| Réconcialiation et
justice. A M. Clement Kanyinda Malu. |
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| Faustin Kutshienza |
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Mon cher Clément,
Je note avec satisfaction la brève précision que vous avez bien voulu apporter à mon
attention. Permettez à votre tour que je réponde à quelques points de votre article.
POINT 1: Quoique l'on dise, je repète que la poursuite ou non de la guerre au Congo
dépend du gouvernement Kabila et ses alliés, de la rébellion et ses alliés et du
peuple congolais en sa double qualité de victime et de partisan de la guerre. Je puis
même souligner qu'elle dépend plus particulièrement du gouvernement AFDL, de la
rebellion et du peuple congolais et donc de la VOLONTE DES CONGOLAIS. Voilà pourquoi je
dis que ce QUI IMPORTE, c'est sont les actes et les déclarations de ces acteurs. Vous
pourrez donc constater que contrairement à ce que vous pensez, n'est pas ce que je dis
qui IMPORTE.
Toutefois, ce que je dis est PERTINENT et mérite d'être pris en compte. Ce n'est pas de
l'ONU, ni de l'OUA, ni de la SADC, ni des experts étrangers spécialistes du Congo dont
dépend d'ABORD l'avenir MEILLEUR ou RADIEUX du Congo.
POINT 2: Je n'ai jamais dit que M. Kabila a déclaré la guerre au Rwanda et Ouganda. J'ai
précisemment écrit que si le Rwanda et l'Ouganda sont passés de la logique de soutien
à la rébellion à la logique d'invasion (invasion étant votre terme utilisé) cela
l'est suite aux déclarations de M. Kabila de "porter la guerre dans ces pays".
Bien entendu, cette déclaration s'inscrit dans sa démarche de voir en la rébellion du 2
août une invasion
rwanado-ougandaise contre le Congo. Ce qui est parfaitement son droit.
Cependant, la question est de savoir si cette démarche est fondée ou elle relève de la
pure manipulation de l'opinion publique.
POINT3. Je n'utilise pas le terme NAIF par plaisir mais pour ressortir un défaut majeur
de notre peuple. En effet, ce qui est écoeurant, c'est qu'au moment il doit croire, le
peuple congolais ne crois pas. Quand il ne doit pas croire, il croit. A titre d'exemple:
En 1990, le peuple décide une transition démocratique pacifique dans le but entre autre
de rompre avec la prise de pouvoir par les armes. Mobutu met des entraves au processus,
des congoalis sont tués (chretiens, militants du PALU,etc..). Malgré ces tueries le
peuple reste ferme dans sa logique pacifiste jusqu'en 1996. Des élections sont annoncées
en Juillet 1997. Octobre 1996, apparaît M. Kabila avec des Rwandais et Ougandais. Le
peuple croit et cède à la manipulation de M. Kabila et laisse le pays à l'occupation
étrangère. Plus vite, on constate que Kabila voudrait substituer à la dictature de
Mobutu une dictature à sa
manière. Des congolais (Olenga Nkoy, Etienne Tshisekedi, Ngoma Zahidi et les autres
avertissent le peuple, ce dernier ne croit pas. Août 1998, une partie des Forces armées
congolaises entre en rebellion avec le soutien du Rwanda et de l'Ouganda, Kabila annonce
qu'il s'agit d'une invasion étrangère et l'invite à la violence "patritique",
le peuple croit et répond massivement et promptement. C'est la tragedie.
Vous dites que le peuple a tiré des leçons. Quelles sont ces leçons?
POINT 4. La reconciliation nationale est recherchéé depuis la CNS. Sur une bandrole au
Palais du Peuple à Kinshasa était écrit: Conférence Nationale Souveraine = le peuple
réconcilié avec soi-même. Cependant cela n'avait pas empeché la mise sur pied des
Commissions des biens mal acquis et des assassinats. Ces deux Commissions avaient pour
missions de faire la lumière sur les biens mals acquis afin de les restituer aux
propriétaires (Etat et personnes privées) et sur les assasinats afin d'établir la
responsabilité de leurs auteurs et que justice soit faite. La reconciliation ne veut pas
dire IMPUNITE et AMNESTIE du crime. Il faut la JUSTICE dans LA RECONCILIATION. Si les
crimes restent impunis, cela risque de constituer une jurisprudence.
N'importe quel éceverlé, marginal, guerrillero, chef de bande au pouvoir pourrait
commettre des crimes et se réfugier derrière la réconciliation.
