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Opinions du R.P. sur la crise actuelle
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Rassemblement pour le Progrès
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ANALYSES ET SUGGESTIONS DU "R.P." (RASSEMBLEMENT POUR LE PROGRES) SUR LA CRISE ACTUELLE AU CONGO-ZAIRE DUE A L'AGRESSION OUGANDO RWANDAISE.

Le Rassemblement pour le Progres, R.P. en sigle, association dont l'objectif principal est l'implication dans les problemes politiques du Congo/zaire en general et du Kivu en particulier, a analyse attentivement ce qui se passe au Congo/zaire actuellement en rapport avec la crise au Rwanda et au Burundi. Le R.P. a constate avec amertume que le Congo/zaire est depuis plusieurs annees dans la tourmente. Des massacres des populations civiles, des guerres dites "inter-ethniques" et des "rebellions" s'y succedent sans laisser le moindre temps de repit aux populations, particulierement celles du Kivu. La crise actuelle n’en est qu’une demonstration de plus.

Ces crises recurrentes tirent leur origine de la presence au Congo au debut des annees 1960 de nombreux refugies rwandais et burundais au Kivu. En 1972, et sous l’instigation de son Directeur de cabinet de l’epoque M. Bisengimana Rwema, M. Mobutu octroie de maniere unilaterale la nationalite congolaise aux seuls refugies ruandais qui se trouvaient sur le sol zairois, excluant les etrangers d'autres origines (notamment les burundais, les Ougandais, les Angolais et les Soudanais). Le caractere ignominieux de cette loi sera denonce en 1981 par les premiers parlementaires democratiquement elus. Cette denonciation sera confirmee en 1992 par la conference Nationale Souveraine. C’est cette denonciation en 1992 qui est a la base des troubles qui secouent le Massais des 1993, et ou les anciens refugies rwandais, frappes par la loi de 1981 et dont beaucoup etaient des 1990 engages dans le Front Patriotique Ruandais de Paul Kagame, vont affronter les Congolais autochtones. Ces troubles vont connaitre une phase plus meurtriere des 1994, avec l’arrivee des refugies hutu rwandais fuyant la victoire militaire du Front Patriotique Rwandais en juillet 1994. Cette victoire s’accompagne d’un genocide de tutsi et de hutu moderes. Ce genocide cree une sympathie comprehensible pour les tutti, sympathie qui profite de maniere tout a fait illegitime aux "ethnocraties" sanguinaires du Rwanda et du Burundi. En effet, une annee auparavant, les extremistes tutti burundais avaient assassine le premier president burundais democratiquement elu, M. Ndadaye, ainsi que la plupart de ses compagnons sans que cela suscite une desapprobation a la hauteur du crime commis. Au Rwanda, M. Kagame applique depuis 1994 une politique d’exclusion et des massacres ; detourne l’aide internationale pour engraisser son armee, sans que cela suscite une quelconque emotion. L’opinion internationale semble avoir oublie le "boucher de Kibeho". L'emotion creee par le genocide rwandais de 1994 sera habilement exploitee par les pouvoirs ruandais et burundais pour refuser tout dialogue avec la grande partie de leur population et pour lancer en 1996, une guerre pour l’extermination des hutu, refugies au Kivu.

On connait le resultat : lors de cette guerre, les troupes ruandaises vont massacrer plus de 250.000 personnes (refugies huttes et citoyens zairois), vont piller de maniere ehontee les richesses du Congo/Zaire et mettre en place a Kinshasa un nouveau pouvoir, celui de M. Babilla. Ce dernier convenait le mieux aux agresseurs a l’epoque et avait signe les accords de Lemera d’octobre 1996, au terme desquels le Kivu serait cede aux Rwandais et la province Orientale aux Ougandais. La cession du Kivu devait permettre l’execution du plan americain de creation d'un Tutsiland et d’un Hutuland et de l’implosion du Congo/zaire.

Des l’accession de M. Kabila au pouvoir (qu'il ne contrôlait pas du reste), l'opposition interne a ete baillonnee. Les droits de l’homme seront violes systematiquement et l'ensemble de la population sera terrorisee par des executions sommaires prononcees par une juridiction militaire d'exception. Des nombreux massacres auront lieu au Kivu, (Uvira, Bukavu, Butembo, Masisi, Goma, Beni, etc.) au cours desquels des milliers des personnes seront tuees dans le cadre d'une strategie qui profitait ouvertement a Kabila, qui tenait a garder le pouvoir ainsi qu'a la coalition rwando-ougandaise. Dans le Massais par exemple, depuis la fin 1996, l’armee ruandaise pratique une politique systematique de purification ethnique et de confiscation de terre, afin de le transformer a terme en une aire geographique pure, sur le plan ethnique.

