GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Massacre de la Saint-Sylvestre à Makobola !

politi3.jpg (679 octets)

Jacques Mangalaboyi

politi3.jpg (679 octets)
L'Editorial de La Nouvelle Présence Congolaise (n0 15)

"Combien sont morts à la Saint-Sylvestre à Makobola ? - Y avait-t-il un Tusti parmi les victimes ? - Non. - Eh bien, circulez, il n’y a rien à voir. C’est une question sans importance si ce ne sont que des Congolais génocidaires... ".

Ainsi va la vie au Congo-Kinshasa. Ainsi donc les horreurs commises par les rebelles et leurs commanditaires peuvent se répéter et se ressembler, la communauté internationale n’en a cure tant qu’il s’agit de nos compatriotes. Et le spectacle donné par certains médias ajoute encore un peu plus au ridicule de leurs complices. Sur la chaîne de télévision belge RTBF, au journal de mardi 5 janvier de la mi-journée, il a fallu attendre 27 minutes pour voir traiter le sujet du massacre de Makobola. Après que les nouvelles internationales aient été données : une banale actualité de théâtre. Quand vint le sujet de massacre, la journaliste commença son message par un démenti formel des rebelles sur la réalité des massacres, même si le reportage suivant montrait le contraire. Ces mêmes journalistes s’agitent quand un Tutsi est tué. Ils se déplacent alors avec micros et caméras, interrogent des femmes éprouvées, s'attardent sur les enfants orphelins et les pleureuses aux complaintes émouvantes, les évêques aussi pathétiques, sanglés dans leurs tenues d’apparat tandis que leurs objectifs balayent des cercueils alignés devant des tombes fraîchement creusées. Leurs commentaires, toujours de source indépendante, confirment les faits et dires de leurs alliés, continuant ainsi à diaboliser Kabila et les Congolais génocidaires. La nouvelle a-t-elle été donnée par une agence de Vatican à Rome ? Qu'importe : Où est Philippe Lamair ? "Il faudra se méfier", ajoute Colette Braeckman, "ces missionnaires sont connus pour leur hostilité envers les Tutsi." Que disent les chefs des rebelles ? Pour Kasika, trois semaines après le début de la guerre, au mois d'août, Wamba dia Wamba, ci-devant président de la coalition hétéroclite des rebelles, a promis une commission d’enquête menée par les rebelles eux-mêmes. De fait, personne ne s’y intéresse, et puis c’est encore l’Observatore Romano qui a donné la nouvelle. Peut-être que cette fois-ci, pour Makobola, la communauté internationale s’y intéresse parce que des membres de la Croix-Rouge internationale et de HCR ont été victimes ? Quant à nous, pauvres Congolais, prenons bonne note et gardons en mémoire ce qu’une ONG du Kivu nous a envoyé pour diffusion : "Dans la nuit du 29 au 30 et 31 décembre 1998, plusieurs centaines de familles et autres personnes y compris les femmes, les enfants et les vieillards, ont été massacrés par les troupes rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) à Bangwe, Katuta et Kashekezi, trois localités qui forment le village de Makobola II dans la zone de Fizi à quelques 15 km au Sud d'Uvira. Certaines victimes, toutes congolaises, sont déjà connues, dont : Ndama-Rusangira, diacre catholique de la Diaconie de Makobola ; Godesenge plus un secouriste de la Croix-Rouge avec son épouse et ses cinq enfants ; Kinyamagoya, pasteur de l'Eglise Protestante à Makabola avec ses sept enfants ; Elanga Mushunguto, Chef d’équipe de la Croix-Rouge à Makobola avec son épouse et ses quatre enfants ; Malaki-Kitungano, secouriste de la Croix-Rouge à Makobola ; la famille Leta Magumu (onze personnes) ; la famille Nabigoberera (dix-huit personnes) ; M. Stongwa ; M. Maneno avec ses sept enfants ; M. Byaku Bongya avec son épouse et ses enfants ; Mme Malata avec ses deux enfants ; Mzee Bili Onyuma avec ses quatre enfants et quatorze petits-fils et trois belles-filles ". Combien sont-ils morts ? Au moment où cette ONG recevait ce message, "le secteur était fermé et interdit à toute circulation, même à l’administrateur civil nouvellement nommé par le mouvement rebelle. Le massacre a été commis par les combattants Banyamulenge dirigés par un commandant d'origine rwandaise, très connu à Uvira sous le sobriquet de Shetani (le diable en français).

Juste un mot pour clore (momentanément) ce sujet. Après un premier démenti, les autorités rebelles ont ensuite reconnu la réalité du massacre tout en précisant qu’il ne s’agissait pas de plus de 500, mais seulement de 400 personnes tuées ! Puis, après avoir ramené des journalistes, elles ont déclaré que le chiffre avancé était en fait gonflé par les génocidaires kabilistes : seules 23 personnes avaient été tuées ! Les journalistes eux disent que les villageois avancent le chiffre de plus de 600 morts. Qui croire ? Mais, voilà ce cher monsieur Tambwe Mwamba du RCD, millionnaire de son état, bien endimanché, qui est justement interviewé par la RTBF, à Bruxelles même ! Quel bol ! Lui posera-t-on la question ? Non. Il parle librement : " Kabila doit négocier avec nous. : nous sommes en position de force. Les villes tombent comme des mouches". C’est vrai, il vient de massacrer plus de 500 de ses (?) compatriotes... comme des mouches. Sales bêtes ! 500 seulement ? Mais où est Philippe Lamair ? Mais où est Elisabeth Burdot ? Où sont madame Emma Bonino, Agatha Odako et monsieur Robert Garreton ? Quelle importance puisqu’il ne s’agit pas des Tutsi. On annonce que monsieur Eric Derycke, ci-devant ministre des Colonies, vient de demander une enquête internationale : Words, words, words...- La rédaction.

Jacques Mangalaboyi

Copyright Afriqu'Info asbl.