| INVASION EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO AOUT 1998
INTRODUCTION
Voilà, en effet, plus de deux mois que notre pays est agressé par la coalition
rwando-ougandaise, avec comme conséquence la perturbation du programme de reconstruction
dont le peuple congolais attend beaucoup. En 15 mois de pouvoir à la tête dun pays
dévasté par 32 ans de gabegie et de pillage organisé, le gouvernement de salut public,
conduit par le Chef de lEtat, MZee Laurent-Désiré Kabila, a restauré
lEtat, enrayé linflation, créé une nouvelle monnaie et entrepris la remise
en état des infrastructures à travers dun plan de reconstruction volontariste. Ce
travail de redressement est saboté par lagression rwando-ougandaise, troublant une
paix que les Congolais avaient attendue depuis trois décennies. Face à cette lâche
agression, le gouvernement et le peuple congolais ont levé loption dune
guerre de légitime défense et de défense de notre dignité collective souillée pour
chasser lenvahisseur et recouvrer lintégrité du territoire national. Y
a-t-il dès lors paradoxe à parler de paix et à éduqu
PAIX ET COHABITATION ENTRE LES PEUPLES
Notre pays est donc confronté à une agression étrangère avérée, et notre peuple
subit les terribles contrecoups de cette guerre inutile. Rappelez-vous les coupures de
courant et leurs conséquences dramatiques à Kinshasa. Rappelez-vous lexécution
sommaire dofficiers et dhommes de troupes des FAC sous prétexte quils
étaient Katangais. Des centaines de milliers de civils innocents ont été exterminés.
Des biens congolais sont pillés, des usines démontées et réinstallées en Ouganda et
au Rwanda, les richesses écologiques sont également pillées. Et que dire du
déplacement forcé de congolais de souche et leur remplacement par des populations
tutsies sur le plateau dItombwe. Les agresseurs ont essayé de justifier leurs
méfaits sous le prétexte dun prétendu génocide qui serait perpétré ou en train
de se préparer contre les Tutsis en République Démocratique du Congo. Il sagit
là dune odieuse calomnie et dune insulte délibérée à un peuple dont les
traditions dhospitalité ont permis daccueillir sur son
La vigoureuse réaction des populations kinoises à lagression rwando-ougandaise a
suscité, sans doute à juste titre, un certain émoi. Mais nous constatons que rien
nest dit sur la cause de cette riposte de nos populations, et encore moins sur le
contenu de lidéologie qui sévit au Rwanda et au Burundi et qui est en train
dêtre exportée au Congo.
Cette réaction musclée est le résultat de lagression rwando-ougandaise et des
souffrances quelle a causées à notre peuple. Comment fallait-il que les Congolais
de Kinshasa usent de leur droit de légitime défense face à des guerriers armés
jusquaux dents, venus semer la mort, la désolation et le sang, après avoir
traversé 2.000 km avec un seul objectif : placer le Congo sous la domination
rwando-ougandaise à moins de 500 jours de lan 2000 ? Cet esclavagisme voulu par des
Africains à légard dautres Africains, comment faillit-il sinsurger
contre lui ? Comment ne pas sen émouvoir ? Comment ne pas être révulsé ? La
façon la plus adéquate de la prévenir consiste à sattaquer à sa cause,
cest-à-dire lagression rwando-ougandaise et la haine ethnique qui
linspire. Il faut condamner cette agression et soutenir toute action qui permettrait
au peuple congolais de recouvrer lintégrité de son territoire. A vrai dire, la
paix simpose comme une fatalité, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Le Cong
Du point de vue congolais, cette guerre est dautant plus juste que lennemi
nest pas dabord un peuple, quil soit Rwandais ou Ougandais.
Lennemi est une idéologie du mépris, de la haine et de lextermination de
lautre, dont les effets sont néfastes et meurtriers. Imprégnés du racisme et de
la hiérarchisation des peuples. En Europe même, sous linfluence de Darwin, Galton
et autres Gobineau, les Européens, jadis, débarquant en Afrique y ont installé le
racisme et le classement des peuples selon leur apparence physique. Le discours des
anthropologues, missionnaires et agents coloniaux est éclairant.
