Ce sont vos opinions Mr. Faustin
Kusthienza |
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Clement Kanyinda M. |
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Cher Mr. Kusthienza,
J'ai lu attentivement votre message et je suis tres decu que vous continuez a nous appeler
naifs. J'aimerai par respect pour les Congolais que vous reserviez ces termes pour vos
prochains libres (ou du moins que vous me debarrassiez de ce terme quand vous vous
adressez a moi).
J'aurais aime en outre que vous commenciez par condamner les massacres perpetres a Kasika
et recemment a Makobola par ceux que vous pensez remplacer Kabila avant de proposer que
Kabila parte.
Il y a plusieurs points sur lesquels j'aurais aime echanger avec vous, je crains que nous
commencions un dialogue de sourds. Toutefois, je vais resumer quelques unes de mes pensees
(deja vous auriez du me lire dans mon message de voeux a tous les Neteurs).
1. Du (ou des) gouvernement(s) d'Union nationale.
Cette formule cache bien des astuces des politiciens a ne pas liberer l'espace politique.
Ne voulant pas aller aux elections et affronter le verdict du peuple, ils s'arrangent pour
se positionner, au mepris de la volonte du peuple. Souvenez-vous que Monsieur Tshisekedi
avait ete elu a la CNS, malgre le trucage du gouvernement. En plus, il a eu l'appui du
peuple, bien que Mobutu et sa clique ne l'acceptaient pas. Si a cette epoque la
l'opposition avait affronte le pouvoir de Mobutu et avait mis sur pied de mecanisme pour
eviter la tricherie (Pour rappel, on disait aux electeurs: Prenez l'argent l'argent mais
votez avec votre conscience), pourquoi ne peut-elle pas penser aujourd'hui que le peuple
est assez mur pour exprimer sa volonte et s'organiser en consequence?.
Il ne faut pas confondre l'unanisme et le consensus. Il est difficile de concevoir qu'un
pays de 50 millions d'habitants soit condamne a l'aventurisme des politiciens selon des
formules qui n'ont pas jamais porte des fruits. Devant la multiplicite des partis
politiques et a l'absence des elections, il n'y aura jamais de GOUVERNEMENT d'UNION
NATIONALE. Chaque fois qu'un groupe se sera mis au pouvoir, il y en aura un autre pour
contester et ainsi votre reve d'union ne sera jamais atteint. Peut-etre qu'il y aura des
gouvernements qualifies d'union nationale alors qu'en realite ils n'unissent personne.
En plus l'union que l'on cherche n'est pas l'union des politiciens, c'est plutot l'union
du peuple avec les gouvernants. Mettre ensemble les politiciens dans des cabinets
ministeriels ne signifie pas creer l'union.
Une autre these que vous semblez minimiser Mr. Kutshienza est que l'action d'un
gouvernement exige une cohesion, un programme. Un ensemble heterogene d'individus peut
paraliser la vie du pays. Vous aurez peut-etre reussi a mettre certains individus
ensemble, mais vous n'aurez pas pour autant creer les conditions propices de gouvernement.
Voila pourquoi ces formules magiques des gouvernements d'union nationale resonnent a mes
oreilles comme une utopie, une manoeuvre pour retarder le processus de democratisation.
C'est fort de l'experience du passe et de l'esprit de nos politiciens (d'ailleurs ils ne
s'entendent sur rien) qui me pousse a penser de cette maniere.
2. Des elections
Chaque fois que l'on se refere aux elections, les congolais tremblent parce qu'ils ne
voient que les elections presidentielles. Je suis meme tres etonne de constater que ceux
qui pretendent etre representes partout sur le territoire congolais refusent de pousser
plus loin leurs analyses.
Les elections debutees au niveau local peuvent permettre une bonne transition vers une
vraie democratie. En effet; il est important et imperieux que les politiciens fassent un
effort pour conduire les populations vers des elections, c'est le seul discours que le
peuple peut entendre. Remarquez cher Kutshienza que le peuple congolais ne se reconnait
pas dans tous ces discours de nationalite, nationalisme et que sais-je encore. Raison pour
laquelle, le peuple ne soutient pas la guerre de RCD. Malgre la force et les tueries, le
peuple continue a resister dans les territoires occupes.
