GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
"S.O.S : Un Américain au Congo"
wpe141.jpg (679 octets)
Adelar Lukeso Pitta
wpe141.jpg (679 octets)
1. Des débuts rocambolesques

2. Une mission equivoque

3. Une diplomatie de façade. Un jeu de dupes. Une politique de poudre aux yeux

4. Mission impossible. Pas de Vietnam au Congo S.V.P.

5. Ne jouez pas avec le feu. La poudrière du Congo pourrait affecter le monde entier

6. Quand un requin vous montre ses dents…

 

1. Des débuts rocambolesques

Tout fin observateur en politique constatera que tout changement d’homme ou de femme à la tête d’une institution est un signe qui généralement annonce un changement de politique, de stratégie, ou de méthode de la part de cette institution, pour atteindre les mêmes objectifs ou des objectifs différents, pour le meilleur ou pour le pire.

L’arrivée d’un nouvel ambassadeur américain à Kinshasa, Mr. William L. Swing, en ce moment crucial où notre cher pays, la République Démocratique du Congo, est victime d’une invasion sanglante de la part du Rwanda, de l ‘Ouganda et du Burundi avec la complicité de quelques congolais indignes, et le soutien des Etats-Unis d’Amérique et d’autres puissances occidentales, devrait susciter beaucoup d’interrogations quant aux véritables intentions du Gouvernement Américain face à cette crise.

On se souviendra des débuts rocambolesques de son affectation à son nouveau poste, qui était curieusement demeuré vacant pendant plusieurs mois après le départ de son prédécesseur, Daniel Simpson.

Nommé par le Président Bill Clinton au début du mois d’Août de cette année, juste après l’éclatement de la guerre d’invasion de notre pays par la coalition rwando-ougandaise, Mr. William L. Swing, le nouvel amdassadeur américain en République Démocratique du Congo devait rejoindre son nouveau poste d’attache bien avant la confirmation de sa nomination par le Congrès Américain, brûlant ainsi les étapes ! Urgence oblige !

Cependant, alors que la guerre se trouvait encore à des milliers de kilomètres de Kinshasa, le Gouvernement américain décida de fermer précipitamment son ambassade à Kinshasa, et d’évacuer son personnel. Une bonne partie de ce personnel diplomatique aurait été évacuée vers… Goma, selon une certaine presse internationale !

Entre-temps, nos agresseurs après avoir détourné des avions civils congolais, et après y avoir embarqué leurs troupes, tentèrent un raid audacieux sur Kitona dans le Bas-Congo avec, semble-t-il, l’aide logistique d’un navire de la marine américaine mouillé dans l’Océan Atlantique aux larges de Moanda qui téléguidait toutes les opérations. Les rebelles se mirent ensuite à remonter inexorablement vers Kinshasa. Le nouvel ambassadeur américain en République Démocratique du Congo, se serait alors envolé pour Brazzaville en République du Congo, où il se tena en stand-by, prêt à traverser le fleuve Congo pour aller reconnaître officiellement le gouvernement des rebelles à Kinshasa et présenter ses lettres de créance à un nouveau Président issu des rangs de la rébellion.

Il doit avoir déchanté. Les agresseurs furent piteusement battus dans le Bas-Congo ainsi qu’aux portes de Kinshasa par les Forces Armées Congolaises, Angolaises, Zimbabwéennes, et Namibiennes, et durent se replier dans leur bastion à l’Est du Congo d’où ils tentent de lancer une nouvelle offensive.

Près de deux mois plus tard, la guerre continue, le régime actuellement établi à Kinshasa est toujous en place, les Etats-Unis ont décidé de rouvrir leur ambassade à Kinshasa, et Mr. William L. Swing vient de présenter ses lettres de créance à l’actuel Président de la République. Non pas à Kinshasa mais à Lubumbashi, le fief de celui-là même que son gouvernement aurait tenté de déstituer…

Que se passe-t-il ? Au fait quelle est la mission du nouvel ambassadeur américain au Congo ? La question est d’importance capitale et mérite d’être posée avec appréhension.

2. Une mission équivoque

Depuis la présentation de ses lettres de créance au chef de l’Etat congolais, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique à Kinshasa, Monsieur William L. Swing, n’a cessé de multiplier des condamnations de l’agression dont est victime notre pays, la République Démocratique du Congo, exigeant le retrait de toutes les troupes non-invitées du territoire national congolais, et annonçant que son pays allait aider le Gouvernement de la République Démocratique du Congo afin de trouver une solution visant à mettre un terme à cette guerre injuste.

