| - Le lundi 24 aout 1998, plus de 856
personnes ont ete massacrees a Kasika, dans la chefferie de Lwindi et en territoire de
Mwenga. Signalons tout simplement que la majorite des cadavres decouverts sur un trajet de
60 Km depuis Kilungutwe jusqu'a Kasika, etaient essentiellement des femmes et des enfants.
Les femmes etaient violees avant d'etre assassinees en les ouvrant a l'aide des poignards,
du vagin jusqu'au ventre. Quelques cas ont attire notre grande attention: * A Kilungutwe, plus de 127 personnes massacrees, sans compter de
nombreux cadavres d'enfants jetes dans les fosses des toilettes indigenes. Parmi ces 127
victimes de l'intolerance, nous retiendrons : Madame Nabonga (veuve de 65 ans) avec toute
sa famille de 8 personnes dont M. Kibaza 35 ans, Mme Kamalebo wa Mukoke 40 ans, Mr.
Mwangilwa 28 ans, M. Sandala 25 ans, Mme Lukenge 20 ans, Mlle Mabongele 17 ans, Monsieur
Lutumba 38 ans, et Monsieur Mulingano 37 ans. Parmi les commer ants ambulants, nous
citerons : Nabe, Balagizi, Mufungizi, (non identifies autrement).
* A Kalama, 16 personnes massacrees, de la famille de
Monsieur Mutewa residant a Bukavu, sur l'avenue Kasai, dans la Commune d'Ibanda. Il en est
de meme de 31 personnes assassinees toujours a Kalama, tous membres de la famille de
Monsieur Magara reidant sur l'avenue Patrice Emery Lumumba, dans la Commune d'Ibanda, a
Bukavu.
* A Kasika, plus de 633 personnes ont ete massacrees
notamment la famille du Mwami de Lwindi Fran ois Mubeza y compris lui-m me et sa femme
Yvette Nyanghe. Dans la seule parcelle royale, 37 cadavres ont ete decouverts.
* A la Paroisse Catholique de Kasika ont ete victimes : un
abbe, quatre religieuses et plusieurs fideles. Au total plus de 116 personnes massacrees
(Abbe Stanislas Wabulakombe).
* A la maison du feu Monsieur Mupali Zotos (alias
Mbilizi), un grec qui s'etait installe depuis des annees a Kasika, 6 vieilles femmes ainsi
que 4 travailleurs dont une femme et trois hommes ont ete massacrees a coup de fusil.
* Dans la foret avoisinant les villages de Kasika ou les
habitants dudit milieu avaient pris refuge, ce que l'on appelle chez les Warega les
"Mangele" ou encore les "Tupiengenge", plus de 400 personnes ont ete
massacrees: hommes, vieillards, femmes, enfants et jeunes. Parmi ces victimes, nous
pouvons citer 27 membres de la famille du Maître Kyalangalilwa (avocat de profession),
qui fait office a Bukavu.
La liste des victimes du massacre de Kasika est tres
longue car beaucoup d'autres commercants ambulants Shi (Bashi) en provenance de Kabare et
de Walungu (deux territoires du Sud-Kivu) qui vont vendre leurs produits a Kamituga (Zone
miniere du Territoire de Mwenga/Sud-Kivu) qui se sont rencontres en cours de route a
Kilungutwe, a Kasika et a Kalama, ont ete massacres par les envahisseurs.
* A Mwenga Centre, pendant le mois de septembre, apres un
accrochage survenu au niveau de la Paroisse Catholique de Mwenga et aux environs du bureau
territorial entre les forces d'agression essentiellement Tutsi et les forces nationalistes
May May, les envahisseurs s'etaient mis a pilonner et a incendier toutes les habitations
se trouvant au centre
territorial c'est-a-dire entre la Paroisse catholique et
les bureaux du territoire de Mwenga. Apres ce forfait, les envahisseurs sont partis
s'installer a Kamituga (centre minier du Territoire).
Dans les decombres des maisons, on a pu retrouver 43
cadavres dont certains etaient calcines. Ici, nous pouvons citer quelques-uns :
- Dans les decombres de la parcelle royale de Mwenga,
precisement dans les maisons qui entourent le tombeau du Mwami, 11 cadavres ont ete
retrouves dont le cadavre de Madame Namahabu, femme de feu Mwami Mwenga.
