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Le Mirador d'Afrique
Fondé le 24 août 1998 à 00 h 20
La défaite de Kindu est bien loin de la perte de la guerre
La défaite de la bataille de Kindu contre l'hégémonie des armées de
l'Empire Tutsi Hima de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi ne devrait pas décourager les
Bantu du Congo qui assurent leur autodéfense pour leur survie et leur souveraineté
national. En effet, perdre une bataille est souvent fort loin de perdre la guerre.
Bien au contraire, il faut se mobiliser d'avantage contre ces armées à la solde des
lobbies impérialistes et néocolonialistes. La résistance doit particulièrement porter
sur l'arrêt des génocides cycliques des Bantu du Congo (les Hunde, Babembe, Nyanga, les
Nande, les Hutu, les Tembo, les Balega), ceux du Rwanda (plus de deux millions de Hutu
massacrés depuis 1994) et ceux du Burundi ( plus d'un million de Hutu depuis 1965). Il
importe de souligner que cette résistance légitime, certes, devra éviter de tomber dans
le piège de la solidarité négative d'un tribalisme anti-tutsi, aveugle et dénué de
discernement. Il ne convient pas de soigner un mal par un mal. La démocratie devrait
être un remède efficace contre ce mal tutsi.
Génocide dans le Kivu congolais
Le génocide des Bantu, qui continue au Rwanda et au Burundi, devient de plus en plus
préoccupant au Kivu. Comme illustration, s'avère significatif le cas de la chefferie de
Lwindi où les armées tutsi ont massacré 633 BALEGA.. Au cours de ce génocide
perpétré par les rebelles tutsi, le Mwami (Roitelet) des BALEGA François Mubeza III
CINYABAMI a été assassiné. Les faits remontent au 24 août dernier au chef lieu de
Kasika. L'épouse du Mwami a été violée puis coupée en deux morceaux
longitudinalement. Le coeur du Mwami a été extrait et emporté par les rebelles tutsis.
Parmi les victimes figurent un prêtre, trois soeurs et un séminariste.
Dans le Bufurero (région d'Uvira) le Mwami a été remplacé par un Tutsi après son
enlèvement suivi de déportation au Rwanda.
Dans le Masisi, trois bami Hunde dont KALINDA et BASHALI (à Nyamitaba) sont assignés en
résidence surveillée après l'attaque des Maï Maï (Hunde, Nyanga et Tembo) le 14
septembre à Goma. Les armées tutsi reprochent aux bami d'assurer le leadership des Maï
Maï. Ces tutsi ont, en outre et en guise de représailles, massacré des jeunes gens et
leurs familles, par centaines, femmes et enfants y compris. Un vrai génocide. A Sake,
plusieurs centaines de Bahunde ont été massacrés au centre commercial. Les Hutu
congolais du Masisi ont subi le même triste sort. Aux environs de l'île Ijwi (Minova
-Bubandana) des centaines de jeunes gens et leurs familles ont été massacrés par les
mêmes armées tutsi qui n'ont pas épargné femmes et enfants.
A Goma, les femmes intellectuelles bantu sont systématiquement recherchées et tués par
centaines. Pour les hommes c'est pire. Des listes pour des exécutions capitales sont
dressées comme au Burundi en 1972 où plus d'un demi million de Hutu furent massacrés.
Cette chasse des intellectuels congolais risque de faucher le conseiller juridique du
Gouverneur M. Mwiti, un Muhunde qui pourrit dans les prisons surpeuplées de Goma.
On estime à plus de 200 bantu tués dans la région d'Uvira. A tout ce qui précède
s'ajoute tous les commandants Katanguais, soldats katanguais et simples citoyens katangais
résident au Kivu tués parce que Katanguais, au début de l'attaque des armées tutsi.
En somme, le nombre de Bantu massacrés dans le Kivu depuis l'odieuse agression du 2 août
1998 s'élève à plusieurs milliers de morts.
Soulignons que sur le plan socio-économique et culturel, l'assassinat d'un mwami confère
à une gravité qui va plus loin que l'assassinat d'un simple dirigeant local. En effet,
dans les coutumes bantu d'Afrique Centrale, le Mwami est le gérant de la propriété
collective des terres. La principale motivation des Tutsi dans l'assassinat et la
déportation des Bami réside dans l'appropriation des terres à des fins pastorales,
notamment. Les armées tutsi visent aussi la récupération des plantations laissés par
les colons belges.
Qui plus est, le Mwami est le principal gérant des conflits locaux. Il est aussi garant
de la moralité publique.
Ainsi donc, les génocides pratiqués dans le Kivu s'accompagnent d'ethnocide
socioculturel dans le but d'effectuer des colonies de peuplement. L'heure est grave !
Création de tutsilands au Congo
Selon RFI du 12 octobre 1998 matin, le ministre congolais de l'Information, qui affirme
détenir des preuves péremptoires, a dénoncé la "création de tutsilands dans la
région d'Uvira". Il a pointé du doigt des "véhicules de l'ONU, ceux de
l'Armée burundaise et rwandaise, qui effectuaient des navettes entre Uvira d'une part, le
nord du Burundi et le Sud Muzamu NTOTO du Rwanda d'autre part, transportant des familles
tutsi à implanter sur le sol congolais".
Ceci se passe de commentaires !
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Le 25 août Muzee KABILA, leader de la résistance bantu pour l'indépendance et la
démocratie a dit : "Dans les villages, les gens doivent prendre les armes, les armes
traditionnelles, les flèches et les lances pour écraser l'ennemi sinon, on va être
esclaves des Tutsis" .
Muzamu Ntoto
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