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Ce texte est un extrait d’un livre écrit à Kinshasa entre 1990-1991 sur la Conférence Nationale, mais que nous n’avons pas encore publié. Il sera annexé à notre Projet de Société : " Le Congo et l"Afrique de demain : Catéchisme des Gouvernants et des Gouvernés ".
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Dr. Mubabinge Bilolo
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Mr. M. Kabundi, Mr. JP. Biminayi, Mr. Bonazebi Nkuka, Mr. F. Kalonga, Mr. Bafwa et beaucoup d’autres internautes qui souhaitent le retour massif des incontournables Mobutistes pour qu’ils viennent nous libérer de l’occupation étrangère – oh mobutistes-libérateurs fils du grand-libérateur Mobutu -, nous ont interpellé. Les uns, comme Mr. F. Kalonga, se réjouissent de notre inpuissance et nous annoncent que nous le voulions ou non, le Président qui est déjà entouré des mobutistes, va augmenter leur nombre. Les autres nous demandent de faire de concessions afin que les Mobutistes viennent nous aider à chasser les Ougandais et les Rwandais. Car les Mobutistes sont très intelligents, bien écoutés dans le monde, bien écoutés par l’Armée et bien écoutés par le Peuple.

Mr. Bafwa, Mr. Jibikilayi, Mr. Nkuka, Mr. Kalonga et autres peuvent-ils vraiment soutenir les Mobutistes et continuer à se présenter devant notre Peuple comme des Patriotes ? Il y a déjà trop de Mobutistes autour de Kabila qu’est-ce qu’ils ont fait de bon jusqu’à présent ? Y-a-t-il un Mobutiste plus mobutiste que Sakombi Inongo ? Quelle " réconcilliation " voulez-vous encore ? Pourquoi est-ce que les Jeunes Ministres très dynamiques sont écartés au moment où Sakombi Inongo devient la Troisième Personnalité de la République ? Une telle nomination est une inadmissibilité politique comparable à celle de Kyungu comme Ambassadeur. Le Président de la République, Mukulu Kabila, était en exil pendant. Il n’a pas vécu les vicissitudes du Mobutisme. Il ne connaît pas très bien les Mobutistes. ILS VONT LE NOYER. Ils l’ont déjà partiellement noyé.

L’Editeur de LICOPA nous a dit de suivre l’exemple de la Russie et d’autres pays où les anciens Communistes ont été récupérés. Son exemple est bien choisi. Car ces pays Russie, Roumanie et autres sont par terre. Leurs peuples sont plus malheureux que les Congolais. Sans une révolution culturelle et politique, sans un changement intégral des acteurs et des cultures politiques, " no future for Congo ".

Au moment où nous faisions notre Autopsie du Mobutisme, entre 1990-1991 à Kinshasa, nous pensions profondément, comme la plupart d’entre-nous aujourd’hui, que les Mobutistes sont convertibles. Nous savons depuis 1993 qu’ils sont inconvertibles. La religion qu’ils prêchent et leurs prières irrationnelles sont le sommet de la comédie humaine. Les Mobutistes sont les rebelles. Ils sont plus méchants, plus inhumains que les rebelles que nous sommes entrain de combattre. Ces fruits pourris vont faire pourrir tout autour de Kabila.

Quant à Marcel Kabundi, il nous a demandé de définir les caractéristiques d’un Mobutiste de telle sorte qu’il puisse le reconnaître en route s’il le rencontrait ! Il nous demande de faire un portrait des Mobutistes comme si leurs crimes avaient coloré leurs visages.

