| Occupation du Kivu (suite): un texte du
'Rassemblement pour le Progres' (fwd) |
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| Kambale Katahwa |
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EVOLUTION DE LA STRATEGIE D'OCCUPATION DU
KIVU.
Analyses faites par le Rassemblement pour le Progres R.P. en sigle
Le RP est une organisation creee a Bukavu en 1997 pour reflechir sur le sort des
populations locales au lendemain de la victoire militaire de l'AFDL, qui, aux yeux des
fondateurs du RP, ne paraissait pas augurer d'une paix durable dans la region. La
representation du RP en Europe est enregistree comme ASBL de droit belge (Moniteur belge
du 10 decembre 1998).
Depuis le debut de cette guerre le RP observe attentivement, mais avec de profondes
inquietudes, les signes de ce qui lui parait annoncer une rupture plus dangereuse de la
paix dans la region des Grands Lacs. Une telle rupture sera accomplie avec l'occupation
des territoires entiers, dont le Kivu est particulierement vise. La guerre actuelle n'est
donc, de la part du Rwanda et de l'Ouganda, que le moyen de realisation de leurs ambitions
territoriales que plus aucun esprit impartial ne met en doute.
Sur le terrain, cependant, la conscience nationale et la resistance des populations a ces
ambitions territoriales sont telles que les pouvoirs rwandais et ougandais doivent
constamment modifier leurs strategies en ce qui concerne l'occupation du Kivu.
1. Dans sa forme originale la strategie adoptee par les forces d'occupation rwandaises et
ougandaises reposait entierement sur la violence. Il etait alors question d'eliminer
toutes les personnalites symboliques et les leaders d'opinion. C'est ainsi que depuis 1996
de nombreux chefs coutumiers et leaders d'opinion ont ete sauvagement assassines, souvent
grace a la collaboration ou au silence du President Kabila. C'etait le cas de Mwami Lenge
et Mwami Kalenga. De nombreux autres chefs coutumiers ont ete arbitrairement arretes dans
le but de les reduire au silence et avec l'espoir d'aneantir leur capacite a s'opposer au
plan d'occupation. C'etait notamment le cas de Mwami Kabare au Sud-Kivu, de Mwami Atsongya
au Nord-Kivu et bien d'autres.
Parmi les personnalites morales ont citera l'elimination de Mgr Munzihirwa au Sud-Kivu et
de nombreux commercants et leaders des communautes a Rutshuru, a Masisi et a Lubero. Cette
violence avait pour objectif de terrifier les populations civiles et d'obtenir qu'elles se
rangent sans resistance. Au lieu de cela, les Forces Populaires de Resistance sont nees,
ont cherche et acquis de nouvelles forces, et la population resiste de toutes ses forces
et par divers moyens qui, pour etre symboliques et non violents, n'en montrent pas moins
leur opposition a l'occupation.
2. Constatant cette resistance, les forces d'occupations experimentent actuellement
diverses strategies alliant la force a la corruption. En meme temps que se poursuit
l'intimidation des populations par massacres, viols et pillages, le general-major Paul
Kagame en personne, vice-president du Rwanda, multiplie des contacts avec les chefs
coutumiers du Nord et Sud-Kivu qu'il "invite" a Kigali. D'apres les temoignages
de certains de ces chefs, leurs sejours reguliers a Kigali permet a Monsieur Kagame de
leur offrir de l'argent, du materiel de communication, voire des femmes.
Ainsi la popualtion d'Idjui par exemple a note avec ahurissement que de retour de Kigali
ces chefs disposaient de telephones portatifs.
Les autorites rwandaises et ougandaises esperent ainsi briser la resistance populaire en
achetant la collaboration des chefs coutumiers. Elles pensent pouvoir regner dans un
premier temps a travers les chefs coutumiers qu'elles auront reduits au rang de
fonctionnaires executant les ordres des occupants. On peut neanmoins prevoir qu'un echec
de cette strategie est egalement inevitable. D'abord, ces maneouvres de corruption des
chefs coutumiers n'ont pas echappe a la population qui les desapprouve et l'a clairement
fait savoir a plusieurs chefs coutumiers. De meme, le nombre des chefs coutumiers invites
a Kigali diminue progressivement au fur et a mesure que ces chefs realisent le fosse qui
risque de les separer des populations et qu'ils manifestent une molesse par rapport a la
colaboration avec Kigali. Surtout des chefs coutumiers les plus importants ont su garder
intacte leur dignite et leur patriotisme.Ceux-la ne se sont jamais rendus a ces
"invitations". Parmi ces chefs, mention doit etre faite de Mwami Kabare dont
l'opposition a toute idee d'annexion ou d'occupation du territoire est bien connue. Il a
toujours ete exclu des rencontres de Kigali et est meme toujours recherche par les forces
d'occupation pour etre arrete.
Nous prevoyons qu'apres l'echec de cette derniere strategie, ces autorites vont encore
etre plus violentes. Il est donc important que les populations congolaises et la
communaute internationale restent alertees afin que le danger qui pointe a l'horizon soit
evite. Les Puissances qui ont de l'influence sur les autorites rwandaises et ougandaises
devront leur dire que si elles peuvent gagner la guerre contre les forces de Kabila, il
n'est pas certain qu'elles gagneront la guerre d'occupation. Les populations au Rwanda et
en Ouganda devront comprendre que les autorites de leurs gouvernements s'enrichissent
derriere leur entreprise au Congo a leur detriment. Ce sont ces populations qui payeront
un jour le prix de la haine qui s'accumule dans la region.
Bruxelles, le 17 fevrier 1999
Le Rassemblement pour le Progres
Kambale Katahwa
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