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Pour Mme Libambu : Une bulle à l'étage du cerveau !
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Jacques Mangalaboyi
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Chère Madame Libambu,

Dans votre lettre à monsieur le docteur Bukonda, vous écrivez ceci :" C'est dommage de constater qu'il y a beaucoup de cadres Zairo-Congolais qui se laissent dominer par des réactions bulbaires (bas étage du cerveau) au lieu que ça soit plutôt des réactions corticales (étage supérieur du cerveau) qui l'emportent. "

Une telle affirmation tendrait à identifier ce que vous qualifiez des " réactions bulbaires " à des réactions de " bas étage ", au contraire des " réactions corticales supérieures ". Ceci doit être proscrit.

En effet, il est utile que vous sachiez que, si, dans la phylogenèse comme dans l’ontogenèse, le développement des fonctions mentales est étroitement lié à celui du cortex, surtout frontal, de sa connectivité ainsi qu’à une accentuation de la spécialisation fonctionnelle de chacun des deux hémisphères cérébrales, le fonctionnement du cerveau exige d’établir des corrélations pertinentes et donc de travailler obligatoirement avec des opérations plus élémentaires. On ne peut donc imaginer un cerveau sans bulbe.

Pour votre connaissance, l’expression " bas étage " n’est nullement liée ni à la fonction ni au niveau bulbaire, mais à la condition sociale d’une personne ou d’un groupe d’individus. Ainsi lorsque l’on dit d’une réflexion qu’elle est de bas étage, cela signifie qu’elle est d’un niveau inférieur (à quoi ?), ce qui peut sous-tendre l’insuffisance ou le défaut d’instruction (et non d’éducation) de la personne qui a émis cette réflexion.

Si la réflexion contenue dans votre constatation se réfère au cortex et à la bulbe, on doit admettre, sans retenue, que votre constatation est fausse. C’est ce dont je suis convaincu. Si, par contre, votre réflexion se réfère aux conditions sociales de " beaucoup de cadres Zaïro-Congolais ", alors cette constatation procède tout simplement de l’apartheid. Celui-ci existait au Zaïre dans sa forme la plus vicieuse : une minorité très riche, et méprisante, et une majorité très pauvre, et désespéréee. Ainsi, on peut comprendre votre désir effréné de réconciliation nationale, comme en Afrique du Sud, et de... négociation avec les agresseurs et leurs affidés.

Mes respects, madame.

Jacques Mangalaboyi.

CERDEC, Lille

NB : Mon ami Olivier Badibanga m’excusera ici d’avoir sacrifié la promesse tacite que je lui avais faite. J’aimerais qu’il me dise comment le contacter personnellement. Il m’avait demandé de lire le site de Kin Kiey Mulumba. Je ne suis pas allé voir ce site : je connais le personnage depuis 1990 à travers une histoire personnelle que j’aurais le plaisir de lui raconter.

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