D’aucuns seraient tentés de croire que ces propos sont rassurants, et démontrent une véritable volte-face diplomatique de la part de l’unique Super-Puissance du monde en faveur de notre cher pays.

Pas si vite…

A y regarder de plus près, on constatera que ces déclarations " apaisantes " faites par les Etas-Unis et d’autres puissances occidentales à travers leurs ambassadeurs et envoyés spéciaux respectifs, sont à l’antipode de leurs agissements dans cette crise.

En d’autres termes leurs paroles se trouvent être diamétralement opposées à leurs actes.

Tenez ! Alors que ces pays poussent le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à négocier avec les rebelles, ils continuent à accorder leur soutien militaire, financier et moral aux rebelles et à leurs commanditaires Rwandais, Ougandais et Burundais.

Washington, Paris, et Bruxelles ont officiellement reçu la délégation des rebelles, pourtant vomis par le peuple congolais dans sa majorité écrasante.

Alors que nos Forces Armées Congolaises et nos alliés de l’Afrique Australe avaient réussi à amasser une véritable force de frappe et monter une forteresse à Kindu, la contre-offensive longtemps annonçée n’a pas eu lieu…

Subissant très vraisemblablement d’intenses pressions de la part des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et d’autres pays occidentaux pour privilégier la solution diplomatique du conflit, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et ses Alliés d’Afrique Australe auraient mis en veilleuse cette fameuse contre-offensive contre les agresseurs, se contentant de quelques opérations défensives sans envergure.

Par contre les agresseurs rwandais, ougandais, et burundais, de toute évidence poussés et aidés par les mêmes pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, ont profité de cette trêve pour installer des armements lourds à l’Est, se réorganiser, revoir leurs stratégies, se remonter le moral, et rassembler leurs énergies défaillantes après leur débâcle à l’Ouest, et relancer leur offensive qui a conduit à la prise de Kindu. Et selon toute évidence ils n’auraient pas l’intention de s’arrêter là, surtout qu’ils ont retrouvé la confiance en eux-mêmes, et l’arrogance qui les caractérisent.

Et pourtant, si le Gouvernement Américain avait exerçé les mêmes pressions sur nos agresseurs pour ne pas attaquer Kindu, ceux-çi auraient certainement obtempéré et respecté la trêve en vue de donner une chance à une solution négociée qui aurait permis de mettre définitivement fin à cette crise. Ce qui est effarant est que les forces gouvernementales et les alliés se seraient laissées convaincre de se retirer volontairement de Kindu… laissant ainsi le champ libre à nos agresseurs.

Hélas, avec Kindu entre les mains de nos agresseurs, un important verrou stratégique de notre défense vient de sauter. Désormais les deux provinces minières du Kasai et du Katanga, et toutes les autres provinces du Congo sont à portée de main… et des canons de nos agresseurs.

Par ailleurs cet échec cuisant subi par les Forces Armées Congolaises à Kindu permettra aux agresseurs rwandais, ougandais,et burundais de se présenter en position de force face au Gouvernement de la République Démocratique du Congo dans les négociations qui s’annoncent, si négociations il ya. Ces agresseurs pourraient en profiter pour demander des concessions impossibles…par exemple la création d’une zone autonome dans le Kivu qu’ils contrôleraient , ou leur participation au sein d’un Gouvernement d’Union Nationale, marquant ainsi le retour des mobutistes et agents de Kigali au pouvoir à Kinshasa. Et le cycle infernal recommencerait…

Au moment où le Zimbabwe, l’Angola, et la Namibie ont finalement décidé de poursuivre leur appui au Gouvernement de la RD du Congo jusqu’au front de l’Est, pour neutraliser définitivement les envahisseurs, déclarant par la voix de Mugabe que jamais ils n ‘accepteraient que la RD du Congo ne tombe entre les mains des envahisseurs, le Conseil de Sécurité de l’ONU sursaute, commence à gesticuler, et en appelle à la cessation immédiate des hostilités.

Mais où était le Conseil de Sécurité lorsque le Bas-Congo et Kinshasa étaient virtuellement pris en otages par les agresseurs ?

Où était le Conseil de Sécurité lorsque les envahisseurs avaient attaqué et conquis la ville de Kindu ? Où était le Conseil de Sécurité lorsque ces agresseurs avaient déclenché les hostilités et envahi pratiquement tout le Nord-Est de notre pays ? Que des condamnations en sourdine qui trahissent leur complicitité avec nos agresseurs.

Il y a anguille sous roche ! Faut-il s’en étonner ? Non. On remarquera que le Conseil de Sécurité de l’ONU est dirigé par les mêmes pays qui soutiennent nos agresseurs.

