1. Des débuts
rocambolesques 2. Une mission equivoque
3. Une diplomatie de façade. Un jeu de dupes. Une
politique de poudre aux yeux
4. Mission impossible. Pas de Vietnam au Congo S.V.P.
5. Ne jouez pas avec le feu. La poudrière du Congo
pourrait affecter le monde entier
6. Quand un requin vous montre ses dents
1. Des débuts rocambolesques
Tout fin observateur en politique constatera que tout
changement dhomme ou de femme à la tête dune institution est un signe qui
généralement annonce un changement de politique, de stratégie, ou de méthode de la
part de cette institution, pour atteindre les mêmes objectifs ou des objectifs
différents, pour le meilleur ou pour le pire.
Larrivée dun nouvel ambassadeur américain à
Kinshasa, Mr. William L. Swing, en ce moment crucial où notre cher pays, la République
Démocratique du Congo, est victime dune invasion sanglante de la part du Rwanda, de
l Ouganda et du Burundi avec la complicité de quelques congolais indignes, et
le soutien des Etats-Unis dAmérique et dautres puissances occidentales,
devrait susciter beaucoup dinterrogations quant aux véritables intentions du
Gouvernement Américain face à cette crise.
On se souviendra des débuts rocambolesques de son
affectation à son nouveau poste, qui était curieusement demeuré vacant pendant
plusieurs mois après le départ de son prédécesseur, Daniel Simpson.
Nommé par le Président Bill Clinton au début du mois
dAoût de cette année, juste après léclatement de la guerre dinvasion
de notre pays par la coalition rwando-ougandaise, Mr. William L. Swing, le nouvel
amdassadeur américain en République Démocratique du Congo devait rejoindre son nouveau
poste dattache bien avant la confirmation de sa nomination par le Congrès
Américain, brûlant ainsi les étapes ! Urgence oblige !
Cependant, alors que la guerre se trouvait encore à des
milliers de kilomètres de Kinshasa, le Gouvernement américain décida de fermer
précipitamment son ambassade à Kinshasa, et dévacuer son personnel. Une bonne
partie de ce personnel diplomatique aurait été évacuée vers
Goma, selon une
certaine presse internationale !
Entre-temps, nos agresseurs après avoir détourné des
avions civils congolais, et après y avoir embarqué leurs troupes, tentèrent un raid
audacieux sur Kitona dans le Bas-Congo avec, semble-t-il, laide logistique dun
navire de la marine américaine mouillé dans lOcéan Atlantique aux larges de
Moanda qui téléguidait toutes les opérations. Les rebelles se mirent ensuite à
remonter inexorablement vers Kinshasa. Le nouvel ambassadeur américain en République
Démocratique du Congo, se serait alors envolé pour Brazzaville en République du Congo,
où il se tena en stand-by, prêt à traverser le fleuve Congo pour aller reconnaître
officiellement le gouvernement des rebelles à Kinshasa et présenter ses lettres de
créance à un nouveau Président issu des rangs de la rébellion.
Il doit avoir déchanté. Les agresseurs furent
piteusement battus dans le Bas-Congo ainsi quaux portes de Kinshasa par les Forces
Armées Congolaises, Angolaises, Zimbabwéennes, et Namibiennes, et durent se replier dans
leur bastion à lEst du Congo doù ils tentent de lancer une nouvelle
offensive.
Près de deux mois plus tard, la guerre continue, le
régime actuellement établi à Kinshasa est toujous en place, les Etats-Unis ont décidé
de rouvrir leur ambassade à Kinshasa, et Mr. William L. Swing vient de présenter ses
lettres de créance à lactuel Président de la République. Non pas à Kinshasa
mais à Lubumbashi, le fief de celui-là même que son gouvernement aurait tenté de
déstituer
Que se passe-t-il ? Au fait quelle est la mission
du nouvel ambassadeur américain au Congo ? La question est dimportance
capitale et mérite dêtre posée avec appréhension.
2. Une mission équivoque
Depuis la présentation de ses lettres de créance au chef
de lEtat congolais, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis dAmérique à
Kinshasa, Monsieur William L. Swing, na cessé de multiplier des condamnations de
lagression dont est victime notre pays, la République Démocratique du Congo,
exigeant le retrait de toutes les troupes non-invitées du territoire national congolais,
et annonçant que son pays allait aider le Gouvernement de la République Démocratique du
Congo afin de trouver une solution visant à mettre un terme à cette guerre injuste.
Daucuns seraient tentés de croire que ces propos
sont rassurants, et démontrent une véritable volte-face diplomatique de la part de
lunique Super-Puissance du monde en faveur de notre cher pays.