Le Rwanda, le Burundi et leur allie Kabila vont defier les Nations Unis jusqu’a refuser une enquête internationale sur les exterminations massives d’innocents. Il est interessant de noter qu’aujourd’hui que la coalition a vole en eclat, la verite commence a poindre a l’horizon.

Nous trouvons encourageante l’attitude de M. Kabila de reconnaitre ce qui s’est passe et d’en designer les responsables. Voici quelques massacres survenus au Congo et sur lesquels nous souhaiterions que la communaute internationale et le gouvernement congolais se penchent pour identifier une fois pour toutes les coupables, lesquels ne se cachent même plus et sont en train de transformer toute la region des Grands Lacs en une veritable boucherie :

a) le massacre des malades de l’hôpital de Lemera en octobre 1996 par les combattants s’appelant "banyamulenge". Avec ces malades ont peri des paysans, le chef coutumier des Fulero, Mwami Lenghe ainsi que les abbes Koto et Ndogole.

b) l’assassinat fin octobre de Son Excellence Mgr Munzihirwa, archevêque respecte de Bukavu, ainsi que de ses compagnons.

c) les assassinants des paisibles citoyens congolais dans la ville de Bukavu. Parmi eux nous nous permettons de citer M. Hamuli Raymond et sa famille, M. Luhinzo et sa famille, M. Bwinika Norbert, M. Katunda Ephraim et tant d’autres.

d) le massacre des refugies du camp de Cimanga et avec eux leur aumônier l’abbe Buhendwa

d) le massacre des populations de Goma fuyant la guerre vers Mwesso et parmi lesquels, nous pouvons citer M. Siku, ainsi que la famille Kati-Kati.

e) les massacres de Masisi ou des milliers d’hommes ont ete tues a l’arme blanche et parmi lesquels le R.P voudrait rappeler les noms de l’abbe Nirere Benoit et de M. Shamba

f) les massacres recurrents survenus a Hombo, a Walikale et a Lubutu entre janvier 1997 et avril 1997.

g) les massacres de Kisangani et ceux de Wendji dans la province de l’Equateur) le massacre de plus de 600 jeunes a Butembo en avril 1998, ainsi que les massacres permanents de Masisi qui ont entraine tant de morts (comme M. Muisha Ezos, M. Ntamwenge et tant d’autres).

h) le massacre de plus de 700 personnes dans l’eglise catholique de Kasika au Sud-Kivu en septembre 1998.

i) la coupure d’electricite a Kinshasa pendant plusieurs jours, avec ce que cela a represente comme consequences sanitaires (morts de malades, des prematures, etc...)

C’est autant d’actes qui a notre avis qui constituent un vrai genocide contre le peuple congolais, sans que celui-ci sache reellement ce qu’on lui reproche si ce n’est son hospitalite. Tous ces massacres ont pourtant un et même auteur, mais que tout le monde fait semblant e ne pas voir: l’armee patriotique rwandaise et ses milices satellites. Mais paradoxalement, ce sont encore les assassins qui se font passer avec succes pour les victimes. Les evenements de Kinshasa (ou les tutsi ont ete detenus) semblent encore une fois avoir occulte tout ce qui s’est passe essentiellement au Kivu et qui continue ý s’y passer. Il est temps que la communaute internationale regarde la verite en face car la realite ne restera pas toujours figee dans la region des Grands Lacs au profit des bourreaux deguises en victimes. La seconde guerre de liberation, qui est une copie conforme de la premiere (avec le RCD dans le rôle de l’AFDL, Wamba dia Wamba dans le rôle de Kabila et rwandais et ougandais dans leur rôle classique de pyromanes) a le merite de montrer qui etait l’agresseur permanent. La communaute internationale ne dira pas un jour qu’elle ne connaissait pas que faisait Kagame et Museveni au Kivu, car elle reçoit tous les rapports sur les atrocites commises au Congo par ses deux proteges, mais decide de se taire et de prendre les agresseurs pour des victimes.

Par ailleurs, il est evident que le Rwanda tout seul ne peut pas supporter les coûts de la guerre contre le Congo. Ce sont les puissances etrangeres, les Etats-Unis en tête, financent ce genocide venu du Rwanda. Pourtant le soutien au Rwanda ne semble se justifier ni par des raisons economiques, ni par des interêts politiques, mais parait être une decision defendue par certains groupes de pression qui n’œuvrent ni pour l’avenement de la democratie, ni pour le respect des droits de l’homme. En effet, le regime rwandais semble detenir des records peu enviables en matieres de droits de l’homme, sans que cela offusque la "plus grande democratie du monde".

