Gouvernement d'union nationale et
élections. A M. Clement Kanyinda Malu. |
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Faustin Kutshienza |
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Monsieur Clément Kanyinda,
1. Vous vous interrogez sur le nombre des gouvenements d'union nationale que le Congo aura
connu et sur les intentions réelles de l'Opposition sur la tenue des éléctions. Avant
d'apporter quelques éclaircissements sur ces interrogations, veuillez savoir que le
Collectif des Professeurs d'Université et Instituts supérieurs de Kinshasa existe bel et
bien. Vous doutez de ma capacité à apporter des arguments sur ce que vous appellez la
thèse de la globalisation. Vous avez raison de douter car il me semble que le doute est
votre fort. En effet vous semblez douter de ce qui est vrai, cohérent et vérifiable. Je
ne vous l'aurai pas dit. Notez quand même que comme vous avez écrit sur l'Irak, Pinochet
et sur les élections au Vénezuela, je mène des recherches de doctorat d'Economie sur la
libéralisation financière et les risques de gestion macroéconomique en Afrique
Subsaharienne. La globalisation financière qui est la conséquence de la libéralisation
et de la dérèglementation financières constitue un aspect de ces recherches. Cela dit,
revenons à l'essentiel.
A. DU GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE.
2. Depuis le début du processus de démocratisation en 1990 jusqu'à l'avenement de
l'AFDL, le Congo n'a jamais connu à proprement parler de gouvernement d'union nationale.
Chaque fois qu'un gouvernement était formé, celui-ci était soit d'obédience
présidentielle si le Premier ministre était issu d'un formation politique de la mouvance
présidentielle, soit d'obédience de l'Opposition notamment dans les rares cas où E.
Tshisekedi était désigné Premier Ministre. Même le gouvernement Birindwa, qui avait
semblé être d'union nationale et qui fut appelé "Gouvernement de la
République" à l'issue du Conclave du Palais de la Nation fut composé selon la
technique dite de "débauchage des cadres". A l'époque le MPR réussit cette
technique après avoir fait éclater l'Oppostion en USOR et USORAL. Les principaux partis
d'Oppostion se déchiquetèrent: PDC/ILEO - PDC/KAMITATU, UDPS RADICAL - UDPS/BIRINDWA,
PNRD/MBEMBA-PNRD/LAPIKA, etc...
B. DU CADRE JURIDIQUE CONSENSUEL DE TRANSITION
3. De même, il n'y a jamais eu de cadre juridique consensuel en vue d'une transition non
conflictuel depuis le Consensus de la Nsele de 1990 jusqu'aux concertations du Palais du
Peuple de 1994 en passant les Accords du Palais de Marbre et la CNS. Pour preuve: A la
Nsele, le MPR voulait une Conférence Constitutionnelle avec multipartisme à trois (trois
partis politiques), l'Oppostion exigeait une Conférence Nationale avec multipartisme
"intégral".
Au Palais de Marbre, sous la médiation du Sénegalais Abdoulaye Wade, E. Tshisekedi signa
l'Accord dit de Compromis global après avoir raillé quelques dispostions notamment celle
selon laquelle le Premier ministre devrait jurer fidelité au President de la République.
Après la CNS, le Haut Conseil de la République et le gouvernement Tshisekedi se referait
sur l'Acte Constitutionnel de la Transition alors que le Président Mobutu à la
Constitution de la IIè Republique pourtant caduque. Il refusa par ailleurs de signer
l'Ordonnance portant promulgation de cet acte. Quant à l'Acte Harmonisé de Transition
adopté en avril 1994 à l'issue des Concertations dites du Palais du Peuple sous la
conduite des défunts Legema Dulia et Roger Gisanga, et qui donna naissance au HCR-PT,
celui-ci ne s'imposa pas à toute la classe politique congolaise. On se souviendra de la
confusion et de l'imbroglio qui avaient entouré la signature de cet acte (l'Affaire
Kakule).
En effet deux textes trafiqués furent signés au Palais du Peuple: l'un favorable à
l'Oppostion et l'autre à la Mouvance présidentielle.
C. DES ELECTIONS
Comment pouvait-on organiser des élections qui soient crédibles dans cette situation
conflictuelle ? Par ailleurs des préalables avaient été posés: le recencement de la
population notamment dans les régions du Kivu et Maniema; la mise sur pied
d'infrastrucures sociales et matérielles, le référendum sur le projet de Constitution
de la IIè République.