Dans le même ordre d’idées, inquiet de l’appui massif que le Zimbabwe, l’Angola, et la Namibie ont décidé d’apporter à la RD du Congo cette semaine qui s’achève en vue de lancer une contre-offensive à l’Est en vue de bouter les envahisseurs dehors, le Gouvernement américain aurait décidé de dépêcher à Kinshasa sa Sous-Secrétaire d’Etat chargée des Affaires Africaines, Mme. Susan Rice, en vue de tenter de forcer les négociations entre le Gouvernement de la RD du Congo d’une part, et les agresseurs rwandais, ougandais, et burundais et leurs complices congolais, d’autre part. Mais où était Susan Rice quand le Bas-Congo et Kinshasa croupissaient sous la botte des envahisseurs ? Où était Susan Rice lorsque Goma, Kisangani, Kindu, et pratiquement tout le Nord-Est de notre pays étaient tombés entre les mains des nos agresseurs et leurs complices congolais ?

3. Une diplomatie de façade. Un jeu de dupes. Une politique de poudre aux yeux.

Pendant que le nouvel ambassadeur américain à Kinshasa, Mr. William L. Swing, continue à faire du charme au Gouvernement et au Peuple Congolais, le Département d’Etat Américain à Washington, son ministère de tutelle, rendait publique il ya quelques jours une déclaration aîgre-douce reprenant la position initiale du Gouvernement Américain, qui semble beaucoup plus se préoccuper des intérêts sécuritaires des régimes de Kigali et de Kampala ainsi que des minorités Tutsis dans notre pays, des intérêts américains en République Démocratique du Congo et dans la région, plutôt que du bonheur du peuple congolais.

Concernant la crise congolaise, le Gouvernement Américain s’en remet, dans ce communiqué, à la solution négociée à laquelle s’attèlent certains chefs d’Etat africains, dont Museveni de l’Ouganda ; dénonce le manque de démocratie en République Démocratique du Congo, mais évite soigneusement de s’attaquer aux dictatures du Rwanda et de l’Ouganda ; professe son credo à l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, du reste garantie par les chartes de l’ONU et de l’OUA, et accuse le Gouvernement congolais d’avoir provoqué cette crise à la suite de sa politique d’exclusion et de sa mauvaise gestion, mais oublie de dénoncer les méfaits des dictatures de Kigali, de Kampala, et de Bujumbura, et ne condamne pas en des termes sans équivoque l’agression rwando-ougandaise et la rébellion ; s’inquiète de la menace que fait planer l’escalade dangereuse de cette guerre ( sur les intérêts américains  ) dans la région , tout en " déplorant " vaguement les destructions et la désolation qu’entraînent cette guerre, et exige le retrait du territoire congolais de toutes les forces étrangères en pésence ( rwandaises et ougandaises d’une part, et celles des pays alliés invitées par le gouvernement congolais d’autre part ).

Le peuple congolais n’est pas belliciste, et le nouveau Gouvernement de la République Démocratique du Congo n’a jamais fait montre des intensions belliqueuses et annexionnistes à l’égard de ses voisins. Le peuple congolais n’a pas cherché cette guerre.

Bien sûr que nous voulons tous la paix. Bien sûr qu’une solution pacifique serait de loin préférable à une solution militaire. Il ya déjà eu beaucoup trop de pertes des vies humaines,de destructions, de désolations…

Cependant il faut bien se rendre à l’évidence. La communauté internationale, menée par les Etas-Unis, la France, et la Belgique, ne joue pas franc jeu. Leur duplicité a éclaté au grand jour !

Pendant qu’ils poussent le Gouvernement du Congo sur la voie des négociations, les pays occidentaux continuent à armer la main de nos agresseurs et les poussent inexorablement vers une occupation massive et totale du Congo.

Pendant que la communauté internationale conduite par les Etats-Unis continue d’atermoyer, de tergiverser, et à se livrer à des acrobaties oratoires dans les couloirs feutrés de la diplomatie, les agresseurs rwandais, ougandais, et burundais pavoisent et continuent d’occuper impunément près d’un quart de notre territoire national en s’y livrant à des barbaries inimaginables à l’encontre des populations congolaises et de notre environnement:

