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Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal
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J. Tshimona Bitoke
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J'ai terminé à lire le troisième livre de Honoré Ngbanda, ancien conseiller spécial de Mobutu. Qu'ai-je retenu de cet ouvrage, qui pourrait un jour m'aider à expliquer à mon fils de six ans (né en Europe et qui ne connaît pas notre pays), qui est Mobutu et pourquoi cet homme a-t-il placé notre pays et notre peuple dans un état presque indescriptible ?

1. Certes, Mobutu est déjà mort. Il serait actuellement ridicule de toujours revenir sur lui pour expliquer ou justifier ce qui se passe actuellement dans le pays. "Frère" Honoré pose à ce propos, par malhonnête intellectuelle qui caractérise certains intellectuels congolais de son genre, une série des questions dans la conclusion de son livre dont il connaît pourtant pertinemment bien les réponses car très simples.

2. Il écrit, lisez bien les pages 347-348 : (…) aujourd'hui on parle du tribalisme de Mobutu, mais je voudrais qu'on cite combien de ngbandi étaient dans le gouvernement, dans la magistrature, dans le haut commandement militaire entre 1965-1975 ; (…) Mobutu est mort. La logique la plus élémentaire aurait voulu que le mal et les souffrances du peuple disparaissent avec lui, et que le peuple congolais débute immédiatement l'ère de la prospérité avec le nouveau libérateur (…) ; Mais Mobutu n'a pas été le seul responsable des malheurs du peuple. Il y a eu la part oh ! Combien déterminante de chacun de nous tous (…)?

3. Là commence les délits d'incohérence du "pasteur" Honoré tant il sait bien que: a) Mobutu voulait gouverner avec tous les ressortissants de toutes les régions du Zaïre uniquement pour montrer à la face du monde, un semblant d'unité nationale, il comptait toujours compté sur les hommes de son obédience ou du clan, tels le Général Bobozo, qui avaient les pleins pouvoirs et qui commettaient les excès que seuls les "intouchables" de la coterie pouvaient se permettre. b) De plus, quand on analyse les faits, la période entre 1965-1975 est celle qui a relativement bien marché sous le régime Mobutu, avant qu'il ne donne carte blanche aux Bisegimana ; ne donne les entreprises prospères à son oncle Wazabanga (une nullité grave) à la faveur de la "zairianisation" ; ne tue les seuls officiers compétents qui savaient lire les cartes d'Etat Major (comme Panubule) sous prétexte de tentatives des coups d'Etat ; ne s'enlise dans les doctrines politiques fumeuses qu'il fait préparer à Mpinga , etc. c) Oui, nous savons Mobutu n'est pas seul responsable de la faillite du pays, il l'a fait avec certains intellectuels comme Ngbanda, Vunduawe, Mpinga, Lunda , Kengo, Likulia, etc. Ceux qui ne voulaient pas, les plus dignes et courageux, ont payé de leur vie comme Mandrandele, Makanda Kabombi, etc;

4.    Mobutu n'était plus un homme "ordinaire " mais un système avec de nombreuses ramifications. En trente de pouvoir il avait réussi à créer un type de citoyen : inconscient, flambeur, prodigue, incompétent, pouvoiriste, immoral, adultère. Bref tout ce que n'aime pas Ngbanda quand il revêt son habit d'homme de Dieu.

5. Tant que ce système ne sera pas exorcisé, le décollage du pays est impossible. Pour s'en rendre compte, il suffit de voir la gestion de Kabila : il veut se départir de Mobutu, mais il a du mal à se défaire des méthodes de son système / il recourt au clan pour se protéger ; les hommes qui l'entourent sont de type de citoyens du système Mobutu, etc.

6. Par rapport à son deuxième livre "Afrique : démocratie piégée", Ngbanda a tout de même fait un effort d'objectivité, il a pu démontrer comment l'entourage de Mobutu a contribué à sa chute et la déchéance du pays. Personnellement, je n'ai jamais douté que Ngbanda soit un universitaire formé dans la rigueur comme seuls les séminaristes peuvent l'être. Mais, l'homme n'est un intellectuel, en ce sens qu'un intellectuel est celui qui ajoute une dimension éthique à son savoir. Comme bon nombre de congolais, Ngbanda a mis son intelligence au service du mal. C'est pourquoi nous aimerions qu'il nous dise aussi dans son prochain ouvrage - au nom de son honnêteté intellectuelle et de sa foi en Dieu comme il aime bien le souligner - quelle a été sa contribution ou sa part dans les sales boulots que Mobutu a menés : massacres de chrétiens le 12 février 1992, génocide des Kasaiens au Shaba en 1993, etc. Pendant cette période, "frère" Honoré avait des responsabilités- clé dans la sécurité du pays, des biens et des personnes en tant que Ministre de la défense.

7. En définitive, nous voulons dire à Ngbanda et à tous ceux qui pensent comme lui, que ce qu'il appelle mauvaise volonté, manque de reconnaissance des occidentaux envers Mobutu ("son monument de l'Afrique") ou les piéges, que les Américains tendent sur notre chemin vers la démocratie, ne sont que des défis que notre élite doit surmonter, en démontrant sa capacité à se projeter positivement dans l'avenir. L'Occident a connu les mêmes difficultés et les a surmontées. La concurrence est rude entre les Etats, il n'y a pas de place aux sentiments, au désordre, à l'incompétence et l'oisiveté.

8. Chers compatriotes, les exigences de la mondialisation sont telles qu'il faut des partenaires crédibles et forts avec lesquels on peut faire des affaires. Pour n'avoir pas compris ce changement de "cap" dans les relations internationales, Mobutu est mort comme dans l'entêtement et l'indifférence comme un "chien". Il n'est pas encore tard de comprendre ces règles est de les intégrer et de les appliquer pour le bien de notre pays et de notre peuple ( l'Ouganda et le Rwanda ont compris le jeu). Autrement, tant que nous serons divisés, désordonnés et sans culture politique, nous resterons au blanc des indésirables et des rigollots. C'est aussi simple que cela.


J. Tshimona Bitoke

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