Pas si vite
A y regarder de plus près, on constatera que ces
déclarations " apaisantes " faites par les Etas-Unis et dautres
puissances occidentales à travers leurs ambassadeurs et envoyés spéciaux respectifs,
sont à lantipode de leurs agissements dans cette crise.
En dautres termes leurs paroles se trouvent être
diamétralement opposées à leurs actes.
Tenez ! Alors que ces pays poussent le Gouvernement
de la République Démocratique du Congo à négocier avec les rebelles, ils continuent à
accorder leur soutien militaire, financier et moral aux rebelles et à leurs
commanditaires Rwandais, Ougandais et Burundais.
Washington, Paris, et Bruxelles ont officiellement reçu
la délégation des rebelles, pourtant vomis par le peuple congolais dans sa majorité
écrasante.
Alors que nos Forces Armées Congolaises et nos alliés de
lAfrique Australe avaient réussi à amasser une véritable force de frappe et
monter une forteresse à Kindu, la contre-offensive longtemps annonçée na pas eu
lieu
Subissant très vraisemblablement dintenses
pressions de la part des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et dautres pays
occidentaux pour privilégier la solution diplomatique du conflit, le Gouvernement de la
République Démocratique du Congo et ses Alliés dAfrique Australe auraient mis en
veilleuse cette fameuse contre-offensive contre les agresseurs, se contentant de quelques
opérations défensives sans envergure.
Par contre les agresseurs rwandais, ougandais, et
burundais, de toute évidence poussés et aidés par les mêmes pays occidentaux,
notamment les Etats-Unis, ont profité de cette trêve pour installer des armements lourds
à lEst, se réorganiser, revoir leurs stratégies, se remonter le moral, et
rassembler leurs énergies défaillantes après leur débâcle à lOuest, et
relancer leur offensive qui a conduit à la prise de Kindu. Et selon toute évidence ils
nauraient pas lintention de sarrêter là, surtout quils ont
retrouvé la confiance en eux-mêmes, et larrogance qui les caractérisent.
Et pourtant, si le Gouvernement Américain avait exerçé
les mêmes pressions sur nos agresseurs pour ne pas attaquer Kindu, ceux-çi auraient
certainement obtempéré et respecté la trêve en vue de donner une chance à une
solution négociée qui aurait permis de mettre définitivement fin à cette crise. Ce qui
est effarant est que les forces gouvernementales et les alliés se seraient laissées
convaincre de se retirer volontairement de Kindu
laissant ainsi le champ libre à
nos agresseurs.
Hélas, avec Kindu entre les mains de nos agresseurs, un
important verrou stratégique de notre défense vient de sauter. Désormais les deux
provinces minières du Kasai et du Katanga, et toutes les autres provinces du Congo sont
à portée de main
et des canons de nos agresseurs.
Par ailleurs cet échec cuisant subi par les Forces
Armées Congolaises à Kindu permettra aux agresseurs rwandais, ougandais,et burundais de
se présenter en position de force face au Gouvernement de la République Démocratique du
Congo dans les négociations qui sannoncent, si négociations il ya. Ces agresseurs
pourraient en profiter pour demander des concessions impossibles
par exemple la
création dune zone autonome dans le Kivu quils contrôleraient , ou leur
participation au sein dun Gouvernement dUnion Nationale, marquant ainsi le
retour des mobutistes et agents de Kigali au pouvoir à Kinshasa. Et le cycle infernal
recommencerait
Au moment où le Zimbabwe, lAngola, et la Namibie
ont finalement décidé de poursuivre leur appui au Gouvernement de la RD du Congo
jusquau front de lEst, pour neutraliser définitivement les envahisseurs,
déclarant par la voix de Mugabe que jamais ils n accepteraient que la RD du
Congo ne tombe entre les mains des envahisseurs, le Conseil de Sécurité de lONU
sursaute, commence à gesticuler, et en appelle à la cessation immédiate des
hostilités.
Mais où était le Conseil de Sécurité lorsque le
Bas-Congo et Kinshasa étaient virtuellement pris en otages par les agresseurs ?
Où était le Conseil de Sécurité lorsque les
envahisseurs avaient attaqué et conquis la ville de Kindu ? Où était le Conseil de
Sécurité lorsque ces agresseurs avaient déclenché les hostilités et envahi
pratiquement tout le Nord-Est de notre pays ? Que des condamnations en sourdine qui
trahissent leur complicitité avec nos agresseurs.
Il y a anguille sous roche ! Faut-il sen
étonner ? Non. On remarquera que le Conseil de Sécurité de lONU est dirigé
par les mêmes pays qui soutiennent nos agresseurs.