Massacres, tortures, viols des femmes ( y compris des femmes enceintes et des fillettes ),

destruction d’un avion civil avec femmes et enfants à bord, déportation des populations congolaises vers le Rwanda, pillage systématique de nos richesses minières et autres biens, sabotage de nos outils de production et destruction systématique de notre tissu économique et de notre environnement ( deportation de notre faune vers le Rwanda, l’Ouganda, et le Burundi, destruction de notre flore…). Et les effets de leur attaque dans le Bas-Congo se font encore sentir dans cette province ainsiqu’à Kinshasa. C’est le peuple congolais tout entier qui subit les conséquences de cette guerre. Par ailleurs le Gouvernement est obligé de sacrifier nos maigres ressources à l’effort de guerre, la reconstruction nationale a été anéantie, le Franc Congolais dégringole à un rythme effrayant , l’inflation revient au galop, les conditions de vie des congolais déjà précaires se trouvent de nouveau sur une pente dangereuse.

Pendant ce temps, le cirque d’une diplomatie de façade continue. Pendant ce temps, les Etats-Unis, et les autres pays occidentaux continuent de jeter la poudre aux yeux du peuple congolais en lui brandissant leur soutien et la carte d’une solution négociée, alors qu’en réalité ils continuent à soutenir nos agresseurs et les poussent à nous agresser d’avantage.

Décidément on se moque du peuple congolais…

4. Mission impossible. Pas de Vietnam au Congo S.V.P.

Pour revenir à la question posée plus haut quand à la véritable mission du nouvel ambassadeur américain à Kinshasa, tout indique en ce moment qu’il serait plutôt venu préparer le terrain en vue d’une installation d’un gouvernement fantoche d’obédience rwando-ougandaise à Kinshasa composé d’anciens mobutistes et d’agents rwandais et ougandais, qui seraient chargés de veuiller aux intérêts américains en République Démocratique du Congo et en Afrique Centrale.

Il pense instaurer au Congo une démocratie à l’ougandaise ou à la rwandaise…

En fait la situation serait même pire que cela. Les mobutistes et les rwandais savent très bien qu’ils sont, à cause des crimes qu’ils ont commis contre le peuple congolais, totalement vomis par le peuple congolais dans son écrasante majorité, et qu’il serait mathématiquement impossible pour eux de remporter des élections libres au Congo.

Impossible !

D’aucuns parlent de la versatilité dont le peuple congolais a fait preuve par le passé ? Erreur monumentale !

Le peuple congolais a acquis une maturité politique insoupçonnable.

Non, le peuple congolais n’acceptera plus d’être dirigé par des mobutistes, des sujets rwandais, ou quelque autre potentat de quelle que nature que se soit d’ailleurs( Pour le moment le peuple dans son écrasante majorité s’est rangé derrière l’actuel régime en vue de bouter les envahisseurs dehors, et exigera ensuite la démocratie de la part des tenants actuels du pouvoir. Nous devons soutenir notre gouvernement face à un complot international).

Par conséquent le seul moyen pour les mobutistes et les rwandais de se maintenir au pouvoir, dans l’hypothèse tragique où ils accédaient au pouvoir, serait de s’imposer par une dictature sanguinaire et impitoyable…qui risquerait d’être pire que tout ce que nous avons vécu jusqu’à ce jour. Tout simplement parce que cette fois-çi les mobutistes, les rwandais, les ougandais, et leurs maîtres occidentaux prendraient toutes les dispositions qui s’imposent afin qu’ils ne soient pas facilement évinçés.

Ils pourraient aussi revenir au pouvoir avec un certain esprit de vengeance…

Cette dictature ne donnerait aucune chance au peuple congolais. Cette dictature ne laisserait aucune place à une quelconque opposition, fûsse-t-elle non-violente.

L’appareil de répression de cette dictature n’épargnerait aucune personnalité de l’opposition. Même pas Saint Etienne-de-Limete qui, dans sa magnanimité un peu naïve, est en train de leur lancer un véritable ballon d’oxygène, une bouée de sauvetage, avec ses prises de position insolites compte-tenu du contexte actuel.

Au cas où les agresseurs n’arriveraient pas à capturer le reste du territoire national, les Etats-Unis pourraient se contenter d’un morceau du Congo, instaurant à l’Est le même type de régime rwando-ougando-mobutiste. La partition de la République Démocratique du Congo deviendrait ainsi une réalité…abominable !

Mais les américains tiendraient trop à l’intégrité territoriale du Congo pour se résigner à sa partition définitive. Non, les américains voudraient diriger tout le Congo, et non pas un morceau de ce géant d’Afrique. Ils seraient donc déterminés à aider les agresseurs jusqu’à ce qu’ils capturent tout le territoire national, militairement s’il le faut.