- Dans les decombres des maisons voisines de la famille de
l'ex-Directeur de Region du Sud-Kivu, Monsieur Biaza Sanda Lutala, on a retrouve 5
cadavres dont 3 d'enfants : l'un d'une femme et l'autre d' homme.
- Les autres 29 cadavres etaient retrouves dans des
maisons situees a l'entree des sentiers conduisant dans les forets de Mwenga.
Signalons ici que, si le massacre de la population n'etait
pas vraiment important, c'est parce que la majorite de la population avait deja pris fuite
dans les "Mangele" ou les "Tupiengenge", c'est-a-dire dans des forets
avoisinantes, et ce, bien avant l'arrivee des assaillants.
Entre Mwenga et Kamitunga, d'autres massacres ont ete
signales, mais les informations precises n'ont pas ete en notre possession le moment
opportun suite a l'inaccessibilite du milieu devenu alors zone operationnelle des forces
d'agression.
* MASSACRE DE KITUTU
En date du 2 septembre 1998, voulant couper la route aux
militaires de l'armee reguliere qui etaient stationnes a Kamitunga, les forces d'agression
sont arrivees a Kitutu empruntant un sentier qui part des hauts plateaux d'Itombwe,
jusqu'a Kitutu d'ou a ete signale un massacre de 13 personnes, notamment la fusillade du
vieux Mutendela (age de plus de 70 ans) ainsi que de deux de ses gar ons et leurs femmes.
Cette information nous a ete livree par le fils aine de Mutendela, agent de la
REGIDESO/Bukavu.
* MASSACRE DANS LA VILLE DE BUKAVU
- Lundi 3 aout 1998 de 3 heures 10 heures du matin :
affrontement entre les forces gouvernementales et les forces d'agression.
- Mardi 4 aout 1998 : enterrement de plus de 150 cadavres
dont une vingtaine pres de la station de carburant du marche de Nyawera en face de la
mosquee d'Ibanda, dans lequel 13 corps des civils et 4 corps des jeunes militaires
Kadogo'. Le reste des cadavres dont plus de la moitie des civils a ete trouve dans
le quartier de Muhungu et d'autres cadavres des civils et des militaires trouves aux
environs du Camp Saio de Bukavu.
(Cfr rapport de la Croix-Rouge locale).
- Toujours dans la premiere quinzaine du mois d'aout:
assassinat de cinq personnes dont le vieux Ndongonzi (Commandant de la Police Nationale) a
la Place Major Vangu dans le quartier Essence, en plus des autres executions sommaires a
Cimpunda et a Karale, dans la Commune de Kadutu.
Sa tombe est situee dans sa parcelle, tout pres de la
Cathedrale d'Ibanda.
- Dans la deuxieme quinzaine du mois d'aout : on retiendra
egalement l'assassinat public d'un jeune homme age d'environ 30 ans repondant au nom de
Claude et habitant dans le batiment du Foyer Social de la Commune de Bagira.
- Monsieur Kashama, haut fonctionnaire de l'Agence
Nationale de Renseignements ANR/Sud-Kivu, a ete egalement assassine le samedi 17 octobre
1998 par les militaires d'occupation.
- Pendant le mois d'octobre, Monsieur Sali, Gerant de la
Plantation Cibeke/Walungu, habitant sur l'avenue de la Montagne, dans le quartier Nguba,
en face du Bureau de l'ONG americaine I.R.C, avait quitte son domicile pour sa Plantation
et de la, il a ete execute pour n'avoir pas donne l'argent que les soldats tutsi lui
avaient exige.
- Le 3 novembre 1998, 12 cadavres ligotes ont ete
decouverts vers le grand Abattoir Public de Bukavu, ex-Elakat, Mururu I/Bukavu. Les
auteurs du forfait etaient des agresseurs militaires.
- Fin octobre 1998 et debut novembre de la meme annee,
Monsieur Denondo, boxeur de son etat, habitant la Commune de Kadutu, sera enleve et tue
pour avoir refuse de s'enroler de force dans l'armee du RCD (mouvement politique des
forces d'agression). Pour justifier le forfait, ils ont accuse la victime d'avoir ete
entra neur des May May (forces autochtones de resistance). Toute la population etait
mecontente de ce crime.
C'est ainsi que les responsables du RCD ont invite la
population a venir assister a l'execution publique de l'assassin militaire du feu Denondo.
