| Mémorandum à Son
Excellence Monsieur L.D. Kabila |
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| Moussas J Mbako |
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Communauté Congolaise du Canada
Ottawa/Hull
MEMORANDUM
A: EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET CHEF DU
GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
DE: COMMUNAUTÉ CONGOLAISE DU CANADA A OTTAWA
Suject: LA GUERRE ET LA GOUVERNANCE EN RDC
Date: Septembre 4, 1998
CC: AMBASSADE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO A OTTAWA
Son Excellence, Monsieur le Président
Nous, la communauté Congolaise du Canada à Ottawa, vous réitérons notre soutien à
l'action que vous menez pour libérer le pays des mains des agresseurs venus du Rwanda, du
Burundi et de l'Ouganda. La communauté tient aussi à informer ses compatriotes au pays
qui payent les frais de cette invasion de son soutien. Nous condamnons avec force et sans
réserve tous les compatriotes assoiffés du pouvoir qui ont joint le rang des
envahisseurs. Ils sont une honte pour notre pays. Nous profitons du passage à Ottawa du
Professeur BADIMANYI MULUMBA, Ministre d'Etat, pour vous faire part de nos observations
sur la guerre et la gouvernance en R.D.C .
De l'origine et de l'évolution de la guerre
L'origine de cette guerre et son évolution a des causes multiples qui ne peuvent être
imputées à une seule personne sinon, à la gestion désastreuse du pays durant le règne
Mobutu, une gestion qui a, hélas vu peu d'amélioration pendant la courte période de
votre règne précédant l'invasion. Cette situation pourrait probablement s'expliquer par
les circonstances et les conditions de votre prise de pouvoir, circonstance et conditions
qui sont elle mêmes à l'origine de cette invasion.
Nous soutenons comme vous que cette guerre ne peut être considérée comme une
rébellion. Elle est belle et bien une invasion comme l'ont reconnu les envahisseurs eux
mêmes, lesquels croyons nous ont voulu comme alliés lors de la libération du pays,
imposé un gouvernement à leur convenance.
La Communauté considère que le pays était déjà occupé avec la présence du très
grand nombre de personnes à la citoyenneté douteuse au sein du gouvernement. C'est pour
cela que nous saluons malgré les conséquences actuelles, votre courageuse décision de
renvoyer dans leurs pays respectifs, les mercenaires devenus trop gênant et trop
gloutons.
Dans le souci de bâtir un pays fort et prospère, qu=est aussi le notre nous nous
trouvons en devoir, de vous faire part de nos observations suivies des quelques
recommandations.
OBSERVATIONS SUR LA GESTION PRÉCÉDANT LA GUERRE
I. De la guerre de libération
1. Votre ascension au pouvoir a été favorisée et couronnée de succès non pas par la
force de frappe militaire que vous aviez mais bien par la volonté du peuple Congolais de
se débarrasser de Mobutu et de son régime. Mais vous avez semblé malheureusement
ignorer cette réalité un peu trop vite, peut être, est-ce du aux circonstances
indépendantes de votre volonté?
2. Dès Votre prise de pouvoir, le peuple vous a signifié son désir et sa volonté de
construire un pays de droit et de liberté. Tout en gardant espoir pour le changement tant
désiré, le peuple a compris votre dilemme et vous a accordé et vous accorde encore le
temps nécessaire pour y parvenir. Cependant, vous n=avez pas encore commence à rendre
justice à ce peuple qui a tant désiré votre arrivée pour qu=enfin renaisse un pays de
droit et de liberté.
3. Malgré le mécontentement des uns et des autres face à certaines décision du
gouvernement, notre peuple n=a pas hésité à se ranger derrière vous alors qu'il ne
pouvait pas encore distinguer s'il s'agissait d'une rébellion ou d'une invasion. Un gage
de sa volonté de vivre dans un pays de droit et liberté..
4. Notre régime dans l'euphorie de la prise du pouvoir, a probablement oublié que les
Congolais ont tous livré un combat sans merci au régime Mobutu. Certaines déclarations
des responsables de notre gouvernement ont été choquantes et de nature peu convenable
pour la multitude des gens qui ont combattu Mobutu avant votre arrivée.
II. Des orientations politiques.
1. Le bannissement des partis politiques sans un cadre nouveau de consultation et de
considération pour ceux qui ont sacrifié une grande partie de leur vie à l=intérieur
du pays à combattre le régime Mobutu a été une erreur dans la mesure où cela
conférait un message contraire aux attentes de la population Congolaise et de la
Communauté internationale.