Dans le même ordre didées, inquiet de lappui
massif que le Zimbabwe, lAngola, et la Namibie ont décidé dapporter à la RD
du Congo cette semaine qui sachève en vue de lancer une contre-offensive à
lEst en vue de bouter les envahisseurs dehors, le Gouvernement américain aurait
décidé de dépêcher à Kinshasa sa Sous-Secrétaire dEtat chargée des Affaires
Africaines, Mme. Susan Rice, en vue de tenter de forcer les négociations entre le
Gouvernement de la RD du Congo dune part, et les agresseurs rwandais, ougandais, et
burundais et leurs complices congolais, dautre part. Mais où était Susan Rice
quand le Bas-Congo et Kinshasa croupissaient sous la botte des envahisseurs ? Où
était Susan Rice lorsque Goma, Kisangani, Kindu, et pratiquement tout le Nord-Est de
notre pays étaient tombés entre les mains des nos agresseurs et leurs complices
congolais ?
3. Une diplomatie de façade. Un jeu de dupes. Une
politique de poudre aux yeux.
Pendant que le nouvel ambassadeur américain à Kinshasa,
Mr. William L. Swing, continue à faire du charme au Gouvernement et au Peuple Congolais,
le Département dEtat Américain à Washington, son ministère de tutelle, rendait
publique il ya quelques jours une déclaration aîgre-douce reprenant la position initiale
du Gouvernement Américain, qui semble beaucoup plus se préoccuper des intérêts
sécuritaires des régimes de Kigali et de Kampala ainsi que des minorités Tutsis dans
notre pays, des intérêts américains en République Démocratique du Congo et dans la
région, plutôt que du bonheur du peuple congolais.
Concernant la crise congolaise, le Gouvernement Américain
sen remet, dans ce communiqué, à la solution négociée à laquelle
sattèlent certains chefs dEtat africains, dont Museveni de
lOuganda ; dénonce le manque de démocratie en République Démocratique du
Congo, mais évite soigneusement de sattaquer aux dictatures du Rwanda et de
lOuganda ; professe son credo à lintégrité territoriale de la
République Démocratique du Congo, du reste garantie par les chartes de lONU et de
lOUA, et accuse le Gouvernement congolais davoir provoqué cette crise à la
suite de sa politique dexclusion et de sa mauvaise gestion, mais oublie de dénoncer
les méfaits des dictatures de Kigali, de Kampala, et de Bujumbura, et ne condamne pas en
des termes sans équivoque lagression rwando-ougandaise et la rébellion ;
sinquiète de la menace que fait planer lescalade dangereuse de cette guerre (
sur les intérêts américains ) dans la région , tout en
" déplorant " vaguement les destructions et la désolation
quentraînent cette guerre, et exige le retrait du territoire congolais de toutes
les forces étrangères en pésence ( rwandaises et ougandaises dune part, et celles
des pays alliés invitées par le gouvernement congolais dautre part ).
Le peuple congolais nest pas belliciste, et le
nouveau Gouvernement de la République Démocratique du Congo na jamais fait montre
des intensions belliqueuses et annexionnistes à légard de ses voisins. Le peuple
congolais na pas cherché cette guerre.
Bien sûr que nous voulons tous la paix. Bien sûr
quune solution pacifique serait de loin préférable à une solution militaire. Il
ya déjà eu beaucoup trop de pertes des vies humaines,de destructions, de
désolations
Cependant il faut bien se rendre à lévidence. La
communauté internationale, menée par les Etas-Unis, la France, et la Belgique, ne joue
pas franc jeu. Leur duplicité a éclaté au grand jour !
Pendant quils poussent le Gouvernement du Congo sur
la voie des négociations, les pays occidentaux continuent à armer la main de nos
agresseurs et les poussent inexorablement vers une occupation massive et totale du Congo.