A cette occasion, un soldat congolais habitant le quartier Buholo IV a ete execute
publiquement a l'endroit denomme Carrefour sis dans la Commune de Kadutu, et ce, a la
place du vrai commanditaire de l'assassinat qui n'etait autre qu'un commandant des troupes
d'agression, un officier rwandais connu sous le prenom de "Jean-Jacques".
- Apres que les combattants May May aient pris le controle
de la Commune de Bagira au bout de 4 heures d'hostilites, soit de 9H.30 a 12 H.30 du
samedi 5 septembre 1998, les forces d'agression ont fait des represailles sur la
population locale pour avoir accueilli chaleureusement les May May. Bilan : 6 personnes
tuees dont 1 du quartier A, 1 du quartier B, 1 du quartier Makoma, 2 du quartier D et 1 du
quartier Kasha. A cause de l'insecurite, nous ne sommes pas en possession des identites
des victimes.
* MASSACRE DE KABARE
Chaque semaine qui passe, il y a de lourdes pertes en vies
humaines dans toutes les localites environnant le Parc National de Kahuzi Biega,
precisement dans les groupements de Luhago, Irengabaronyi et Ihembe a Nindja ainsi que
dans les groupements de Bughore, Mudaka/Kajeje, Bushwira, Cirhunga, Miti/Murhesa et Kagabi
; des groupements devenus alors foyers des tensions et bastions de plusieurs bandes armees
et poches de resistance populaire. Les accrochages entre des forces opposees y ont souvent
lieu et dans la plupart des cas, ce sont des innocents villageois qui tombent victimes.
Ces groupements sont devenus inaccessibles de telle sorte
que les informations en notre possession temoignent que plus de 200 personnes
essentiellement des civils, ont trouve la mort dans tous ces groupements pendant ces trois
premiers mois d'agression.
* MASSACRE DE KALEHE
Kalehe est le territoire jusque-la incontrole par les
forces d'agression. Kalonga, Bunyakiri et Nyabibwe restent les localites boucliers des
bandes armees. Plus de 3.800 hommes de troupes depourvues de munitions necessaires logent
dans ces localites rouges. Chaque jour qui passe, il y a des accrochages entre ces May May
diriges par Monsieur Padiri et les forces d'agression dans les localites precitees. Les
informations nous rapportees par des sources concordantes locales temoignent que plus de
276 personnes y ont deja trouve la mort ainsi que des maisons et couvertures vegetales
decimees, dans cette vague de conflits et/ou d'affrontements, cinq mois durant.
* MASSACRE D'UVIRA
Selon les informations livrees par les organisations de
base oeuvrant dans le Territoire d'Uvira, ci-apres, quelques cas de massacres et
d'executions sommaires deja enregistres depuis le debut de l'agression jusqu'au 3 janvier
1999 :
- Dans la sous-localite de Rubuga, 15 personnes ont ete
enlevees puis portees disparues et deux jours plus tard, elles ont ete retrouvees mortes.
Monsieur Kasholere , petit fr re du Pasteur Kwaja de l'Eglise de Pentecotes de Lemera,
reste l'une des victimes de ce forfait.
- Dans le village de Rukobero, 17 personnes ont ete tuees
et par la suite enterrees dans une fosse commune dans les collines environnant la banlieue
de Sange.
- Dans le village de Lemera, 4 pasteurs pentecotistes ont
ete tues dans un centre hospitalier missionnaire de la place ; Il s'agit de MM. Matoto,
Kazera, Evariste et Kinyota.
- Dans la banlieue de Sange, deux commer ants repondant
aux noms de Rukusa Lwa Malengalengete et Kijemba avaient ete enleves puis amenes a
Bwegera, precisement dans les concessions du Contoko/Onafitex, d'ou depuis, on ne les a
plus revus. Ce cas est similaire a celui de Madame Muhinjuka Rusesema, une femme qui a
refuse de ceder aux militaires burundais (maitres d'occupation) un morceau de viande
qu'elle venait d'acheter au marche de Kahungwe. De force, elle fut conduite a Bwegera pour
ne plus retourner dans sa famille.
- Le 5 octobre 1998, 20 civils ont ete tues dans le
quartier montagneux de Kitundu, un village surplombant la cite de Mulongwe.
- Le 6 octobre 1998, 48 civils ont ete tues dans la
localite de Lubarika.
