Réf.: RBL/UDPS/PR/092/98
A l'occasion de la célébration du 50ème
anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme (10 décembre 1948-10
décembre 1998), l'UDPS réaffirme sa conviction selon laquelle le degré de civilisation
est intimement lié:
- au bon fonctionnement des institutions relatives au respect
de la dignité humaine et des libertés politiques et civiles ainsi que des droits
fondamentaux de la personne humaine;
- à la conviction que l'homme a du fait que le meilleur
système politique et social qui peut protéger et promouvoir les facultés naturelles
humaines est celui dont les libertés politiques et civiles font partie, notamment les
droits fondamentaux;
- et à la qualité de la participation de l'homme au combat
que mène la Communauté internationale pour que chaque pays, dans le monde, devienne un
Etat de droit démocratique.
Appuyant lévolution positive de
lapplication du droit international, lUDPS encourage la justice britannique et
le juge espagnol Baltasar GARZON à poursuivre leurs efforts pour que lancien
dictateur Chilien, Augusto Pinochet, soit finalement jugé pour terrorisme, génocide et
torture. Dans cette même optique, lUDPS demande à lopinion publique
internationale de se joindre à elle pour intensifier les pressions afin que
lex-dictateur Mobutu, à titre posthume, et lactuel dictateur Kabila puissent
subir le même sort que Pinochet. Plus concrètement , lUDPS demande donc que
lopinion publique internationale appuie la plainte quelle a déposée le 23
novembre 1998 auprès du Procureur du Roi à Bruxelles contre M. Kabila, du chef de crimes
contre lhumanité, crime de droit international et crime de génocide.
En effet, en 19 mois de règne, M. Kabila
a réussi le triste exploit de se hisser dans le top 10 des figures emblématiques des
auteurs de crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il a
bloqué le dialogue national et le processus démocratique acquis au prix du sang par le
peuple, identifiant sa personne à l'Etat et sa volonté arbitraire à la Loi. Les
libertés et les droits fondamentaux de la population ont été violés de façon
systématique et massive. Rien na été épargné au peuple : mutilations,
flagellations publiques, exécutions sommaires, arrestations arbitraires, relégations,
déplacements et disparitions forcés, interdiction des partis politiques, détentions
illégales, violences aux femmes et aux enfants, expropriations extra-judiciaires,
répression contre la presse libre et contre les défenseurs des droits de l'homme,
tortures et traitements inhumains et dégradants...
Même les étrangers se trouvant au Congo
n'ont pas été épargnés par M. Kabila. En juillet 1997, les réfugiés cabindais ont
été torturés et massacrés par les soldats de l'AFDL dans le Bas-Congo. Le génocide de
plus de 200.000 réfugiés rwandais hutus a été perpétré dans l'Est du Congo lors de
la guerre de conquête du pouvoir par l'AFDL. Le président auto-proclamé de l'AFDL, qui
avoue aujourd'hui ce crime et tente en vain de s'en disculper, ne s'était pas
désolidarisé des criminels; il n'avait ni dénoncé, ni sanctionné personne; il avait
par contre cheminé avec lensemble de son équipe jusquà Kinshasa où, devenu
le président auto-proclamé du Congo, il avait couvert le crime de son autorité
politique et morale; nhésitant pas à humilier la Commission d'enquête de l'ONU et
promouvant toute l'équipe à de hautes fonctions dans toutes les structures de
lEtat et des entreprises publiques...
Malgré lenfer quil continue
à faire subir à la population congolaise, M. Kabila vient d effectuer, du 22 au 29
novembre 1998, un périple dans les pays démocratiques européens. Il a été reçu en
Italie par le Président de la République ainsi que par le Pape au Vatican. En Belgique,
sa "visite de travail" s'est transformée en "visite officielle" et M.
Kabila a été reçu par toute la Belgique officielle. En France, il a participé au
20ème Sommet franco-africain et côtoyé, non seulement d'autres dictateurs africains
comme lui, mais aussi des hommes d'Etat. Et partout, il a réaffirmé la poursuite de la
logique qui a amené à la tragédie actuelle. Le dialogue national sera toujours bloqué.
M. Kabila gouvernera toujours seul, par exclusion, à travers son gouvernement de salut
public, jusqu'aux élections. Il imposera à toute la Nation son Projet de constitution
qui est la copie certifiée conforme de celle de Mobutu, sa loi électorale et son
élection. Et puis, M. Kabila a quitté impuni l'Europe démocratique et s'en est allé.
Une fois arrivé au Congo, il a ordonné à Kabalo les bombardements aveugles qui ont tué
les populations civiles et détruit la ville.
Pour que cessent toutes les atrocités
dont le peuple congolais est victime, l'UDPS renouvelle son adhésion à la Charte
universelle des droits de l'homme; son soutien à toutes les initiatives de la Communauté
internationale pour la protection et la promotion des libertés et des droits de l'homme
dans le monde; sa fidélité à la mémoire de tous les congolais martyrs de la tyrannie,
de la servitude et de l'exploitation; et sa volonté à poursuivre le combat pour
l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo/Kinshasa; et enfin sa
détermination à suivre de très près l'évolution du dossier judiciaire à charge de M.
Kabila au Parquet de Bruxelles, afin de mettre fin à l'impunité des criminels qui est
l'une des causes essentielles de la crise congolaise et de son aggravation. Cest
dans cette optique que sinscrira la plainte déposée par lUDPS au Parquet de
Bruxelles, contre les membres de la rébellion armée qui ont partagé le pouvoir avec M.
Kabila, jusqu'au 2 août 1998.