Nous pouvons lui répondre en disant que ce n’est pas difficile. Il n’a qu’à établir la Liste de tous les Premiers-Ministres, de tous les Commissaires d’Etat, de tous les Ministres et Vices-Ministres, de tous les Parlementaires de Mobutu, de tous les Membres du Comité Central et du Bureau Politique, de tous les Gouverneurs des Régions ou de la Banque Nationale, de tous les Dirigeants nationaux, régionaux et sous-régionaux du MPR, de tous " Acquis-par-erreur ", c’est-à-dire les PDG des Sociétés étatiques et par-étatiques, de tous les responsables de MOPAP, de l’Institut Makanda Kabobi, de tous les Généraux de la Garde-Anti-Civile et des Divisions Spéciales Présidentielles, de tous les responsables de (In)Sécurité-Nationale, de tous les responsables de SNIP, de tous ceux qui nous ont fait danser, de tous les Magistrats civils ou militaires qui ont fait tuer les Kalume, Mwepu, Kudia-Kubanza ; de tous ceux qui sont impliqués dans les assassinats des étudiants et étudiantes depuis 1969, de tous les Ambassadeurs et agents de sécurité dans les Ambassades, etc.

Ces gens doivent d’abord aller en quarantaine politique de 15 ans. Comme ils sont très nombreux, le Procureur de la République s’occupera minutieusement de leurs dossiers, et cela cas par cas. Vous comprendrez que l’instruction de plusieurs milliers des dossiers puissent durer 15 à 25 ans. Pendant ce temps, ils peuvent nous prouver leur savoir faire dans le secteur privé. La priorité sera accordée à ceux qui n’ont occupé ces postes que pour quelques mois et qui ont été révoqués pour avoir pris refusés d’exécuter des ordres sauvages.

Cher Marcel, vous ne pouvez pas reconnaître le Mobutiste en route, vous avez besoin de son curriculum vitae. Un Ministre de Kabila se moquait de moi un jour en disant : " Comme vous marchez en lisant, les Mobutistes vont vous payer des livres et vous vous mettrez à lire. Ils viendront se mettre autour de vous et vous ne le saurez même pas que vous êtes parmi les Mobutistes". Nous lui avions répondu que nous n’avons besoin de leurs visages, nous avons des listes et des archives. D’autres se demandaient si nous marchions avec un revolver à la recherche des Mobutistes. Non. Les Mobutistes sont nos frères et soeurs. Quand nous les rencontrons, ils nous paient une bière bien fraîche et ceux qui sont déjà par terre, reçoivent une bière. Comme ils sont presque tous dans des groupes de prière, nous achetons de coca-cola. Mais cela n’est pas une raison pour les aider à revenir au pouvoir. Nous attendons que les Juristes et futurs Procureurs de la République fassent leur travail.

Nous ne voulons pas escamoter la question des caractéristiques d’un Mobutiste. Cependant, comme il nous paraît plus scientifique et politiquement plus utile de décrire non pas le Mobutiste, mais le MOBUTISME, nous reproduisons ici une Autopsie du Mobutisme faite avant la Conférence Nationale et durant les premières séances de cette Conférence.

Nous reproduisons cette Autopsie, non seulement pour répondre à votre question, mais aussi pour aider les Conseillers Non-Mobutistes autour du Président de la République afin de l’aider à se débarrasser des éléments mobutistes autour de lui et de faire de telle sorte que le KABILISME devienne le contraire du MOBUTISME.

Nous invitons le Président de la République, Mukulu Kabila, de bien lire cette analyse de 1990-1991, afin d’éviter la répétition des pratiques que nous considérons depuis lors comme des INADMISSIBILITÉS POLITIQUES. C’est pour mettre fin à ce système et à cette culture que nous avons soutenu l’AFDL.

Une reconduction des Mobutistes au pouvoir n’apportera aucune solution à la crise politique congolaise. Au contraire, elle nous conduira à une situation analogue à celle qui était à l’origine de la paralysie de la Transition de 1992-1997.

Nous avons juré au Congrès de la Diaspora en 1996 de ne jamais trahir notre Pays et notre Peuple, nous resterons fidèle à ce serment jusqu’à la mort.

Nous invitons les internautes, ami(e)s de ces sites, de lire attentivement cette analyse et de nous dire si nous pouvons encore pour la troisième fois remettre le Destin de notre Peuple dans les mains des Mobutistes.