Pendant que la communauté internationale conduite par les
Etats-Unis continue datermoyer, de tergiverser, et à se livrer à des acrobaties
oratoires dans les couloirs feutrés de la diplomatie, les agresseurs rwandais, ougandais,
et burundais pavoisent et continuent doccuper impunément près dun quart de
notre territoire national en sy livrant à des barbaries inimaginables à
lencontre des populations congolaises et de notre environnement:
Massacres, tortures, viols des femmes ( y compris des
femmes enceintes et des fillettes ),
destruction dun avion civil avec femmes et enfants
à bord, déportation des populations congolaises vers le Rwanda, pillage systématique de
nos richesses minières et autres biens, sabotage de nos outils de production et
destruction systématique de notre tissu économique et de notre environnement (
deportation de notre faune vers le Rwanda, lOuganda, et le Burundi, destruction de
notre flore
). Et les effets de leur attaque dans le Bas-Congo se font encore sentir
dans cette province ainsiquà Kinshasa. Cest le peuple congolais tout entier
qui subit les conséquences de cette guerre. Par ailleurs le Gouvernement est obligé de
sacrifier nos maigres ressources à leffort de guerre, la reconstruction nationale a
été anéantie, le Franc Congolais dégringole à un rythme effrayant , linflation
revient au galop, les conditions de vie des congolais déjà précaires se trouvent de
nouveau sur une pente dangereuse.
Pendant ce temps, le cirque dune diplomatie de
façade continue. Pendant ce temps, les Etats-Unis, et les autres pays occidentaux
continuent de jeter la poudre aux yeux du peuple congolais en lui brandissant leur soutien
et la carte dune solution négociée, alors quen réalité ils continuent à
soutenir nos agresseurs et les poussent à nous agresser davantage.
Décidément on se moque du peuple congolais
4. Mission impossible. Pas de Vietnam au Congo
S.V.P.
Pour revenir à la question posée plus haut quand à la
véritable mission du nouvel ambassadeur américain à Kinshasa, tout indique en ce moment
quil serait plutôt venu préparer le terrain en vue dune installation
dun gouvernement fantoche dobédience rwando-ougandaise à Kinshasa composé
danciens mobutistes et dagents rwandais et ougandais, qui seraient chargés de
veuiller aux intérêts américains en République Démocratique du Congo et en Afrique
Centrale.
Il pense instaurer au Congo une démocratie à
lougandaise ou à la rwandaise
En fait la situation serait même pire que cela. Les
mobutistes et les rwandais savent très bien quils sont, à cause des crimes
quils ont commis contre le peuple congolais, totalement vomis par le peuple
congolais dans son écrasante majorité, et quil serait mathématiquement impossible
pour eux de remporter des élections libres au Congo.
Impossible !
Daucuns parlent de la versatilité dont le peuple
congolais a fait preuve par le passé ? Erreur monumentale !
Le peuple congolais a acquis une maturité politique
insoupçonnable.
Non, le peuple congolais nacceptera plus
dêtre dirigé par des mobutistes, des sujets rwandais, ou quelque autre potentat de
quelle que nature que se soit dailleurs( Pour le moment le peuple dans son
écrasante majorité sest rangé derrière lactuel régime en vue de bouter
les envahisseurs dehors, et exigera ensuite la démocratie de la part des tenants actuels
du pouvoir. Nous devons soutenir notre gouvernement face à un complot international).
Par conséquent le seul moyen pour les mobutistes et les
rwandais de se maintenir au pouvoir, dans lhypothèse tragique où ils accédaient
au pouvoir, serait de simposer par une dictature sanguinaire et impitoyable
qui
risquerait dêtre pire que tout ce que nous avons vécu jusquà ce jour. Tout
simplement parce que cette fois-çi les mobutistes, les rwandais, les ougandais, et leurs
maîtres occidentaux prendraient toutes les dispositions qui simposent afin
quils ne soient pas facilement évinçés.
Ils pourraient aussi revenir au pouvoir avec un certain
esprit de vengeance
Cette dictature ne donnerait aucune chance au peuple
congolais. Cette dictature ne laisserait aucune place à une quelconque opposition,
fûsse-t-elle non-violente.
Lappareil de répression de cette dictature
népargnerait aucune personnalité de lopposition. Même pas Saint
Etienne-de-Limete qui, dans sa magnanimité un peu naïve, est en train de leur lancer un
véritable ballon doxygène, une bouée de sauvetage, avec ses prises de position
insolites compte-tenu du contexte actuel.
Au cas où les agresseurs narriveraient pas à
capturer le reste du territoire national, les Etats-Unis pourraient se contenter dun
morceau du Congo, instaurant à lEst le même type de régime
rwando-ougando-mobutiste. La partition de la République Démocratique du Congo
deviendrait ainsi une réalité
abominable !
Mais les américains tiendraient trop à
lintégrité territoriale du Congo pour se résigner à sa partition définitive.
Non, les américains voudraient diriger tout le Congo, et non pas un morceau de ce géant
dAfrique. Ils seraient donc déterminés à aider les agresseurs jusquà ce
quils capturent tout le territoire national, militairement sil le faut.
