1. Certes, Mobutu est déjà mort. Il
serait actuellement ridicule de toujours revenir sur lui pour expliquer ou
justifier ce qui se passe actuellement dans le pays. "Frère" Honoré pose à ce
propos, par malhonnête intellectuelle qui caractérise certains intellectuels congolais
de son genre, une série des questions dans la conclusion de son livre dont il connaît
pourtant pertinemment bien les réponses car très simples.
2. Il écrit, lisez bien les pages
347-348 : (
) aujourd'hui on parle du tribalisme de Mobutu, mais je voudrais qu'on
cite combien de ngbandi étaient dans le gouvernement, dans la magistrature, dans le haut
commandement militaire entre 1965-1975 ; (
) Mobutu est mort. La logique la plus
élémentaire aurait voulu que le mal et les souffrances du peuple disparaissent avec lui,
et que le peuple congolais débute immédiatement l'ère de la prospérité avec le
nouveau libérateur (
) ; Mais Mobutu n'a pas été le seul responsable des malheurs
du peuple. Il y a eu la part oh ! Combien déterminante de chacun de nous tous (
)?
3. Là commence les délits
d'incohérence du "pasteur" Honoré tant il sait bien que: a) Mobutu
voulait gouverner avec tous les ressortissants de toutes les régions du Zaïre uniquement
pour montrer à la face du monde, un semblant d'unité nationale, il comptait toujours
compté sur les hommes de son obédience ou du clan, tels le Général Bobozo, qui avaient
les pleins pouvoirs et qui commettaient les excès que seuls les "intouchables"
de la coterie pouvaient se permettre. b) De plus, quand on analyse les faits, la
période entre 1965-1975 est celle qui a relativement bien marché sous le régime Mobutu,
avant qu'il ne donne carte blanche aux Bisegimana ; ne donne les entreprises prospères à
son oncle Wazabanga (une nullité grave) à la faveur de la "zairianisation" ;
ne tue les seuls officiers compétents qui savaient lire les cartes d'Etat Major (comme
Panubule) sous prétexte de tentatives des coups d'Etat ; ne s'enlise dans les doctrines
politiques fumeuses qu'il fait préparer à Mpinga , etc. c) Oui, nous savons
Mobutu n'est pas seul responsable de la faillite du pays, il l'a fait avec certains
intellectuels comme Ngbanda, Vunduawe, Mpinga, Lunda , Kengo, Likulia, etc. Ceux qui ne
voulaient pas, les plus dignes et courageux, ont payé de leur vie comme Mandrandele,
Makanda Kabombi, etc;
4. Mobutu n'était plus
un homme "ordinaire " mais un système avec de nombreuses ramifications. En
trente de pouvoir il avait réussi à créer un type de citoyen : inconscient, flambeur,
prodigue, incompétent, pouvoiriste, immoral, adultère. Bref tout ce que n'aime pas
Ngbanda quand il revêt son habit d'homme de Dieu.
5. Tant que ce système ne sera pas
exorcisé, le décollage du pays est impossible. Pour s'en rendre compte, il suffit de
voir la gestion de Kabila : il veut se départir de Mobutu, mais il a du mal à se
défaire des méthodes de son système / il recourt au clan pour se protéger ; les hommes
qui l'entourent sont de type de citoyens du système Mobutu, etc.
6. Par rapport à son deuxième livre
"Afrique : démocratie piégée", Ngbanda a tout de même fait un effort
d'objectivité, il a pu démontrer comment l'entourage de Mobutu a contribué à sa chute
et la déchéance du pays. Personnellement, je n'ai jamais douté que Ngbanda soit un
universitaire formé dans la rigueur comme seuls les séminaristes peuvent l'être. Mais,
l'homme n'est un intellectuel, en ce sens qu'un intellectuel est celui qui ajoute une
dimension éthique à son savoir. Comme bon nombre de congolais, Ngbanda a mis son
intelligence au service du mal. C'est pourquoi nous aimerions qu'il nous dise aussi dans
son prochain ouvrage - au nom de son honnêteté intellectuelle et de sa foi en Dieu comme
il aime bien le souligner - quelle a été sa contribution ou sa part dans les sales
boulots que Mobutu a menés : massacres de chrétiens le 12 février 1992, génocide des
Kasaiens au Shaba en 1993, etc. Pendant cette période, "frère" Honoré avait
des responsabilités- clé dans la sécurité du pays, des biens et des personnes en tant
que Ministre de la défense.
7. En définitive, nous voulons dire à
Ngbanda et à tous ceux qui pensent comme lui, que ce qu'il appelle mauvaise volonté,
manque de reconnaissance des occidentaux envers Mobutu ("son monument de
l'Afrique") ou les piéges, que les Américains tendent sur notre chemin vers la
démocratie, ne sont que des défis que notre élite doit surmonter, en démontrant sa
capacité à se projeter positivement dans l'avenir. L'Occident a connu les mêmes
difficultés et les a surmontées. La concurrence est rude entre les Etats, il n'y a pas
de place aux sentiments, au désordre, à l'incompétence et l'oisiveté.
8. Chers compatriotes, les exigences de la
mondialisation sont telles qu'il faut des partenaires crédibles et forts avec lesquels on
peut faire des affaires. Pour n'avoir pas compris ce changement de "cap" dans
les relations internationales, Mobutu est mort comme dans l'entêtement et l'indifférence
comme un "chien". Il n'est pas encore tard de comprendre ces règles est de les
intégrer et de les appliquer pour le bien de notre pays et de notre peuple ( l'Ouganda et
le Rwanda ont compris le jeu). Autrement, tant que nous serons divisés, désordonnés et
sans culture politique, nous resterons au blanc des indésirables et des rigollots. C'est
aussi simple que cela.