| Les Mobutistes doivent payer pour que
cela ne répète plus... |
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| J. Tshimona Bitoke |
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Je suis offusqué de lire des âneries rédigées par certains
compatriotes, affirmant que les "mobutistes bénéficient des circonstances
atténuantes" ; que "les intellectuels ont bénéficié du système
Mobutu", etc. Je ne suis pas d'accord avec cette analyse en l'emporte pièce. Si
certains intellectuels malhonnêtes ont bénéficié des largesses du régime Mobutu, cela
ne signifie que tous les intellectuels congolais doivent porter le chapeau.
1. Mobutu était un mauvais père de famille doublé d'un voleur patenté : il a volé et
détruit le pays avec l'aide de certains congolais. A mon avis tous ceux qui ont volé
avec lui, doivent répondre de leurs actes devant la justice. C'est le prix à payer pour
la construction d'un Etat de droit en RDC. Sans cela, nous retournerons à la case de
départ.
2. La construction du nouveau Congo passe avant tout par l'éradication du système Mobutu
et les anti-valeurs qu'il a incarnées : la tricherie, le vol, la corruption, la
prostitution, etc.
3. La plus erreur de la Conférence nationale et de Kabila est celle de n'avoir pas tirer
les conséquences du dossier biens mal acquis et assassinats. Par complaisance, on a voulu
pardonner et recommencer. Au lieu renforcer avant toute chose la justice, en donnant aux
magistrats les moyens d'action et les conditions décentes de travail, Kabila a placé la
charrue avant le buf, en demandant aux magistrats affamés de poursuivre de riches
criminels économiques et politiques.
Conséquence des courses : les juges ont vendu les charges qui étaient retenues contre
ces criminels. Les Congolais ont été déçus : ceux par qui le malheur du Congo est venu
se sont retrouvés en liberté. Ceux qui les ont remplacés ont recommencés avec la
culture de vol et de la mauvaise gestion des biens publics ;
4. Je rigole lorsque j'attends dire que Kabila est dur avec ses collaborateurs : ils les
arrêtent en cas de faute grave et de détournement ! Très bien, il faudra qu'il arrête
également son cousin Kakundji dont les excès de tout genre sont bien connus.
5. Lisez le livre de Honoré Ngbanda sur les derniers jours de Mobutu. Au-delà du fait
qu'il insiste de manière injustifiée sur le manque de reconnaissance de certains
politiciens congolais et africains à Mobutu (Mobutu dilapidait l'argent du Zaïre, on ne
peut être reconnaissant envers un voleur), qui leur avait tout donné, il souligne
clairement la
responsabilité de Mobutu et des généraux Ngbandi, dans le déclin économique et
politique du Zaïre (vols d'argent, corruption, etc.)
6. Nous ne devons pas laisser s'échapper des voleurs connus au nom du pardon et de la
réconciliation nationale. La réconciliation ne signifie pas accepter que la bande à
Kengo ou celle à Baramoto par exemple revienne aux affaires au non du pardon.
7. La RDC doit se doter d'une justice responsable qui, à défaut d'arrêter, doit
demander des comptes à ceux qui détruit le pays. Une justice responsable est le garde
fou contre les abus de tout genre, y compris de la part du Président de la République.
La crainte du gendarme et le commencement de la sagesse.
8. Moi, j'ai fait toutes mes études au Zaïre (primaire, secondaire et universitaire)
avant de quitter le pays par la grande porte pour aller travailler à l'extérieur pour
l'ONU, je connais ce que signifie étudier sans bourse, marcher à pieds, laver sa seule
chemise la nuit, enlever ses chaussures quant il pleut, dormir affamé, travailler sans
être payé, etc.
Alors, je REFUSE que l'on dise sans nuancer par ceux qui ont tout eu du système Mobutu
que les intellectuels zaïrois ont profité de ce système pourri.
Franchement, je n'aimerais pas que mon fils que j'éduque dans le respect de l'autre et du
bien, puisse un jour lire de telles balivernes
Chers compatriotes, quand on leur demandait pourquoi il ravivait la haine contre les
nazis, en les cherchant partout dans le monde, les juifs ont répondu : ils doivent payer
pour cela ne répète plus. Je dis la même chose : les mobutistes reconnus coupables de
vol et de crimes doivent payer pour que ça ne répète plus
J. Tshimona Bitoke |
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