Un autre scénario qu’aurait préparé le gouvernement américain :

Pousser le régime actuellement établi à Kinshasa non seulement à négocier avec les agresseurs et leurs complices congolais, mais aussi et surtout forcer l’actuel Président de la République de former un Gouvernement d’Union Nationale où les mobutistes et des agents rwandais (qui actuellement sèment la désolation parmi nos populations ) prendraient une part très active. Des loups dans la bergerie ! Et le cercle vicieux et funeste recommencerait !

On pourrait facilement s’imaginer ce qui se passerait.

Une fois au sein du gouvernement, les mobutistes et les agents rwandais se mettraient à saboter l’action gouvernementale et finiraient par monter un coup, saisir le pouvoir, écarter toutes les autres factions du gouvernement, et instaurer une dictature rwando-ougando-mobutiste pro-américaine et anti-peuple congolais !

Il conviendrait aussi de souligner que la coalition rwando-ougando-mobutiste est contre-nature. Une fois au pouvoir, les rwandais et les ougandais se retourneraient contre les mobutistes ou vice versa. La coalition éclaterait, plongeant le Congo dans une autre guerre. Il ne faut pas oublier la guerre que le peuple congolais continuerait à mener contre les mobutistes d’une part, et contre la coalition rwando-ougandaise d’autre part. Une véritable explosion ! Quel imbroglio infernal ! Le peuple congolais n’a pas besoin de cela !

Cependant, instauration d’un régime rwando-ougando-mobutiste à Kinshasa ou partition de la République Démocratique du Congo, une telle aventure est une mission impossible !

Qu’à cela ne tienne ! Le nouvel ambassadeur américain en République Démocratique du Congo, les Etats-Unis, les autres pays occidentaux, et leurs laquais doivent savoir que jamais le peuple congolais n’acceptera d’être tenu en esclavage sur la terre de ses propres ancêtres, surtout pas en cette fin du vingtième siècle, surtout pas à l’aube du prochain millénaire.

Le peuple congolais se battra avec obstination jusqu’au recouvrement total de sa véritable indépendance et sa vraie démocratie qui lui avaient été confisquées quelques jours seulement après le 30 Juin 1960.

Ceux qui en veulent à notre peuple pensent pouvoir réussir dans leurs basses besognes. Mais cela ne peut être que momentané. Le peuple congolais ne se laissera jamais faire. Souvenons-nous, le peuple vietnamien, par sa détermination, avait fini par vaincre la plus puissante armée de la planète.

Par leur nouvelle politique d’expansionnisme militaire en Afrique Centrale, les Etats-Unis sont en train de jouer avec le feu. Cette politique est en train de conduire à une escalade militaire extrêmement dangereuse.

Numériquement les armées du Rwanda, de l’Ouganda, et du Burundi sont inférieures à celles des forces alliées actuelles de la RD du Congo, qui pourraient s’élargir de nouveaux alliés.

Avec le cynisme qui caractérise sa politique africaine, le Gouvernement américain est en train de jouer la carte ethnique en Afrique Centrale, en faisant se battre des bantous contre des nilotiques pour asseoir leurs intérêts sordides dans cette région.

Les américains prennent toutes les précautions d’usage pour masquer leur soutien aux armées tustis. Mais dans cette escalade explosive qui est en train de se développer au Congo, il arrivera un moment où quelques caméras indiscrètes surprendront des experts militaires américains en flagrant délit d’armer nos agresseurs, et peut-être de commettre eux-mêmes des actes de violence contre des soldats alliés de la RD du Congo, et contre des civils congolais ; ou peut-être les yeux de ces caméras indiscrètes filmeraient-ils des cadavres des marines américains en train d’être traînés dans les rues par des civils congolais comme en Somalie il ya cinq ans !

C’est seulement alors que le peuple américain saura exactement les horreurs que son Gouvernement est en train de commettre au Congo. Alors l’opinion publique américaine sera éclairée sur le rôle funeste que ses élus sont en train de jouer au Congo… Et, comme à l’époque de la guerre du Vietnam, le peuple américain dans sa majorité finira par s’opposer catégoriquement à cette guerre injuste que son Gouvernement impose au peuple congolais. Et ce sera un véritable suicide politique pour l’admistration américaine qui se fera ainsi prendre " la main sur la gâchette " au Congo.

En tout cas, un fait est certain : au bout du compte, le peuple congolais vaincra, parce qu’il a le droit, la justice, et la légitimité de son côté. Bien plus que cela, parce qu’il se trouve chez-lui, sur la terre se ses propres ancêtres.