- Le matin du 5 novembre 1998, des cadavres ont ete
decouverts au port de Kalundu a Uvira. Selon des sources concordantes, les victimes
avaient ete enlevees plusieurs jours avant qu'on ne decouvre leurs corps le matin du 5
novembre 1998.
- D'autres sources toujours en provenance d'Uvira ont
egalement fait etat de plusieurs autres massacres des autochtones et refugies parmi les
intellectuels et personnes actives dont :
. 326 corps trouves dans la riviere Rushima non loin de
Luberizi ;
. 547 corps enterres dans une fosse commune de Bwegera ;
. 138 corps retrouves dans un charnier, dans la localite
de Luvungi.
La plupart de ces victimes sont des Hutu vivant dans la
plaine de la Ruzizi et certaines autorites locales dont les chefs de quartier et chefs
d'avenue. Apres ces massacres, plusieurs milliers des personnes rescapees avaient pris
refuge de l'autre cote de la frontiere soit a Cibitoke/Burundi. Selon le HCR/Burundi,
actuellement les personnes qui ont ete identifiees sont au nombre de plus de 7.000.
* MASSACRE DE FIZI
- Le 20/8/1998, 47 personnes civiles ont ete tuees par les
rebelles rwando-ougandais du Rassemblement congolais pour la Democratie a Kizimia, dans la
Zone de Fizi.
- Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1998, 22 personnes ont
ete executee dans la localite de Swima, collectivite-chefferie de Tanganyika, dans le
Territoire de Fizi. Ces victimes etaient soupconnees par les forces burundaises
d'occupation, d'etre des combattants May May.
- Du 31 decembre 1998 au 1er janvier 1999, plus ou moins
612 personnes y compris les femmes, les enfants et les vieillards ont ete massacrees par
les troupes rwando- burundaises d'occupation, et ce, dans les localites de Bangwe, Katuta
et Kashekezi, trois localites qui forment le village de Makobola II, dans le Territoire de
Fizi, a 18 km au Sud du Territoire
d'Uvira.
Certaines victimes, toutes congolaises, sont deja connues
dont :
- Monsieur Ndama Rusangira, diacre catholique du Diachonie
de Makobola ;
- Monsieur Gode Senge plus un secouriste de la Croix-Rouge
avec son epouse et ses cinq enfants;
- Monsieur Kinyamagoya, Pasteur de l'Eglise protestante a
Makobola, avec ses sept enfants ;
- Monsieur Elanga Mushunguto, Chef d'equipe de la
Croix-Rouge avec son epouse et ses quatre enfants ;
- Monsieur Malaki Kitungano, secouriste de la Croix-Rouge
a Makobola ;
- Famille Leta Magumu (constituee de 18 personnes) ;
- Monsieur Itongwa ;
- Monsieur Maneno avec ses sept enfants ;
- Monsieur Byaku Bongya avec son epouse et ses enfants ;
- Madame Malata avec ses enfants ;
- Mzee Bili Onyuma avec ses quatre enfants, ses 14
petits-fils ainsi que ses trois belles filles.
N.B. : Pour le moment, le secteur Makobola est ferme et
interdit a toute circulation meme a l'Administrateur civil nouvellement nomme par le
mouvement rebelle'. Le massacre a ete commis sous la direction d'un commandant
d'origine rwandaise tres connu a Uvira sous le sobriquet de Shetani (diable, en francais).
Par ailleurs, plusieurs maisons ont ete incendiees avec
des personnes a l'interieur, et certains biens (filets de peche, velos...) pilles. Somme
toute, la vie de plusieurs milliers de personnes, des enfants, des femmes vivant dans les
secteurs des territoires d'Uvira et de
Fizi, reste actuellement menacee par la mise en pratique
par la soit-disant rebellion, de la politique de la terre brulee en guise de represailles
contre les infiltrations actuellement frequentes des miliciens May May allies aujourd'hui
du Gouvernement de Kinshasa. Ces derniers sont tres operationnels sur le terrain.
Ce massacre aura comme consequence la fuite des milliers
de personnes vers Kigoma en Tanzanie, tout en laissant biens, argent, animaux domestiques.
N.B. : Toutes les identites des victimes ne sont pas
encore en notre possession.
