GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
Le Mirador d'Afrique
wpe141.jpg (679 octets)
Muzamu Ntoto
wpe141.jpg (679 octets)
Le Mirador d'Afrique
Fondé le 24 août 1998 à 00 h 20

La défaite de Kindu est bien loin de la perte de la guerre

    La défaite de la bataille de Kindu contre l'hégémonie des armées de l'Empire Tutsi Hima de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi ne devrait pas décourager les Bantu du Congo qui assurent leur autodéfense pour leur survie et leur souveraineté national. En effet, perdre une bataille est souvent fort loin de perdre la guerre.
Bien au contraire, il faut se mobiliser d'avantage contre ces armées à la solde des lobbies impérialistes et néocolonialistes. La résistance doit particulièrement porter sur l'arrêt des génocides cycliques des Bantu du Congo (les Hunde, Babembe, Nyanga, les Nande, les Hutu, les Tembo, les Balega), ceux du Rwanda (plus de deux millions de Hutu massacrés depuis 1994) et ceux du Burundi ( plus d'un million de Hutu depuis 1965). Il importe de souligner que cette résistance légitime, certes, devra éviter de tomber dans le piège de la solidarité négative d'un tribalisme anti-tutsi, aveugle et dénué de discernement. Il ne convient pas de soigner un mal par un mal. La démocratie devrait être un remède efficace contre ce mal tutsi.


Génocide dans le Kivu congolais

Le génocide des Bantu, qui continue au Rwanda et au Burundi, devient de plus en plus préoccupant au Kivu. Comme illustration, s'avère significatif le cas de la chefferie de Lwindi où les armées tutsi ont massacré 633 BALEGA.. Au cours de ce génocide perpétré par les rebelles tutsi, le Mwami (Roitelet) des BALEGA François Mubeza III CINYABAMI a été assassiné. Les faits remontent au 24 août dernier au chef lieu de Kasika. L'épouse du Mwami a été violée puis coupée en deux morceaux longitudinalement. Le coeur du Mwami a été extrait et emporté par les rebelles tutsis. Parmi les victimes figurent un prêtre, trois soeurs et un séminariste.
Dans le Bufurero (région d'Uvira) le Mwami a été remplacé par un Tutsi après son enlèvement suivi de déportation au Rwanda.
Dans le Masisi, trois bami Hunde dont KALINDA et BASHALI (à Nyamitaba) sont assignés en résidence surveillée après l'attaque des Maï Maï (Hunde, Nyanga et Tembo) le 14 septembre à Goma. Les armées tutsi reprochent aux bami d'assurer le leadership des Maï Maï. Ces tutsi ont, en outre et en guise de représailles, massacré des jeunes gens et leurs familles, par centaines, femmes et enfants y compris. Un vrai génocide. A Sake, plusieurs centaines de Bahunde ont été massacrés au centre commercial. Les Hutu congolais du Masisi ont subi le même triste sort. Aux environs de l'île Ijwi (Minova -Bubandana) des centaines de jeunes gens et leurs familles ont été massacrés par les mêmes armées tutsi qui n'ont pas épargné femmes et enfants.
A Goma, les femmes intellectuelles bantu sont systématiquement recherchées et tués par centaines. Pour les hommes c'est pire. Des listes pour des exécutions capitales sont dressées comme au Burundi en 1972 où plus d'un demi million de Hutu furent massacrés.
Cette chasse des intellectuels congolais risque de faucher le conseiller juridique du Gouverneur M. Mwiti, un Muhunde qui pourrit dans les prisons surpeuplées de Goma.
On estime à plus de 200 bantu tués dans la région d'Uvira. A tout ce qui précède s'ajoute tous les commandants Katanguais, soldats katanguais et simples citoyens katangais résident au Kivu tués parce que Katanguais, au début de l'attaque des armées tutsi.
En somme, le nombre de Bantu massacrés dans le Kivu depuis l'odieuse agression du 2 août 1998 s'élève à plusieurs milliers de morts.

Soulignons que sur le plan socio-économique et culturel, l'assassinat d'un mwami confère à une gravité qui va plus loin que l'assassinat d'un simple dirigeant local. En effet, dans les coutumes bantu d'Afrique Centrale, le Mwami est le gérant de la propriété collective des terres. La principale motivation des Tutsi dans l'assassinat et la déportation des Bami réside dans l'appropriation des terres à des fins pastorales, notamment. Les armées tutsi visent aussi la récupération des plantations laissés par les colons belges.
Qui plus est, le Mwami est le principal gérant des conflits locaux. Il est aussi garant de la moralité publique.
Ainsi donc, les génocides pratiqués dans le Kivu s'accompagnent d'ethnocide socioculturel dans le but d'effectuer des colonies de peuplement. L'heure est grave !


Création de tutsilands au Congo

Selon RFI du 12 octobre 1998 matin, le ministre congolais de l'Information, qui affirme détenir des preuves péremptoires, a dénoncé la "création de tutsilands dans la région d'Uvira". Il a pointé du doigt des "véhicules de l'ONU, ceux de l'Armée burundaise et rwandaise, qui effectuaient des navettes entre Uvira d'une part, le nord du Burundi et le Sud Muzamu NTOTO du Rwanda d'autre part, transportant des familles tutsi à implanter sur le sol congolais".
Ceci se passe de commentaires !

_______________________________________________________
Le 25 août Muzee KABILA, leader de la résistance bantu pour l'indépendance et la démocratie a dit : "Dans les villages, les gens doivent prendre les armes, les armes traditionnelles, les flèches et les lances pour écraser l'ennemi sinon, on va être esclaves des Tutsis" .


Muzamu Ntoto

Copyright Afriqu'Info asbl.