Un autre scénario quaurait préparé le
gouvernement américain :
Pousser le régime actuellement établi à Kinshasa non
seulement à négocier avec les agresseurs et leurs complices congolais, mais aussi et
surtout forcer lactuel Président de la République de former un Gouvernement
dUnion Nationale où les mobutistes et des agents rwandais (qui actuellement sèment
la désolation parmi nos populations ) prendraient une part très active. Des loups dans
la bergerie ! Et le cercle vicieux et funeste recommencerait !
On pourrait facilement simaginer ce qui se
passerait.
Une fois au sein du gouvernement, les mobutistes et les
agents rwandais se mettraient à saboter laction gouvernementale et finiraient par
monter un coup, saisir le pouvoir, écarter toutes les autres factions du gouvernement, et
instaurer une dictature rwando-ougando-mobutiste pro-américaine et anti-peuple
congolais !
Il conviendrait aussi de souligner que la coalition
rwando-ougando-mobutiste est contre-nature. Une fois au pouvoir, les rwandais et les
ougandais se retourneraient contre les mobutistes ou vice versa. La coalition éclaterait,
plongeant le Congo dans une autre guerre. Il ne faut pas oublier la guerre que le peuple
congolais continuerait à mener contre les mobutistes dune part, et contre la
coalition rwando-ougandaise dautre part. Une véritable explosion ! Quel
imbroglio infernal ! Le peuple congolais na pas besoin de cela !
Cependant, instauration dun régime
rwando-ougando-mobutiste à Kinshasa ou partition de la République Démocratique du
Congo, une telle aventure est une mission impossible !
Quà cela ne tienne ! Le nouvel ambassadeur
américain en République Démocratique du Congo, les Etats-Unis, les autres pays
occidentaux, et leurs laquais doivent savoir que jamais le peuple congolais
nacceptera dêtre tenu en esclavage sur la terre de ses propres ancêtres,
surtout pas en cette fin du vingtième siècle, surtout pas à laube du prochain
millénaire.
Le peuple congolais se battra avec obstination
jusquau recouvrement total de sa véritable indépendance et sa vraie démocratie
qui lui avaient été confisquées quelques jours seulement après le 30 Juin 1960.
Ceux qui en veulent à notre peuple pensent pouvoir
réussir dans leurs basses besognes. Mais cela ne peut être que momentané. Le peuple
congolais ne se laissera jamais faire. Souvenons-nous, le peuple vietnamien, par sa
détermination, avait fini par vaincre la plus puissante armée de la planète.
Par leur nouvelle politique dexpansionnisme
militaire en Afrique Centrale, les Etats-Unis sont en train de jouer avec le feu. Cette
politique est en train de conduire à une escalade militaire extrêmement dangereuse.
Numériquement les armées du Rwanda, de lOuganda,
et du Burundi sont inférieures à celles des forces alliées actuelles de la RD du Congo,
qui pourraient sélargir de nouveaux alliés.
Avec le cynisme qui caractérise sa politique africaine,
le Gouvernement américain est en train de jouer la carte ethnique en Afrique Centrale, en
faisant se battre des bantous contre des nilotiques pour asseoir leurs intérêts sordides
dans cette région.
Les américains prennent toutes les précautions
dusage pour masquer leur soutien aux armées tustis. Mais dans cette escalade
explosive qui est en train de se développer au Congo, il arrivera un moment où quelques
caméras indiscrètes surprendront des experts militaires américains en flagrant délit
darmer nos agresseurs, et peut-être de commettre eux-mêmes des actes de violence
contre des soldats alliés de la RD du Congo, et contre des civils congolais ; ou
peut-être les yeux de ces caméras indiscrètes filmeraient-ils des cadavres des marines
américains en train dêtre traînés dans les rues par des civils congolais comme
en Somalie il ya cinq ans !
Cest seulement alors que le peuple américain saura
exactement les horreurs que son Gouvernement est en train de commettre au Congo. Alors
lopinion publique américaine sera éclairée sur le rôle funeste que ses élus
sont en train de jouer au Congo
Et, comme à lépoque de la guerre du Vietnam,
le peuple américain dans sa majorité finira par sopposer catégoriquement à cette
guerre injuste que son Gouvernement impose au peuple congolais. Et ce sera un véritable
suicide politique pour ladmistration américaine qui se fera ainsi
prendre " la main sur la gâchette " au Congo.
En tout cas, un fait est certain : au bout du compte,
le peuple congolais vaincra, parce quil a le droit, la justice, et la légitimité
de son côté. Bien plus que cela, parce quil se trouve chez-lui, sur la terre se
ses propres ancêtres.
5. Ne jouez pas avec le feu. La poudrière du Congo
peut affecter le monde entier.
