| Une
petite remarque à l'article: "A mes chers frères congolais et ceux qui aiment notre
pays et son peuple" du professeur E. Kasongo-Numbi |
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| Maurice
Nanda |
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| A mes chers frères
congolais, "Oui Docteur, personne ne peut
comprendre que les États-Unis refusent de tirer toutes les conséquences de cette
invasion. Ils l'ont fait dans le Golf Persique."
Cette réflexion du professeur Ejoh Kasongo-Numbi K.
m'a fait penser aux propos d'un papa, un homme que j'ai croisé par hasard dans la rue le
4 janvier 1959 quand, sous les ordres des officiers belges, la force publique a commencé
à tirer sur la population civile non armée faisant des nombreux blessés et morts dans
les rues de Kinshasa. S'adressant à moi, comme si c'était pour lui plutôt une prière
au ciel, ce papa m'a dit avec insistance en lingala: "Mwana na ngai bokomona! Lokola
ba belges babandi koboma biso boye, ba américains bakoya, bakoya lobi mpo nakobikisa
biso. Bakobengana ba belges!!!" Traduction: "Mon enfant tu verras! Comme les
belges se mettent maintenant à nous tuer comme ca, les américains vont débarquer d'ici
peu pour venir nous sauver et chasser les belges!!!"
Quelle naïveté !!!!!!!!
Je n'ai mémoire d'aucune épisode de l'histoire, où les
blancs aient versé leur sang pour la cause des noirs!!! Prenons le cas de l'esclavage: Si
celui-ci a été aboli en Amérique, ce n'est pas à cause des protestations des
humanistes blancs de l'époque, car en effet on ne peut nier leurs existences, mais
plutôt par le fait que ce système inhumain et abominable n'était plus économiquement
rentable. L'esprit rationnel du blanc, avait très vite fait comprendre à ce dernier que
l'industrialisation lui permettait d'être plus concurrentiel. Nous devons donc nous
mettre en tête que, si les États-Unis sont intervenus au Koweït, c'est essentiellement
pour préserver leur intérêt économique principal qu'était "le pétrole",
garanti par un gouvernement sur place à 100% pro américain, que Saddam Husein voulait
évincer!!!!!!
Est-ce le cas au Congo?????????
Je vous rappelle cher Professeur Ejoh Kasongo-Numbi K. de
lire l'article du compatriote Gaston Badila, " Le conflit entre le Congo et le
Rwanda , une brouille de Banyamulengé avec Kabila?" sur net congo 2000 et
congonline, une analyse qui me semble plus toucher le fond du problème de notre pays et
que je me permets de vous joindre dans cet échange d'idées.
Avec mes sentiments fraternels
Maurice Nanda
Le conflit entre le Congo et le Rwanda, une brouille des Banyamulengés avec
Kabila ?
Chers Messieurs.
Nous sommes un groupe
d'universitaires du Congo-Kinshasa et du Congo-Brazzaville résidant en RFA. Nous suivons
avec beaucoup d'inquiétudes, ce qui se passe dans ces deux pays depuis deux ans. Nous
nous posons alors la question de savoir combien de temps encore on va terroriser ces deux
peuples et combien de sang devra encore couler de part et d'autre du fleuve, voire
jusqu'en Angola, pour que l'on connaisse enfin la paix dans cette sous-région. Nous avons
donc pensé qu'en transmettant à un bon nombre de Noirs-Africains l'analyse que voici,
que nous contribuerons ainsi à dénoncer une politique venue de l'extérieur et qui
semble avoir pour objectif, d'étrangler économiquement le continent avec des
conséquences que l'on a du mal à percevoir pour le moment. Cette politique a un jeu
facile car elle trouve en Afrique-noire encore beaucoup de gens qui pour un sac de sel,
sont toujours prêts à vendre leur fille ou leur fils au marchant d'esclave comme il y a
deux cents ans de cela.
