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Cette guerre qui divise...

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Bernard Ilunga

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Chers compatriotes,

Non ! mais que dis-je ? La guerre que connaît notre pays, pour paradoxale que cela puisse paraître à première vue, est en train de cimenter l’unité du peuple congolais. De l’Equateur au Katanga, du Bas-Congo au Kivu, le peuple unanime, comme un seul homme, s’est insurgé contre l’agression de ces hommes venus d’ailleurs. Je lis, vous pouvez lire, si vous le voulez, dans la réaction spontanée du peuple à l’agression, ce sentiment de fierté ; la fierté d’être un peuple, la fierté d’être congolais... Le rejet de l’agression actuelle de notre pays est, a été quasi instinctive, c’est-à-dire spontanée de la part du peuple congolais. Le peuple a un sens presque inné de son intérêt : il sait, sans trop réfléchir, où se trouve son vrai bien. Naïf donc, lui-même, quiconque taxerait le peuple de naïveté. Et il n’y a pire naïf que celui qui se complaît dans sa naïveté. Evidemment, ce sens inné du peuple se doit d’être repensé, réfléchi, c’est dire qu’il doit passer par le moule de la raison. Etant donné que l’homme agit vraiment en homme, c’est-à-dire selon sa différence spécifique, seulement lorsqu’il fait fonctionner sa raison.

Le malheur, disons la source des malheurs du peuple congolais en particulier, et du peuple africain en général, c’est que ceux-là que la société a investi de la mission de veiller à ce que le sens inné du peuple tende toujours vers le mieux, ceux-là souvent se fourvoient et fourvoient le peuple. L’histoire du Congo, depuis la colonisation jusqu’à nos jours, c’est une histoire de divisions, une histoire de fourvoiements de l’élite, et par voie de conséquence, du peuple. Kasavubu en querelle contre Lumumba ; Tshombe en pagaille contre Mobutu, etc. Le malheur du peuple congolais, c’est de ne pas encore eu une race d’élites dignes, une race d’élites qui accomplissent purement et simplement leur mission : éclairer le peuple, baliser sa route dans la recherche du bien, du bonheur... Les élites que nous avons eues jusqu’à maintenant sont, ont été à des rares exceptions prêts, minées par des contradictions fondamentales. Autant dire, nous n’avons pas encore eu d’élites ; le peuple congolais attend toujours des élites dignes de lui.

Pour revenir à notre sujet, nous voudrions dire que, ou plutôt, nous voudrions accuser les élites, ou ceux-là qui se prennent pour telles, de diviser le peuple à propos de cette guerre inqualifiable qui sème la mort et la désolation chez nous au pays. Lisez les interventions sur les nets... L’élite congolaise défoule sur le peuple ses propres divisions, ses propres crises... O élite de mon peuple, sois digne d’être telle ! A propos de l’agression dont nous sommes actuellement victimes, le peuple n’est pas dupe, n’est nullement naïf, n’est aucunement désuni ! c’est l’élite qui est désunie, qui est en crise. Le peuple, lui, dès le début de l’agression, guidé par son sens inné (naturel) a choisi son camp, sa position... Cela est clair comme le nez au milieu du visage. C’est par contre l’élite qui, soucieux exagérément et même, criminellement du pouvoir qui est divisé et qui trompe le peuple. Je sais que je pèche ici par généralisation abusive... Car au milieu de la débandade générale de notre élite, il y en a qui demeurent fidèles à leur mission, et qui l’accomplissent contre vents et marées. L’intellectuel congolais, nous le classons au rang des élites, même si nous sommes conscients qu’il ne convient pas de mettre purement et simplement une équation entre intellectuel et élite.

L’élite du Congo, aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire de ce pays, a toujours été une véritable calamité. Lisez les interventions sur ce forum. Alors qu’on est en train d’assassiner les compatriotes à l’Est, l’élite passe son temps sur les nets à se disputer si un tel est docteur ou non, si un tel est professeur ou non. Ceux-là qui ont contesté que monsieur Bilolo soit docteur de même que ceux-là qui ont pris sa défense ont perdu leur temps et embrouillé pour rien les visiteurs de nos forums. Que Bilolo soit docteur ou non, ça n’apporte vraiment rien à la solution des problèmes qui nous tracassent présentement. Notez que pour ma part, encore que je ne connaisse pas personnellement notre compatriote, je ne mettrais jamais en doute qu’il soit docteur. L’esprit et la lettre de ses interventions sur les forums plaident sa cause... Il convenait donc, si je ne me trompe pas, de laisser les articles de Bilolo, eux-mêmes et par eux-mêmes, défendre Bilolo. On demandait à un auteur qu’elle était son identité, quels étaient ses goûts, etc. Sa réponse : Ce que je suis, ce qui me plaît, vous les trouvez dans mes livres. Et il dit vrai : pour peu que l’on soit intelligent, on retrouve, d’une façon ou d’une autre, le portrait de l’auteur dans ses oeuvres.

Et pourquoi l’élite congolaise a toujours été divisée ? Soif de pouvoir, démangeaison de s’enrichir et de s’enrichir très vite, au mépris de toute morale, tribalisme ... sont quelques-unes des réponses à cette question. Mais la raison fondamentale, me semble-t-il, qui rende raison de cette tare qui colle à la peau de l’élite, c’est ce que nous avions appelé, dans l’un de nos articles précédents : la crise anthropologique du congolais. Nous y reviendrons très bientôt.

Voilà, l’élite divisée, divise à son tour le peuple. L’élite naïve qualifie le peuple de naïveté ! L’élite assoiffée du pouvoir veut se servir du peuple pour escalader les marches du pourvoir. L’élite corrompue fourvoie le peuple ! Et, pour comble d’horreur, c’est ceux-là qui veulent, devant leur conscience et devant l’histoire, assumer fidèlement leur rôle qui passent pour des tarés. Quand, sur ce forum, vous vous faites le porte-parole du peuple pour condamner l’agression... on vous dit, sans sourciller, que vous faites la propagande du pouvoir actuellement en place, ou carrément que vous êtes un mouchard... O Lumumba, et toutes les vraies élites mortes pour la cause du Congo, voyez quel genre d’élites vous ont relayés !  Que se lève un fantôme, sur le net, qui défend la cause de l’agresseur, sans esprit critique, on l’applaudit. Le cas de Ncero restera symptomatique à ce propos. Monsieur Ncero, un fantôme, en os et en chair, ou plutôt sans os ni chair (les fantômes n’ont tout de même pas d’os...) se met à chanter, de sa voix monocorde, l’hymne en faveur des agresseurs, on sursaute, on saute : "Il a raison, il voit clair" ; et cela malgré la mise en garde d’un internaute sur l’identité de l’homme... (à très bientôt sur la crise du Congolais).

Meilleurs voeux à tous (il n’est pas encore trop tard).

B. Ilunga.

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