Au niveau local, les electeurs savent tres bien qui peut representer leurs interets. Il
est imperieux que le processus electoral commence par la base afin d'asseoir des
representants du peuple. Vous verez Mr. Kusthienza, que les vraies alliances peuvent ainsi
se constituer afin d'eviter tous ces groupements fortuits d'interet. Par exemple, on saura
qui reellement peut defendre les interets de la nation. Si apres des elections municipales
jusqu'au niveau des provinces, il apparait necessaire de former un gouvernement
REPRESENTATIF des forces politiques, alors on peut le faire et ainsi preparer dans la
tranquilite les elections presidentielles. Toutes les discussions sur la forme definitive
de l'Etat, le federalisme ou l'unitarisme devront alors etre discutees par des
representants elus des assemblees provinciales.
En resume: devant les echecs de toutes les formules des gouvernements et dans
l'impossibilite de reediter les resolutions de la CNS dans un contexte hautement
different, je propose:
1) Que les partis politiques, apres leur reconnaissance officielle (sans oublier mon
exigence de la protection des noms des partis politiques) s'attelent a pacificier le pays
en remettant le pouvoir local entre les mains du peuple a travers des elections de ses
representants au niveau local.
2) Les partis qui se seront confirmes a travers cette premiere etape discuteront des
grandes questions d'interet national et preparer ainsi la vraie transition.
3) S'il apparait necessaire, on peut constituer des structures transitoires afin d'epauler
le gouvernement. Par exemple, les differentes assemblees locales peuvent designer des
representants a un organe legislatif transitoire.
4) Les partis politiques devront s'atteler a preparer les elections a tous les niveaux. La
vie d'un pays ne doit pas attendre les elections, elle se vit tous les jours. Les enfants
qui sont nes en 1990 ont deja huit ans, il ne faudra pas attendre qu'ils aient 18 ans pour
afin organiser les elections.
Quant a la globalisation cher Monsieur, je ne vais pas vous repondre maintenant car ne
faisant pas comme vous une these sur la globalisation de l'economie. Toutefois je vous
laisse cette reflexion. Un ami (plus que frere) me disait ceci: "Les capitalistes ont
des fonds (c'est-a-dire de l'argent) qu'ils gerent individuellement, les communistes (du
temps de la guerre froide) ont des fonds qu'ils pretendent gerer collectivement. Mais
qu'ont les africains pour entrer dans l'un de ces deux camps?" J'espere que votre
these n'amene les africains a etre toujours observateurs. Les memes qui ont decide des
systemes politiques sont les memes qui decident de ce qu'ils entendent par la
globalisation. Allez-y comprendre quelque chose!
Comment voulez-vous parler de la globalisation quand on doit decider des presidents
africains a partir de Paris, Washington, Londres et Bruxelles? Comment voulez-vous
globaliser quand certains pays africains ne peuvent pas decider de leur monnaie (la CFA
echappent au controle des pays qui l'utilisent)? Comment voulez-vous parler de la
globalisation quand le fait que 14 pays du SADC decident une chose et les europeens disent
qu'ils ont ete influences parce que seule l'Afrique du Sud a dit non?. Comment voulez-vous
globaliser quand dans les memes conditions, a un pays on lui donne des financements pour
la reconstruction de son territoire (Congo-Brazza) et a l'autre non? Comment voulez-vous
globaliser quand on chasse un President elu democratiquement parce qu'il ne defend pas les
interets d'une compagnie petroliere?
Il y a plusieurs questions sur lesquelles les doutes planent encore sur la volonte reelle
de globalisation.
Nous resterons attentifs, cher Kutshienza. Vous voulez que Kabila parte, il partira si le
peuple le juge ainsi. Si par les elections, le peuple s'incline vers Lunda Bululu, Karawa,
Tshisekedi ou Olenga Nkoy, Kabila partira. Ainsi au moins, le peuple se sera exprime.
Aller imaginer comme vous dites, que l'on decide a Lusaka ou dans un autre forum du depart
d'un President du Congo, cela Mr. Kusthienza ne ressemble pas a la globalisation.
S'il vous plait, je suis suffisamment furieux d'etre traite de Naif. Evitez-moi ce mot a
la prochaine. Notez que je n'emploie aucune terminologie qui vous offense entant
qu'individu dans mes correspondances avec vous!
Bonne lecture, quelle que soit la partie que vous defendez.
Clement Kanyinda M. |
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