 

Panorama des options pratiques
et des habitudes de l'Ère mobutiste

Préface

La Conférence Nationale Souveraine est un champ de bataille entre les forces du mal et les forces du bien. L'hypothèse de la victoire des forces du mal sur les forces du bien n'est pas à exclure. Cela d'autant plus qu'un Peuple anthropologiquement, moralement, spirituellement et matériellement paupérisé comme le nôtre est facilement corruptible. Les mobutistes vont tout faire pour "gérer" la Conférence et pour faire triompher les anti-valeurs. La brutalité de la „garde anti-civile" vise à créer dans la population opprimée des mécanismes de survie individuelle qui vont paralyser le processus de réalisation de décisions de la Conférence Nationale Souveraine.

C'est pour prévenir contre ces dangers que j'ai pris la décision de faire cette synthèse des oppositions majeures et de mettre en évidence les véritables aspirations et options de notre peuple. Les décisions et les options fondamentales de la Conférence Nationale seront jugées à la lumière de cette grille.

J'ai participé à la préparation de cette Conférence en prenant part à des différentes manifestations politiques et scientifiques, organisées par des Partis politiques, des Associations et Corporations de la Société Civile telles que les Organisations Non-Gouvernementales du Développement (ONGD), l'Académie de la Pensée Africaine, l'Association des Moralistes Zairois (AMOZA), la Conférence des Chercheurs du Zaïre, la Ligue Zaïroise des Droits de l'Homme, le Forum pour la Démocratie et le Développement, la Coordination Nationale de la Société Civile, les Instituts Supérieurs et les Associations de réflexion, les paroisses chrétiennes, etc. et je sais ce que veut mon Peuple.

Cette contribution personnelle complète d'autres documents collectifs à la composition desquels j'ai participé et plus particulièrement la Contribution de l'AMOZA et celle des ONGD. C'est en ma qualité de Membre- cofondateur de la Société-Civile au Centre Bondeko à Kinshasa, du Président de la Commission "Morale" de cette Société Civile, du Coordinateur des Travaux de l'Académie de la Pensée Africaine, du Secrétaire Général-Adjoint de l'Association des Moralistes Zaïrois et du Disciple du Cardinal Joseph Malula et de Cheikh Anta Diop que j'assume cette lourde responsabilité d'exprimer sans diplomatie et clairement les aspirations de mon Peuple.

 

Panorama des options pratiques
et des habitudes de l'Ère mobutiste

 

1. Forme d'Etat:

unitarisme centraliste, actuellement unitaire " décentralisé "

2. Régime politique:

dictature totale aussi bien dans sa forme présidentialiste que sémi-présidentialiste.

3. Système politique:

monopartiste, dictature du parti-état, pluralisme apparent du parti-état stratégiquement atomisé.

4. Origine du pouvoir:

coups d'Etat de toutes sortes.

5. Contrôle du pouvoir:

- constitutionnellement impossible;

- le dictateur nomme et révoque à sa guise, il fait ce qu'il veut, car il est "dieu", au-dessus du Peuple et de la Constitution.

6. Doctrine:

mobutisme, c'est-à-dire la volonté, la parole, l'action, les caprices et l'immoralité de Monsieur Mobutu ont force de loi.

7.. Philosophie politique:

l'authenticité inauthentique ou caricaturale, culte du guide et l’amateurisme – n’importe qui peut devenir n’importe quoi, n’importe où et n’importe quand -.

8. Constitution:

modelée sur la personne de Mobutu, consacrant le mobutisme et garantissant l’impunité et la survie politique de tous les anciens et nouveaux collaborateurs de Mobutu.

9. Institutions de l'Etat:

pléthoriques et toutes au service du mobutisme et de son parti-état; leurs membres prêtant tous serment de fidélité inconditionnelle au mobutisme et à Mr. Mobutu.

10. Président de la République:

Dictateur, au-dessus de la Constitution et des lois de la République; nommant et révoquant à sa guise, sans critère objectif, en dehors de la soumission inconditionnelle à sa volonté.

11. Gouvernement et Parlement:

Mobutisés, irresponsables, placés respectivement à la 5ème et à la 6ème positions des institutions publiques après la Présidence, le Congrès, le Comité Central et le Bureau Politique. Depuis 1992, venant officiellement en 2ème et 3ème positions après le Président, mais concrètement, venant en 4e et 5e positions après le Président, les Conseillers à la Présidence et le Collège des Généraux-enfants-fidèles du Président, voire après les Hauts-Cadres de l’actuel MPR.

