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Les hommes traîtres au Congo.

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Faustin Kutshienza

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1. Dans son article " Quand l'obstination confine à la trahison: cas Kutshienza", Monsieur B. Ilunga n'a pas hésité à m'accuser d'homme traître au Congo. Devant la gravité de cette accusation que je considère INJUSTE, je tiens à travers le présent article apporter des éléments qui pourraient aider l'opinion de juger du fondement ou du non fondement de cette accusation. Pour cela, je vais d'abord faire un rappel des faits (évenements récents) au Congo. Je donnerai mes prises des positions en rapport avec ces faits, ensuite. Enfin, j'essayerai de situer à quel niveau se situe la trahison.

A. LE RAPPEL DES FAITS.

2. Le 24 avril 1990, Mobutu annonce le pluralisme politique au Zaïre. En 1991, la Conférence Nationale Souveraine est convoquée. Le peuple zaïrois décident par la voie des ses représentants à la Conférence (conférenciers) une transition démocratique pacifique écartant ainsi le recours à la force comme moyen pour accéder au pouvoir. Certes, la Conférence nationale ne donne pas les résultats escomptés. Néanmoins, son schéma de démocratisation a le mérite d'avoir évité au peuple zaïrois une guerre civile.

3. Octobre 1996: Apparution de M. Kabila à la tête d'une rébellion qui n'est en réalité que la matérialisation du plan de la coalition Etats-Unis - Ouganda - Rwanda et Afrique du Sud dont le but est de remplacer Mobutu par Kabila à la tête du pays et en corollaire mettre fin à la transition démocratique décidée par le peuple. L'AFDL naît. Ses forces sont des combattants du Front Patriotique Rwandais (FPR), des soldats de l'Armée régulière ougandaise et des jeunes congolais d'ethnie Tutsie recrutés et entraînés pour la cause au Rwanda et en Ouganda. L'AFDL mène une guerre (guerre de libération) contre une armée zaïroise quasi inexistante et trahie auparavant par ses généraux et le gouvernement Kengo. Le 17 mai 1997 Kinshasa tombe. Le plan impérialiste américano-rwando- ougando- sud africain est accompli. Kabila prend le pouvoir.

Mais cette guerre est lourde des conséquences. Des des milliers des réfugiés hutus rwandais ainsi que des populations locales (zaïroises) sont massacrés.

Le processus de démocratisation décidé par la CNS est empoignardé.

4. Le 2 août 1998: Des anciens compagnons de Kabila au sein de l'AFDL et des ex-FAZ ralliées à Kabila lors de la guerre de "libération" frustrés par sa façon de gérer le pouvoir conquis entrent en rébellion armée contre lui (Kabila). Ils sont rejoints par d'autres personnalités politiques (Ngoma Zahidi, Lunda Bululu et autres dignitaires du mobutisme. Le RCD naît et est soutenu par le Rwanda et l'Ouganda (anciens Alliés de Kabila).

6. Pour sauver son pouvoir, Kabila noue un Cartel avec l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie et plutard avec le Tchad. Profitant du sentiment anti-rwandais, il crie à l'agression contre le Congo. Le peuple congolais naîf le croit et sauve in extremis avec le concours des Armées angolaise et zimbabwéenne son pouvoir. Conforté, Kabila appelle le peuple congolais à une longue guerre. Cette guerre sévit encore avec son cortège des massacres.

B. MES PRISES DE POSITION EN RAPPORT AVEC LES EVENEMENTS RAPPELES CI-HAUT.

7.- J'ai toujours soutenu le schéma de démocratisation décidé par le peuple congolais pendant la CNS ainsi que le projet de société.

- J'avais vivement condamné la rébellion de l'AFDL de 1996-1997. Pour preuve, dans une intervention radiophonique (sur RFI), j'avais indiqué la nécessité impérieuse quant à la communauté internationale de déployer une force internationale pour sécuriser l'Est du Congo et éviter ainsi d'éventuelles catastrophes comme les massacres des populations civiles au cas où la guerre se poursuivait. Malheureusement mes espoirs furent déçus lorsque le Plan de paix (Résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU 1097) portant déployement d'une telle force ne fut pas exécuté du fait de la détermination notamment des Etats-Unis de voir son plan impérialiste s'accomplir. Le 13 mars 1997, j'avais accusé les pays étrangers impliqués dans cette guerre. L'opinion publique pris connaissance de cette accusation grâce à la presse écrite sous le titre " " LA GUERRE AU ZAÎRE: UN AFRICAIN ACCUSE WASHINGTON".

