Questions à l'ambassadeur Nkema
Liloo |
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Leon Diatezua, D.M. |
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Cher Monsieur l'ambassadeur,
Je suis tres heureux de vous lire et surotut de savoir que vous avez ecrit depuis notre
cher et beau pays le Congo. C'est une preuve que Kabila n'a pas ordonne la chasse a
l'homme et mieux il n'a pas proscrit la liberte d'opinion.
Pour vous dire la verite, cher grand frere, je voue une haine indescriptible pour tous
ceux qui ont ete dans la haute sphere de gouvernance dans le regime de Mr Mobutu. Je peche
peut etre par l'effet de generalisation, mais l'ampleur du desastre laisse par cette
clique m'empeche de faire la part des choses. Je dois aussi vous avouer que je n'ai senti
aucune animosite particuliere en vous lisant contrairement a celle que j'ai percu lors des
lecons "magistrales" de Me Nimy.
Cher Monsieur l'ambassadeur, je suis de ceux qui attendent avec impatience la sortie
prochaine de votre livre sur les annees au pouvoir de Mr Mobutu. J'anticipe mon espoir car
je crois qu'avec la position que vous avez eu a occupe dans l'entourage de Mr Mobutu, vous
nous ferez decouvrir les choses telles qu'elles s'y passaient avec plus
d'objectivite (je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le filling de vous faire instinctivement
confiance). Notez cher Monsieur qu'il m'arrive de ne pas trouver du sommeil en essayant de
comprendre comment toute une elite (ce comme cela que nous le nommions a l'epoque) se soit
fait corrompre au point de laisser se detruire ce pays qui etait pourtant a
eux, et le seul qu'ils n'aient jamais eu? Ils avaient l'habitude de voyager partout, mais
ils n'eurent aucune ambition de faire de leur pays un pays aussi beau que les autres.
Quand on voit comment juste avec la vente des arachides, certains dirigeants africains
(aussi dictateurs qu'eux) arrivent a embelir leurs pays, il est vraiment difficile
d'imaginer que ceux qui ont conduit notre pays avec Mobutu aient eprouve une seule seconde
de l'amour pour le Congo ou le Zaire d'alors. Comment se fait il que cette fierte si
naturelle que chacun eprouve pour son pays (doubler par cette arogance propre au
Congolais, notre "lolendo"
nationale) ait pu a se point manquer a toute une generation d'individus?
Il m'arrive de ceder aux explications faciles, mais mon esprit crittique d'homme de
science garde en lui des reliques des non-reponses ou de reponses insuffisantes. Il parait
que Gbanda, le Terminator en personne, vient d'ecrire (je suis impatient de lire ce
livre), mais une version d'un homme comme vous, je pense, permettrait de faire voir les
choses
avec beaucoup plus de hauteur.
Sur ce voici les quelques questions que je voudrais vous poser ici, et auxquels vous
pourriez repondre si vous le voulez bien:
1. J'ai moi aussi appris par la rumeur (radio-trottoir) que vous avez ete celui qui a
inspire la ligne politique vedette dans le discours du 24 Avril 1990. Apparemment c'est
vrai car vous en faite allusion. Ainsi je voudrais savoir quel etait le sens reel de cette
demarche pour vous?
En d'autres termes, etait-elle dans votre esprit juste une ouverture de soupapes pour
faire tomber la pression populaire qui se faisait de plus en plus forte ou croyiez vous
reellement qu'il etait temps que l'autocratie et la voyoucratie cedent leur place a la
responsabilite a
travers un schema democratique pour le bien du Congo? Quel etait la comprehension par
votre patron de cette nouvelle ligne?
2. Quelles ont ete les reactions dans les rangs des predateurs incorrigibles qui
entouraient Mobotu? Je serai heureux de savoir (si possible) comment Pr Vunduawe et
surtout le buveur de sang Gbanda ont reagi, car il est apparu qu'apres ce discours, ces
deux individus ont aussitot pris le devant de la scene eclipsant du coup tous ceux que
l'ont pouvaient considerer comme des moderes du regime.
3. Quelle est votre lecture de la debacle du Zaire? S'il y 'en a une, ou situez-vous votre
propre part de responsabilite.
4. Que pensez-vous de l'option que tous ceux qui ont participe activement a la gestion de
la deuxieme Republique soient a jamais banni de l'exercice de la gestion de la chose
publique?
5. Comment et de quoi vivez vous en ce moment? (question subsidiaire qui ne merite pas
reponse si vous la jugez inoportune).
Portez vous bien.
Leon Diatezua, D.M. |
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