Si sa mission nest pas de déstabiliser la RD du
Congo en vue dy installer un gouvernement rwando-ougando-mobutiste et anti-peuple
congolais, alors Monsieur lambassadeur devrait commencer par nous démontrer
quil est vraiment venu travailler pour la paix, le bonheur et la prospérité du
peuple congolais et à une normalisation effective des relations diplomatiques entre nos
deux pays respectifs et au raffermissement des liens entre le peuple congolais et le
peuple américain.
La coopération entre la RD du Congo et les Etats-Unis
doit se faire sur base de respect mutuel des intérêts des uns et des autres. Nous ne
voulons pas de privatisations sauvages qui donneraient aux entreprises étrangères le
controle total des ressources de notre sol et de notre sous-sol, ainsique de tous les
autres secteurs de notre vie nationale.
Tous les groupes industriels et financiers qui viendraient
investir en RD du Congo doivent être soumises aux lois de notre pays, et tenir compte des
intérêts de l Etat et du peuple congolais, ainsi que de notre environnement.
Monsieur lambassadeur devrait avoir des vues
réalistes et justes sur lAfrique.
La plupart des pseudo-stratèges de la politique africaine
à Washington nont jamais vu lAfrique que lors dun séjour furtif de
quelques heures, ou encore à travers le film " Tarzan " et
dautres films de ce genre produits par Hollywood, ainsiqu à travers des
images négatives délibérément sélectionnées par les médias occidentaux, en vue de
présenter au monde entier le cliché " dune certaine Afrique "
qui plaise à leurs préjugés sur notre continent. Cherchent-ils ainsi à se donner une
bonne conscience au vu des tragédies causées par leurs " bonnes
oeuvres " impérialistes et néo-colonialistes ?
Ils ignorent ou choisissent dignorer lHistoire
des grands Royaumes et Empires qui avaient existé dans lAfrique
précoloniale !
Les concepteurs et exécutants de la politique africaine
dans les capitales occidentales connaissent très mal l Afrique. Ils ne
connaissent pas lAfrique profonde. Ils ignorent jusquaux réalités de
lAfrique Contemporaine. Ou ils font tout simplement semblant de les ignorer.
Peut-être croient-ils les connaître ?
Quoi quil en soit, les Etats-Unis, la France , la
Belgique, et dautres pays occidentaux sont en train de créer une véritable
poudrière au coeur de lAfrique.
La République Démocratique du Congo occupe une position
stratégique en plein centre de lAfrique, a les dimensions dun sous-continent,
partage sa frontière avec neuf pays voisins, regorge des ressources naturelles (
minières et autres ) insoupçonnées, sans compter la richesse de la diversité de sa
population
Ce géant dAfrique compte pas moins de quatre cents tribus et près
de deux cent cinquante ethnies
.
La République Démocratique du Congo et lAfrique du
Sud sont les deux jambes avec lesquelles toute lAfrique pourra marcher, comme le
disait un haut responsable Africain à lONU.
Lexplosion de cette poudrière aurait des
conséquences tragiques, non seulement pour la RD du Congo, l Afrique Centrale
et Australe, mais aussi pour le monde entier
Noublions pas que nous vivons à
lépoque de la mondialisation. Les effets dune crise à un bout du monde se
feraient sentir à lautre bout du monde en quelques heures !
En leur temps, les guerres du Vietnam et du Moyen-Orient
avaient eu des effets néfastes sur le monde entier.
En vue de continuer à financer une longue guerre au
Vietnam, le gouvernement américain aurait, à un moment donné, fait face à son déficit
budgétaire en faisant fonctionner la planche à billets. Innondant ainsi le monde entier
des billets de dollars dont la valeur baissait au jour le jour. Ceci amena les opérateurs
économiques, surtout les grands financiers à travers le monde, à échanger massivement
leurs dollars américains contre de lor, valeur plus sûre.
En désespoir de cause, le Président Richard Nixon
décida à la mi-Août 1971, de mettre fin à la convertibilité du dollar américain
contre de lor. Ceci marqua la fin du régime des changes fixes, et amena le régime
des changes flottants accompagnés des désordres monétaires à travers le monde entier.
Deux ans plus tard, en Octobre 1973, lors de la guerre du
Kippour, les pays arabes décidèrent dutiliser " larme du
pétrole ". Réduction délibérée de leur production pétrolière en vue de
raréfier ce produit stratégique et, par ricochet, den augmenter les prix sur le
marché mondial.
" Larme du pétrole " visait à
sanctionner les pays occidentaux pour leur politique injuste au Moyen-Orient.