L’attitude de ‘Union europeenne merite aussi d’être epinglee. Grosse pourvoyeuse de fonds d’aide au developpement au Rwanda, elle sait pertinemment bien que celle-ci est detournee au profit de l’armee exterminatrice de Kagame mais se tait. A chaque fois qu’elle veut elever sa voix, le Rwanda (qui utilise habilement le genocide de 1994) lui rappelle qu’en 1994, elle n’a rien fait et cela marche. Comme nous le rappelait encore un expert europeen, le Kivu et ses populations semble être la rançon du genocide rwandais.

Au vu de tous ces elements, il semble de plus en plus probable que les populations de l’Est du pays seront amenees a s’armer et a se battre seuls contre l’occupant, etant donne qu’alors que ces populations sont exterminees chaque jour, le monde a decide de se taire.

Le Rassemblement pour le Progres, demande a la communaute congolaise:

1. de soutenir de maniere tenace l’unite et l’integrite du territoire national qui est menacee plus que jamais.

2. de condamner les attitudes opportunistes des certains fils egares qui n’hesitent pas a vendre leur patrie pour les interêts egoïstes. C’est le cas des membres du RCD, parti fantoche cree de toute piece par les occupants. Il parait aussi important qu’un blame severe soit adresse a M. Kabila qui a inaugure cette nouvelle maniere d’acceder au pouvoir, maniere qui n’a pas manque de tenter d’autres congolais comme Ngoma Zahidi, Wamba dia Wamba.

- de refuser la defaite et de soutenir toute personne qui se bat de maniere legitime pour la defense de la souverainete nationale. Dans ce cadre, la resistance populaire au Kivu merite d’être reconnue et encouragee par tous les congolais.

Le Rassemblement pour le Progres demande a la communaute internationale :

- 1. d’exiger aux pays agresseurs de mettre fin ý leurs campagnes militaires au Congo/Zaire, et au Kivu en particulier

- 2. de condamner sans reserve l'agression des gouvernements du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi

- 3. de condamner toute action qui porte atteinte ý l’integrite territoriale et l’intangibilite des frontieres du Congo/Zaire

- 4. d'aider le Congo/Zaire a poursuivre le processus democratique amorce en 1990

- de soutenir les efforts de la constitution d'une Assemblee Nationale elue democratiquement afin de resoudre les questions brûlantes comme celle de la nationalite.

- 5. d'aider a instaurer un climat general de securite qui permettra a la population du Congo/Zaire de retourner au travail et d’œuvrer pour le developpement du pays

- 6. d’arrêter de soutenir les "ethnocraties" pyromanes qui ensanglantent tant la region des Grands Lacs.

Le Rassemblement pour le Progres se prononce pour:

- 1. L'instauration des regimes democratiques et populaires dans les differents pays de la region des Grands Lacs, car seule la democratie peut amener la paix et la concorde nationale, comme ont essaye de le montrer les democrates burundais, toutes ethnies confondues.

- 2. L'envoi d'une force militaire neutre d'interposition dans la region, afin de mettre fin aux souffrances des populations du Kivu qui subissent les ravages des troupes etrangeres.

Le Rassemblement pour le Progres souhaite:

- que les efforts de la communaute internationale se focalisent sur la recherche des solutions politiques car l'aide humanitaire ne suffira pas a soulager les souffrances des populations comme cela a ete le cas pour les refugies hutu qui ont peri par centaines de milliers sous la barbe des plusieurs organisations humanitaires.

Le Rassemblement pour le Progres exhorte la Belgique a reprendre l'initiative au niveau international pour toutes les questions concernant le Congo/Zaire car la diplomatie americaine a laquelle elle a fait confiance ces dernieres annees a montre des graves lacunes et a commis des graves erreurs d’appreciation qui ont plonge toute la region des Grands Lacs dans un cycle de violence sans precedant.

Le Rassemblement pour le Progres milite et continuera a militer au sein de la societe civile pour un Congo/Zaire democratique, accueillant et tolerant, et respectant les droits de l’homme.

Enfin, le R.P. souhaite la paix dans le plus bref delai, et espere que toute personne de bonne volonte qui lira ce document s’investir avec nous dans la recherche d’une solution durable et equitable a toutes crises qui secouent les Grands Lacs

Fait a Bruxelles le 21 novembre 1998

 

Pour le R.P.

M. Cimanuka Bantuzeko, President

M. Kaposo Luvagho Dieudonne, Vice-president

M. Mangala Miruho Jean-Claude, Secretaire

M. Irenge Mwanawabene Leonid, Conseiller

 

Rassemblement pour le Progres (R.P)              

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Board: Chimanuka Bantuzeko

Kaposo Luvagho Dieudonne, Ph D

Kasiwa M. Josephine

Irenge Mwanawabene Leonid, MD

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