12. Armée:

- mobutisée et privatisée;

- soumise à la volonté et aux caprices d’un individu et de sa clique;

- tribalisée;

- des Généraux et Officiers supérieurs ressortissants d'autres Régions ou Sous- Régions: prématurément retraités, assassinés, empoisonnés, emprisonnés, condamnés à mort et ceux qui sont encore en vie quotidiennement terrorisés et privés du pouvoir de commandement ou mis à la tête des unités multi-ethniques désarmées, etc.

- promotion à des grades supérieurs exclusivement fondée sur la fidélité au mobutisme, à la personne Mobutu et aux affinités claniques, tribales ou cléptomaniaques;

- à part les Généraux-acquis au système mobutiste, quelques Officiers et quelques unités claniques spéciales au service de la sécurité personnelle du Président, l'Armée Nationale est mal payée, mal logée, mal habillée, mal nourrie, soumise aux caprices d'une puissance sans dignité, sans personnalité et sans moralité;

- son image de marque est entamée par des unités partisanes mercenaires ou agissant comme des mercenaires dans leur propre pays (le cas de la Division Spéciale Présidentielle, de la Garde Anti-Civile et des "Hiboux");

- fondamentalement formée et dressée contre le Peuple - de là son titre de la „Garde-Anti-Civile"; ... etc.

13. Services de sécurité:

- pour la protection exclusive de Monsieur Mobutu et la consolidation de son pouvoir;

- semant la terreur parmi la population;

- sans aucun respect pour les droits de l'homme;

- criminels, spécialisés dans les enlèvements, la mise en scène des coups d'Etat manqués, les tortures, les empoisonnements et les assassinats.

Dans le Zaïre de Mobutu, il n’y a pas de services de sécurité, il n’y a eu que des services de l’insécurité et du terrorisme. Les agents de ces services sont des assassins et des ennemis des Droits de l’Homme et des Peuples. Ils se sont spécialisés dans les crimes contre l’humanité et contre leur propre Peuple.

14. Critères de nomination / de promotion :

- militantisme, fidélité aveugle au mobutisme, soumission inconditionnelle à la parole, à l'action, à la volonté et aux caprices du Président Mobutu;

- depuis 1992, détermination à garantir l’éviternité de Mobutu, des mobutistes et du mobutisme par tous les moyens;

- la ferme volonté de travailler en faveur de la consécration de l’impunité, en faveur de la banalisation des crimes de Mobutu et la protection de toutes les richesses volées par Mobutu et ses collaborateurs au cours de tout son règne;

- la détermination à lutter contre toute idée d’un Etat de Droit et d’Ethique, un Etat de la Maât, dont l’acte fondateur sera l’arrestation de Mr. Mobutu et de tous ses anciens et nouveaux collaborateurs.

15. Critères de destitution / de révocation:

- déviationisme, non respect ou infidélité au mobutisme, c'est-à-dire à la volonté et aux caprices de Mr. Mobutu;

- depuis 1992, collaboration avec les forces acquises au changement radical de personnes, de mentalités et du système mis en place par la prima curia.

 

16. Méthodes et habitudes politiques:

- dictature, démagogie, anarchie, dirigisme, népotisme, terrorisme, banditisme, tribalisme, cléptomanie, détournement systématique de biens publiques, corruption, méfiance pathologique, irresponsabilité, crime-exploit, médiocrité, immoralité et amoralité;

- violation institutionalisée des Droits de l’Homme et des Peuples;

- violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme;

- violation de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en vue de faire sentir à la population qu’elle ne „vaut rien" aux yeux de Mobutu, de la „prima curia" et de tous les autres dinosaures-danseurs, etc.

17. Profil des dirigeants:

Fidèles au mobutisme, incompétents, mégalomanes, extravagants, égoïstes, sadistes, terroristes, voleurs de la chose publique, hautement corrompus, coureurs de jupons, spécialistes des viols de toutes sortes, pathologiquement prostitués (se prostituant non seulement sexuellement, mais prostituant aussi la science et le know-how contre l'argent et les privilèges), irresponsables, inconscients, aventuriers, fétichistes, magiciens... bref médiocres, traîtres, délinquants, criminels et monstres.

