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Quel crime pourrait fermer à un Congolais la voie d’accès à des postes politiques ou publics au Congo? Question aux Gouvernants et aux Gouvernés

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Dr. Mubabinge Bilolo

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Chers Gouvernants et chers Gouvernés Congolais,

Ceux qui ont violé nos mères, nos soeurs, nos filles continuent à prendre impunément leur bière dans la parcelle voisine et ils demeurent tous éligibles au nom de la démocratie;
Ceux qui ont tué et qui tuent, marchent impunément, occupent la tête des partis politiques et demeurent tous éligibles au nom de la démocratie;
Ceux et celles qui ont volé des millions et des milliards de dollars, pillés les entreprises de l’Etat et les richesses nationales marchent librement, d’autres sont reconduits impunément comme PDG’s des entreprises publiques, comme Ministres, comme Conseillers, comme Chefs de partis politiques, etc. et demeurent tous éligibles;
Ceux qui sont à la base des épurations ethno-régionales et de l’incitation à la haine marchent librement et sont reconduits à de hautes fonctions politiques. En outre, ils demeurent des leaders politiques incontournables, dit-on, au nom de la démocratie;
Ceux et celles qui pendant plus de 32 ans ont brillé par leur incompétence, par leur mauvaise foi, par leur méchanceté et par leur indifférence face aux misères criantes de notre Peuple continuent impunément à se présenter devant le monde comme nos leaders politiques et ils demeurent tous éligibles au nom de la démocratie;
Ceux et celles qui ont terrorisé et terrorisent notre Peuple marchent impunément et demeurent éligibles;
Ceux et celles qui soutiennent l’agression et la destruction de notre Pays par des Etats voisins n’ont rien à craindre, ils demeurent éligibles au nom de la démocratie ;
L’assassinat des étudiants de Lubumbashi et de Kinshasa, l’assassinat des officiers katangais par les agresseurs et les rebelles, l’assassinat des villageois à l’Est du Congo, la chasse des Kasaiens au Shaba, l’entretien des commandos séro-positif pour répandre le SIDA, le fait d’abattre des avions civils, terrorisme organisé, le massacre de Makobola, etc. tous ces actes ne sont que l’expression du pluralisme politique, principe cher à la démocratie et ne constituent nullement un critère d’exclusion de la vie politique. Au contraire, il faut un Gouvernement d’Union Nationale composé des auteurs de ces crimes, car ils sont incontournables.
... etc.
Dites-nous, Chers Gouvernants et chers Gouvernés, le crime qu’un Congolais peut encore commettre et qui pourrait lui fermer la voie d’accès à des fonctions politiques ou publiques?
Si tuer, violer, voler, détruire les institutions et les infrastructures du pays, hypothéquer les richesses nationales, entretenir les maladies et l’ignorance, trahir son propre pays et son peuple, se rendre coupable des crimes contre l’humanité, etc. ne sont pas des crimes qui appellent nécessairement l’exclusion définitive de leurs auteurs de toute carrière politique ou publique, quel crime allons-nous encore retenir au Congo comme politiquement inexcusable?
Dans l’intelligence congolaise de la démocratie, quels sont les critères de non-éligibilité? Quels sont les crimes qui peuvent vous ou nous fermer la voie d’accès à des fonctions politiques ou publiques?
On prétend qu’il faut laisser le Peuple choisir? Mais nos villageois sont-ils au courant des crimes de nos acteurs politiques pris individuellement?
Certains Congolais prétendent vouloir imiter USA ou l’EU lorsqu’ils parlent de DÉMOCRATIE, mais ils oublient d’établir le catalogue des crimes et des erreurs qu’un politicien ou que quelqu’un qui a des ambitions politiques aux USA ou en Belgique ne peut se permettre? Ceux qui parlent de l’authenticité africaine oublient d’établir la liste des crimes et des erreurs qu’un Chef ou un potentiel candidat au Bumfumu (Pouvoir) d’un Village, d’une Lignée ou d’une Nation Bantu ne peut se permettre?
Nous avons fondé l’Association des Moralistes Congolais le 4 Novembre 1978, bien avant l’UDPS, mais 21 ans après, nous nous retrouvons au point de départ. Certes, notre Peuple est devenu un peu plus courageux. Le dictateur Mobutu a été neutralisé par la maladie et chassé par les armes. Mais le pouvoir politique a été largement récupéré par les
criminels, les aventuriers et les irresponsables. Nous avons raté une occasion exceptionnelle de mettre notre pays sur la voie de la paix, de la moralité publique et du bien-être. La révolution morale attendue n’a pas eu lieu.
Les architectes de l’anti-maâticratie et les défenseurs de l’impunité ont repris le dessus, en occupant des positions stratégiques à la Présidence, au sein du Gouvernement, dans l’Opposition et dans la Rébellion. Ils nous ont battus sur le terrain politique, car ils ont
aussi le soutien militaire. Cependant, leur victoire ne sera que de courte durée.
Jusqu’à l’An 2000, il ne nous reste que 355 jours. D’ici là nous devons multiplier nos efforts pour préparer la fin de l’ère de l’impunité sur le plan politique. UNE RÉVOLUTION MORALE RADICALE S’IMPOSE. Le Peuple Congolais veut non seulement un Etat de Droit, mais aussi un Etat de Droit et d‘Ethique.
Nous invitons toute la Société Civile et la Nouvelle Génération des Partis Politiques à se concerter en vue de convoquer au cours de cette année la CONFÉRENCE NATIONALE DE RENOUVEAU SOCIO-MORAL.
Le but de cette Conférence sera l’élaboration de la CHARTE FÉDÉRALE DE LA MORALE PUBLIQUE que nous placerons par référendum au-dessus de la CONSTITUTION POLITIQUE. Cette Charte sera LA CONSTITUTION MORALE
CONGOLAISE. Ce n’est qu’à cette condition que le Congo pourra devenir une République Maâticratique, une république qui contribue au règne de la vérité, de la justice, de la solidarité, de paix et de l’ordre.
Le Président de la République, les Vices-Présidents ou le Premier-Ministre, les Ministres, les Généraux, les Evêques ou les Pasteurs, tous les fonctionnaires, tous les responsables de partis politiques, etc. auront le choix entre la démission, la prison ou l‘exil et la soumission inconditionnelle à cette Charte Fédérale de la Morale Publique.

Dr. Mubabinge Bilolo
Secrétaire-Général Adjoint de l’Association des Moralistes Congolais
Chargé de la Cellule Stratégique de la Société Civile Congolaise à l’Etranger.
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