5. Ne jouez pas avec le feu. La poudrière du Congo peut affecter le monde entier.

Si sa mission n’est pas de déstabiliser la RD du Congo en vue d’y installer un gouvernement rwando-ougando-mobutiste et anti-peuple congolais, alors Monsieur l’ambassadeur devrait commencer par nous démontrer qu’il est vraiment venu travailler pour la paix, le bonheur et la prospérité du peuple congolais et à une normalisation effective des relations diplomatiques entre nos deux pays respectifs et au raffermissement des liens entre le peuple congolais et le peuple américain.

La coopération entre la RD du Congo et les Etats-Unis doit se faire sur base de respect mutuel des intérêts des uns et des autres. Nous ne voulons pas de privatisations sauvages qui donneraient aux entreprises étrangères le controle total des ressources de notre sol et de notre sous-sol, ainsique de tous les autres secteurs de notre vie nationale.

Tous les groupes industriels et financiers qui viendraient investir en RD du Congo doivent être soumises aux lois de notre pays, et tenir compte des intérêts de l ‘Etat et du peuple congolais, ainsi que de notre environnement.

Monsieur l’ambassadeur devrait avoir des vues réalistes et justes sur l’Afrique.

La plupart des pseudo-stratèges de la politique africaine à Washington n’ont jamais vu l’Afrique que lors d’un séjour furtif de quelques heures, ou encore à travers le film " Tarzan " et d’autres films de ce genre produits par Hollywood, ainsiqu’ à travers des images négatives délibérément sélectionnées par les médias occidentaux, en vue de présenter au monde entier le cliché " d’une certaine Afrique " qui plaise à leurs préjugés sur notre continent. Cherchent-ils ainsi à se donner une bonne conscience au vu des tragédies causées par leurs " bonnes oeuvres " impérialistes et néo-colonialistes ?

Ils ignorent ou choisissent d’ignorer l’Histoire des grands Royaumes et Empires qui avaient existé dans l’Afrique précoloniale !

Les concepteurs et exécutants de la politique africaine dans les capitales occidentales connaissent très mal l ‘Afrique. Ils ne connaissent pas l’Afrique profonde. Ils ignorent jusqu’aux réalités de l’Afrique Contemporaine. Ou ils font tout simplement semblant de les ignorer. Peut-être croient-ils les connaître ?

Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis, la France , la Belgique, et d’autres pays occidentaux sont en train de créer une véritable poudrière au coeur de l’Afrique.

La République Démocratique du Congo occupe une position stratégique en plein centre de l’Afrique, a les dimensions d’un sous-continent, partage sa frontière avec neuf pays voisins, regorge des ressources naturelles ( minières et autres ) insoupçonnées, sans compter la richesse de la diversité de sa population… Ce géant d’Afrique compte pas moins de quatre cents tribus et près de deux cent cinquante ethnies….

La République Démocratique du Congo et l’Afrique du Sud sont les deux jambes avec lesquelles toute l’Afrique pourra marcher, comme le disait un haut responsable Africain à l’ONU.

L’explosion de cette poudrière aurait des conséquences tragiques, non seulement pour la RD du Congo, l ‘Afrique Centrale et Australe, mais aussi pour le monde entier… N’oublions pas que nous vivons à l’époque de la mondialisation. Les effets d’une crise à un bout du monde se feraient sentir à l’autre bout du monde en quelques heures !

En leur temps, les guerres du Vietnam et du Moyen-Orient avaient eu des effets néfastes sur le monde entier.

En vue de continuer à financer une longue guerre au Vietnam, le gouvernement américain aurait, à un moment donné, fait face à son déficit budgétaire en faisant fonctionner la planche à billets. Innondant ainsi le monde entier des billets de dollars dont la valeur baissait au jour le jour. Ceci amena les opérateurs économiques, surtout les grands financiers à travers le monde, à échanger massivement leurs dollars américains contre de l’or, valeur plus sûre.

En désespoir de cause, le Président Richard Nixon décida à la mi-Août 1971, de mettre fin à la convertibilité du dollar américain contre de l’or. Ceci marqua la fin du régime des changes fixes, et amena le régime des changes flottants accompagnés des désordres monétaires à travers le monde entier.

Deux ans plus tard, en Octobre 1973, lors de la guerre du Kippour, les pays arabes décidèrent d’utiliser " l’arme du pétrole ". Réduction délibérée de leur production pétrolière en vue de raréfier ce produit stratégique et, par ricochet, d’en augmenter les prix sur le marché mondial.

" L‘arme du pétrole " visait à sanctionner les pays occidentaux pour leur politique injuste au Moyen-Orient.

