple est pris en otage par des hommes politiques versatiles et sans scrupules.

La classe politique a conduit et conduit le pays vers l'anarchie, le chaos et si l'on y prend garde vers la désintégration; et personne ne mérite, dans l'état actuel des choses, l'indulgence ou la confiance du peuple. Elle attend tout simplement l'arrivée
des nouveaux maîtres dans l'espoir de composer avec eux. Sinon, elle demandera le boycott du nouveau pouvoir.

Cette classe politique incompétente, incoséquente a trahi la confiance du peuple en sabordant les acquis de la Conférence Nationale lorsqu'elle a soutenu moralement la rébellion de Mr. Kabila alors qu'elle devait savoir que cette soi-disant rébellion n'était
en réalité qu'une invasion des forces rwando-ougandaises avec la complicité des valets congolais, lorsqu'elle a accepté l'auto-proclamation de Mr. Kabila comme chef de l'Etat au détriment des institutions prévues par la Conférence Nationale Souveraine.
Par son silence coupable actuel, elle trahit encore une fois le peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer. Elle légitime le recours aux armes comme moyen d'expression du mécontentement lorsque l'on est pas associé à l'exercice du pouvoir.
En laissant Kabila avec ses hordes étrangères envahir le pays et accéder au pouvoir, elle a créé un dangeureux précédent qu'elle confirme avec la rébellion actuelle.

Quant à Monsieur Kabila, il porte une très grande responsabilité dans la situation que connait le pays, sa soif du pouvoir l'a conduit à accepter le soutien des forces etrangères parainnées à l'époque par les USA, non pour soutenir le processus démocratique en marche au Congo mais pour le casser.
Allié des Rwandais et autres Ougandais, il a incorporé dans son mouvement à de grands postes de commandement des éléments non congolais, il a neutralisé des congolais d'origine afin de rester seul maître à bord ( voir disparution du Général Kisase Ngandu,... )

Au pouvoir, il a accordé à ces étrangers des postes de haute responsabilité au sein de l'Etat congolais pour service rendu à sa rébellion. En réalité, ces hommes lui ont été imposés par le Rwanda et l'Ouganda pour mieux le contrôler. Et voulant s'affranchir, ses anciens alliés ont entrepris une nouvelle invasion du pays ayant pu trouver d'autres fils égarés du Congo.

En entrant dans le jeu rwando-ougandais, il a comploté contre la sécurité intérieure et extérieure du Congo. Il en est de même des dirigeants actuels de la rébellion. En effet, comment Mr. Kabila qui n'est pas Muanamulenge pouvait-il être à la tête de la rébellion des banyamulenge?, c'est comme si un mukongo était à la tête d'une rébellion des baluba ou vice-versa. C'est tout simplement absurde. Il s'est agi bel et bien d'une invasion externe du pays. Quels gages a donné Mr.Kabila, quelles promesses a t-il faites à ses commanditaires pour être à la tête de cette rébellion organisée en AFDL.(Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) et ainsi prendre le risque d'introduire des puissances etrangères jusqu'au coeur du pouvoir?
C'est le même scenario qui est en train de se jouer actuellement avec la nouvelle Rébellion organisée pour l'occasion en RCD(Rassemblement Congolais pour la Démocratie)

S'agissant du Rwanda, de l'Ouganda et Burundi, ce n'est pas, à notre avis, la sécurité à leurs frontières avec le Congo qui les intéressent. Sinon, comment peut-on expliquer que leurs armées se trouvent à plusieurs milliers de kilomètres des frontières qu'ils veulent soi-disant sécuriser?
Ces Etats auraient dû retirer leurs troupes une fois que la mission de sécurité était accomplie.
Or, avec Mr. Kabila, ils ont pris le pouvoir à Kinshasa et avec leurs nouveaux alliés du RCD, ils contrôlent près de la moitié du territoire national.