Je cite : «Les Tutsis: ce peuple de pasteurs sadonne exclusivement à
lélevage... Les hommes comme les femmes se distinguent par leur haute stature et
leur démarche altière. Ils sont intelligents, distants mais polis ; très diplomates,
ils manquent parfois de franchise. Les Bahutus, qui représentent 90 % de la population,
sont des paysans bantous, à lâme lourde et passive, ignorant tout souci du
lendemain. Ils cultivent les terres quils avaient progressivement conquises en
refoulant les premiers occupants du sol, les pygmées batwa et en détruisant la forêt
qui abritait ceux-ci. Les envahisseurs batutsis leur apparurent comme des demi-dieux. Les
Tutsis nont du nègre que la couleur. Leur conformation les rapproche du Blanc plus
que du nègre, si bien que lon pourrait dire sans beaucoup se tromper quils
sont des Européens sous une peau noire (...). Le reste de la population est Bantou. Ce
sont les Bahutus, des nègres qui en possèdent toutes les caractéristiques : nez
épatés, lèvres épaisses, crâne
Ce discours na pas seulement inspiré des pratiques discriminatoires dans la vie
sociale au Rwanda et au Burundi. Il a été inculqué pendant des années aux Rwandais et
Burundais eux-mêmes qui ont fini par lintégrer à leur système culturel et
idéologique.
Lun des problèmes le plus remarquable chez les tutsis est la quasi absence du
dialogue interculturel ou le refus dintégration. La communauté tutsie ne peut se
prévaloir ni dun sportif ni dun artiste ayant donné un quelconque apport au
patrimoine national congolais. Comment expliquer que cette communauté ait investi
exclusivement les secteurs de pouvoir comme le commerce, la politique et très peu dans la
culture ? Sagit-il dun hasard ou dune manière spécifique de vivre
lexpérience migratoire: sinstaller à létranger sans vouloir sy
intégrer, quitter son pays en lui demeurant entièrement loyal, garder de soi et de
lautre une image qui fige les identités et freine le dialogue.
Nous connaissons tous le sentiment de supériorité des Tutsie et leur mépris à
légard des Hutus. A la lumière de ces évolutions, deux faits doivent être
sérieusement médités par lopinion internationale. Dabord les tutsis ne sont
ni la seule ni la plus ancienne communauté immigrée en République Démocratique du
Congo mais ils sont la seule à poser des problèmes aussi graves, jusquà mettre en
péril un Etat. Nest-ce-pas un effet de leur idéologie raciste et génocidaire? Le
second fait est que les agresseurs de la République Démocratique du Congo sont justement
les trois pays où règne une minorité tutsie réprimant et opprimant les autres peuples.
Les déportations et les massacres perpétrés à lheure actuelle en République
Démocratique du Congo ne sont quun avant goût du modèle en vigueur au Burundi
depuis des décennies et au Rwanda depuis laccession au pouvoir du FPR.
Lopinion africaine et internationale na pas oublié lhécatombe
organisée :
· en 1972 par larmée burundaise monoéthnique sur la population hutu de ce pays.
En réponse à une incursion démeutiers hutus, des officiers tutsis décident
dadministrer une leçon définitive aux Hutus. Colette Braeckman témoigne, je cite
: «une leçon qui décapitera une génération dintellectuels et de militaires et
assoira pour vingt ans lhégémonie des tutsis, Ministres, directeurs généraux,
prêtres, religieuses, étudiants du secondaire sont exécutés. Des candidats officiers
en stage à létranger sont rappelés au pays pour y être liquidés. Partout les
assassins sont dotés de listes. Ils éliminent des classes entières délèves et
des promotions détudiants. Chaque nuit, des camions chargés de cadavres traversent
Bujumbura. La traque hutu ravage tout le pays et fera de 100.000 à 200.000 morts « fin
de citation.
·
· 16 ans plus tard, en 1988, une répression du même genre, perpétrée par
larmée tutsie sur des civils hutus, fait 20.000 morts en quelques jours. Et que
dire de lassassinat à la baïonnette du Président élu Melchior Ndadaye,
accompagné de cette déclaration sans ambiguïté, je cite : «un Président hutu ne vaut
même pas une balle de fusil», terribles paroles.
