| Chers compatriotes, Je vous transmets ces documents que j'ai moi-même reçu. Je les
adresse particulièrement à ceux de nos compatriotes pour qui cette guerre que nous
subissons est essentiellement une affaire congolo-congolaise, afin qu'ils comprennent...
Le premier document que vous allez lire provient de Goma... c'est dire qu'il provient des
personnes mieux informées que nous de la réalité de cette guerre absurde, puisqu'elles
la vivent quotidiennement. Ce document nous expose les motivations, peut-être les plus
sérieuses, de la guerre qu'on nous impose. Voilà, bonne lecture. Un homme averti, en
vaut deux ! Si je peux souligner que je ne suis que le TRANSMETTEUR de ces documents, non
l'auteur. Enfin, ces documents ont été envoyés à partir de la Belgique. J'ai coupé
les adresses du transmetteur. Eventuellement, je pourrai les donner à quiconque
manifesterait le désir de les recevoir.
Jules Tshitenga
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Pays: Congo RDC
Veuillez trouver ci-dessous un document diffuse par une
asbl de Goma (ALERTE), le 28 septembre, et qui ne nous est parvenu qu'aujourd'hui.(DOC. Nr
1)
Le document fait reference a un "plan
d'occupation", appele "Plan Lemera".
Pour une comprehension du document nous annexons un autre
document (DOC. Nr 2), diffuse le 27/07/98 par l'AIPS (Africa Information and Publishing
Service). Malheuresement nous ne possedons que la version francaise.
Paolo
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**** DOC. Nr 1 *****
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Alerte, asbl
Goma, RDC
Le plan d'occupation du Kivu a commence
Un plan d'immigration des Tutsi, pour l'occupation du Nord
et du Sud-Kivu existe. Il a ete recemment porte a la connaissance du president des USA, du
secretaire general de l'ONU, du president de l'Union europeenne et des chefs d'Etats et de
gouvernements africains dans une lettre du Collectif de l'opposition congolaise datee de
mars 1998. D'apres ce plan, l'occupation totale du Kivu se ferait au cours d'une periode
de dix ans, allant de 1998 a 2008. Elle se ferait par une imposition militaire au
Nord-Kivu, etant donne la resistance farouche attendue des populations de cette province.
Pour le Sud-Kivu, il s'agirait d'un transfert tranquille en raison de la resistance calme
de l'elite de cette province.
Ceux qui doutaient de la veracite d'un tel plan se rendent
aujourd'hui a l'evidence. Comme prevu, le plan de colonisation est mis en marche en 1998.
Le transfert des Banyarwanda de "Vyura", au nord-est du Katanga, vers le
Sud-Kivu en constitue une des etapes les plus importantes.
Les faits
Les autorites du RCD (Rassemblement congolais pour la
democratie) viennent de decider de transferer quelque 20.000 "Banyavyura",
habitant au nord-est de la province du Katanga, au Sud-Kivu. Le RCD justifie cette
decision par le fait que "ces populations seraient menacees d'extermination au Nord-
Katanga ou elles habitent depuis plusieurs annees".
La decision a ete annoncee a la radio RTNC, le vendredi 25
septembre 1998, par le gouverneur du Sud-Kivu, le professeur Jean-Charles Magabe, qui a
fait etat d'une lettre que les "Banyavyura" lui auraient adressee a ce sujet.
Aussitot, les autorites de la province ont mobilise les organismes humanitaires.
En vue d'assurer le succes de cette operation, leurs
representants dans la sous-region ont ete invites a Bukavu (avec visa gratuit pour six
jours). Des reunions de travail ont eu lieu pour preparer l'accueil et l'installation des
"Banyavyura" dont on a appris l'arrivee, par avion et par bateau, via Bukavu et
Uvira. Le premier contingent est deja arrive a Kalundu, dans le territoire d'Uvira, voisin
de Bujumbura.
Quelques considerations
1. D'apres le RCD, les populations tutsi dont il est
question seraient parties des hauts plateaux de Fizi et Uvira, voici une trentaine
d'annees. Elles reviennent donc chez elles au Sud-Kivu.
Et pourtant les concernes se sont toujours reclames
originaires du Katanga ou ils seraient arrives depuis plusieurs siecles, comme les
Banyamulenge le disent au Sud- Kivu.
