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A Mes chers frères congolais et ceux qui aiment notre pays et son peuple.
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Pr. Ejoh   Kasongo-Numbi K.
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Hier lundi 26/10/1998, Dr Kabamba Mbwebwe m'a surpris dans l'interview qu'il a accordé à Claude Kamanga M, correspondant de la Voix de l'Amérique à Kinshasa. C'était dans l'édition de 6h T.U. de cette radio.

A la question de l'invasion de notre pays par les armées du Ruanda, du Burundi et de l'Ouganda, Dr Kabamba s'est demandé, à juste titre, que les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur à Kinshasa, affirment, d'une part, qu'il y a invasion du Congo, et d'autre part, s'interdisent d'agir comme ils ont agi lorsque le Koweït avait été envahi par l'Irak.

Oui Docteur, personne ne peut comprendre que les États-Unis refusent de tirer toutes les conséquences de cette invasion. Ils l'ont fait dans le Golf Persique.

Personne ne peut non plus vous comprendre quand vous dites, sans plaisanter, que dans le cas de l'invasion de notre pays, il ne faudrait pas que le monde nous viennent immédiatement au secours avant que nous n'ayons d'abord trouvé un consensus national. Les Koweïtiens, comme tous les peuples du monde, avaient aussi des divisions intérieures dans leur pays, n'avaient pas, Dieu merci pour eux, raisonné comme vous. Ils ont d'abord oublié les querelles internes. Ils ont demandé secours. Avec l'aide des autres pays respectueux de l'intégrité territoriale de chaque pays et des droits des peuples à se déterminer, ils ont chassé les envahisseurs.

Docteur, j'ai beaucoup aimé l'exemple que vous vous êtes choisi vous-même du cas du Koweït et de l'IRAK. Il y a vraiment similitude avec le cas de l'invasion actuelle de notre pays par l'Ouganda, le Ruanda et l'Ouganda.

En effet, après sa guerre contre l'Iran, l'Irak s'était très endetté, plus particulièrement envers la Russie et la France mais pas envers les États-Unis qui, à l'époque de cette guerre, avaient préféré rester neutre car d'une part, la révolution en Iran n'était pas de leur goût, et d'autre part, l'IRAK étant pro URSS (pendant la guerre Iran-Irak, le monde était divisé en deux Blocs : Est - Ouest) ils ne voulaient pas lui vendre des armes.

Pour trouver de l'argent pour ses créanciers, les mauvaises langues disent que c'était avec l'encouragement tacite de ces derniers, l'IRAK n'a pas trouvé mieux que d'envahir son voisin, le Koweït et de pomper son pétrole.
Si on ne l'avait pas forcé à quitter, les créanciers ont traîné les pieds à le chaser de là, il auraient pompé d'avantage.

Aujourd'hui, l'Ouganda est endetté, son économie chancelle. Trois banques viennent de déclaré faillite. Il faut de l'argent et tout de suite. Nos mines d'or de la province orientale sont seulement à 100 Kilomètres de la frontière avec l'Ouganda. Les économies du Ruanda et du Burundi (ce dernier est d'ailleurs sous embargo), sont en état pire que celle de l'Ouganda.
Nous sommes distraits et épuisés dans les querelles internes et les haines sans fin. Nous sommes coupés, sur notre propre demande, de toutes coopération structurelle. Nous avions demandé et obtenu que nous soyons sous embargo militaire de telle sorte que nous ne pouvons pas acheter des armes sur le marché officiel. Les naïfs ou les ignorants qui avaient demandé et obtenu tous ces embargo contre notre pays, croyaient le faire contre Mobutu et le siens (le maréchal se repose tranquilement dans sa tombe, si les morts rient il doit rire sous cape, à moins qu'il pleure) Ils avaient tort car cela va continuer quel que soit celui qui sera au pouvoir.
On l'a vu avec tous les Premiers Minsitres qui défilé; y compris ceux qui étaient élus. Les voisins l'ont vite compris et ont décidé de saisir cette opportunité pour eux, car nous sommes pratiquement sans défense. Déchirés par de querelles internes, sans argents, sans autorisation d'acheter les armes, avec une armée en gestation, même le Ruanda, 90 fois plus petit que le Congo avec une population à 40 % séropositif du Sida, est certain de nous coloniser et de pomper nos richesses avant que nos relations extérieures se normalisent. Si jamais elles se normalisent un jour, tant que nous posons des préalables pour le faire. Depuis août 1998, les Ougandais, les Ruandais, les Burundais, les Sud Africains (par une société canadienne) et autres, pompent l'or de Kilo-Moto, de Twagiza, de Namoya et le diamant de la Province Orientale. Cela semble ne pas souffrir. L'appétit vient en mengeant. Ils veulent, un des ces jours, entrer dans la capitale, quasi mondial, du diamant. Tshisekedi, le même qui avait demandé et obtenu les différentes ambargos, demande aux kasaiens des les recevoir en frères (sic). Au la haine et l'ambition, quand elles aveuglent ! Je sais que Mbuji-Mayi est à 48 heures de trains de Lubumbashi et de Kolwezi. Et le cobalt, lui ne tente personne.
Les deux Kasaï sont proches du Bandudu et de l'ÉQUATEUR. D'après les estimation de la FAO, ces deux provinces peuvent fournir annuellement six millions de mètres cubes des bois grumes de première et de deuxième catégorie. Un mètre cube de ce bois, rendu Matadi, coûte environ trois cents dollars US. Cela donne pour, les six millions de mètres cubes, un milliards huit cent millions de dollars américains annuellement.

Devant le Parlement de son pays qui voulait savoir pourquoi il fait la geurre au Congo, Museveni a expliqué comment cela apporte beaucoup d'argent à l'Ouganda. Depuis, le Parlement le laisse faire.

Comme les activités des partis politiques sont interdites jusqu'à décembre 1998, laissons les ougandais et leurs alliers se servir comme ils veulent de nos richesses.

Dieu, c'est toi qui a voulu que je naisse congolais, sauve mon peuple.

Professeur Ejoh  Kasongo-Numbi K.
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