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R.D. Congo : Nécessité d’un Vice-Président de la République et d’un Parlement de Transition
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Shushukulu Mubabinge Bilolo
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Dans les Sociétés Africaines Authentiques, le Chef est obligé en temps de guerre de nommer son successeur éventuel en cas d’accident ou dans l’hypothèse où il perdrait sa vie sur le champ de bataille. L’ordre de succession est connu de tous et c’est au premier successeur éventuel qu’il remet les secrets du pays (mboka, ditunga, kabila, ekolo, musoko) avant d’aller au front. Les officiers dans l’Armée moderne font la même chose. Les soldats savent qui prendra le commandement dans le cas où quelque chose arrivait à leur Commandant.
Mais qui prendra aujourd’hui le destin du Congo dans le cas où il arrivait quelque chose au Président de la République ?
Peut-on être vraiment patriote et escamoter une telle question ? Le problème du commandement au sein de l’Armée est heureusement relativement bien résolue, mais en est-il de même en politique ?
Nous rappelons que toutes les solutions proposées laissent présupposer un drame humain analogue au drame rwandais de 1994. A l'époque les rebelles occupaient quelques régions. Le Président Rwandais a été obligé d'accepter la présence des observateurs de l'ONU et de participer à des rencontres pour discuter de différents plans de paix. Dans
l'entre-temps, ses ennemis avaient pu localiser avec précision l'avion dans lequel il se trouvait. C'est ainsi que son avion a été abattu à son retour d'une "Conférence de Paix". Il fut ainsi assassiné ensemble avec le Président Burundais. La suite, tout le monde le sait.
La Communauté Internationale n'a jamais condamné cet assassinat. Elle a plutôt condamné ses conséquences. D'ailleurs, d'aucuns croient que ces deux Présidents ont été tués par l'Occident afin de provoquer effectivement l'hystérie populaire et de contribuer ainsi à la réduction de la population rwandaise.
Aujourd'hui le Congo est presque dans une situation analogue. Le Président de la République va d'une "Conférence sur le Congo" à une autre et cela jusqu'au jour où son avion sera abattu. L’hypothèse même d’un simple accident ou d’une crise cardiaque ne peut pas non plus être exclue. La suite, chacun peut la supposer.
Le Pays n'ayant pour l'instant ni Vice-Président ni Premier-Ministre ni encore moins de Parlement, l’Armée étant encore en voie de restructuration, un attentat contre le Président de la République ou un accident mortel entraînera automatiquement la débandade au sein des FAC, l'entrée des agresseurs à Kinshasa ainsi que le retour en masse des mobutistes. Un tel scénario relève cependant de l'hypothèse optimiste.
L'hypothèse pessimiste autorise un autre scénario: les différentes régions ou nations congolaises (au pluriel) vont tenter d'organiser leur propre auto-défense en éliminant tout ce qui est étranger, suspect et en proclamant l'autonomie de leurs régions respectives. Ce processus de désintégration et d’élimination de tout ce qui est étranger pourrait entraîner la balkanisation du Congo. Dans ce désordre total, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi n’hésiteront pas à annexer l’Est du Congo, à changer les frontières coloniales. Cette intention exprimée à haute-voix par Mr. Bizimungu à Paris doit être prise au sérieux.
Que faire pour prévenir contre ces macabres éventualités ?
Le Président de la République devrait donc nommer un Vice-Président ou deux Vices-Présidents et créer une Institution faisant fonction de Parlement National de telle sorte qu’en cas d’attentat, d’accident ou d’une crise cardiaque le Pays ne tombe dans les mains de ses Ennemis. Il devrait définir clairement l’ordre de succession afin de prévenir contre le vide de pouvoir ou contre une course paralysante au pouvoir. Le Parlement de Transition ne devrait avoir dans son sein des mobutistes.
Quant au remaniement ministériel annoncé, le mieux serait de garder l’équipe actuelle jusqu’à la fin de la guerre. Cette proposition ne s’oppose nullement pas aux nominations visant à combler des postes vacants ou à des décisions visant la mise en quarantaine des mobutistes.
Tous les Ministres devraient cependant contribuer à la mobilisation généralisée du Peuple et au soutien des Forces Armées Congolaises et de nos Alliés en s’abstenant de jouer à la normalité dans leurs Ministères respectifs. Leur place est au front et non dans les bureaux climatisés de Kinshasa. Ils doivent transporter des sacs de riz pour nos soldats et non des téléphones (TELECEL).


Shushukulu Mubabinge Bilolo
Cellule Stratégique de la Société Civile Congolaise à l’Etranger.

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