| L'impératif de négociation |
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| Pierre Mangila |
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La guerre du Congo devra etre gagnee a la
fois diplomatiquement, militairement, et politiquement.
S'il est vrai que sur le plan diplomatique, le President Kabila a marque des points
incontestables (reconnaissance et condamnation par la plupart des Etats de l'agression,
mobilisation militaire de la SADC, soutien politique de l'Afrique francophone, etc,), s'il
est aussi vrai que sur le plan militaire, les forces alliees ont su pallier aux
insuffisances d'une armee congolaise desorganisee, non aguerrie, et pleine d'opportunistes
et de traitres, reussissant a faire echec a la strategie "guerre-eclair" des
envahisseurs et rebelles, s'il est vrai enfin que sur le plan politique, cette guerre
injuste a eu l'effet inattendu de creer un mouvement de ralliement nationaliste autour de
la personne de Kabila, il n'en demeure pas moins vrai, qu'il reste a poser les jalons
d'une veritable ouverture politique, condition necessaire a toute paix sociale.
Cette ouverture politique devrait au minimum consister en un dialogue positif et
constructif avec les leaders de l'opposition non militaire (ce qui reviendrait de facto a
reconnaitre la legitimite des forces politiques qu'ils representent) en attendant la
liberalisation de la vie des partis politiques.
Mais avec qui dialoguer et negocier, quand on sait que (1)les leaders rebelles se sont
disqualifies, (2) l'opposant historique Tshisekedi s'est decredibilise par ses prises de
position d'une naivete affligeante (mais dangereuses) sur cette guerre, (3) plusieurs
leaders de l'opposition dirigent des partis justement nommes alimentaires qui ne sont que
des sous-sections du MPR, sans veritable assise politique.
Kabila saura t'il faire figure d'homme d'Etat pour tendre la main et l'oreille a
Tshisekedi, qui represente tout de meme un mouvement politique non negligeable, malgre les
impairs a repetition qu'il commet? Tshisekedi saura t-il comprendre qu'il peut jouer un
role politique decisif sans necessairement etre premier ministre, ou va t-il une fois de
plus manquer son rendez vous avec l'histoire?
Dialoguer, oui. Negocier, bien entendu. Mais avec qui?
Menace dans son pouvoir, fragilise par les trahisons de certains proches et d'anciens
mobutistes cooptes, preoccupe par la necessite d'une victoire militaire apres avoir gagne
la bataille diplomatique a l'etranger et la bataille des coeurs au Congo, Kabila a t il
toute la lucidite necessaire pour penser a une strategie d'apaisement politique interne? Y
a t il des gens autour de lui qui y reflechissent et qui lui font des propositions, autres
que ministerielles?Pierre Mangila |
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