| L'Editorial
de La Nouvelle Présence Congolaise (n0 15)"Combien sont morts à la Saint-Sylvestre à Makobola ? - Y
avait-t-il un Tusti parmi les victimes ? - Non. - Eh bien, circulez, il ny a rien à
voir. Cest une question sans importance si ce ne sont que des Congolais
génocidaires... ".
Ainsi va la vie au Congo-Kinshasa.
Ainsi donc les horreurs commises par les rebelles et leurs commanditaires peuvent se
répéter et se ressembler, la communauté internationale nen a cure tant quil
sagit de nos compatriotes. Et le spectacle donné par certains médias ajoute encore
un peu plus au ridicule de leurs complices. Sur la chaîne de télévision belge RTBF, au
journal de mardi 5 janvier de la mi-journée, il a fallu attendre 27 minutes pour voir
traiter le sujet du massacre de Makobola. Après que les nouvelles internationales aient
été données : une banale actualité de théâtre. Quand vint le sujet de massacre, la
journaliste commença son message par un démenti formel des rebelles sur la réalité des
massacres, même si le reportage suivant montrait le contraire. Ces mêmes journalistes
sagitent quand un Tutsi est tué. Ils se déplacent alors avec micros et caméras,
interrogent des femmes éprouvées, s'attardent sur les enfants orphelins et les
pleureuses aux complaintes émouvantes, les évêques aussi pathétiques, sanglés dans
leurs tenues dapparat tandis que leurs objectifs balayent des cercueils alignés
devant des tombes fraîchement creusées. Leurs commentaires, toujours de source
indépendante, confirment les faits et dires de leurs alliés, continuant ainsi à
diaboliser Kabila et les Congolais génocidaires. La nouvelle a-t-elle été donnée par
une agence de Vatican à Rome ? Qu'importe : Où est Philippe Lamair ? "Il faudra
se méfier", ajoute Colette Braeckman, "ces missionnaires sont connus
pour leur hostilité envers les Tutsi." Que disent les chefs des rebelles ? Pour
Kasika, trois semaines après le début de la guerre, au mois d'août, Wamba dia Wamba,
ci-devant président de la coalition hétéroclite des rebelles, a promis une commission
denquête menée par les rebelles eux-mêmes. De fait, personne ne sy
intéresse, et puis cest encore lObservatore Romano qui a donné la nouvelle.
Peut-être que cette fois-ci, pour Makobola, la communauté internationale sy
intéresse parce que des membres de la Croix-Rouge internationale et de HCR ont été
victimes ? Quant à nous, pauvres Congolais, prenons bonne note et gardons en mémoire ce
quune ONG du Kivu nous a envoyé pour diffusion : "Dans la nuit du 29 au 30
et 31 décembre 1998, plusieurs centaines de familles et autres personnes y compris les
femmes, les enfants et les vieillards, ont été massacrés par les troupes rebelles du
Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) à Bangwe, Katuta et Kashekezi, trois
localités qui forment le village de Makobola II dans la zone de Fizi à quelques 15 km au
Sud d'Uvira. Certaines victimes, toutes congolaises, sont déjà connues, dont :
Ndama-Rusangira, diacre catholique de la Diaconie de Makobola ; Godesenge plus un
secouriste de la Croix-Rouge avec son épouse et ses cinq enfants ; Kinyamagoya, pasteur
de l'Eglise Protestante à Makabola avec ses sept enfants ; Elanga Mushunguto, Chef
déquipe de la Croix-Rouge à Makobola avec son épouse et ses quatre enfants ;
Malaki-Kitungano, secouriste de la Croix-Rouge à Makobola ; la famille Leta Magumu (onze
personnes) ; la famille Nabigoberera (dix-huit personnes) ; M. Stongwa ; M. Maneno avec
ses sept enfants ; M. Byaku Bongya avec son épouse et ses enfants ; Mme Malata avec ses
deux enfants ; Mzee Bili Onyuma avec ses quatre enfants et quatorze petits-fils et trois
belles-filles ". Combien sont-ils morts ? Au moment où cette ONG recevait
ce message, "le secteur était fermé et interdit à toute circulation, même à
ladministrateur civil nouvellement nommé par le mouvement rebelle. Le massacre a
été commis par les combattants Banyamulenge dirigés par un commandant d'origine
rwandaise, très connu à Uvira sous le sobriquet de Shetani (le diable
en français).
Juste un mot pour clore (momentanément)
ce sujet. Après un premier démenti, les autorités rebelles ont ensuite reconnu la
réalité du massacre tout en précisant quil ne sagissait pas de plus de 500,
mais seulement de 400 personnes tuées ! Puis, après avoir ramené des journalistes,
elles ont déclaré que le chiffre avancé était en fait gonflé par les génocidaires
kabilistes : seules 23 personnes avaient été tuées ! Les journalistes eux disent que
les villageois avancent le chiffre de plus de 600 morts. Qui croire ? Mais, voilà ce cher
monsieur Tambwe Mwamba du RCD, millionnaire de son état, bien endimanché, qui est
justement interviewé par la RTBF, à Bruxelles même ! Quel bol ! Lui posera-t-on la
question ? Non. Il parle librement : " Kabila doit négocier avec nous. :
nous sommes en position de force. Les villes tombent comme des mouches".
Cest vrai, il vient de massacrer plus de 500 de ses (?) compatriotes... comme des
mouches. Sales bêtes ! 500 seulement ? Mais où est Philippe Lamair ? Mais où est
Elisabeth Burdot ? Où sont madame Emma Bonino, Agatha Odako et monsieur Robert Garreton ?
Quelle importance puisquil ne sagit pas des Tutsi. On annonce que monsieur
Eric Derycke, ci-devant ministre des Colonies, vient de demander une enquête
internationale : Words, words, words...- La rédaction.
Jacques Mangalaboyi |