- En effet, en cette veille du 3ème millénaire,
la carence démocratique en nos pays doit nous interpeller au vu dénormes progrès
que lhumanité a accompli vers plus de respect des libertés et des droits de
lhomme. La charte universelle des droits de lhomme est devenue la charpente et
l instrument de référence en matière de respect des droits de lhomme.
Cest ainsi quon la trouve intégrée dans des nombreux traités et conventions
de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales : du conseil
de lEurope (1950), le traité de paix avec le Japon (1951), dans la constitution de
lUnité Africaine (1963), dans le document final de la conférence sur la sécurité
et la coopération en Europe (1975)
Elle est invoquée dans une douzaine de
constitutions nationales. Elle est à la base de la création des juridiction pénales
internationales et de plusieurs organisations humanitaires et de défense des droits de
lhomme dans le monde. Elle à inspiré de nombreuses législations nationales dont
elle est devenue parfois partie intégrante, et elle a été favorablement citée par de
nombreuses juridictions nationales.
- Cependant, en Afrique comme ailleurs, long reste encore le
chemin à parcourir par le pouvoir politique pour atteindre le seuil minimum de la
dignité humaine et du respect des libertés et des droits de lhomme.
- Pour le cas particulier du Congo, lUDPS est
convaincue que la solution ne viendra pas des pays africains qui, depuis le 2 août 1998,
ont pris en charge la crise congolaise. Tous ces pays, à lexception de la Zambie et
de lAfrique du Sud qui ont des responsables élus démocratiquement, sont dirigés
par des chefs de guerre, dictateurs et présidents des Partis-Etats. Dans ces pays, il
nexiste pas de dialogue national interne entre le pouvoir, lopposition non
armée et la rébellion armée. Ces pays sont loin davoir atteint le niveau du
processus démocratique auquel était parvenu le Congo grâce à la Conférence Nationale
Souveraine et que M. Kabila tente malheureusement dannihiler pour imposer un
système totalitaire et archaïque. Ce processus démocratique avait donné lieu notamment
à un Projet de constitution démocratique avait donné lieu notamment à un cadre
juridique consensuel définissant lorganisation et lexercice du pouvoir
pendant la Transition et à un Projet de constitution démocratique pour la 3ieme
République ;aux grandes orientations pour diriger et gérer chaque domaine de la vie
nationale ; au dialogue national ; au pluralisme idéologique ; au profil
des dirigeants de la Transition et de la 3eme République ; à lexistence et au
fonctionnement des mécanismes naturels du contrôle du pouvoir (presse
libre ;organisation des jeunes , des contrôle des étudiants et des professeurs
duniversité ; partis politiques, société civile ; organisation
interprofessionnelles
).
- La solution à la crise congolaise ne viendra pas non plus
de lattitude de complaisance, voire de complicité et dhypocrisie que les
démocraties occidentales adoptent vis-à-vis des dictateurs et des criminels de la
Région des Grands Lacs en général et du Congo en particulier. Lhistoire à déjà
définitivement démontré que pareille attitude na fait qu entêter les
criminels et les dictateurs et conduire les peuples victimes à des tragédies plus
graves. Seules la fermeté et les pressions contraignantes paient.
- La solution ne viendra que des congolais eux-mêmes
sils acceptent de sasseoir autour dune même table pour négocier entre
eux un accord politique global, cest-à-dire un cadre juridique définissant
lorganisation et lexercice du pouvoir pendant la transition. Ce cadre se
traduira notamment en un gouvernement dunion nationale de Transition, en un
parlement de Transition, en un calendrier politique négocié et précis jusqu aux
élections, et en une commission électorale nationale et indépendante.
- Il importe que la Communauté internationale, à travers
lONU, l OUA, le SADC, les démocraties occidentales, les organisation de
défense des droit de lhomme, toutes les personnes de bonne volonté, les
démocrates et les humanistes, soutienne le plan de paix proposé par M. Etienne
Tshisekedi le 4 septembre 1998 au Secrétaire Général de lONU et à toute la
Communauté internationale pour un règlement global de la crise congolaise ;
quelle adopte une attitude de fermeté et quelle exerce des pressions
contraignantes :
- dune part sur une minorité de congolais armés et
soutenus de lExtérieur (régime Kabila et rébellion armée) afin quils se
plient tous à ce plan de paix ;
- et dautre part sur tous les gouvernements des pays
africains militairement engagés au Congo/Kinshasa , sans quoi la communauté
internationale devra stopper toute assistance financière, économique et militaire à ces
pays, laquelle assistance est utilisée, non pour la stabilité politique , la paix
sociale , lamélioration des conditions de vie des populations et le progrès de la
Région , mais plutôt pour acheter les armes, tuer les autres africains et détruire le
reste des infrastructures industrielles, économiques, militaires et humaines de la
Région.
- que la Communauté internationale associe toutes les forces
politiques et sociales congolaises (régime Kabila, opposition démocratique interne et
rébellion armée) à tous les niveaux des rencontres .
Fait à Bruxelles, le 9 décembre 1998.
Pour le Bureau de Représentation,
Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant
Adresses de contact:
- Représentant: Dr François Tshipamba Mpuila 8 Pachthof,
3010 Leuven, Tél.32-16-259781,GSM 075-338934
- Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba
16A Rue de Moscou, 1060 Bruxelles, Tél.32-2-5390536
- Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba
48/301 Rue Verte Voie, 1348 Louvain-la-Neuve
Tél.32-10-452212
Conseiller : Ir Raphaël Kashala Mutambayi
30 Pastoor Dergentstraat 3200 Aarschot , Tél/Fax
32-16-572262 , GSM 32-477-680877
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