En effet, le conflit
militaire en République du Congo-Kinshasa ce dernier mois et en République du
Congo-Brazzaville presque 12 mois auparavant, laisse apparaître petit à petit une
stratégie élaborée de longue date par ceux qui se veulent être des anciennes et
nouvelles puissances coloniales de nos jours. Ces conflits qui ont l'air d'avoir des
aspects régionaux ou de lutte d'intérêts personnels, couvrent en réalité une
politique perfide qui a un objectif bien déterminé. Il s'agit en réalité d'installer
dans beaucoup de ces pays du continent noir, des gouvernements dirigés par des
ressortissants des tribus ou des croyances minoritaires.
Cette stratégie qui n'est
pas nouvelle et qui est pure doctrine néocoloniale a en effet dans son premier aspect,
deux avantages:
a) Dans les pays où on
réussit une telle offensive, des tensions au sein des groupes ethniques ou religieux sont
garanties et créent un climat de permanente déstabilisation politique d'un tel ensemble.
Ceci oblige le ressortissant du groupe ethnique ou religieux se trouvant au pouvoir, de se
replier en priorité sur les gens de son milieu pour former son gouvernement et en plus
d'être très dépendant de la puissance étrangère lui ayant permis d'accéder au
pouvoir.
b) La très forte
dépendance de la puissance étrangère fait qu'ensuite un tel dirigeant du pays se met à
signer avec celle-ci, des contrats de toutes sortes qui souvent vont au détriment du pays
concerné. Le pillage des matières premières d'un tel pays d'Afrique est ainsi donc
assuré.
Le deuxième aspect d'une
telle politique est d'ordre purement racial pour ne pas dire fascistoïde. En effet, les
républiques africaines déstabilisées, pillées, marginalisées économiquement et en
fait humiliées, ne représente plus une menace quelconque pour beaucoup de ressortissants
d'origine européenne installés depuis plus de cents ans surtout dans le sud du
continent.
On comprend alors les
réactions des pays comme le Zimbabwe, l'Angola et la Namibie qui ont mené des années
durant des luttes de libération à la perspective de se revoir récoloniser. Ces trois
pays ont fort heureusement très vite compris que le conflit entre le Congo-kinshasa et le
Rwanda réduit dans les médias occidentaux, à une brouille des Banyamulengés avec
Kabila était aussi leur conflit; qu'il s'agissait ici plutôt d'une lutte de libération
politique, donc qu'il fallait s'en mêler. Félicitations au Président de la République
du Zimbabwe pour avoir été le premier à réagir comme il fallait à cette imposture...
Les Noirs-Africains dans
leur majorité, sont prêts à entretenir des relations commerciales avec toute personne
éprise de bonnes intentions et d'où qu'elle vienne, mais ils admettrons de moins en
moins à ce qu'on veuille leurs imposer tel ou tel dirigeant politique afin de mieux leurs
voler leurs matières premières. Ils sont prêts à souscrire la formule du Président
Clinton qui parle de " Trade no Aid ", si dans ce jeu d'échanges de produits,
aucun parti n'était lésé.
On ne peut qu'espérer que
les autres chefs d'état africains soient maintenant conscients de la menace qui pèse sur
l'Afrique-noire et oeuvrent ensemble pour bouter l'envahisseur qui s'est masqué et qui
est déjà à nos portes avec l'intention de peut-être demain, nous (re)voler nos terres
et après-demain, chercher à nous exterminer. L'histoire du génocide des indiens de
l'Amérique du Nord devrait être raison suffisante pour unir tous les Africains quelque
soient leurs ethnies et leurs croyances... Les bases militaires françaises du Sénégal
et du Gabon, américaine du Botswana et les conférences de sécurité sur Afrique qu'ont
veut organiser en France ont pour objectif nous dit-on, d'assurer dans le futur la
sécurité des Africains... Honni soit qui mal y pense.
Salutations à tous.
Gaston Badila,
Duesseldorf (RFA)
Transmis par Anthony
Milton |
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