| Conférences sur la paix au Congo:
Deuxième étape |
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| Marcel Kabundi |
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Comme la plupart des Congolais épris de
paix et qui veulent le retour d'un État de droit dans leur pays, j'ai assisté à
plusieurs conférences sur la paix. J'en ai organisé moi-même dans le cadre de certaines
émissions de télévision que j'anime.
De toutes ces rencontres, du reste très intéressantes au niveau du diagnostic et de
l'anamnèse comme diraient les médecins, je reste toujours sur ma faim, celle de savoir
comment en pratique, tout cela va se réaliser, comment va-t-on mettre en oeuvre toutes
les excellentes résolutions qui, à force d'organiser des conférences, se ressemblent
les unes aux autres.
À Anvers en Belgique comme à Montréal au Canada, si les organisateurs ont sans doute
changé, les constats, les recommandations demeurent pour l'essentiel, les mêmes au point
où il faut se demander si la guerre ne donne pas l'occasion à certains individus comme
à certaines organisations de sortir de l'ombre pour des intérêts que l'on a des
difficultés à bien cerner tant on repète ce que fait le voisin, on se chamaille sur les
idées, on court après les délégués de la société civile dont la présence à ces
rencontres augmente la crédibilité et le sérieux; on se dispute la paternité du projet
ou de l'idéée même de la conférence sur la paix, etc. Les uns et les autres se
confient à nous pour se montrer plus préoccupés, maintenant, par ce qui se passe dans
cette Afrique centrale. Bref, je trouve cela étonnant parce qu'on tourne en rond, on
dépense des milliers de dollars qui auraient pu être utilisés pour l'achat des
médicaments, de la nourriture ou faire du lobbying. Je ne voudrais pas dire que je suis
contre ce
D'ailleurs, à la fin de chaque conférence, aucun état financier n'est publié.
On ignore d'où provient l'argent qui permet d'organiser toutes ces réunions et
conférences. En tout les payeurs de taxes auraient exigé la reddition des comptes,
question de transparence.
Autant de brume qui obscurcit la route qui mène vers la démocratie et la paix. Chacun
propose son cocktail de recettes, du déjà vu, pour faire la promotion de la paix au
Congo comme si cela se ferait d'une façon magique.
On traite cette question comme si les seuls acteurs étaient africains. On 'oublie
volontairement de dénoncer avec vigueur ceux et celles qui vendent les armes car sans ces
armes à destruction massive, sans ces avions de guerre, sans ces munitions, la guerre
vite redevenue probablement plus verbale tant les flèches et les munitions de type de
celles que les chasseurs utilisent pour tuer les antilopes auraient suffi pendant tant de
mois.
Bien plus, on ne dénonce pas assez ceux qui ont des intérêts dans cette situation. Je
pense aux trafiquants de matières premières, à ceux qui les achètent; je pense
également aux politiciens en chômage qui veulent reprendre du service, aux vendeurs
d'armes, aux grandes sociétés et multinationales, aux futurs politiciens qui sont prêts
à se prostituer pour quitter le statut d'assisté social, d'étudiant éternel ou de
chômeur à l'étranger, etc.
Tant et aussi longtemps que le discours pour la paix se limitera à une litanie de ce qui
doit être fait sans que cela soit completé par des réponses et des questionnements de
ce genre: comment et qui doit le faire et avec quels moyens financiers et matériels, il
ne nous restera plus qu'à faire des discours, encore des conférences, des forums, bref,
on ne fera que ce qui est facile,à savoir, parler, parler, pleurer, supplier sans savoir
qui supplier.
Nous devons passer à la deuxième étape, celle du véritable LOBBYING comme cela se fait
ici au Canada et ailleurs. Renseignons-nous auprès des syndicats, des groupes de
pression, des médias comment nous pouvons susciter la désapprobation internationale de
la guerre au Congo, comment décourager ceux qui soutiennent les tueries de nos frères et
soeurs et parents afin qu'ils se considérent coauteurs et complices et se couvrent de
honte. Si vous avez des preuves, montrez-les du doigt partout où ils se trouvent.
Commençons par dénoncer les fournisseurs d'armes, les fabricants d'armes et allons
dénoncer cela auprès de leurs ambassades, invitons les médias, associons les synidacts,
etc car avec la PAIX, TOUT LE MONDE GAGNE.
Marcel Kabundi,
Juriste-Criminologue |
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