·
· On y décèle seulement le refus obstiné de la minorité tutsie daccepter un
président hutu et de partager le pouvoir avec la majorité de la population, mais aussi
un mépris viscéral à légard des compatriotes.
Le Rwanda, malgré lespoir suscité par la victoire du FPR de voir des nouveaux
dirigeants et une nouvelle culture simposer dans ce pays, sest aussi laissé
envahir par les démons de lethnisme et de la purification ethnique. Des centaines
de milliers de tutsis ont quitté leurs pays dexil et regagné le Rwanda en
sidentifiant au pouvoir FPR. Et très vite le syndrome burundais sest
installé au Rwanda , comme le montre Colette Braeckman : «Massacres des civils à
larboretum de Butare, assassinats du côté de Byumba dans le nord du pays,
liquidation des Hutus rassemblés en des lieux publics avec la promesse dêtre
ramenés chez eux, vengeances pratiquées par des jeunes soldats à légard de
voisins soupçonnés davoir participé aux tueries et aux pillages : il paraît
difficilement contestable que la victoire militaire du FPR, sur fond de génocide,
dexactions, dactes de vengeance, faisant, jusquen août 1994, plusieurs
milliers sinon des dizaines de milliers de morts parmi les civils.». Fin de citation. La
t
Purification ethnique, crimes contre lhumanité :
· quattend donc la communauté internationale pour dénoncer ces forfaits en
Afrique Centrale et enrayer cette récurrence génocidaire ? La vie de noirs aurait-elle
moins de valeur que celle de Kowétiens et de Croates ? Il y a une logique implacable, une
récurrence terrible dans la volonté dexterminer lautre. La haine ethnique
est tellement enracinée que les massacres les plus massifs et les assassinats les plus
odieux sont toujours le fait de larmée, détentrice de la force quelle est
censée utiliser pour protéger la population indépendamment de son appartenance
ethnique. Il doit être clair que le génocide de 1994 ne fut pas le premier, il a été
précédé et suivi dautres au Rwanda même et au Burundi ; on se rend ainsi compte
que la volonté exterminatrice de lautre demeure le substrat du fonctionnement
socio-politique dans ce pays.
·
· A linverse de ceux-ci, la République Démocratique du Congo offre un modèle
social qui, malgré des écueils, est en définitive une somme de minorités et une
synergie de cultures qui cohabitent dans une grande convivialité. Voilà pourquoi il y a
un non-sens à parler dune minorité tutsie qui serait en péril face à une
majorité menaçante. Lensemble congolais est une somme de minorités cheminant
convivialement vers une nation : toutes les minorités constitutives de cet ensemble sont
appelées à déployer des efforts dintégration, dans la concorde et la loyauté
envers la République comme lieu de transcendance des particularismes ethniques. Les
manuvres fomentées par les trois pays où règne un Tutsi laissent penser que
ceux-ci ont résolu de réaliser un vieux rêve hégémonique en semparant de tout
ou dune partie du Congo, transposant ainsi au plan régional lhégémonie
acquise dans les trois pays susmentionnés. Conditionnés par le discours raciste et les
pratiques discriminatoires des colonisateurs, les Tuts
Nous citons un rapport du Centre de lutte contre limpunité et linjustice au
Rwanda, établi à Bruxelles le 31 août 1998.
Il dit ceci en substance : «Daucuns nhésitent pas à ce jour à affirmer que
le régime du général Kagame a massacré bien plus dêtres humains que les
extrémistes hutus en 1994, et appellent à un recensement de la population rwandaise par
un organisme indépendant. Des proches du régime rwandais ont cité, à un ambassadeur
occidental en poste à Kigali, le chiffre de 100.000 à 250.000 civils non armés tués
dans la seule préfecture de Gisenyi !!! Le centre dénonce, une fois de plus, le silence
complice de la communauté internationale face aux actes de génocide, aux crimes contre
lhumanité et crimes de guerre commis par le régime du général Kagame, tant au
Rwanda que dans lex-Zaïre. Des massacres sélectifs continuent à ce jour et aucune
chancellerie occidentale ne lignore». Fin de citation.