18. Statut du Peuple:

- sans parole, sans droit ni liberté, infantilisé, déresponsabilisé, démobilisé, démotivé, torturé, terrorisé, méprisé, violé dans tous ses droits les plus fondamentaux et les plus inaliénables, humilié et martyrisé par le mobutisme, obligé de danser et de s'agenouiller pour Mobutu "son-dieu", prisonnier et esclave dans son propre pays devenu pour lui un camp de concentration pire que les camps-nazis, paupérisé anthropologiquement, matériellement, spirituellement et moralement.

- privé de toute infrastructure communicationnelle, scolaire, sanitaire ou sociale; condamné à mourir comme des mouches par la faim et par manque des soins élémentaires.

- condamné à disparaître lentement pour que les mobutistes et leurs enfants puissent venir construire les villas sur les tombes et sur les cimetières des ethnies complètement décimées.

19. Statut de la femme:

- chosifiée et rendue objet de décoration, d'animation et de divertissement dans les organes du MPR (Mouvement Populaire de la Ruine / Mourir Pour Rien); arrachée de son mari par les hauts dignitaires, assassinée sans motif, anthropologiquement et honteusement paupérisée, obligée à se dénuder pour le "Guide" et pour ses disciples, jetée après "usage", dépouillée comme veuve, exploitée comme épouse, donnée en pâturage aux virus du SIDA que répand sur commande la „garde anti-civile séro-positive" et violée de façon multiforme à tout âge.

20. Jeunesse:

- sans modèles et sans avenir; son éducation sacrifiée; ses droits piétinés; torturée par le sadisme des enseignants; martyrisée, poignardée, égorgée et tuée par l'Armée et les Services de (in)sécurité; violée par les aînés, abandonnée à elle-même par ses parents; sans défenseur et sans protecteur; l'accès au savoir bloqué par les notes fantaisistes, par les marchands du savoir, par les enseignants fainéants et tribalistes, par la corruption, par la prostitution, par la fermeture des établissements d'enseignement, par un programme d'enseignement étouffant, épuisant, complètement occidentologique et sans rapport avec la réalité africaine ou nationale;

- habituée par les aînés à la paresse, à la médiocrité et aux anti-valeurs;

- sans-accès aux soins médicaux, sa durée de vie est scandaleusement raccourcie;

- orphéline et malheureuse

21. Sort des opposants politiques:

enlèvement, emprisonnement arbitraire, torture, relégation dans le village natal, exil, empoisonnement, assassinat, condamnation à mort, privation de tout moyen de subsistance par la révocation, le non-payement du salaire et la mise en retraite forcée; etc.

22. Système judiciaire:

- Etat isefeticratique, c’est-à-dire règne de isft „ de l’injustice, de l’iniquité, de l’arbitraire et du mal";

- Etat anti-maâticratique, contre le règne de la Maât, de la „Vérité-Connaissance-Justice-Rectitude-Solidarité-et-Ordre"

- Etat de la jungle avec le Président et sa clique au-dessus du Peuple, de la Constitution et des lois de la République;

- Constitution et autres textes légaux au service de la volonté mégalomanique d'un seul homme: Mobutu;

- impunité des protégés et impossibilité constitutionnelle de juger le Président et sa clique = les mobutistes);

- injustice criante;

- pression constante et chantage de la part des cadres supérieurs du MPR sur les cours et tribunaux;

- emprisonnements et jugements arbitraires;

- mauvais traitements des prisonniers (sans nourriture, sans hygiène publique, sans soins médicaux, constamment torturés physiquement et moralement, sexuellement violés, etc.) dont les conséquences sont la mort de plusieurs milliers des prisonniers et les maladies incurables pour la plupart des survivants); ...