" Larme du pétrole " était
efficace. LOccident était à genoux, aux pieds des arabes. On se souviendra de ces
images télévisées partout en Occident, montrant de très longues files dattente
dans les stations-service, des " dimanches sans voitures ", des usines
incapables de tourner à plein rendement par manque de produits pétroliers, source
primordiale de leur énergie ; et beaucoup dautres humiliations de ce genre.
Malheureusement " larme du
pétrole " frappa le monde entier, y compris les pays du Tiers Monde. Ce premier
Choc Pétrolier, combiné avec les désordres monétaires déclenchés deux ans plutôt,
provoquèrent l inflation et la récession qui ravagèrent léconomie
mondiale dans les années 1970 et le tout début des années 1980.
Il convient de souligner aussi que tous ces désordres
économiques furent aggravés par le Deuxième Choc Pétrolier, causé par la révolution
iranienne de 1979 ( chute du Chah dIran et toutes les péripéties qui sen
suivirent).
Ceci nest quune illustration parmi tant
dautres des effets que peut provoquer sur le monde entier un conflit apparemment
local ou régional.
Nous vivons dans un monde dinterdépendance. La
crise qui secoue actuellement la République Démocratique du Congo aura, si on ny
prend garde, des effets à léchelle planétaire !
Ainsi, les Etas-Unis, la France et la Belgique, et les
autres pays occidentaux feraient mieux de ne pas jouer avec le feu ! Lorsquon
met son doigt au feu on finit par se brûler
à coup sûr !
Pour le peuple congolais qui paie le prix fort de cette
guerre, le problème se pose en des termes très simples, même si les avocats du diable
à travers le monde sacharnent à le rendre diablement compliqué avec des
pseudo-théories dont le cynisme nest que très évident, en vue de défendre
lindéfendable.
Le problème est donc très simple à comprendre :
La République Démocratique du Congo a été sauvagement
agressée par les armées de trois pays étrangers qui sappelent le Rwanda,
l Ouganda, et le Burundi, soutenus par les les Etats-Unis dAmérique et
dautres pays occidentaux, au grand mépris du droit international, notamment les
chartes de lONU et de lOUA. Le fait que les agresseurs aient pu bénéficié
de la complicité des hommes de paille Congolais ny change rien. Cest une
agression extérieure !
Consultons un peu lHistoire. Adolf Hitler aussi
avait bénéficié de la complicité des citoyens Français pendant loccupation de
la France par son armée nazie. Le maréchal Pétain et son Gouvernement de Vichy en
constituent un exemple éloquent ! Et pourtant la communauté internationale à
lépoque navait jamais présenté loccupation de la France par les
forces nazies et la résistance conséquente que leur opposait le grand mouvement de la
Résistance ( dont lun des chefs les plus illustres fut le général Charles De
Gaulle ) comme un problème franco-francais ! LAmérique avait fini par
sacrifier ses propres fils sur les plages de Normandie et ailleurs en France et en Europe
en vue stopper lexpansionnisme nazi !
Que la communauté internationale cesse donc de se livrer
à des sophismes ridicules en vue de défendre une cause perdue davance. Que la
communauté internationale cesse donc de tourner autour du pôt quand à la désignation
de la crise qui sécoue notre pays. Cest une agression extérieure pure et simple.
La République Démocratique du Congo est victime dune agression extérieure
perpétrée par le Rwanda, lOuganda, et le Burundi, avec la complicité et le
soutien des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et dautres pays
occidentaux !
Dès lors tout processus de paix au Congo, et dans la
Région des Grands Lacs doit impérativement commencer par le retrait immédiat, total, et
définitif des troupes des envahisseurs du territoire national congolais. Cest la
condition sine qua non.
Cest le premier geste tangible que le peuple
congolais attend de la part du Gouvernement Américain. Le Gouvernement américain qui
soutient nos trois agresseurs et cette agression a le pouvoir de donner à ses trois
laquais lordre, oui, je dis bien lordre de quitter sans délai le territoire
de la République Démocratique du Congo en les menaçant dembargo généralisé et
disolement diplomatique. Au besoin en faisant rallier le Conseil de Sécurité et
une majorité écrasante des pays menbres de lONU à cette cause. Comme ils
lavaient fait lorsquil sagissait dexpulser lIraq du Koweit.
On sait que sans le soutien des Etats-Unis et dautres pays occidentaux, ces trois
pays ne tiendront pas le coup.