Nous attirons lattention de lopinion nationale et internationale sur la
concentration de bon nombre dingrédients qui ont provoqué la seconde guerre
mondiale. Comme à lépoque nous avons affaire à une idéologie de la pureté
raciale et de la supériorité dun groupe sur lautre. Cette idéologie, déjà
appliquée dans trois pays, repose sur lutopie dun empire sétendant
au-delà des frontières de ces pays, un peu à limage du Reich allemand auquel
Hitler présidait 1.000 ans dexistence. Les visées expansionnistes du néo-nazisme
tropical sont aujourdhui incontestables et pour les réaliser il sappuie sur
la diaspora originaire de son pays. Comme à lépoque, on invoque la sécurité de
cette diaspora ou celle des frontières dont pourtant la solution ne peut pas se trouver
dans la guerre mais dans la concertation avec les pays voisins.
La raison impose aux Africains de ne pas refaire un parcours aussi meurtrier que celui de
lEurope mais de créer les conditions dune paix durable. LUnion
Européenne évolue sous nos yeux grâce à une telle paix ; le couple franco-allemand,
qui sest entre-déchiré et sest disputé lAlsace-Lorraine, est
aujourdhui la locomotive de lEurope unie et le modèle dune entente
responsable et dun fructueux voisinage. Tout cela na été possible quà
condition de rejeter tout expansionnisme et toute ingérence dans les affaires
intérieures du voisin. Lagression actuelle ne faisant quattiser la haine
entre les peuples et les communautés, ses auteurs feraient bien de larrêter
immédiatement et sans conditions. Les tensions dans la région durent depuis si longtemps
et sont tellement complexes, avec des acteurs tellement nombreux que seul le dialogue
demeure à long terme la seule issue.
Le cadre le plus adéquat pour linstauration dune paix durable est une
conférence internationale à limage de celle que la République Démocratique du
Congo avait convoquée en mai 1998. A lépoque déjà le Gouvernement congolais
avait déjà pris la mesure des enjeux de la sécurité, de la paix et du développement
dans la sous-région. Aujourdhui que la guerre est là, cette conférence revêt un
caractère encore brûlant. Pour organiser et réussir un tel forum, les africains doivent
lire lhistoire mondiale et se rendre compte que lexpansionnisme na
jamais payé. Le vingtième siècle finissant aura été le théâtre de plusieurs
conflits armés en Europe, au Proche Orient et même en Afrique où le bon voisinage et la
conception auraient dû être le mot dordre général. Le droit a souvent fini par
simposer, mais au prix de morts massives, de destructions et de haines exacerbées.
Il est difficile de comprendre que deux pays africains aient choisi la voie de
lagression pour donner corps à une furie expansionniste su
LAfrique est donc revenue aux pires moments du Far West américain où la force
dune bande daventuriers suffisait à sintroduire chez le voisin pour le
dépouiller de ses biens et de ses terres. Si de telles pratiques ne sont pas fermement
condamnées et définitivement rejetées, lAfrique risque dentrer dans le
vingt-unième siècle avec des relations internationales dun type moyenâgeux.
LOccident a mis fin depuis longtemps à cette loi de la jungle en menant la guerre
ou en menaçant les aventuriers comme Hitler et dautres ; il a aussi mis en place
une éthique des relations internationales avec des instruments juridiques qui ont permis
de juguler la pure violence. LAfrique doit simprégner de cette éthique afin
dentrer dans le vingt-unième siècle comme un continent gouverné par des règles
et capable de conduire ses peuples à la paix et aux développement. Plutôt que de
vouloir dominer les autres, ce que certains ont tenté en vain les pays européens ont
voulu, au-delà des guerres, réaliser une meilleure
Ces règles sont :
· inviolabilité des frontières
· intégrité territoriale des Etats
· égalité souveraine, respect des droits inhérents à la souveraineté
· non recours à la menace ou à lemploi de la force
· règlement pacifique des différends
· non-interventions dans les affaires intérieures dautres Etats
· démocratie et respect des droits de lhomme
· égalité des peuples et leur droit à disposer deux-mêmes
· bon voisinage et coopération entre les Etats
· exécutions de bonne foi des obligations assumées conformément au droit
international.
