Du 13 au 16 janvier a eu lieu à Anvers
(Belgique) une rencontre importante de la société civile congolaise, tant de l'Ouest du
pays que des territoires sous contrôle du RCD.
Dans le cadre de sa Campagne pour la paix, la société civile congolaise lance un cri
d'alarme au nom des 50 millions de Congolaises et Congolais et propose quelques voies de
sortie à la crise actuelle. Le document joint en attaché RTF est un premier compte rendu
de cette rencontre.
Quatre représentants de la société civile qui obt participé à cette rencontre
d'Anvers, seront au Canada du 25 au 30 janvier prochain dans le but de sensibiliser les
autorités canadienne, ls médias et la population en général aux propositions
exprimées par la société civile. Il s'agit de Hamuli Kabaruza, secrétaire général du
CNONGD de Kinshasa, de Jeanine Mukanirwa du groupe PAIF de Goma au Nord-Kivu, de l'abbé
jean-Pierre Badidike du Groupe justice et Libération de Kisangani en province Orientale
et de Thierry Nlandu du Groupe Amos de Kinshasa.
Une rencontre publique est prévue au Centre Afrika 1644 rue St-Hubert à Montréal, mardi
le 26 janvier à 19h00.
La délégation compte se rendre à Ottawa les 27 et 28 janvier pour rencontrer le
personnel politique canadien.
Pour les médias intéressés à rencontrer l'in ou l'autre invité, prière de contacter
Denis Tougas de l'Entraide missionnaire (514) 270-6089Entraide missionnaire
SOCIETE CIVILE DU CONGO
SOCIETE CIVILE ET CRISE CONGOLAISE
La crise congolaise aux causes multiples
et liées les unes aux autres se traduit par le fait quaprès la guerre de
lAFDL on assiste a une nouvelle guerre de la rébellion qui a éclate le 2 Août
1998. Près de la moitié du territoire national est sous contrôle des rébelles. Comme
en 1996, on note aujourdhui limplication directe et indirecte dun nombre
considérable dEtats.
Très tôt des efforts ont été deployes
pour trouver une issue à cette crise. On doit déplorer labsence des acteurs de la
société civile dans ces débats portant sur la résolution de la crise.
Et pourtant la multitude des plans de paix
suggérés par ceux-ci manifestent leur désir de prendre part aux débats.
La rencontre dAnvers a permis a la
Société civile congolaise de réfléchir sur la contribution quelle entend
apporter dans les efforts pour mettre fin à la guerre qui déchire le pays.
Des causes de la guerre
Les causes rélevées par la Société
civile sont de divers ordres : il y a des causes structurelles et des causes
conjoncturelles. Et parmi ces causes, on distingue celles liées à la situation interne
de la RDC et celles qui sont externes.
Un concessus sest dégagé
autour de 5 causes suivantes :
1. La question de la sécurité aux
frontières entre le Burundi, le Rwanda, lUganda et lEst du Congo.
Les pays voisins, estimant que leur
sécurité est menacée par leurs rébellions internes opérant à partir du territoire
congolais, ont envoyé leurs troupes au Congo, dans les rangs de la rébellion RCD pour
les combattre et soutenir ce dernier dans guerre contre le Gouvernement congolais.
La présence de ces troupes étrangères
est une exportation des conflits internes des pays voisins au Congo; ce qui entraine une
grave crise humanitaire, sociale et économique dont les prinicpales victimes sont les
populations locales congolaises.
Il faut craindre la transformation des
provinces de lEst en une zone tampon pour les pays voisins; ce qui favorise la
multiplicité des groupes et milices armés.
2. Labsence de démocratie dans
les pays de la Sous-Région
Les acteurs de la Société civile
déplorent labsence des pouvoirs démocratiques dans les pays des Grands-lacs. En
effet, les pouvoirs en place sont issus des putschs militaires et sanglants ainsi que des
guerres qui donnent lieu a lexclusion des autres forces politiques.
Pour ceux qui sont ou se sentent exclus,
la seule alternative faisant comme ceux quqi les ont exclus est de prendre
les armes.
La conception et la gestion ethnique du
pouvoir est une pratique qui renforce lexclusion et ne favorise pas le dialogue et
la réconciliation.
Pour les forces sociales congolaises, la
démocratisation des régimes Ugandais, Rwandais et Burundais contribuerait énormément
à régler le problèmes de leurs oppositions armées.
3. La faiblesse de lEtat
congolais
La forte déliquescence de lEtat
congolais a pour conséquence que des conflits externes ont un impact sur la situation au
Congo. En effet, labsence dune armée nationale forte, la perméabilité des
frontières, le dysfonctionnement de lAdministration et la gestion chaotique des
affaires publiques, par les gouvernements et régimes qui se sont succédés, ont
accentué la faiblesse de lEtat face aux pressions et ambitions internes et
externes.
Cette faiblesse profite aux maffias
politico-militaires internes et externes qui trouvent leurs intérêts dans une situation
de conflits et de désordre permanent.
Elle est aussi propice aux vélleités de
prise de pouvoir par les armes. Ainsi une culture de rebellion sest développée
dans les pays de la Sous-Région, dautant plus que ces rébellions et les régimes
quelles mettent en place sont acceptés et bien accueillis par la Communauté
internationale.
