Cher Prof. Ejoh Kasongo-Numbi K.,
Je me permets de reagir a ton message quoique n'ayant pas encore eu l'occasion de lire le
discours du President a l'Universite. Je reagis a ton message primo parce que la recherche
est mon lot quotidien et secundo parce que je passe le clair de mon temps libre a
reflechir sur les voies et moyens d'implementer une recherche vraiment NECESSAIRE et UTILE
dans le contexte de notre Pays.
D'emblee, je salue avec toi cet interet manifeste par le pouvoir public pour la
rercherche, mais je voudrais aussi attirer notre attention sur la complexite que constitue
la notion meme de promotion de la recherche dans notre Pays. En effet, partout dans le
monde, quand les pouvoirs publics s'interessent a la recherche, il s'agit d'emblee de la
recherche appliquee, et laquelle? Celle qui s'injecte avec un temps d'implementation tres
limite dans la vie courante du Pays. Ainsi pour un financement dans une recherche
militaire (par exemple), le pouvoir public exige generalement des delais tres courts pour
voir les "output". Cette "empressement" du financier, ici les pouvoirs
publics, du coup exigera une simplification de la philosophie de la recherche. Cette
simplification quoiqu'ayant donne des resultats rapidement dans certains pays du Nord ,
peut s'averer nefaste a long terme pour la recherche dans le sens academique du mot c-a-d
celui de fouiller dans les confins du fondamentale des connaissances pouvant etre
appliquer a court ou a moyen terme. Je suis convaincu que c'est justement la volonte a
favoriser le fondamental au detriment de l'appliquee qui guarantira la perenite de la
recherche universitaire, qui en cours de route faira tomber des decouvertes utilisable
quasi rapidement. Ainsi pour moi, la recherche universitaire doit se determiner
premierement dans cet optique, et les pouvoirs publics ne sont incapable d'investir dans
ce ce genre d'effort car souvent trop presse et trop pressant. Il n'empeche que puisque
l'Universite doit se trouver des sources de financement propre, elle devra aussi allier a
sa maniere de faire de la recherche celle de la recherche au sens appliquees. Il s'agit
donc d'une question de dosage avec la balance se penchant du cote de la recherche
fodamentale. Il est facile de tourner un chercheur du fondamental en un
chercheur de l'appliquer, mais l'inverse n'est pas generalement vraie.L'intuition a trouver se develeppe mieux quand les questions
auxquelles se penchent le chercheur vont dans le coeur des problemes et ne se limite pas
seulement dans la recherche du comment la machine va tourner. Mais puisque malheureusement
c'est le tourneur de la machine qui gagnent bien sa vie dans le monde reel, celui de
l'industrie, il faut dopter l'institution de recherche de la double casquette (a suivre).
Ce a quoi je voudrais en arriver est que personnellement je ne crois pas en des instances
publiques comme des vrais partenaires dans la recherche. Les vrais partenaires se trouvent
dans le monde de l'industrie. Le partenariat avec l'industrie est moins bureaucratique
donc souple, et conduit a des dialogues simples mais tres efficaces. Le partenariat avec
l'industrie est moins contraignante car il laisse beaucoup de marge de manoeuvre a
l'Universite pour conduire ses agendas pendant qu'elle realisera celui de l'industrie.
Dans le cas du Congo, notre plus grand probleme c'est justement la quasi-inexistence du
corps industriel. Le peu qui exsite s'assimile facilement a la bureacratie etatique donc a
la limite peu operante.
L'Universite congolaise a ete creee principalement avec pour mission celle de former des
cadres de l'Etat congolais naissant c-a-d a agir comme une institution du genre ENA en
France. Depuis sa creation jusqu'a ce jour, rien n'a ete fait pour changer cette mission
ou mieux pour la diversifier (peut etre a cause de la main-mise maladive et perpetuelle de
la bureaucratie etatique sur son fonctionnement). Meme la reforme Universitaire ayant
conduit a l'introduction du "graduat" qui etait cense professionalise
l'Universite s'est bute a la confusion des roles pour a la fin s'est retrouve completement
grippee a cause des lourdeurs bureacratique d'un cote et des effets nefastes de l'elitisme
qui le caracterise depuis sa creation ( a suivre). Ainsi, l'Universite qui n'a jusqu'alors
former que des serviteurs de l'Etat, n'avait jamais songe a former des entrepreneurs, le
seul type d'individus capable de se muer en industriels et qui plutard deviendront des
partenaires de
l'Universite dans un processus de developpement intergral du Pays. Ainsi donc la boucle se
referme sur l'Universite. C'est donc a elle qu'incombe la responsabilite de creer cette
nouvelle race de congolais qui deviendra des entrepreneurs dont le Pays a reellement
besoin pour amorcer son developpement.
Fini la belle epoque de la formation des "kalaka". L'Etat n'a plus des moyens
pour guarantir un train de vie de pachas a ceux qui n'ont comme merite que le fait d'avoir
un diplome Universitaire. Il est temps qu'enfin de nos universites sortent ceux qui
constitueront le moteur du developpement effective du Pays. L'Universite doit se regarde
dans la glace pour re-evaluer sa mission et la reorienter dans le contexte des Nations
modernes sans cela elle sera amenee a disparaitre. Il y a beaucoup que l'Etat doit faire
c'est vrai pour changer la mission de l'Universite, mais plus de 50% a faire se trouve
dans le camp de l'Universite elle-meme.
En passant, je suis quant a moi decu quand je vois que tous ces universites qui
foissonnent un peu partout au Congo ne se decale pas fondamentalement de la philosophie de
l'ancienne UNAZA.
Je m'arrete la pour aujourd'hui. J'espere que j'aurai l'occasion d'elaborer d'avantage sur
certains points particuliers dans un proche avenir.
Portez vous a merveille.
Léon Diatezua, D.M. |