On sait que la petite poignee des Banyarwanda qui seraient
partis pour le Nord-Katanga y avaient ete rejoints plus tard par les Rwandais et les
Burundais. Les uns et les autres prendront plus tard le nom de "Banyavyura", au
moment ou les Banyarwanda des hauts plateaux ont pris celui de Banyamulenge.
Il ne s'agit donc pas des populations qui reviennent chez
elles. Le coordonnateur de l'operation, Mr Sebagabo Muhire, est Tutsi burundais.
2. Avant la date du 25 septembre 1998, il n'avait jamais
ete dit, ni dans les discours des autorites du RCD, ni dans les medias internationaux, ni
au niveau des organismes humanitaires et des droits de l'homme, que les Banyavyura
auraient ete attaques ou massacres au Nord-Katanga.
De plus, la raison invoquee pour justifier leur transfert
du Katanga vers le Sud-Kivu est l'insecurite, voire le risque de genocide. Pourtant, le
territoire habite par les Banyavyura se trouve, si l'on en croit le RCD et les medias
internationaux, dans la zone sous controle de la rebellion. Comment ces populations
seraient-elles menacees d'extermination alors qu'elles sont sous la protection du RCD, et
dans un territoire deja conquis par ce dernier? En plus, quelle garantie y a-t-il que le
Sud-Kivu leur offre plus de certitude de securite?
Et si c'est la contre-attaque qui est redoutee, pourquoi
ne deplace-t-on pas toute la population du milieu, les non- Banyavyura y compris, pour la
mettre a l'abri des attaques? Et dans le cas ou seul ce groupe serait vise, pourquoi ne
pas les conduire sur Kalemie ou a tout autre endroit proche de chez eux, en attendant que
le calme revienne a Vyura pour qu'ils y retournent?
3. La raison de ce transfert est donc ailleurs. Le plan
elabore et mis en route par le Rwanda et les populations Banyamulenge vise a creer une
grande concentration de Tutsi au Kivu pour en faciliter l'administration par eux.
Recemment, des Banyamulenge de Minembwe ont rappele aux
chefs rebelles du RCD, en tournee sur les lieux, leur volonte et demande d'une entite
autonome. Ce qui est vise en premier lieu, c'est le regroupement des Banyarwanda. Ce
regroupement a pour but de creer un couloir pour faciliter la jonction entre les
Banyarwanda du Sud-Kivu et leurs freres du Rwanda et du Burundi. N'est-ce pas la la
meilleure facon de faciliter l'immigration (transfert) moins problematique des populations
tutsi? Ne faut-il pas craindre que le rassemblement des Tutsi au Kivu soit le prelude a la
declaration d'une autonomie du Kivu dont la phase ultime, telle que lachee dernierement
par Kigali, sera carrement l'annexion d'une partie du territoire congolais dans un grand
ensemble hima?
4. Cette situation presage des malentendus sur le plan de
l'organisation coutumiere, de la gestion des ressources et des espaces vitaux. Une
exacerbation des conflits entre populations tutsi et populations congolaises autochtones
est donc previsible. Comme les Tutsi sont armes et qu'ils pourront appeler les soldats de
leur ethnie, a partir du Rwanda ou du Burundi, a la rescousse, il faut s'attendre a des
massacres ou tout au moins a la montee de l'insecurite au Sud-Kivu.
Cette insecurite previsible occasionnee par les
responsables du RCD servira comme pretexte pour une separation physique entre les entites
"tutsi" et celles habitees par les autochtones, ou le demantelement de l'entite
"non tutsi" dans les parties convoitees par eux au Sud-Kivu.
5. C'est au RCD qu'il reviendra de donner a l'execution de
ce plan machiavelique une apparence legale. On observe aujourd'hui des consultations et
une propagande visant la mise en place d'un "parlement provincial" au Sud-Kivu.
C'est le moyen par lequel le RCD -- ce cheval de Troie
charge de faire aboutir des "promesses non tenues par Kabila" -- voudrait faire
avaler a la population congolaise une trahison de tres haute facture. Ceux des Congolais
qui se lancent dans cette aventure funeste, par gout de lucre et par opportunisme abject,
le regretteront. Ils doivent s'attendre a subir tot ou tard le chatiment du peuple.
