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A mon cher ami Kawata Ashem
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Pr. Ejoh   Kasongo-Numbi K.
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Mon cher ami Kawata Ashem,

C'est d'abord un plaisir de savoir que tu es là, le même, c'est-à-dire, dans le débat.

Je ne suis pas de ton avis quand tu condamnes certains de nos compatriotes au silence au moment où la patrie est en danger.
Tu le dis toi-même : l'idée de la partition de notre pays fait du chemin dans certaines têtes. Ici à Kinshasa, cette idée est reçu comme un gifle par tout le monde. J'ai de la chance de vivre sur terrain un tel élan de patriotisme.

Le 26 août 1998, c'est la date à la quelle, sans courant électrique ni eau potable pendant presque un mois, les enfants, les hommes et les femmes kinois, mains nues, ont empêché les armées ougandaises et ruandaises à prendre l'aéroport de Ndjili à Kinshasa. Cette date, vient s'ajouter au deux autres jours historiques : le 04 janvier 1959 et 16 février 1992. Quel que soit le camp dans lequel on s'est trouvé lors de ces événements, ces dates
resteront à jamais les jours de gloire de notre Histoire et marqueront de manière indélébile la détermination de notre peuple à rester maître de son destin. Ce sont nos trois glorieuses. Il y en aura d'autres tant que quelqu'un,quelque part, voudra nous asservir.

L'intelligence ne consiste pas à épiloguer sur le bien fondé ou non de la tenue du meeting de l'ABAKO le 04 janvier 1959, ni du bon sens de la lutte jusqu'au sacrifice suprême pour la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine le 16 février 1992 ni encore moins sur la nécessité de sauver ou non le régime actuel. Se livrer à un tel exercice intellectuel, c'est faire preuve de cécité, c'est s'arrêter aux faits banals sans comprendre leur sens symbolique qui est la volonté collective de vivre comme homme, comme nation, maître de notre destin. Ce n'est pas trop demander.

Coupé, depuis bientôt une décennie, de toute coopération structurelle, banni, depuis des années, des institutions financières du monde entier, livré à lui-même, avec une armée en réorganisation, à Bukavu, à Goma, à Kindu, à Kisangani, à Kalemie, d'après le témoignage des médias étrangers, le peuple congolais a été vaincu mais pas soumis.

Mais quelque part, les puissants de ce monde, ont décidé sans nous et contre nous, de balkaniser le Congo-Kinshasa. Mais les générations futures trouverons dans les livres, les traces de notre résistance.

Mon cher Kawata, en juin, dans un article que j'ai publié dans le journal "Le Demain le Congo en réponse aux dix propositions de Me Nimy, je mettais notre génération en garde sur le risque qu'elle courait, du fait qu'elle s'est rendue championne des blocages, de porter à jamais la responsabilité historique de la perte de la décennie 1990 ainsi que celle du péril de la nation.

Le samedi 31 octobre 1991, les artistes musiciens religieux et non religieux ont organisé les concerts au stade des martyrs de Kinshasa pour aider notre armée avec un droit d'entrée de cinquante centime des franc congolais .
Ils disent avoir vendu cent mille billets, cela fait cinquante mille francs congolais, soit environ, vingt mille dollars américains. Face aux agresseurs dont les pays reçoivent des milliards des dollars par toutes sortes des coopérations dont ils jouissent, notre armée et notre peuple sont encore debout et refusent de se rendre. Ils ne le feront pas.

C'est un mauvais destin que de se trouver du coté des agresseurs. C'est même une malédiction.

Je suis d'accord avec toi lorsque tu dis que le consensus ne signifie pas être tous au pouvoir en même temps. C'est impossible. Il faut, pour avoir une paix durable, instituer l'alternance au pouvoir mais . Mais je ne suis pas de ton avis lorsque tu condamne certains compatriotes au silence.
Lorsque le péril est dans le demeure, chaque congolais doit contribuer à la recherche de la solution.
Le débat doit porter sur ces solutions et non sur les hommes.


Professeur Ejoh  Kasongo-Numbi K.
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