" L’arme du pétrole " était efficace. L’Occident était à genoux, aux pieds des arabes. On se souviendra de ces images télévisées partout en Occident, montrant de très longues files d’attente dans les stations-service, des " dimanches sans voitures ", des usines incapables de tourner à plein rendement par manque de produits pétroliers, source primordiale de leur énergie ; et beaucoup d’autres humiliations de ce genre.

Malheureusement " l’arme du pétrole " frappa le monde entier, y compris les pays du Tiers Monde. Ce premier Choc Pétrolier, combiné avec les désordres monétaires déclenchés deux ans plutôt, provoquèrent l ‘inflation et la récession qui ravagèrent l’économie mondiale dans les années 1970 et le tout début des années 1980.

Il convient de souligner aussi que tous ces désordres économiques furent aggravés par le Deuxième Choc Pétrolier, causé par la révolution iranienne de 1979 ( chute du Chah d’Iran et toutes les péripéties qui s’en suivirent).

Ceci n’est qu’une illustration parmi tant d’autres des effets que peut provoquer sur le monde entier un conflit apparemment local ou régional.

Nous vivons dans un monde d’interdépendance. La crise qui secoue actuellement la République Démocratique du Congo aura, si on n’y prend garde, des effets à l’échelle planétaire !

Ainsi, les Etas-Unis, la France et la Belgique, et les autres pays occidentaux feraient mieux de ne pas jouer avec le feu ! Lorsqu’on met son doigt au feu on finit par se brûler… à coup sûr !

Pour le peuple congolais qui paie le prix fort de cette guerre, le problème se pose en des termes très simples, même si les avocats du diable à travers le monde s’acharnent à le rendre diablement compliqué avec des pseudo-théories dont le cynisme n’est que très évident, en vue de défendre l’indéfendable.

Le problème est donc très simple à comprendre :

La République Démocratique du Congo a été sauvagement agressée par les armées de trois pays étrangers qui s’appelent le Rwanda, l ‘Ouganda, et le Burundi, soutenus par les les Etats-Unis d’Amérique et d’autres pays occidentaux, au grand mépris du droit international, notamment les chartes de l’ONU et de l’OUA. Le fait que les agresseurs aient pu bénéficié de la complicité des hommes de paille Congolais n’y change rien. C’est une agression extérieure !

Consultons un peu l’Histoire. Adolf Hitler aussi avait bénéficié de la complicité des citoyens Français pendant l’occupation de la France par son armée nazie. Le maréchal Pétain et son Gouvernement de Vichy en constituent un exemple éloquent ! Et pourtant la communauté internationale à l’époque n’avait jamais présenté l’occupation de la France par les forces nazies et la résistance conséquente que leur opposait le grand mouvement de la Résistance ( dont l’un des chefs les plus illustres fut le général Charles De Gaulle ) comme un problème franco-francais ! L’Amérique avait fini par sacrifier ses propres fils sur les plages de Normandie et ailleurs en France et en Europe en vue stopper l’expansionnisme nazi !

Que la communauté internationale cesse donc de se livrer à des sophismes ridicules en vue de défendre une cause perdue d’avance. Que la communauté internationale cesse donc de tourner autour du pôt quand à la désignation de la crise qui sécoue notre pays. C’est une agression extérieure pure et simple. La République Démocratique du Congo est victime d’une agression extérieure perpétrée par le Rwanda, l’Ouganda, et le Burundi, avec la complicité et le soutien des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et d’autres pays occidentaux !

Dès lors tout processus de paix au Congo, et dans la Région des Grands Lacs doit impérativement commencer par le retrait immédiat, total, et définitif des troupes des envahisseurs du territoire national congolais. C’est la condition sine qua non.

C’est le premier geste tangible que le peuple congolais attend de la part du Gouvernement Américain. Le Gouvernement américain qui soutient nos trois agresseurs et cette agression a le pouvoir de donner à ses trois laquais l’ordre, oui, je dis bien l’ordre de quitter sans délai le territoire de la République Démocratique du Congo en les menaçant d’embargo généralisé et d’isolement diplomatique. Au besoin en faisant rallier le Conseil de Sécurité et une majorité écrasante des pays menbres de l’ONU à cette cause. Comme ils l’avaient fait lorsqu’il s’agissait d’expulser l’Iraq du Koweit. On sait que sans le soutien des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, ces trois pays ne tiendront pas le coup.