* MASSACRE DE BURHALE/WALUNGU
- Du 1er au 3 janvier 1999, des combats ont eu lieu sur
l'axe Bukavu-Mwenga, dans les localites de Mushinga et de Kaniola, en
collectivite-chefferie de Ngweshe, dans le Territoire de Walungu.
D'importants degats ont ete enregistres du cote des
troupes d'invasion.
Et la encore, dans les villages de Ngweshe, les troupes
d'agression ont procede a la destruction et aux pillages des vaches, chevres, poules,
lapins et equipements menagers. Ils sont alles jusqu'a enlever les toles des cases ainsi
que les vitres d'habitations. Ils vendent tout cela a vil prix autour de Bukavu. Dans les
memes circonstances, ils ont tue 12 paysans dans les localites de Burhale et de Musinha,
en Territoire de Walungu/Sud-Kivu.
II.2.2. VIOLS DE JEUNES FILLES ET DES FEMMES
Les informations des cinq derniers mois ont fait etat de
plusieurs viols des filles et mamans qui continuent d'etre commis a Bukavu et surtout dans
les milieux ruraux du Sud-Kivu. Les soldats tutsi sont regulierement cites comme auteurs
de ces viols. Parmi les cas signales:
- Le mardi 22 septembre 1998 a 23 heures, sur l'avenue
Kasai n.3, dans la Commune d'Ibanda/Bukavu, chez Monsieur Mutewa, devant ses yeux, sa
femme et ses deux filles Riziki, 16 ans, et Macozi, 14 ans, ont ete violees par des
soldats tutsi venus du Rwanda.
- A la meme date et presque a la meme heure, dans la
maison voisine au n.2, une fille nommee Shoushou venait aussi d'etre violee.
- 3 jours apres, soit le 25 septembre, sur l'avenue Mbaki,
cinq autres filles etaient violees, notamment Mademoiselle Alice Mabanza, 22 ans, et sa
petite soeur Yvonne. Tout pres de l'hotel Belle-Vue, Annie Luko, Masika et Faida venaient
egalement de tomber victimes de viol.
- Le lundi 5 octobre 1998, tout pres du Camp militaire
Saio, beaucoup de cas de viols ont ete signales, notamment Mademoiselle Sylvie Mwendanga
et Mademoiselle Jeanne Rwankuba, seraient aussi violees.
- Dans le quartier Lumumba, cellule Bobozo, dans la
commune de Bagira, plusieurs jeunes filles ont ete violees par des militaires habitant le
Camp Musique de Bagira, le tout a l'instigation d'un jeune officier rwandais surnomme
Terminator', alors commandant du camp.
- Des cas similaires des viols des filles et femmes ont
ete egalement signales dans les territoires de Mwenga, Walungu, Shabunda et Idjwi ainsi
que dans la Commune de Kadutu, notamment :
1. Mademoiselle Jeannine Fazili, agee de 18 ans, eleve au
Lycee Wima, residant Buholo n.3, dans la Commune de Kadutu ;
2. Mademoiselle Yvette Mushengezi, agee de 18 ans, eleve a
Cirezi, residant Buholo 5, dans la Commune de Kadutu ;
3. Mademoiselle Gode Muhebwa, agee de 16 ans, eleve a
l'Institut Funu, residant Chimpunda, Commune de Kadutu ;
4. Mademoiselle Cibalonza, agee de 16 ans, eleve a
l'Institut Ibanda, residant Chimpunda, dans la Commune de Kadutu ;
5. Mademoiselle Francine Kapata, agee de 17 ans, eleve a
l'Institut Ibanda, resident Funu, dans la Commune de Kadutu ;
6. Mademoiselle Yvette Kaseko, agee de 20 ans, etudiante a
l'ISDR/Bukavu (Institut superieur de developpement rural), residant Kasali 3, dans la
Commune de Kadutu ;
7. Mademoiselle Chantal Muderwa, agee de 21 ans, etudiante
a l'ISTM (Institut superieur des techniques medicales), residant Buholo 1, dans la Commune
de Kadutu ;
8. Mademoiselle Mamy Mushengezi, agee de 22 ans, etudiante
a l'UCB (Universite catholique de Bukavu), residant Rukunbuka, dans la commune de Kadutu ;
9. Mademoiselle Rosette Kabazimia, agee de 22 ans,
etudiante a l'ISP, residant Chimpunda, dans la commune de Kadutu ;
10.Mademoiselle Carine Mudosa, agee de 21 ans, etudiante a
l'ISTM, residant Funu, dans la Commune de Kadutu.
