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Je reprécise ma pensée
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Catherine Tshefu
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Occupée pendant un certain temps par des tâches professionnelles, académiques et familiales, je reprends la plume pour dialoguer avec les compatriotes internautes. Après les menaces et autres tentatives dérisoires d'intimidation dont je viens d'être la victime, je tiens d'abord à remercier l'administrateur du site Congonline, M. Michel Léonard, pour avoir rétabli la vérité à propos des accusations grotesques de M. Ncero, alias M. Kabengele Muanda alias M. Feli de Mbala, me concernant. La mise au point de Congonline est à lire dans l'article de M. Bernard Ilunga du 5/11/98 sous le titre : Mme Tshefu ménacée. Je remercie aussi toutes celles et tous ceux qui m'ont soutenue, et plus encore ont soutenu, à travers moi, la cause de la démocratie, qui suppose libre débat.

La démocratie ! N'est-ce pas là l'aspiration historique de notre peuple, sevré de liberté et de bien-être pendant si longtemps (colonisation, dictatures Mobutu, AFDL) ? Je m'inscris dans cette dynamique du combat pour la liberté et le pluralisme, et c'est au nom de ce combat qu'aujourd'hui je défends ma patrie en guerre.

Quelle est la nature de la guerre actuelle ? Comme la majorité de mes compatriotes, je suis convaincue qu'il s'agit d'une guerre d'agression. Pourquoi ? Comme je l'ai écrit dans mes précédents articles, je soutiens la thèse de l'agression sur la base de l'argumentation suivante:

    1) guerre déclarée le 2/8/1998, soit quelques jours, après la décision de souveraineté de renvoi de soldats Rwandais et Ougandais;

    2) début de la guerre aux frontières des pays d'où sont originaires les soldats renvoyés;

    3) propos publics de ces pays pour reconnaître la légitimité de la rébellion, alors qu'eux-mêmes exigent que soient contrôlées leurs propres rébellions en territoire congolais;

    4) mouvement politique RCD créé après le début des hostilités;

    5) les témoignages à la télévision de nos compatriotes de Goma, Bukavu et Uvira qui dès les premières semaines de la guerre parlent de la présence de soldats ougandais, Rwandais et Burundais et des massacres contre les populations locales prétendument à libérer.

    6) l'intervention angolaise et la capture de centaines de soldats Ougandais et Rwandais venus soit-disant défendre la sécurité de leurs frontières au Bas-Congo, à plus de 2'000 kms à l'intérieur de nos terres !

L'aveu, ancien, de l'Ouganda concernant la présence de ses troupes sur notre territoire (aveu non suivi de leur retrait) et l'aveu, récent, du général Rwandais Paul Kagame, ne viennent qu'ouvrir les quelques yeux encore aveuglés, et jettent d'ailleurs le désarroi parmi les esprits congolais de mauvaise foi qui ânonnaient la thèse d'un conflit purement et totalement interne au Congo.

Bien sûr, qu'il y a des Congolais parmi les rebelles ! Mais quel est leur véritable poids dans le processus décisionnel ? Le commandant Ondekane n'était-il pas à Washington lors de la grande bataille de Kindu, chapeautée par les véritables détenteurs du commandement des opérations qui sont Rwandais et Ougandais ? Dans une logique de guerre, que pèsent des civils sans troupes comme Wamba dia Wamba et Z'Ahidi Ngoma, sinon de faire-valoir médiatique et d'intellectuels "idiots utiles"? Quant aux mobutistes, présents en armes et en argent, quel est le but de ceux qui les ramènent, sinon de réinstaurer dans notre pays un régime d'incompétence et de tyrannie ?

Or, autre grossièreté, le RCD (couverture politique de l'agression Rwando-Ougando-Burundaise) prétend vouloir instaurer un Etat de droit et la démocratie au Congo. Ceci m'horripile. L'Ouganda, où le concept insensé de "démocratie sans parti", (en clair : dictature de Museveni et de son clan) justifie depuis douze ans de constantes violations de droits humains (d'où la persistance de plusieurs rébellions) n'est pas un partisan de la démocratie. Le Rwanda et le Burundi, où des minorités ethniques, arrivées au pouvoir par de coups d'états, cadenassent à leur profit la scène politique, ne sont pas non plus des parangons de vertu démocratique.

Vraiment, on veut jouer avec le simple bon sens et prendre des congolais pour des imbéciles. Sous prétexte que notre pays est mal gouverné ( par l'AFDL, créé et amenée au pouvoir, par les mêmes pays, ennemis de la démocratie), c'est plûtot une véritable occupation militaire, politique et surtout économique de notre territoire qui constitue l'objectif clair de cette guerre d'agression.

Il nous faut donc poursuivre parallèlement deux objectifs prioritaires :

    1) défendre le territoire national en danger de totale occupation étrangère (d'où mon appel à un patriotisme sans haine mais ferme. Le patriotisme étant défini par le Petit Larousse illustré (1983) comme : "l'amour de la patrie; la patrie désignant le pays, la province, la ville où l'on est né. // Communauté d'individus vivant sur un même sol, qui sont unis, en vertu d'un attachement culturel, pour la défense de ses valeurs ".

    2) installer des institutions et des pratiques publiques démocratiques, besoin fondamental pour la défense à long terme de la patrie et le développement du pays.

Comment remplir cette mission historique ? Faut-il, et avec quels moyens, poursuivre la guerre d'auto-défense, ou plutôt négocier, par sagesse, une paix des braves ? Voilà des questions que je vous soumets, et je me permets de vous demander qu'on y apporte chacun (e) sa réponse pour sauver notre patrie en danger. Pour ma part, c'est promis, j'y répondrai prochainement.

Encore une fois, merci, chers compatriotes et autres internautes.

N.B. Que celles et ceux qui m'ont réclamé de nouveaux poèmes sachent que je ne les oublie pas. Les poèmes sont prêts, mais je tenais d'abord à repréciser mon argumentation.

Patriotiquement,

Mme Tshefu Catherine
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