Il ya bientôt huit ans, la communauté internationale n’avait pas exigé le départ des troupes américaines, françaises, britanniques, et autres troupes alliées, du Koweit au même moment que les troupes de Saddam Hussein…en vue de permettre à ces belligérants de trouver une solution négoçiée…Le Koweit et l’Iraq sont deux pays dictatoriaux, néanmoins souverains au regard du droit international. L’Iraq avait envahi un autre pays souverain, violant ainsi le droit international. N’ayant pas obtempéré aux injonctions de la communauté internationale lui priant de quiter le territoire national koweitien, il fallait donc expulser l’Iraq du Koweit, un point c’est tout !

Il serait injuste, insensé, et totalement inacceptable d’exiger au même moment le départ des troupes alliées venues du Zimbabwe, de l’Angola, de la Namibie et du Tchad dont l’intervention aux côtés des Forces Armées Congolaises avait été officiellement sollicitée par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo selon des accords légaux signés avec ces pays. Ces alliés ne sont pas du tout en violation du droit international, et pourraient rester au Congo aussi longtemps que le Gouvernement le jugera nécessaire pour sa sécurité et sa défense. Une fois la guerre terminée, la RD du Congo devrait même exiger des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et d’autres pays occidentaux, du reste responsables de cette agression, qu’ils payent non seulement la lourde facture de cette massive aide militaire, mais aussi la réparation des dégâts humains et matériels causés par cette guerre.

Une fois les troupes Rwandaises, Ougandaises, et Burundaises parties, la rébellion s’éffondrerait en un temps record comme un château de cartes. Et ça serait la fin de la guerre. Et on pourra alors entammer les négociations…

Mener ces négociations alors que les agresseurs se trouvent encore sur notre territoire

national et en position de force est un pari très risqué. Car au cas où leurs exigences qu’on peut s’imaginer folles et inacceptables, ne seraient pas satisfaites, ils n’auront d’autre choix que de continuer la guerre. Par contre s’ils sont boutés dehors, de grè ou de force, sous la pression internationale, ils y réflechiraient à deux fois avant de tenter de nouveau cette aventure folle.

La guerre finie donc, les véritables négociations pourraeint commencer au niveau national et au niveau régional.

Au niveau national de la RD du Congo, il faudra réunir toutes les forces vives de la nation dans un conclave en vue de mener des débats qui aboutiront à la création des institutions qui feront de la RD du Congo un pays vraiment démocratique et un Etat de droit. Il convient cependant de mentioner qu’en rejetant catégoriquement le mouvement rebelle, il est clair que le peuple congolais ne considère pas ces rebelles comme faisant partie des forces vives de la nation…

Une fois les institutions démocratiques établies, le peuple congolais pourra alors librement choisir ses propres dirigeants, et s’atteler à la lourde tâche de la reconstruction nationale en vue de faire de la République Démocratique du Congo une nation prospère et puissante,et partant vraiment libre et indépendante.

Au niveau régional le Congo pourra s’asseoir avec les autres pays de la région, y compris le Rwanda, l’Ouganda, et le Burundi, en vue de trouver des voies et moyens d’assurer la sécurité et la paix dans la Région des Grands Lacs.

6. Quand un requin vous montre ses dents…

" Quand un lion ( je dirai plutôt un requin ) vous montre ses dents, il serait beaucoup plus prudent de croire qu’il ne rit pas ", nous dit un proverbe bantou.

Plutôt que de se laisser embobiner par des déclarations folkloriques et mielleuses des diplomates occidentaux, le peuple congolais ferait mieux de redoubler de vigilance et exiger le départ immédiat des envahisseurs chez eux. Sinon, comme d’habitude, il risque de faire les frais de ce marché de dupes.

Une fois les envahisseurs chassés, nous pourrons nous consacrer à la démocratisation et à la reconstruction nationale de notre cher Congo. Le régime actuellement établi à Kinhsasa n’aura pas d’autre choix que de démocratiser le pays. Le peuple congolais y veuillera. Des élections organisées sans de péalables et nécéssaires concertations de toutes les forces vives de la nation, et pendant que ne fût-ce qu’un centimètre carré de notre territoire national est sous occupation étrangère, ne seraient pas du tout démocratiques et légitimes. Actuellement presqu’un quart de notre pays est occupé par des forces étrangères. Ceci est intolérable.

Nous, congolais, avons le droit de nous défendre et de libérer notre pays.

Nous y arriverons. Aussi longue soit la nuit, le soleil apparaîtra et dissipera les ténèbres.

Vive le Peuple Congolais. Vive la République Démocratique du Congo.

Adelar Lukeso Pitta

Le 26 Octobre 1998.

Copyright Afriqu'Info asbl.