N.B. : Rappelons que la plupart de ces viols ont ete
commis par les militaires de l'armee patriotique rwandaise actuellement au Sud-Kivu.
II.2.3. TENTATIVES D'ENLEVEMENT ET/OU D'ASSASSINAT DES
MILITANTS DES DROITS DE L'HOMME DU SUD-KIVU
Pendant les trois premiers mois de l'agression au
Sud-Kivu, diverses tentatives d'enlevement et/ou d'assassinat ont ete effectuees contre
plusieurs dirigeants de mouvements d'opinion et animateurs des organisations associatives
du Sud-Kivu. La plupart de ces rescapes/animateurs se trouvent aujourd'hui en exil et les
autres vivent en clandestinite dissemines dans les montagnes du Kivu. Ici, nous allons
essayer de donner brievement la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui plusieurs
activistes des droits de l'homme, animateurs des mouvements associatifs et animateurs de
l'AFDL/Sud-Kivu, principaux faiseurs d'opinion' du Sud-Kivu :
1. Ir. Joseph Muyengo Kyalangilwa, President de la Societe
Civile du Sud-Kivu/en clandestinite.
2. C.T. Gervais Chirhalwirhwa Nkunzimwami, President de
l'Union des Ecrivains du Sud-Kivu et vice-President de la Societe Civile du Sud-Kivu/en
clandestinite.
3. Didace Kaningini Kyoto, representant des associations a
interets economiques au sein de la Societe Civile du Sud-Kivu/en clandestinite.
4. Monsieur Jolly Biaya Thizaza et Monsieur Bruno Bahati
Barhaliburu, representants des associations de defense des droits de l'homme, d'education
a la democratie et a la paix au sein de la Societe Civile du Sud-Kivu/en clandestinite
dans les montagnes du Sud-Kivu.
5. Monsieur Emmanuel Rugarabura Ndulo, President du
Collectif des ONG pour un developpement autogene Coda / Sud-Kivu' et representant
des ONG du Sud-Kivu au sein de la Societe Civile du Sud-Kivu/aujourd'hui en clandestinite
dans les montagnes du Sud-Kivu.
6. Monsieur Thaddee Hyawe Hinyi Balundi, representant des
ONG du Sud-Kivu dans la Societe Civile/Sud-Kivu/aujourd'hui en clandestinite.
7. Alain Mazambi Walandja, animateur economique du COJESKI
et Fernandez Murhola Muhigirwa, representants des mouvements de jeunesse et conseiller de
surveillance de la Societe Civile du Sud-Kivu/en clandestinite.
8. Madame Deodate Chishibanji et Madame Noelle Mwavita
Rugenge representantes des organisations feminines du Sud-Kivu au sein de la Societe
Civile du Sud-Kivu/en clandestinite.
9.Monsieur Partiel Musimwa Bisharwa, President du Conseil
Regional des ONG du Sud-Kivu CRONGD/Sud-Kivu' /aujourd'hui en exil.
10.Monsieur Emmanuel Bisimwa Mulashe, President de la
Federation des Initiati ves Locales et Associations de Developpement Regional
FILADER/Sud-Kivu'/aujourd'hui en exil.
11. Pasteur Emmanuel Bujiri Babunga, Secretaire Executif
de l'ONG Heritiers de la Justice/aujourd'hui en exil.
12. Monsieur Jean-Bosco Bahati Machumu, animateur de l'ONG
Heritiers de la Justice/aujourd'hui en exil.
13.Monsieur Didi Mwawati Bulambo, Secretaire General du
Collectif d'Actions pour la Defense des Droits de l'Homme CADDHOM/Mwenga' et
Secretaire General du Collectif des Organisations et Associations des Jeunes du Sud-Kivu
COJESKI'/aujourd'hui en exil.
14. Dieudonne Mushagalusa Cirhuza, Coordonnateur du
Collectif des Organisations et Associations des jeunes du Sud-Kivu
"COJESKI"/aujourd'hui en exil.
15. Monsieur Willy Tshitende Wa Mpinda, Vice-Coordonnateur
du COJESKI aujourd'hui en exil.
16. Monsieur Henri de Paul Igwabi, Animateur provincial de
la Commission Economique du COJESKI/ en exil.
