| Plus Jamais de dictature au Congo
5 questions 5 réponses
1. Pourquoi une autre guerre 18
mois après le renversement du régime sanguinaire de Mobutu?
Kabila est un criminel dangereux qui
pique régulièrement des crises d'hystérie. Il serait irresponsable de demander aux
Congolais, au nom du " voyons voir " de laisser à la tête de l'Etat, un autre
psychopathe après Mobutu, affiner ses plans machiavéliques. "Homme-organe",
Kabila s'était déjà auto-proclamé Président de la République. Avec sa signature il a
rempli les services centraux de l'Etat des personnes d'une grande nullité (administration
publique, armée, services spéciaux, etc). Bref, pensez-vous que quelqu'un qui a
tolalement désorganisé l'ensemble de I'appareil administratif de l'Etat et qui ne prend
soin que de renforcer ses dispositifs répressifs, puisse organiser des élections
démocratiques? Kabila est un fasciste. Il a réinstauré une violence systématique
contre tous les démocrates et progressistes qui étaient en désaccord avec lui, tant à
I'intérieur qu' à I'extérieur de l'AFDL et dans la société congolaise. On le retrouve
dans ses alliances avec les groupes fascistes purs et durs: I'UFERI de Kyungu, Interhamwe,
Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) de Nyangoma, les Islamistes Soudanais et
toutes les forces terroristes de la Sous-Région. Pire, il incite publiquement le peuple
congolais à la haine raciste et tribale. La preuve est faite que nous étions déjà
engagés dans la logique de guerre. Exacerbé par ces provocations manifestes, un autre
pays limitrophe (même l'Angola) aurait déclenché la guerre contre le Congo, si l'action
armée pour la destitution de Kabila aurait tardé à venir.
2. Plusieurs pays africains viennent à
la rescousse de Kabila, ne craint-on pas un enlisement qui conduirait à la balkanisation
du Congo?
Kabila, dans sa folie meurtrière, peut
toujours rêver comme son idole Mobutu, en son temps. Tout en massacrant par milliers les
Congolais, il se convainc qu'il peut se maintenir à la tête du pays avec une armée du
" monde " en corrompant certains Chefs d'Etat. Incapable d'organiser la moindre
production et l'administration publique, par quelle magie réussira-t-il à accroître les
revenus pouvant lui permettre de continuer à séduire tous ces contrebandiers africains
et d'aurtres rapaces attirés par le cobalt, le diamant et l'uranium. A I'allure où ses
forces accumulent les défaites sur le terrain, ses promesses ne suffiront plus. Nos
vaillants combattants sont déterminés à lutter jusqu'à la victoire finale pour
l'édification d'un Etat démocratique moderne. Il ne reste plus à ces armées des
mercenaires qu'à déguerpir. Kabila doit se rendre à l'évidence: c'est trop tard pour
lui! Le pouvoir est en train de lui filer entre les mains. Seuls, les Congolais pouvaient
le défendre s'il ne s'était pas moqué d'eux.
3. Quel sera le prix que le peuple
congolais aura à payer aux alliances qui soutiennent les forces démocratiques pour
neutraliser le fasciste Kabila ?
La question en elle-même montre que
les Congolais sont attachés à leur nation au point où ils ne sont pas prêts à
hypothéquer une partie de leur souveraineté, encore moins leur territoire national. Mais
cela ne signifie nullement qu'il faille isoler la lutte du peuple congolais de la
solidarité militante africaine ou internationale. Le seul fait d 'avoir une paix durable
au Congo constitue un soutien constructif remarquable pour ses neuf pays frontaliers. Si
en plus il faut penser à ce qu'une Afrique exsangue peut bénéficier en cas d'une
reprise économique du pays de Lumumba, il y a de quoi voir des centaines de brigades
panafricanistes remplir les rangs des combattants de la liberté. Plus que jamais, nous
tenons au principe selon lequel " ne compter avant tout que sur ses propres
forces".
4. Kivu est déjà presqu'entièrement
libéré. Comment expliquer que les populations de certaines cités comme Goma, Bukavu,
Butembo vivent encore sous la hantise de l'insécurité ?
L'insécurité dans cette région
n'est pas imputable aux seuls conflits internes du Congo. Elle est aussj liée à
l'instabilité des pays des Grands Lacs traversés ces dernières décennies par les
courants fascistes. Bien que l'autorité s'efforce de mettre sur pied un dispositif
securitaire important au Kivu, l'implication directe des populations concernées est un
élément déterminant. Malheureusement, certains intellectuels congolais campent encore
sur des positions attentistes, évoquant le "spectre" de la domination
nilotique. Les groupes terroristes actifs sont en réalité insignifiants au regard de
l'ensemble de la population. Etant donné que la quasi majorité de la population observe
une position de neutralité à leur égard, leurs actes de violence prennent des
proportions incommensurables. A quand le bilan des intellectuels du Kivu? Ils risquent de
se rendre compte trop tard que l'avenir des plusieurs générations est compromis. Dans
cette région, pour rétablir la paix, nous avons plus besoin des gens qui s'engagent dans
les organisations politiques progressistes militant contre l'incitation à la haine
raciale et la manipulation des sentiments ethniques.
5. Les gens ont faim. Les salaires restent
toujours impayés. A quand la fin de ce calvaire du peuple congolais?
C'est justement à cause de toutes ces
misères qu'il y a une nouvelle guerre. Il ne peut exister un homme et une femme libres et
épanouis dans une societé esclave. C'est pourquoi nous voulons la transformer. Si nous
sommes dans cette abîme, ce qu'il y a un problème. Un probléme non seulement avec I'
Etat, mais aussi et surtout dans notre prise de conscience face à nos difficultés dans
la transformation de notre société. Le pays est en guerre, c'est un fait. La priorité
est d'en finir autant que possible avec moins de fracture nationale. Même si nous sommes
en guerre, nous devons toujours nous préoccuper de la résolution des problémes vitaux
de Ia population (emploi, école, soins médicaux,...). Il n'y a pas 36 solutions si ce
n'est de nous mobiliser, de nous organiser en faisant appel à tout notre savoir faire et
à toute notre créativit. Attendre un organisateur de l'Extérieur ou s'évertuer à la
recherche des solutions individualistes est suicidaire. Dans les territoires libérés, il
y a un atout majeur: un Pouvoir d'Etat qui soutient toute initiative qui encourage la
population à se prendre collectivement en charge. Le moment est venu pour ceux qui se
sentaient opprimés, de libérer leur génie en faveur de nos parents et de nos
communautés.
Fait à Goma le 01/10/1998
DPT. Mobilisation et Propagande du R.C.D.
Transmis par Mtoto Purusi
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