Goma, 28 septembre 1998
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**** DOC. Nr 2 *****
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Subject: Le plan Lemera
(Africa Information And Publishing Service - 27/07/98)
WASHINGTON - AIPS --Des informations troublantes en
provenance du Kivu font de plus en plus etat de la mise en oeuvre, depuis plusieurs
semaines, de l'occupation partielle du territoire congolais par les ressortissants Tutsi,
conformement aux termes du plan conclu a Lemera en 1996-97 entre l'AFDL, alors en
rebellion et les principaux commanditaires du soulevement, particulierement le Rwanda.
Selon plusieurs temoignages, des personnes parlant
principalement l'anglais ou un francais sommaire et d'une morphologie assimilable a celle
de la grande ethnie Tutsi auraient debarques en quantites innombrables sur le territoire
du Nord et Sud Kivu. Le gouvernement congolais garde un mutisme total sur ce mouvement de
population qui revet un caractere hors du commun. Debut juillet, le quotidien ougandais,
New Vision, dans son edition du 6, indiquait que les militaires de Yoweri Museveni avaient
deplace leur base d'operations de Kiraro, dans le district de Kasese en Ouganda, vers la
localite congolaise de Ntabi, situee a 15 km de la frontiere pour orchestrer les combats
avec les elements rebelles de l'ADF. Ntabi a ete prise d'assaut par un bataillon ougandais
le jeudi 2 juillet sous les ordres du lieutenant-colonel Tumusiine Nyakaitana et du
brigadier James Kazini.
Kinshasa ne semble pas avoir donne une replique adequate a
ce qui ressemble fort bien a un viol de la souverainete nationale.
Par ailleurs, des rumeurs persistantes vont dans le sens
de la creation prochaine de la "Republique Independante du Kivu" qui serait
composee de quatre provinces : la province de Mulenge, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et le
Maniema. Le gouvernement unitariste du President Kabila ne leve aucune voix de
protestation contre ce projet de demembrement de la Republique democratique du Congo.
Avant de quitter Washington vendredi dernier, l'ancien
Premier Ministre Kengo wa Dondo avait donne des eclaircissements sur la situation dans
l'Est du pays, au cours de sa derniere conference au National Endowment for Democracy. Il
avait notamment explique les differentes phases de versement des peuplades Tutsi sur le
territoire congolais depuis l'epoque coloniale jusqu'a l'avenement des camps des refugies
a Goma en 1994. Cette presence massive a provoque des probleme d'ordre demographique,
d'ordre foncier et des problemes afferents a la representativite et donc au pouvoir. M.
Kengo etait brievement revenu sur l'ordonnance signee par le president Mobutu en1973
accordant globalement la nationalite congolaise aux Tutsi dans l'espoir d'eteindre les
foyers de tentions avec les autochtones (Nandes, Hundes, Nyanga, Bashi etc..) Cette
disposition a ete annulee par l'activation de l'article 1 de la Constitution de Luluabourg
par la Conference Nationale Souveraine. Selon cet article, "est Congolais, toute
personne dont les parents, les grands-parents ou les arrieres-grands-parents se trouvaient
sur le territoire congolais au moment de la Conference de Berlin.
Or, d'apres M. Kengo, aucune presence Tutsi n'etait
signalee au Congo a cette epoque. Leurs revendications sont donc caduques. A ce probleme
perplexe, M. Kengo a reconnu l'incapacite de ses gouvernements successifs a proposer une
solution susceptible d'apporter une paix durable. Il pense maintenant que le calme dans
l'Est du Congo viendrait peut-etre avec la relocalisation des ressortissants Tutsi sur un
autre site a trouver sur le territoire congolais. Un dossier brulant, a precise Leon Kengo
wa Dondo, qu'il faut traiter avec parcimonie, puisqu'au Congo, "toute terre
appartient a une tribu". Pour les premiers interesses, la solution a deja ete
planifiee a Lemera entre les dirigeants actuels et leurs bailleurs.
Extrait du nouveau plan de colonisation tutsi dans le Kivu
montagneux.
Periode de realisation : de 1998 a 2008 (soit 10 ans)
Source de financement : encore inconnue
Colonisation a 2 variantes :
- Imposition armee dans le Nord-Kivu
- " Transfert tranquille " dans le Sud-Kivu
La premiere phase va se realiser sans aucune forme de
proces, sous le seul pretexte de faire chasse aux miliciens armes hutu (Interhamwe) et aux
ex-Far qui destabilisent le Rwanda a partir du Nord-Kivu.
