| Chère Madame Libambu,
mes suggestions portent sur plus d'un 1/4 de votre analyse |
 |
| Tshimona Bitoka |
 |
|
|
|
Chère compatriote,
Loin de loi l'intention de tirer des conclusions hatives ou de porter des jugements de
valeurs sur vos analyses, par mes observations, j'ai voulu souligner trois choses
importantes dans votre approche :
1° Dans votre article, vous généralisez les faits qui ne se déroulent pas forcément
dans le même contexte étatique alors que l'Afrique est grande, diverse et complexe.
Vous intitulez par exemple votre article "l'Afrique attend la génération de
colombes".
De quelle Afrique parlez-vous? la sahalienne, la saharienne (qui ne se veut pas proche des
subsaharienne), l'australe, la forestière (la nôtre),etc.
Dans le fond, chaque Afrique a son histoire, sa culture, etc.Certaines d'entre elles ont
même déjà trouvé leurs "Nelson Mandela"...
Comme vous, étant étudiant à Kinshasa, il y a dix ans, je pensais que l'Afrique était
homogène et que tous les africains avaient le même combat et défis à relever. Plus
tard, à la faveur des visites dans les différentes Afriques, j'ai saisi les différences
qu'il sied de toujours relever lorsqu'on rédige une analyse.
Ainsi, vous éviterez de tomber dans les pièges méthologiques de généralisation telles
que vous les faites en écrivant : "ces leaders africains ne sont pas encore rendus
compte que la Guerre froide a gêlé (...)"; "l'Afrique ne connaitra sa grande
révolution" (...), etc.
L'approche de "tous pourris" amène inévitablement à des amalgames.
2° Loin de moi, l'idée de porter un jugement sur votre foi en Dieu ( je suis moi-même
croyant), j'ai l'impression - une fausse impression peut être- que vous faites parfois un
lien quelque peu léger et superficiel entre le spirituel, le politique et l'humain.
Plusieurs compatriotes font et ont facilement établi le même lien, amenant ainsi des
gens comme Honoré Ngbanda, ancien conseiller de Mobutu, à devenir pasteur et à prêcher
la parole de Dieu à sa manière ...
Encore une fois, ma chère compatriote, ce n'est pas vous qui êtes légère, c'est la
manière dont vous recourez à Dieu qui me frustre personnellement. C'est mon point de vue
(peut-être trop dure) ...
3° J'aurai voulu que vous terminiez votre analyse par des suggestions réalistes et
réalisables pouvant aider à la recherche des solutions au pays.
A mon humble avis, la manière que vous concluez votre article, après avoir enfoncé les
portes ouvertes, n'apporte rien aux lecteurs : nous attendons ce que Jésus a décrit en
disant "soyez doux comme ds colombes, alors vous serez mes soldats".
Il y a certes un message spirituel dans cette chute, mais pour le congolais qui le lit,
n'y trouve pas forcement des pistes pouvant les aider à amorcer une quelconque action
suspectible d'amener un changement.
Je pense qu'ayant la possibilité d'accèder à l'internet pour écrire des textes qui
sont lus dans le monde entier, nous avons l'obligation de ne pas "écrire pour
écrire", sinon nous ne serons pas différents des compatriotes qui se sont amusés
à crier, à se battre, à planer, et forniquer aux frais de l'Etat pendant sept années
d'une transition démocratique interminable...
Depuis l'Afrique ou je vis, je lis vos écrits sur congonline depuis deux mois et je
souhaiterai recevoir les articles auxquels vous faites allusion.
En définitive, ma soeur, j'admire votre courage. Vous êtes une femme dévouée à la
cause de notre chère patrie. Votre engagement à écrire et à proposer des idées
le démontre bien. Courage le pays en a besoin.
A bientôt
Tshimona Bitoka |
|