Nous croyons que le dessein secret de ces pays était et est de mettre en place à Kinshasa soit un gouvernement congolais sous contrôle tutsi, ce qu'ils ont failli réussir avec
Mr. Kabila, soit, si possible, un régime minoritaire tutsi comme c'est le cas au Rwanda et
au Burundi qui contrôlerait l'armée, l'appareil sécutaire et répressif de l'Etat, l'administration afin d'assujetir le peuple congolais dans un premier temps. Dans un deuxième temps, par la terreur, obliger les populations congolaises du Kivu à quitter la région et les remplacer par les tutsis venant du rwanda, du burundi et de l'ouganda.
Enfin, sous la pression des nationalistes congolais qui n'accepteraient pas une telle politique, ces populations tutsies devenues largement majoritaires au Kivu demanderaient leur rattachement au rwanda. Ainsi, le grand projet d'un tutsiland cher à Monsieur Kagame et à certains extremistes tutsis serait réalisé.

Quant à l'actuelle rébellion, elle n'est crédible ni dans sa démarche, ni dans ses soutiens. En fait, il s'agit d'une triste et mauvaise répétition de ce que nous avons connu avec
Mr. Kabila et l'AFDL. N'y avait-il pas d'autres moyens pour obliger le dictateur Kabila à accepter les réformes démocratiques?, et surtout, fallait-il s'allier avec ceux-la même qui avec Mr. Kabila et l'AFDL ont commis des crimes abominables sur le sol congolais?,
qu'adviendrait-il des rwandais et ougandais qui se battent pour la rébellion si par malheur les rébellent prenaient le pouvoir à Kinshasa?, auraient-ils aussi des postes de responsabilité au sein de l'Etat?, que leur a-t-on cette fois-ci promis?.

Au cours de ces conflits qui nous ont été imposés, tant de crimes de sang ont été commis; ils ne doivent pas rester impunis. Ceux qui les ont ordonnés, cautionnés ou exécutés doivent être traduits en justice.
Puisqu'il existe déjà un Tribunal Pénal International pour le Rwanda, nous démandons qu'il soit transformé en Tribunal Pénal International pour les Grands Lacs afin de juger les auteurs de crimes commis dans cette région depuis le Genocide des tutsis jusqu'aux massacres commis actuellement sur le sol Congolais ( voir les massacres des hutus et des déplacés congolais depuis 1996, voir aussi les massacres de Makobola, Kasika, Businga....).

A cet effet, nous accusons Mr. Kabila et ses acolytes, les dirigeants de la rébellion,
les autorités rwandaises et ougandaises, de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Nous nous rejouisons que Mr. Kabila ait reconnu l'existence du massacre au Congo(voir le quotidien belge le soir du 19-11-1998), quoiqu'il essaye de tout mettre sur le dos de ses anciens alliés.
Aux côtés de ces crimes de sang, il y a aussi des crimes économiques qui sont commis.
En effet, nul ne peut rester indifférent au bradage et au pillage des richesses du pays au titre de l'effort de geurre.
Pendant que l'Etat accordent des avantages excessifs à ses alliés angolais et zibambwéens particulièrement, les territoires sous contrôle rebelle est devenu un lieu où tous les trafics sont permis au profit du RCD , des rwandais et ougandais et cela au détriment du bien être des congolais.

La solution à la crise congolaise ne viendra ni de Mr. Kabila et ses acolytes. Car, avec tout le sang qu'ils ont sur leurs mains, ils ferons tout pour rester le plus longtemps possible au pouvoir afin d'échaper à d'éventuelles poursuites judiciaires; ni de la Rébellion qui pour échapper aussi à d'éventualles poursuites doit, soit s' emparer du pouvoir pour s'assurer une certaine impunité, soit composer avec Mr. Kabila et ainsi se mettre à l'abri tant que durera leur lune de miel; ni à l'actuelle classe politique qui n'est apte qu'à des compromissions. Et c'est cette prostitution de la classe politique depuis 1990 qui est la cause des malheurs qui frappent le peuple congolais.

C'est pourquoi, nous lancons un appel au peuple congolais de se désolidariser de cette classe politique versatile, traitresse qui ne pense qu'au pouvoir et non au bien-être du peuple et de promouvoir une nouvelle élite politique, jeune et nationaliste, qui appelera aux respects des acquis de la Conférence Nationale afin de doter le pays, dans le consensus national, d'institutions fiables et viables dans lesquelles le peuple se reconnaitra car il aura lui-même choisi les dirigeants qui le gouverneront.


Lucien Mbala, Jean Robert Biba, Kutambi Bankina

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