Monsieur Faustin
Kutsienza,
Depuis que vous écrivez sur ce site, vos
interventions surprennent. Je nai, en ce moment, aucune appréciation précise à
formuler sur vos joutes et débats avec les autres intervenants. Cependant un paragraphe
du dernier message que vous avez adressé, le 30/11/98, à monsieur Mutombo Lukasu, alias
Kadi Konate*, a plus que retenu mon attention. Vous y écriviez textuellement ceci :
" Un peuple est une communauté d'hommes. En tant que tel, un peuple doit
developper des comportements d'intelligence. Je sais que le peuple congolais en tant
communauté d'hommes est doté d'une intelligence. Cete inteligence est prouvée au regard
du nombre des cadres sortis d'universités et de grandes écoles nationales et
étrangères de grande rénommée. Aujourd'hui, il est inadmissible de constater que ce
peuple assiste muet au bradage de ses richesses ".
Comment peut-on contester la première
phrase puisquil sagit dune définition classique ? Mais la
compréhension de la phrase suivante est assujettie à lexpression " en
tant que tel ", doù ma première question : à quoi accordez-vous le
mot " tel " : au peuple ou à la communauté ? Que signifie,
concrètement et pratiquement, " developper des comportements
dintelligence " ? Pouvez-vous me donner un ou deux exemples de comportement
dintelligence dun peuple ?
Les phrases suivantes me posent encore
plus dinterrogations. Pourquoi le peuple congolais est-il doté dune intelligence
et non dintelligence ? En re-arrangeant la troisième et la quatrième (pour
les rendre plus compréhensibles - pour moi, jentends bien), elles deviennent :
" Le nombre des cadres sortis duniversités et de grandes écoles
nationales et étrangères de grande renommée prouve que le peuple congolais... est doté
dune intelligence ". Pour me permettre de mieux vous comprendre, voici
mes questions :
- Lintelligence des cadres
vient-elle du fait quils soient sortis duniversités et de grandes écoles ?
Si oui, cette intelligence est-elle liée au fait que ces écoles soient de " grande
renommée " ?
- Existe-t-il une proportion, ou un nombre
pour reprendre votre mot, des cadres sortis duniversités et de grandes écoles
pour quun peuple se dote dune intelligence, de plus ou de moins dune
intelligence ?
- Avant lexistence des "universités
et des grandes écoles nationales de grande renommée ", le peuple
congolais était-il " doté dune intelligence "?
Pensez-vous que le peuple pygmée, de notre belle forêt équatoriale, soit doté
dune intelligence ? Pensez-vous que Lumumba était doté dune intelligence ?
Et Mobutu ? (Je ne pose pas la question pour Tshisekedi, et pour cause !)
- De la manière dont vous le dites si
bien, on peut penser que vous sortez duniversité ou dune grande école
nationale et/ou étrangère de grande renommée. Supposons que, dans votre village,
vous soyez le seul dans ce cas, pensez-vous que votre village, en votre absence, soit
doté dune intelligence ? Ou ne le sera quà votre retour ?
- Quelle relation existe-t-il entre " lintelligence
dun peuple " et le fait dassister muet au bradage des
richesses ? Quentendez-vous par brader les richesses ? Quentendez-vous
par les richesses du Congo ?
- Quelle est votre acception du mot intelligence
? En reprenant cette acception (votre acception de ce mot), vous considérez-vous,
vous-même, comme doté dune intelligence ?
A ces questions simples, jattends de
vous des réponses aussi simples qui méclaireront, nen doutez pas un seul
instant, sur la suite de votre lettre et des messages antérieurs et à venir.
Monsieur Faustin Kutsienza, je vous
remercie et vous prie daccepter mes sincères salutations.
Jacques Mangalaboyi
(j-mangalaboyi@chru-lille.fr )
CERDEC, Lille, France.
(*) De ce monsieur, la prudence impose
de se méfier des écrits, surtout lorsquils sidentifient aux dires et
vices (DV) colportés dans les chansons de Thou Zaina, aussi célèbre dans la
confection des sobriquets que Zaiko Langa Langa, son rival dépoque. |