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La réconciliation nationale au lieu de la guerre
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Teddy Mbuinzama
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Il me semble jusqu’à ce jour que, pour sortir de la crise congolaise, seule la voie de la réconciliation nationale peut nous éviter le pire. Tous nos efforts doivent converger vers la recherche de la paix. La volonté des uns et des autres de tout résoudre par la voie des armes est à bannir. Le peuple congolais en a beaucoup souffert.

Genève le 28 octobre 1998, Teddy Mbuinzama


Ci-après, ce que j’écrivais à l’annonce de la rébellion à l’est du pays:

Crise en République Démocratique du Congo

Après avoir vécu sous la dictature de Monsieur Joseph-Désiré MOBUTU et son MPR , le peuple congolais subit actuellement une nouvelle dictature liberticide de Monsieur Laurent-Désiré KABILA et son AFDL .

Comme hier, le peuple congolais continue de lutter contre le pouvoir autocratique pour l'instauration de la démocratie par des moyens pacifiques. Les faits lui donnent raison, car la victoire militaire des rebelles de l'AFDL au pouvoir aujourd'hui à Kinshasa n'a pas répondu à ses aspirations profondes de paix, de l'indépendance, de prospérité et de liberté qu'il a maintes fois exprimées. Il convient de se rappeler qu'au début de cette décennie, sous la pression conjuguée de l'opposition politique, de la société civile et du peuple, le pouvoir mobutien avait fini par céder et accepter malgré lui le processus de démocratisation au Zaïre, actuel Congo. Le moment le plus fort de ce processus a été l'organisation d'un forum politique appelé Conférence Nationale Souveraine (CNS). Ce forum au sein duquel étaient représentées toutes les couches de la population nationale reste un des faits le plus important de notre histoire depuis l'accession du pays à l'indépendance. Après un diagnostic sur l'état du pays, les rep

Aujourd'hui, après une année de règne absolu et sans partage, le régime de Monsieur Laurent-Désiré KABILA, qui d'ailleurs ressemble à plusieurs égards à celui de Joseph-Désiré Mobutu, a montré ses limites. L'incompétence et l'amateurisme de ses dirigeants (l'interpellation des ministres suivie de l'arrestation de cinq d'entr'eux pour malversations financières), le manque d'ouverture politique (l'interdiction des partis politiques) et de vision d'avenir, l'absence de dialogue avec le pays profond et l'incompréhension avec la communauté internationale sont des éléments qui conduisent à dire que ce pouvoir, issu de la rébellion armée et sans aucune légitimité ne fera pas long feu. Poser les problèmes de notre pays en termes économiques au lieu de résoudre l'équation politique est un leurre.

Ce qui arrive aujourd'hui à l'est du pays - rébellion ouverte contre le gouvernement AFDL - ne nous étonne pas. C'est la conséquence logique de l'intolérance et des errements politiques de Monsieur KABILA. Au lieu de s'entendre avec l'opposition politique intérieure de la manière dont il fallait conduire les affaires du pays, il s'est livré à la confiscation et à l'exercice solitaire du pouvoir. A la place de coopérer avec la communauté internationale, il l'a traité avec mépris. Au peuple congolais, il a réservé l'humiliation qui rappelle l'époque coloniale, les fouets. A la rébellion du Kivu, il promet de la réduire par la voie des armes. Monsieur MOBUTU ne s'était-il pas, en son temps, livré à ces mêmes exercices? résultat catastrophique.

Comment sortir le Congo de la crise actuelle?

Malgré ce tableau sombre, nous pensons qu'il y a moyen, si la communauté internationale s'implique, de se mettre autour d'une table pour sortir notre pays de la crise actuelle. Avec le recule du temps, nous sommes persuadés que l'un des points faibles de la CNS était la non implication officielle de la communauté internationale dans l'application des résolutions de ce forum. Ceci a permis à Monsieur MOBUTU qui disposait de l'armée et de la puissance financière de narguer l'opposition politique et le peuple en toute impunité.

Il s'avère cette fois, si l'on veut résoudre les problèmes de notre pays, il faut que les congolais, soutenus par la communauté internationale, exercent une forte pression sur Monsieur KABILA et son parti de l'AFDL pour obtenir la levée de la mesure interdisant les activités des partis politiques, la libération immédiate des prisonniers politiques (Monsieur Olenga Nkoy et les autres), l'association des autres forces politiques à l'exercice du pouvoir. Comme hier, le peuple congolais ne pourra, en aucun cas, s'associer un pouvoir dictatorial pour combattre ceux qui veulent se libérer de la dictature. En fin, nous exigeons dans l'immédiat la tenue d'une Table ronde sur la réconciliation nationale. Cette dernière devra être convoquée par l'ONU et l'OUA et placée sous la haute autorité de ces institutions. Pour le bon déroulement des travaux, nous demandons à ce que ces assises se tiennent dans un pays neutre. Y prendront part: l'opposition politique congolaise (leurs représentants intérieurs et extérieurs), les

Hier les mobutistes avaient échoué dans l'exercice solitaire du pouvoir. Aujourd'hui l'AFDL de KABILA suit le même chemin, le résultat ne peut pas être différent. Il est grand temps que Monsieur KABILA, au lieu de s'appliquer à combattre militairement les congolais qui, à juste titre, contestent sa gestion politique du pays, accueille favorablement notre proposition. Nous restons persuadés que c'est la meilleure façon d'apporter des solutions concrètes et efficaces aux maux dont souffre notre beau et riche pays. Ainsi, les Congolais réconciliés et travaillant dans un cadre politique accepté de tous pourront amorcer le développement du pays. Il faut que les locataires du pouvoir à Kinshasa sachent désormais qu'il n'y a pas de reconstruction économique du Congo sans un environnement pacifique. Et que seule la définition consensuelle d'un cadre politique favorable à tous amène la paix, la sécurité et ensuite le développement.

                    Fait à Genève, le 5 août 1998

Teddy Mbuinzama, Représentant du PDSC en Suisse
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