GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
A M. Faustin Kutsienza
wpe141.jpg (679 octets)
Chris Sassa
wpe141.jpg (679 octets)
C'est au retour d'un voyage que j'ai trouvé vos trois derniers messages. Je suis d'accord avec vous sur le point qu'il y a des choses autrement plus importantes à dire que de perdre son temps à se livrer dans des passes d'armes personnelles. Ceci, d'autant plus que nos points de vue respectifs paraissent inconciliables.

Libambu est votre référence, pas la mienne. J'ai renoncé à répliquer à cette personne qui prend tout de haut. Voyez les titres de beaucoup de ses livraisons: "Compatriote untel, vous... ou le problème est...". C'est d'une netteteté qui n'appelle aucune contestation! Vous affirmez avec elle que notre groupe (j'ignorais appartenir à un groupe, moi qui suis fier de mon indépendance) raisonne dans le subconscient. Autant que je sache, le
raisonnement et la reflexion sont des actes conscients. Peut-on raisonner en dormant ou sous hypnose ? Si on le pouvait, la psychanalyse, le "sérum de vérité" et autres procédés utilisés dans la détection des mensonges dont le principe est de plonger dans le subconscient (càd d'abolir le conscient et l'intelligence active qui font raisonner et refléchir) n'auraient aucune raison d'être. Quelqu'un, sur ce forum, avait invité au respect de cette
dame. Volontiers, mais c'est elle qui verse dans l'insulte! Elle a déjà trouvé des personnes souffrant de bloquage mental, des hommes du passé et j'en passe. Malgré la finesse, dire des gens qu'ils raisonnent dans le subconscient (ce que vous approuvez) n'est certainement pas un compliment.
Cela signifie tout simplement qu'ils ne raisonnent pas ou en sont incapables. Je ne me permettrais jamais de dire autant de votre groupe à vous, même pas aux fantômes qui s'y cachent!

Dans une de vos livraisons, vous m'avez accusé d'être allergique à la contestation. Voyons donc, cher monsieur! Vous avez affirmé que le premier devoir du patriote est de lutter contre un gouvernement qui assassine et détruit. A moins d'être une vérité biblique, un essai de démonstration de cette thèse aurait été la bienvenue En m'y opposant, je me suis employé à  démontrer que si votre postulat était bien un devoir du patriote (qu'il se
paratgeait avec le citoyen et même le simple résident), le tout premier devoir du patriote était ailleurs. Je ne me souviens pas que vous ayez tenté de me démontrer la contraire (sauf sur un passage, je crois, où vous disiez qu'un gouvernement qui assassine et détruit peut aussi mettre en danger l'existence de la patrie, en quoi j'ai été partiellement d'accord
avec vous, en précisant que c'est un danger non immédiat autrement avec Mobutu, il y a belle lurette que le Congo n'existerait plus!). Je ne sais pas quelle est votre conception de la contradiction, mais il me semble que j'auaris du simplement accepter votre affirmation! Or, vous êtes contenté de dire "je ne cesserai de le dire". Il ne suffit pas de "ne pas cesser de le dire", j'aurais aimé suivre ce qui vous amène à placer la lutte contre un gouvernement en tête des devoirs du patriote. Parce que, voyez-vous, même les "Free men" américains, plus patriotes que Dieu pour le paradis, mettraient entre parenthèses leur opposition au gouvernement si quelqu'un attaquait Uncle SAm!

Si l'Histoire (avec grand "h", s'il vous plaît) retient l'épisode de la Baie des Cochons comme une invasion (menée par des exilés cubains principalement avec le soutien des USA pour chasser un dictateur qui "assassine et détruit") pourquoi ce qui se passe au Congo (qui me parait plus grave) devrait être qualifié autrement! Faut-il cautionner la Baie des Cochons si Fidel avait été porté au pouvoir avec le concours de l'étranger (il y avait un certain Ernesto Che Guevara dans ses rangs et qui a même siégé au gouvernement cubain!). Faudrait-il que nous louions au Rwanda et à l'OUganda une "Base de Guantanamo" ? Rassurez-vous, je ne suis pas un communiste (je me vois plutôt libéral, au centre et légèrement à gauche du centre) et Fidel n'est ni mon idôle ni un modèle de démocratie, mais ce que je dis se trouve sculpté dans l'histoire. Ce sont des faits! Libre à vous de trouver que je raisonne dans le subconscient et de trouver qu'il n'y a que vous à raisonner dans le conscient (un peu de modestie, SVP).!

Me permettriez-vous de contrer une de vos affirmations ? Vous avez plus d'une fois dit que vous entreriez dans l'arène politique congolaise ou arriverez au pouvoir par la voie des urnes. C'est une très belle profession.
- Si le verdict des urnes ne vous est pas favorable, abandonnerez-vous la politique ? Si oui, alors vous ne visez que le pouvoir alors que vous pouvez demeurer en politique et continuer à servir utilement la nation. En attendant la prochaine élection.
- De même et comme cela arrive souvent en (vraie) démocratie, si le gouvernement en place faisait appel à vous (en tant que leader) pour faire partie d'une structure spéciale multipartite, refusieriez-vous de servir la nation ?
- Enfin, votre profession de foi tendrait plutôt à faire croire que tout le personnel politique est mis en place par voie d'élections ou que tous ceux qui sont au pouvoir sont des élus. La fonction ministérielle, par exemple, est éminement politique et elle incarne le pouvoir. Ce n'est pourtant pas une fonction élective. Même dans les démocraties parlementaires (qui ne sont pas la majorité dans le monde), on ne pose pas sa candidature pour être élu à un poste ministériel, mais à la députation. En fait, si vous voulez devenir président de la république, gouverneur de région, bourgmestre ou membre d'une assemblée (au central, au provincial ou au local), je vous encourage vivement à vous préparer aux batailles
électorales. Mais, si on fait de vous le directeur du bureau du président de la république (fonction politique et "de pouvoir") et je ne sais quoi d'autre (le pouvoir et le personnel politique comptent plus de non-élus que d'élus) alors vous n'y arriverez pas via les urnes.

Je peux être naïf et stupide comme vous me prêtez de l'être, mais pas au point de croire que je vous aurais amené à un aveu, quand même.

Portez-vous bien.

Chris Sassa

Copyright Afriqu'Info asbl.