POINT 5. Y-a-t-il eu une première libération ? A ce que je sache NON. Ce en quoi on a vu
une libération n'est qu'en réalité un coup dur porté à l'avenir de notre pays par les
ennemis de notre peuple et M. Kabila était choisi pour accomplir cette sale besogne.
Tâche à laquelle il a adhérée volontiers.
Je suis particulièrement déçu de constater que chaque fois qu' un congolais dénonce la
politique du gouvernement AFDL, vite, il est accusé de vouloir la tête de Kabila. SOYONS
SERIEUX. Le Congo appartient aux congolais. Ce n'est pas parce que M. Kabila est au
pouvoir que l'on doit laisser le Congo à la merci de la merde qui empêche son progrès.
Vous avez écrit, je cite:"ton problème, c'est l'INDIVIDU KABILA". Comme vous
l'écrivez si clairement, M. Kabila est un INDIVIDU. Personnellement et en toute
sincérité, je ne trouve RIEN, alors RIEN en lui que je puisse envier.
Si le peuple congolais était constitué dans sa majorité d'une sommation d'individus
KABILA (pour reprendre votre terme), CROYEZ-MOI que je n'aurais pas écrit un seul article
sur ce qui se passe dans ce pays Congo. Je ne veux pas la tête de M. Kabila, ni sa vie.
Je ne suis pas de ceux qui portent le sang des autres dans leurs mains. JE DEFENDS UN
PAYS, MON PAYS. JE DEFENDS UN PEUPLE, MON PEUPLE AUQUEL JE ME SENS RATTACHE. JE M'OPPOSE A
UNE POLITIQUE, LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT AU POUVOIR QUE JE JUGE NE PAS TRADUIRE LES
ASPIRATIONS DE CE PEUPLE ET DANGEREUSE POUR L'AVENIR DE CE
PEUPLE. C'EST L'UN DES MES DEVOIRS VIS-A-VIS DE MON PAYS ET DE MON PEUPLE.
Je m'accorde avec vous que l'acte de gouverner est un acte collectif.
Cependant, c'est à celui qui incarne cet acte que revient la palme de succès ou
d'échec. Lorsque l'on parle du Nazisme, c'est HITLER, du Fascisme, MUSOLINI, du
Mobutisme, MOBUTU, etc...Or, ces systèmes de gouvernement n'ont pas été le seul fait de
leur chef. Souvenez-vous que lorsque le débarquement americain sur la Baie des Cochons
pour renverser Fidel Castro échoua, le Président John Kenedy en assuma personnellent la
responsabilité. Bien entendu, cela ne fait pas de John Kenedy, coupable de l'echec.
Pareille pour M. Kabila, il est responsable de la politique de son gouvernement;
peut-être
qu'il n'est pas coupable de certains des actes de ce gouvernement.
Je m'accorde également avec vous que le politicien congolais craint l'élection.
Peut-être parce qu'il se juge INDIGNE. C'est ici le rôle du peuple congolais. Au lieu de
répondre massivement à la violence dite "patriotique",le peuple doit REPRENDRE
SON POUVOIR ET MONTRER QU'IL EST LE SEUL ET L'UNIQUE DETENTEUR DU POUVOIR ET QUE C'EST LUI
SEUL QUI PEUT DECIDER DE MANIERE SOUVERAINE A DELEGUER UNE PARTIE OU LA TOTALITE DE CE
POUVOIR PAR l'ELECTION A CELUI OU CEUX QU'IL TROUVE DIGNES DE L'EXERCER EN SA FAVEUR.
Le gouvernement d'union nationale me paraît à la fois comme la préfiguration des
institutions démocratiques avenir et la voie pour parvenir à des élections sans
effusion de sang. Malheureusement, depuis 1991, il n'a jamais été formé un gouvernement
d'union nationale. Aujourd'hui pour M. Kabila toute initiative dans ce sens est à
refuter. Ce à quoi il a du reste appeler le peuple à travers la communauté congolaise
de France.
Je ne sais pas quel age vous avez. J'ose croire que si notre peuple le veut, la
démocratie, ne fut-ce qu'à ses débuts, peut voir le jour avec notre génération. Car,
aujourd'hui, ceux qui créent le chao au Congo, n'est-ce pas quelque uns de la
génération de ceux qui ont été aux affaires dès les premières années de
l'independance (Mobutu, Kabila, Kengo, etc...)?
Mes salutations.
Faustin Kutshienza |
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