17. Monsieur Christian Bulambo Wandila, Animateur
Provincial de la Commission Sociale du COJESKI/en clandestinite dans l'exil.
18. Monsieur Marcel Kamba Nyunyu, Animateur Provincial de
la Commission d'Ethique du COJESKI/aujourd'hui en clandestinite dans l'exil.
19. Monsieur Ernest Mpararo, Animateur charge des
Programmes au sein de l'ONG Comite d'Action pour le Developpement Integral
CADI'/Uvira/aujourd'hui en exil depuis aout 1998.
20. Monsieur Deo Mubalama, President Provincial de
l'AFDL/Sud-Kivu/aujourd'hui en clandestinite.
21. Monsieur Andre Kazoni, Vice-President de
l'AFDL/Sud-Kivu/aujourd'hui en exil a Nairobi.
22. Monsieur Faustin Mbilizi, Secretaire Executif de
l'AFDL/Sud-Kivu/aujourd'hui en clandestinite.
23. Monsieur Bienvenu Kasole Mukubagire, Membre de la
Commission Sociale du COJESKI/aujourd'hui en exil.
24. Monsieur Christophe Bintu Musharhamina, Animateur du
Mouvement Missionnaire Jeunesse du Monde'/aujourdÆhui en clandestinite.
25. Monsieur Emmanuel Kabungulu Ombeni, Coordonnateur de
l'Association Jeunes Volontaires pour le Progres des Territoires de Mwenga, Fizi et
Shabunda'/aujourd'hui en clandestinite.
26. Prof. Jean-Charles Magabe Na Kihumba, ex-Gouverneur de
Province du Sud-Kivu/aujourd'hui en exil.
27. Mwami Kabare Rugemanizi II, chef de la
Collectivite-Chefferie de Kabare/aujourd'hui en clandestinite et/ou en exil.
28. Mwami Ndatabaye Weza III, Chef de la
Collectivite-Chefferie de Ngweshe/ aujourd'hui en clandestinite.
29. Mwami d'Uvira/aujourd'hui en exil.
30. Monsieur Jules Nteba et Madame Jeje, Coordinateur et
Coordinatrice Adjointe de l'ONG Elimu d'Uvira'/pour le moment en exil.
31. Monsieur Swedi Elongo, Coordonnateur de l'ONG
CADIC-Uvira/pour le moment en exil.
32. Monsieur Panda, Secretaire Executif de l'ONG
Afya Yetu' de Fizi/pour le moment en exil.
33. Monsieur Mulala, Directeur de l'ONG SOCODEFI' de
Kazimia/Fizi/pour le moment en exil.
34. Mwami Nakaziba Chimanye, de la Collectivite-Chefferie
de Kaziba/pour le moment en clandestinite.
35. Mwami Nanindja, Chef de Collectivite-Chefferie de
Nindja/pour le moment en clandestinite.
36. Mwami Claude Musikami de Bunyakiri/pour le moment en
clandestinite.
37. Mwami Rubenga, Chef de Collectivite-Chefferie
d'Idjwi/Nord :en clandestinite.
38. Mwami Kalenga de Mwenga/en clandestinite. Durant
l'operation de recherche des May May du 1/9/1998, les personnes ci-apres ont ete menacees
de mort :
-Namwira Ntonde de Nguba-Bukavu donnera 3.000 USD, une
radio cassette et des biens d'une valeur de 1.500 USD pour sauver sa vie ;
-Bulambo Etienne du marche de Nguba, menace vers 21H.00 a
son domicile, donnera 3.000 USD, un poste televiseur en couleur avec magnetoscope.
-Lumeya Fidele de Nguba donnera son vehicule Pajero pour
sauver sa vie en exil.
-Munganga de Nyawera donnera 3.000 USD et des biens d'une
valeur de 6.000 USD.
-Mukereji communement appele baba John' donnera
1.500 USD, un poste televiseur en couleur et une radio cassette.
N.B. : Cette liste n'est pas exhaustive.
-Ces faiseurs d'opinion se trouvent aujourd'hui en
clandestinite ou en exil pour divers motifs. Les uns ont echappe de justesse aux
tentatives d'enlevement et d'assassinat, et les autres, pour raison d'opinion et
d'insecurite.
-Plusieurs operateurs economiques de la Province se
trouvent egalement en exil et en clandestinite. |