23. Pratique sociale:
  • "sémitisation" du Peuple et sa condamnation à la "solution définitive" (Endlösung) par les méthodes attestées dans l'Allemagne hitlérienne.
  • La "solution définitive" recommande de trancher la question sociale par l’extérmination totale des cas sociaux, c'est-à-dire des pauvres, des handicapés, de la masse populaire paupérisée par le recours à des méthodes suivantes:

* l'entretien prolongé de la faim (les laisser mourir par la faim),

* la détérioration de l'infrastructure sanitaire et de l'hygiène public (les laisser mourir par les maladies),

* l'absence de l'habitat et de l'environnement sain ou décent,

* la démontage de toute infrastructure sociale,

* la condamnation au travail épuisant impayé ou mal payé et cela dans des conditions inhumaines (les laisser mourir par l'épuisement),

* l'élimination physique de ceux qui protestent en public (tuer ouvertement les éléments résistants sous prétexte de la loi et de l'ordre public).

Ce n’est pas par hasard, si un Premier-Ministre de Mobutu a utilisé impunément le terme emprunté au vocabulaire nazi afin de caractériser ses victimes et si les communautés linguistiques ou nations qui s’opposent au mobutisme sont qualifiées des „Juifs" ou des „nations juives". Le Zaïre de Mobutu est un camp de concentration, dans lequel le Peuple est condamné à mort par le recours à toutes les méthodes d’extermination massive inventées par le nazisme.

24. Moralité:

- inexistante

- inversion totale des valeurs morales et humaines et consécration des anti-valeurs;

- l'immoralité élevée au niveau de critère de promotion politique (crime-exploit)

- consécration du mensonge, de l'ignorance, du tribalisme, de l'injustice criante et de la violence sous toutes ses formes (voir la Contribution de l'AMOZA)

- non-respect de la vie humaine et des droits inaliénables de l'homme;

- l’élite intellectuelle complètement prostituée, opportuniste et décidée à consacrer l’impunité et l’immoralisme afin de pouvoir continuer à imiter Mobutu et ses collaborateurs dans les années à venir.

25. Pratique économique:
a) Politique générale:

- sans concept

- développement du sous-développement

- destruction systématique de tout acquis positif

- pillage systématique des richesses nationales

- amaigrissement maximal du peuple

- ... etc.

b) Politique monétaire:

-Banque Centrale sans autonomie et transformée en caisse personnelle de Mobutu;

- Président et Cadres Supérieurs du MPR comme contre-facteurs et champion du bradage de la monnaie;

- monopolisation de devises et entretien du marché "noir";

- politique délibérément inflationniste;

- refus de soutenir la monnaie par la production et l’augumentation criminelle de la masse monétaire;

- blocage de l'accès du Peuple à la Banque et transformation des comptes bancaires en objets de prestige réservés aux "élus";

- restriction politique des crédits bancaires, devenus "cadeaux" réservés à la "prima curia", à la "clique présidentielle" et aux autres mobutistes;

- impunité des hauts-cadres du MPR et des protégés du Président qui refusent de rembourser des crédits bancaires;

- non-respect des accords financiers avec les partenaires étrangers;

- ...etc.

c) Coopération économiques:

- aides extérieures systématiquement détournées du haut en bas;

- recours à des partenaires étrangers incompétents, sous-équipés, ayant des techniques non-adaptées, ... mais disposés à donner une commission élevée, c'est-à-dire à corrompre;

- contrats économiques préjudiciant les intérêts économiques du Pays et hypothéquant le sol, le sous-sol et l’ensemble de nos richesses;

- négligence de la coopération économique inter-africaine;

- ... etc

d) Richesses nationales:

- monopolisées et transformées en biens personnels de Mobutu et de sa clique;

- aliénées, hypothéquées et vendues aux étrangers (pétrole de Moanda, cobalt, or, uranium, diamant, bois noirs, etc.);

- leurs revenus versés dans les comptes privées;

- aveuglément exploitées;

- pillage systématique sans soucis de générations à venir et sans aucun impact sensible sur la vie de la population actuelle.

- absence totale de toute politique de solidarité entre les générations;

- ... etc.

