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Et si l’on écoutait les Evêques et la Société Civile du Kivu ?
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Bernard Ilunga
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Parmi les nombreuses analyses que nous avons pu lire, depuis le début de la salle guerre de l’est, celle à nous offerte par la société civile du Kivu est incontestablement la plus équilibrée, la plus complète, la meilleure. Ce sont des gens qui vivent sur terrain les affres de cette guerre qui nous en parlent, au risque de leur vie. Nous apprenons d’ailleurs que sept des signataires de ce document seraient aux arrêts, au Kivu. Qu’on les libère sans condition. Ils n’ont commis aucun crime. Ils ont voulu tout simplement parler...

A part le plan de paix de ladite société, une autre analyse de la situation équilibrée est celle de la Conférence Episcopale Nationale du Congo. De toute évidence, sauf mauvaise foi, on ne peut accuser ni les Evêques ni les huit signataires du document de la société civile du Kivu de pencher pour l’un ou l’autre camp. Ils exposent les faits et proposent des solutions.

Et si on les écoutait finalement ? Que nous disent-ils, en gros ? Que la guerre doit finir, et le plus tôt c’est le mieux. Que la guerre doit finir au nom de l’homme, par respect pour la dignité de l’homme. Qu’on écoute leur cri pathétique adressé à tous ceux qui peuvent mettre un terme à cette guerre injuste.

Et les Evêques et la société civile du Kivu proposent, pour ce faire, un tas de solutions que nous pouvons résumer en deux : à l’intérieur du pays, qu’on ouvre, de toute urgence, des négociations avec l’ensemble des congolais (non seulement avec les partis politiques qui ne représentent souvent rien ni personne, à part une poignée d’hommes cupides jusqu’au bout des ongles). Que le gouvernement engage donc sans tarder le processus de réconciliation (je n’aime pas trop ce mot) nationale. Et d’ailleurs, ce serait une arme puissante contre les "rebelles". Dans cette perspective, qu’on libère les prisonniers politiques, qu’on cesse de traquer les journalistes (qui ne demandent pas mieux que de faire leur travail). Evidemment, le journalisme est régi par des normes. Donc si l’un ou l’autre des journalistes venaient à enfreindre les lois de la République, qu’on lui intente un procès en bonne et due forme au terme duquel il pourra soit être justement acquitté soit justement inculpé selon qu’il aura ou non violé la loi.

Toujours dans la ligne de la réconciliation nationale, qu’on lève l’interdiction des partis politiques. Mais, pour ma part, je n’aimerais pas encore qu’on retourne à la marmelade des 400 partis politiques. Il faut être sérieux ! Il nous faut moins de partis politiques, mais qui soient des partis sérieux et vraiment politiques, c’est-à-dire non tribaux, régionalistes, et que sais-je encore. A ce compte-là, je proposerais plutôt que le nombre des partis politiques ne dépasse pas le chiffre 50. Je suis même tenté de dire qu’ils doivent être moins de 30. Ce qui compte, c’est la qualité, non la quantité. Cependant, à notre avis, parmi les partis qui (re)naîtront, ne doit aucunement figurer le MPR. Pour des raisons connues de tous, on ne doit pas permettre que fonctionne de nouveau au pays ce parti d’heureuse mémoire. On nous dira que c’est le MPR renouvelé, purifié... d’accord ! Mais le serpent reste serpent même après avoir opéré mille et une mues dans sa vie. Qu’on vote quelque part une loi qui condamne à l’inexistence éternelle sur le sol congolais de ce parti qui s’est, à longueur d’années, caractérisé par des violations massives des droits de l’homme et d’autres crimes encore.

Sur le plan externe, les Evêques et la société civile du Kivu proposent ici aussi que le feu des armes fasse place au dialogue. Les Evêques proposent la tenue "d’une conférence internationale sur les pays des Grands Lacs". Le gouvernement de la RDC a l’impérieux devoir de régler le problème de cette guerre de la façon la meilleure possible pour notre pays. S’il faut aller négocier, qu’on y aille, mais en sachant que il y a des choses qui ne se négocient pas tels que l’intégrité territoriale, le droit du peuple congolais de se doter lui-même des dirigeants, etc. Mais si les négociations veulent dire aller accepter la partition du pays, par exemple, ou souscrire à la volonté hégémonique de nos voisins, alors, vaut mieux qu’on n’y aille pas. Ensuite, les vrais agresseurs ayant été ou s’étant eux-mêmes démasqués, c’est avec eux qu’il convient de négocier directement. Que le gouvernement fasse tout pour que la salle guerre finisse le plus tôt possible ; nos soeurs de l’est ne doivent plus continuer à être exposées comme ça au virus du sida, nos frères déportés...(à suivre).

Bernard Ilunga.

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