Cette communauté internationale ne se
gêne plus, pour certains Etats et pour des intérêts cachés, de bafouer et
dignorer les règles et pratiques du droit international, notamment celles relatives
au respect des frontières entre les Etats.
4. La question de la nationalité des
populations tutsi congolaises.
Le problème de nationalité des
populations rwandophones, Tutsi et Hutu congolais, na jamais été effectivement
reglé par les différents régimes qui se sont succédés au Congo.
Malheureusement, lattitude de ces
populations et leurs rapports avec le régime du Rwanda ont été tels que cette question
de nationalité a suscité beaucoup de passion.
Il est de plus en plus à craindre que les
Banyamulenge, notamment, ne soient instrumentalisés par les régimes du Rwanda, du
Burundi et de lUganda au point quils soient toujours au centre des guerres
continuelles; ce qui rend la question de leur nationalité beaucoup plus ambigue.
Pour la Société civile, cette question
de la nationalité doit être reglée. De plus, lenjeu ne doit pas être compris
uniquement en terme de nationalité, mais bien et surtout de cohabitation pacifique entre
les communautés et dégalite des droits et obligations de tous les groupes
ethniques congolais.
5. Le rôle destabilisateur de
lextérieur
Le fait que des sociétés et des Etats
prennent des engagements dexploitation minière avec les mouvements rébelles
constitue une preuve de linterêt et du rôle des lobbies extérieurs dans les
conflits qui déchirent la Sous-région. Rien ne saurait autrement expliquer la convoitise
des uns et des autres à legard des ressources et potentialités du Congo quil
faut avoir à tout prix, peu importe les moyens utilisés et les dégats sur la
population.
Une certaine opinion va jusqua
soutenir que le Congo est ingouvernable compte tenu de son immensité; de ce fait elle
soutient les démarches et actions visant à son démembrement.
La société civile et le peuple congolais
dans son ensemble tiennent à lunité nationale et à lintégrité du
territoire du Congo. Ils ne pourront jamais accepter toute opinion et plan
macchiavélique contre cela.
Le Congo dispose de toutes les
compétences nécessaires pour instaurer un régime démocratique et promouvoir le
développement, si la paix est instaurée et si la classe politique dépasse ses ambitions
et ses opportunismes.
DES VOIES DISSUE
La Société civile congolaise estime que
la solution à la crise congolaise passe par les voies suivantes:
1. Le renforcement de lEtat
congolais
Un Etat congolais fort, ayant des
dirigeants responsables, une armée nationale et une administration compétente,
entretenant de bonnes relations avec ses voisins, est une garantie de sécurité pour sa
population et pour les pays voisins.
Il est indispensable que la Communauté
internationale aide le Congo à se remettre sur pied, car un Congo faible est une menace
permanente contre la sécurité dans la région.
- Une armée nationale, comprenant des
éléments bien formés et motivés, peut garantir la sécurité des frontières et
protéger tous les citoyens à quelques ethnies quils appartiennent.
- Ladministration doit être capable
daider a la résolution du délicat problème de nationalité, daméliorer la
gestion des ressources nationales.
- Lappui a la société civile afin
quelle puisse jouer son rôle déducation de la population aux valeurs
démocratiques et à la nécessaire solidarité nationale est à envisager.
2. La promotion de la démocratie
dans la Sous-région
Pour mettre fin aux conflits internes dans
les pays et au niveau de la Sous-région, il est indispensable :
- de promouvoir la démocratisation des
regimes dans les pays de la sous-région, à savoir le Rwanda, lUganda,le Burundi et
le Congo;
- de promouvoir le dialogue entre les
communautés ethniques à lintérieur des Etats de la Sous-région (dialogue Hutu
Tutsi au Rwanda et au Burundi, dialogue entre populations Tutsi congolaises et
autres ethnies, dialogue et ouverture politique en Uganda, au Rwanda et au Burundi ).
- de favoriser la concertation entre les
animateurs de la société civile des pays de la Sous-région;
- daider à une meilleure gestion de
la question des refugiés, sagissant en particulier de ceux qui sont armés dans la
Sous-région.
3. Dans limmédiat,
La société civile en apelle vivement à LA
FIN IMMEDIATE DE LA GUERRE en RDC. Elle appelle de tous ses voeux laide de la
Communauté internationale pour cela.
La société civile congolaise proposé un
PLAN DE PAIX en cinq points, à savoir :
a) Un accord politique entre les
belligérants pour mettre fin à la guerre
b) Un cessez-le-feu
c) Le déploiement dune force
internationale dinterposition
d) Le retrait de toutes les forces
étrangères sous la supervision de lONU
e) Le dialogue politique entre Congolais
dans le cadre dune Table Ronde réunissant :
- les représentants du Gouvernement
- les représentants de la rébellion,
- les représentants des partis politiques majeurs
- les représentants de 4 grandes confessions religieuses,
- les représentants des composantes de la Société civile
La Société civile congolaise est
résolue à contribuer à la résolution de la crise congolaise en lançant la CAMPAGNE
POUR LA PAIX.
En effet, les nombreux appels de la
population congolaise dans toutes les provinces prouvent à suffisance que le peuple
congolais veut la paix et refuse une guerre dont il ne voit pas lintérêt.
Bruxelles, le 19 Janvier 1999. |