Il ya bientôt huit ans, la communauté internationale
navait pas exigé le départ des troupes américaines, françaises, britanniques, et
autres troupes alliées, du Koweit au même moment que les troupes de Saddam
Hussein
en vue de permettre à ces belligérants de trouver une solution
négoçiée
Le Koweit et lIraq sont deux pays dictatoriaux, néanmoins
souverains au regard du droit international. LIraq avait envahi un autre pays
souverain, violant ainsi le droit international. Nayant pas obtempéré aux
injonctions de la communauté internationale lui priant de quiter le territoire national
koweitien, il fallait donc expulser lIraq du Koweit, un point cest tout !
Il serait injuste, insensé, et totalement inacceptable
dexiger au même moment le départ des troupes alliées venues du Zimbabwe, de
lAngola, de la Namibie et du Tchad dont lintervention aux côtés des Forces
Armées Congolaises avait été officiellement sollicitée par le Gouvernement de la
République Démocratique du Congo selon des accords légaux signés avec ces pays. Ces
alliés ne sont pas du tout en violation du droit international, et pourraient rester au
Congo aussi longtemps que le Gouvernement le jugera nécessaire pour sa sécurité et sa
défense. Une fois la guerre terminée, la RD du Congo devrait même exiger des
Etats-Unis, de la France, de la Belgique, et dautres pays occidentaux, du reste
responsables de cette agression, quils payent non seulement la lourde facture de
cette massive aide militaire, mais aussi la réparation des dégâts humains et matériels
causés par cette guerre.
Une fois les troupes Rwandaises, Ougandaises, et
Burundaises parties, la rébellion séffondrerait en un temps record comme un
château de cartes. Et ça serait la fin de la guerre. Et on pourra alors entammer les
négociations
Mener ces négociations alors que les agresseurs se
trouvent encore sur notre territoire
national et en position de force est un pari très
risqué. Car au cas où leurs exigences quon peut simaginer folles et
inacceptables, ne seraient pas satisfaites, ils nauront dautre choix que de
continuer la guerre. Par contre sils sont boutés dehors, de grè ou de force, sous
la pression internationale, ils y réflechiraient à deux fois avant de tenter de nouveau
cette aventure folle.
La guerre finie donc, les véritables négociations
pourraeint commencer au niveau national et au niveau régional.
Au niveau national de la RD du Congo, il faudra réunir
toutes les forces vives de la nation dans un conclave en vue de mener des débats qui
aboutiront à la création des institutions qui feront de la RD du Congo un pays vraiment
démocratique et un Etat de droit. Il convient cependant de mentioner quen rejetant
catégoriquement le mouvement rebelle, il est clair que le peuple congolais ne considère
pas ces rebelles comme faisant partie des forces vives de la nation
Une fois les institutions démocratiques établies, le
peuple congolais pourra alors librement choisir ses propres dirigeants, et satteler
à la lourde tâche de la reconstruction nationale en vue de faire de la République
Démocratique du Congo une nation prospère et puissante,et partant vraiment libre et
indépendante.
Au niveau régional le Congo pourra sasseoir avec
les autres pays de la région, y compris le Rwanda, lOuganda, et le Burundi, en vue
de trouver des voies et moyens dassurer la sécurité et la paix dans la Région des
Grands Lacs.
6. Quand un requin vous montre ses dents
" Quand un lion ( je dirai plutôt un requin )
vous montre ses dents, il serait beaucoup plus prudent de croire quil ne rit
pas ", nous dit un proverbe bantou.
Plutôt que de se laisser embobiner par des déclarations
folkloriques et mielleuses des diplomates occidentaux, le peuple congolais ferait mieux de
redoubler de vigilance et exiger le départ immédiat des envahisseurs chez eux. Sinon,
comme dhabitude, il risque de faire les frais de ce marché de dupes.
Une fois les envahisseurs chassés, nous pourrons nous
consacrer à la démocratisation et à la reconstruction nationale de notre cher Congo. Le
régime actuellement établi à Kinhsasa naura pas dautre choix que de
démocratiser le pays. Le peuple congolais y veuillera. Des élections organisées sans de
péalables et nécéssaires concertations de toutes les forces vives de la nation, et
pendant que ne fût-ce quun centimètre carré de notre territoire national est sous
occupation étrangère, ne seraient pas du tout démocratiques et légitimes. Actuellement
presquun quart de notre pays est occupé par des forces étrangères. Ceci est
intolérable.
Nous, congolais, avons le droit de nous défendre et de
libérer notre pays.
Nous y arriverons. Aussi longue soit la nuit, le soleil
apparaîtra et dissipera les ténèbres.
Vive le Peuple Congolais. Vive la République
Démocratique du Congo.
Adelar Lukeso Pitta
Le 26 Octobre 1998.