26. Régions ou Provinces:

- exploitées, spoliées, partiellement vendues ou hypothéquées à des puissances étrangères (zone pétrolière de Moanda, Base de Kamina, Uranium de Cinkolobwe, OTRAG à Nkongolo, ...) sans consultation;

- leurs sociétés privatisées ou vendues également sans consultation;

- paralysées dans leurs initiatives;

- privées même des miettes sur les revenus de produits vendus du sol et du sous-sol;

- gouvernées par des "parachutistes" sans sympathie et sans-amour pour ces provinces, ayant pour mission de les piller et de les soumettre au service de Mobutu et du mobutisme;

- abandonnées, oubliées et délaissées, elles ne sont plus que ruines;

- Gouverneur originaire de sa région placée venant en deuxième position après le Dirigeant Régional du MPR ;

- ... etc.

27. Villages:

- oubliés, délaissés, abandonnés, méprisés et rendus lieux de relégation des opposants politiques et des infidèles du mobutisme, bref paupérisés totalement;

- exclus de tout projet de développement et de tout accès à une vie viable.

28. Politique africaine:

- amitié, coopération étroite avec les dictateurs africains;

- accords militaires avec les dictateurs pour s'entre-aider en cas des soulèvements populaires;

- déstabilisation politique des Etats à tendance démocratique et plus particulièrement des Etats-voisins;

- soutien financier et militaire des dictatures et des guerres civiles ou fratricides (envois des militaires zaïrois au Nigéria pour combattre le Biafra, au Rwanda pour soutenir le Président-Dictateur, en Angola pour déstabiliser le gouvernement de A. Neto et de son successeur, au Tchad, etc.);

- coopération étroite avec le gouvernement raciste de Prétoria (sous Botha) et par conséquent, soutien de l'Apartheid;

- coopération avec le gouvernement soudanais qui maltraîte les Noirs chrétiens du Sud et qui a assassiné plus de quatre millions des Noirs durant ces dernières années;

- appel aux soldats marocains pour tuer les Zaïrois au Shaba;

- non-participation régulière, et par conséquent, sabotage régulier des réunions de l'OUA;

- non-application des recommandations de l'OUA relatives au respect des Droits de l'Homme et des Peuples, à la promotion du bien-être économique et à l'instauration de la démocratie;

- mercenariat au service des gouvernements étrangers pour la déstabilisation des gouvernements africains (Congo-Brazaville, Angola);

- beaucoup de déclarations verbales sur la coopération économique avec les pays voisins, mais en pratique, l'absence totale de coopération économique (la route transafricaine devant relier l'Algérie à l'Afrique du Sud ne peut entrer en fonction à cause du Zaïre qui n'a rien fait);

- plusieurs communautés créées sur papier et négligées par la suite;

- ... etc.

Le Zaïre de Mobutu fait la honte de l’Afrique et de l’Homme Noir. C’est un pays hostile à la paix, au bien-être et à l’intégration africains; un pays des monstres à visage humain.

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*

Sommes-nous vraiment sur une mauvaise voie en disant NON au Mobutisme et aux architectes du Mobutisme ? Le mobutisme, c’est du non-être politique. Les architectes du Mobutisme qui sont autour de Kabila doivent démissionner d’eux-mêmes. Ils rendraient ainsi un très grand-service au Président Kabila et à notre Peuple.

Si nous savions que l’AFDL allait contribuer à la consécration de l’impunité et à la reconduction de la Prima Curia au pouvoir nous n’allions pas la soutenir. Nous avons accepté de sacrifier la vie des autres, nous avons longtemps laissé les étudiantes et les étudiants ainsi que les couches les plus touchées par les méfaits du mobutisme sacrifier leur vie pour l’avenir de notre pays, pour l’avenir de l’Afrique. Le moment est venu de dire non à des pratiques et des prises de position opportunistes. Le moment est venu de prendre ouvertement la voie du non-retour dans la lutte contre Mobutu, contre les mobutistes et contre leur culture isefeticratique.

Après deux ans de pouvoir, le Président Kabila doit définir clairement sa ligne de conduite, se positionner par rapport aux Mobutistes et surtout, nous montrer la différence entre le Kabilisme et le Mobutisme. Il ne s’agit pas ici d’une différence verbale, nous voulons des faits contraignants.

Dr. Mubabinge Bilolo

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