2. La sur représentation des citoyens d=origine douteuse et des Rwandais dans les postes
de commandement aussi important que le ministère des affaires étrangères et l'armée
était un prélude à la crise actuelle. Il aurait fallut probablement mettre sur pied des
commissions indépendantes de contrôle pour faire un contre poids à certains ministres
et officiers militaires à double agenda. Malheureusement, la fragilité de notre
gouvernement ne pourra disparaître que lorsque vous aurez purifier votre gouvernance.
III. De la communication et de l'image extérieure de notre pays.
1. La communauté est satisfaite des actions diplomatiques que vous menez en ce moment
dans les capitales Africaines, cependant, dans l'ensemble, notre diplomatie connaît
beaucoup de retard sinon des insuffisances.
Par exemple, nos Ambassades sont devenues des maisons de refuge pour les diplomates
abandonnés et rendus ridicules par le peu d'attention leur accordée. Dans cette période
de crise, nos Ambassades ont été et sont incapables de défendre la cause de notre pays,
pendant que les envahisseurs par le biais de leurs ambassades arrivent à communiquer
efficacement leurs messages de mensonge. Tout ceci parce que le gouvernement manque de
politique claire de communication et de responsabilisation des Ambassades. La communauté
digère mal le fait que des ministres du gouvernement en visite à l'étranger arrangent
leur agenda avec leurs amis ou frères alors qu'il existe des Ambassades dans les pays
hôtes.
2. La Communauté a constaté aussi un grand nombre des discours inadaptés dans les
déclarations officielles. Nous pensons aussi que les mécanismes de contrôle et la
diffusion l'information en temps de guerre sont un échec
RECOMMANDATIONS
1. Que la plainte déposée au conseil de sécurité de l'ONU contre le Rwanda et
l'Ougandais soit suivie sans relâché et que le gouvernement fasse le nécessaire pour
prouver à la communauté internationale que les meneurs de la dite rébellion ne sont pas
des Congolais et ne peuvent même pas être considérés de nationalité Congolaise aussi
bien sur le plan du droit national, que sur celui du droit international.
2. La réhabilitation des Ambassades du Congo à l'étranger, comme relais de l=action
gouvernementale, est une nécessité. En dépit de la crise budgétaire, les ambassades
devraient au moins avoir le minimum des ressources pour conférer l'image d'un pays en
reconstruction. Les conditions dans lesquelles se trouvent nos ambassades découragent du
premier coup des investisseurs potentiels et fiables pour laisser la place aux aventuriers
qui cherchent à vite s'enrichir dans un pays qu'ils croient sans avenir et sans lois.
3. Quelque soit l'appréhension du gouvernement vis à vis du groupe de G8, la diplomatie
doit toujours être présente même chez ceux considérés comme ennemi de la République.
Le dialogue et le lobby avec le groupe du G8 sont très importants pour la reconstruction
de notre pays.
4. Parce que la guerre que nous vivons aujourd=hui est un témoignage sans conteste de la
fragilité de l=Etat et de ses institutions, des mesures correctives devraient être
envisagées dès à présent, sans quoi, le pays risque d'éclater et nos concitoyens
vivront sous l=esclavage des Tutsi.
Nous pensons à l'organisation d'un muni conclave devant réunir toutes les sensibilités
politiques crédibles afin de cheminer le pays sur la voix de droit et liberté. une telle
structure donnerait beaucoup de poids au gouvernement dans la communauté internationale
et la population ne ferait que renforcer et consolider son soutien à l=Etat .
Si cette démanche est initiée avec les différents groupes d'intérêts qui sont au pays
et qui croient au dialogue, les soit disant rebelles n=auront plus de cause à défendre
et ne pourront pas être inclus dans les pourparlers internes.
5. Finalement, nous pensons qu=il ne devrait pas y avoir des négociations possibles sans
que les envahisseurs ne déposent leurs armes et ne soient retirés du territoire
national. Mais, le gouvernement devrait continuer des négociations seulement que dans un
cadre global de recherche de solution durable à la situation dans la région des grands
lacs.
Le Gouvernement devra aussi exiger des Rwandais et des Ougandais qui prétendant
s'inquiéter de leur sécurité, de fournir un calandrier concret de leur plan de
réconciliation nationale et de reprise de leurs groupes des réfugies vivant chez-nous.
En effet, si ces deux gouvernements peuvent régler leurs problèmes internes, il n'y aura
pas des rebelles de leur pays au Congo. C'est bien eux qui sont à la source de
l'insécurité dans la région et non pas le Congo.
Président
Moussas J Mbako |
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