L'occupation des villes de Goma et Butembo constitue la
phase la plus decisive, suite a l'eventuelle resistance armee des autochtones. La
realisation de la deuxieme phase du plan est dependante de la reussite de la premiere
phase. Le "transfert tranquille "dans le Sud-Kivu est proportionnel a la
resistance calme de l'elite de cette partie du Kivu, face a l'hegemonie tutsie dans la
region des grands lacs. Cette phase est realisable en 3 etapes:
L'objectif tutsi dans les villes de Bukavu et d'Uvira est
de faire de ces villes des villes les moins bantoues possible.
Cette deuxieme phase de la tutsisation du Kivu. montagneux
se realisera en 3 etapes:
1. L'inondation dômographique dans le Sud-Kivu,
2. La separation physique entre les parties tutsies et
celles habitees par les autochto
3. Le demantelement de l'entite non tutsie dans la
province, plus particulierement dans les villes de Bukavu et d'Uvira.
Les deux premieres etapes seront realisees en cooperation
avec le pouvoir de Kinshasa, qui organisera l'immigration des tutsis du Rwanda, Burundi,
Ouganda, Somalie et eventuellement de l'Ethiopie vers la " Terre promise". Ainsi
sera payee la facture de guerre pour le Rwanda de Paul KAGAME (accords de Lemera). Pour
financer cette colonisation tutsi, une banque appelee "banque d'implantation tutsie
dans le Kivu" sera installee a Kigali, avec sa maison mere dans la ville de Kampala
(Ouganda). Elle va financer les constructions des logements pour Tutsis dans le territoire
occupe et, sous forme de credit, le commerce et l'administration des colons. Le plan
prevoit: 600.000 constructions de logement pour la periode de 1999 a 2004. En cette annee,
on prevoit alors organiser des elections municipales et pour le parlement en cooperation
avec le pouvoir de Kinshasa. C'est alors que le Kivutien autochtone, devenu minoritaire,
comprendra qu'il a perdu la partie.
Alors on passera a la troisieme etape, le "transfert
tranquille" proprement dit.
Cette etape constituera simplement a decourager les
Kivutiens autochtones de vivre chez eux. La nouvelle administration, principalement ou
totalement tutsie, leur interdira(loyalement), la construction de logements pour rendre la
cohabitation (devenue alors dangereuse) impossible, soit en acquerant leurs maisons. On
etablira des permis de residence, qui ne seront attribues aux Kivutiens autochtones que
s'ils arrivent a remplir certaines conditions, dont la plus rude, necessaire et suffisante
sera de prouver que son centre de vie se trouve dans le Kivu depuis 5 ans au moins. Or,
dans le cadre du decouragement, on aurait amene un nombre considerable a immigrer a
l'interieur du territoire congolais, plus particulieement vers la province orientale
(ex-Haut Zaire) et vers la capitale, Kinshasa. Cette operation serait organisee par le
pouvoir de Kinshasa dont particulierement les ministere de la Reconstruction et de
l'interieur.
Ces gens ne sont plus en mesure de remplir les conditions
de se reinstaller sur le sol du Kivu Montagneux occupe. D'autres qui n'auraient quitte la
province pourront ne pas s'averer capables de remplir ces conditions par manque de preuves
suffisantes: par exemple, les factures d'electricite et d'eau... Ils seront loyalement
deloges de leur residence ou on leur retirera le simple droit de se retrouver dans des
villes administratives, telles que Bukavu, Uvira ou Goma.
La premiere variante du plan est prevue pour une duree
d'une annee, allant de 1998 a 1999, tandis que la seconde couvre le reste de temps de
realisation du plan.
(E.L)
Le materiel contenu dans ce communique' peut ne pas
refleter toujours les points de vue de l'expediteur. Celui-ci n'accepte aucune
responsabilite sur la precision des sources originales.
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The material contained in this communication may not be
taken always to reflect the views of the sender. He accepts no responsibility as to the
accuracy of the original sources.
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"Revons les droits humains... Immagine les enfants du
monde entier grandissant sans crainte dans leur famille et à l'ecole, sans etre
exploites..."
"Let's dream about human rights... Let's imagine all
the children in world growing up without fear, in thei families and in their schools,
without being exploited..."
(Ec. Hendrick-Rigaux -Pax Christi Wallonie sept 1998)
Transmis par Jules Tshitenga |