- Depuis le début de l'actuelle guerre, j'ai toujours écrit en faveur de la fin de cette guerre et des négociations entre Kabila (AFDL) et Wamba dia Wamba (RCD). J'ai condamné tous les pays étrangers impliqués dans la guerre au point de leurs faire une mise en garde.

8. Telles sont mes prises des positions vis-à-vis des ces événements. Ce sont des prises de position, qui à mon avis et de l'avis des forces démocratiques sont correctes et nobles et conformes aux aspirations du peuple congolais.

C) LES HOMMES TRAITRES AU CONGO.

9. Contrairement à l'accusation de M. B. Ilunga, les hommes traîtres au Congo, ce sont bien ceux, qui, pour leurs intérêts personnels égoïstes et ignobles, nouent des " Cartels" avec les forces impérialistes, qui ont toujours concouru au malheur du peuple congolais. Le peuple congolais se souviendra en effet que chaque fois que la lueur d'espoir pointe pour son avenir, ces forces apparaissent pour l'éteindre. L'éviction de P. Lumumba du pouvoir et sa mort mystérieuse le 14 février 1961, la sécession katangaise le 11 juillet 1960, le coup d'Etat de Mobutu le 24 novembre 1965 et récemment la prise du pouvoir par Kabila le 17 mai 1997 avec son corollaire, la rébellion du RCD du 2 août 1998 sont une illustration des oeuvres de ces forces.

 

10. Les hommes traîtres au Congo, c'est également (dans une certaine mesure) le peuple congolais lui-même, qui, du fait de sa naîveté s'était montré DUPE et avait accueilli en "libérateur" un homme à la tête des étrangers dont il (le peuple) ignorait les "vraies" intentions de sa guerre. Ainsi le peuple s'est détourné de sa logique de la CNS et des ses véritables leaders politiques avec qui, il (le peuple) a lutté contre la dictature de Mobutu.

Ce sont ces leaders politiques, qui ont été présents au moment où les fils et les filles du peuple congolais tombaient sous les balles des forces de la dictature mobutienne (la mort des chrétiens en février 1992 et des combattants du PALU en 1995 et de tant d'autres personnes). Ce sont ces leaders, qui ont incarné et incarnent ses espoirs de libérté, de démocratie ainsi que l'avenir de son pays. Parmi ces leaders, on pourrait citer: E. Tshisekedi (UDPS), A.Gizenga (PALU), Olenga Nkoyi (FONUS), Boboliko (PDC).

11. Le peuple congolais se souviendra aussi qu'au moment où il combattait pour la démocratie et l'Etat de droit, au moment où il comptait ses morts, ceux, qui se disent aujourd'hui avoir combattu les "prédateurs", s'occupaient du trafic de l'or du café et d'autres richesses du Congo.

12. NON ! CESSEZ, Chers compatriotes B. ILUNGA, Ch. KABIKA, M. MILEMBAMANE, C. KANYINDA (que j'apprécie beaucoup), P. KALEMBWE, Et. NDONGALA et consorts de voir en ces congolais, qui dénoncent l'horreur, le mensonge, la guerre et rejettent les thèses et doctrines fondées sur la culture de la violence, la culture de la haine ethnique et tribale, la culture de la mort, des hommes traîtres au Congo, des rwandais, des demandeurs d'asile et des fanatiques, etc... NE PEUT-ON PAS RETENIR A VOTRE CHARGE UNE COMPLICITE POUR TRAHISON ?

13. Aujourd'hui, si le peuple congolais veut vivre en peuple digne, libre et souverain, il doit apprendre à se débarasser de ceux qui sont PORTEURS DU VENIN DE LA TRAHISON A SA PATRIE.

Mes salutations patriotiques.

Faustin Kutshienza

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