4. Aujourd'hui on se retrouve dans la même situation. Depuis son avénement, l'AFDL
rejette toute idée de gouvernement d'union nationale et de cadre juridique consensuel
pour une transition démocratique réussie et des élections crédibles. Comme vous le
savez, pour M. Kabila, la transtition, c'est l'AFDL. Si certains esprits naîfs
s'interrogent encore sur les
intentions réelles du régime AFDL sur une éventuelle transtion démocratique et des
élections, ceux-ci devraient savoir que dans sa conception sur l'organisation de
l'exercice du pouvoir au Congo, pour l'AFDL, démocratisation et élections n'ont jamais
été à l'ordre du jour. Pour preuve, aucun article des statuts de l'AFDL traite de cette
matière.
D'ailleurs, l'article 23 de ces statuts est plus que clair à ce sujet.
5. Concernant les élections, la réponse avait été déjà donné au nom de M. Kabila le
22 octobre 1997 à Bruxelles par son Conseiller économique Marcel Kalonji, qui, au cours
d'une conférence, déclara, je cite: " Aller aux élections avec qui et pourquoi
faire". A la question de savoir comment les choses pouvaient-elles se passer si la
démocratisation était renvoyée aux calendes grecques, Marcel Kalonji donna cette
réponse sans équivoque: " On peut bien fonctionner avec des décrets". A la
même occasion, Marcel Kalonji posa les préalables que ceux jadis avancés par la classe
politique à l'époque Mobutu à savoir: sécuriser le territoire de la République;
mettre sur pied les infrastructures sociales et matérielles parce que, dit-il,"la
préoccupation du peuple est qu'il est affamé".
6. Dès lors, la libéralisation des activités des partis politiques brusquement
annoncée par le régime AFDL et la tenue d'éventuelles élections auxquelles vous me
conviées ne sont qu'une manoeuvre dilatoire de ce régime aux abois et incapable
d'assurer la stabilité au Congo et de contribuer au maintien de la paix entre les peuples
de la Région des Grands Lacs. Elle ne vise qu'une fois de plus à tromper le peuple
congolais et s'assurer de son soutien en ce moment où ce régime réalise que le compte
à rebours semble à sonner. Pourquoi le pouvoir AFDL a-t-il attendu le déclenchement de
la guerre qui cause la mort de plusieurs milliers des congolais et qui a tarnsformé le
territoire congolais en un immense cimetière pour inoppinement faire semblant de relancer
la démocratisation ?
7. Aujourd'hui, pour sauver le Congo et son peuple, une solution s'impose: chasser le
pouvoir AFDL du Congo. pour ce faire, il faudrait que:
- les deux mouvements rebelles (RCD et MLC) décrètent unilatéralement un cessez-le-feu
suivi d'un arrêt immédiat des combats et ce malgré la volonté de destruction de M.
Kabila et ses nouveaux Alliés. Ce qui faciliterait la tenue des négociations de Lusaka;
- au cours de ces négociations aux quelles devraient être conviée l'Opposition
démocratique pacifique que soit définit les modalités de départ du pouvoir AFDL et les
retrait immédiat des toutes les troupes étrangères du terriroire congoalis.
- la classe politique congolaise (les partis démocratiques et les mouvements rebelles) et
la société civile s'accordent pour mettre en place le " vrai gouvernement de la
République" de compromis et le cadre juridique consenuel qui ont toujours manqué à
notre pays pour que ce dernier et son peuple connaissent la transtion démocratique
pacifique définie par le schéma de la Conférence Nationale Souveraine, le seul cadre
qui a épargné notre peuple de la guerre et des conflits ethniques meutriers.
8. Une fois débarrassé de lui, le pouvoir AFDL pourra repondre devant la justice
internationale des crimes contre l'Humanité qui l'a commis ou fait commettre lors de sa
rebellion de 1996-1997. Il ne faudarit pas que le peuple congaloais commette la grave
erreur d'apporter encore son soutien à un pouvoir accusé de crimes contre l'Humanité de
peur de porter un jour la responsabilité morale d'avoir protégé des criminels.
Faustin Kutshienza
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