Un examen rapide prouve que la guerre actuelle découle de la violation de presque toutes
ces règles. Lun des prétextes fallacieux utilisés pour justifier lagression
contre notre pays a été linsécurité que celui-ci entretiendrait contre certains
pays voisins. Cest là un non-sens quil faut récuser sans complaisance. Le
Rwanda et lOuganda sont confrontés à des rébellions déjà actives avant
lavènement du Gouvernement de Salut Public conduit par Mzee Laurent-Désiré
Kabila. Est-il dès lors sérieux dimputer au nouveau régime congolais
linsécurité dans les deux pays ?
Une telle allégation est dautant plus absurde et ridicule que ces pays sont
secoués par des tensions politiques et sociales depuis des décennies, et que
linsécurité actuelle trouve ses origines dans des causes internes, sans rapports
avec la République Démocratique du Congo. Exclure du pouvoir la majorité de la
population, installer un régime oppresseur et répressif et en même temps attribuer le
mécontentement de son peuple aux voisins, voilà qui relève de la mauvaise foi. Faire la
guerre au voisin pour assurer sa propre sécurité ne peut aboutir à une paix durable.
Car aujourdhui la République Démocratique du Congo agressée exige aussi des
garanties sur sa sécurité. La sécurité nest pas la condition de la paix mais son
résultat. Seule la paix à lintérieur et à lextérieur des frontières
respectives garantira une sécurité effective et collective. Et le Gouvernement congolais
préconise depuis longtemps la création dune force dinterposition pour
assurer le conditions de la paix. La cohabitation est intimement liée à la paix et à la
sécurité des Etats voisins.
DE MOBUTU A KABILA
Le peuple congolais est conscient du pillage sauvage du pays depuis des décennies par des
dirigeants véreux nous imposés de lextérieur. Démagogue de surcroît, ce monde
extérieur na jamais été préoccupé par la prospérité et lépanouissement
du peuple.
Léclaircie du «politique au service de la Nation» amorcée par Patrice Emery
Lumumba en 1960 (premier Premier Ministre de la République Démocratique du Congo) a
été vite réprimée et étouffée par son assassinat barbare. Et, à la place, avec la
bénédiction des puissances occidentales mieux identifiables une dictature abjecte
entraînant la chosification du peuple a été installée et entretenue durant 32 ans. Les
droits et libertés fondamentales de lhomme ont été bafoués. Le peuple congolais
(zaïrois) a subi de manière particulière les effets pervers de cet avilissement
criminel caractérisé notamment par :
· la pauvreté inhumaine des fonctionnaires et Agents de lEtat à cause de la
perception des salaires de misère qui ne suivaient jamais le renchérissement effréné
du coût de la vie ; en guise dillustration, un fonctionnaire moyen des services de
lEtat, avait un salaire mensuel de 0,125 $; la clochardisation des diplomates
congolais qui nont plus perçu leurs salaires depuis plus de 7 ans; au moment où le
pays comptait parmi les plus grands importateurs africains des voitures de luxe, les
dignitaires du régime arboraient des comptes bancaires juteux, des villas et divers biens
à létranger;
· la dépréciation généralisée des outils et conditions de travail détériorant la
viabilité des entreprises et leurs capacités de production;
· la situation socio-sanitaire très précaire;
· la précarité de lemploi et de la carrière professionnelle causée
principalement par lintrusion de la politique politicienne en milieu du travail
entrant le trafic éhonté dinfluence et des discriminations sociales au sein de la
communauté travailleuse.
· Lincapacité des gouvernants à assurer la justice et la véritable paix sociale
ainsi que lincohérence de leurs politiques sur lemploi, la main doeuvre
et la prévoyance sociale.
· Pour survivre, le peuple congolais sest évertué dans «larticle 15
débrouillez-vous» et on leur faisait croire cyniquement que leur salut dépendait de
laumône extérieur à travers des programmes fallacieux de «rigueur» Il fallait
donc pour restaurer lhonneur, la dignité de ce peuple et amorcer la reconstruction
nationale pour le développement du pays, que cet état piteux des choses change.
Malgré le mécontentement de la population depuis la dérive de la «zaïrianisation
(nationalisation)» en 1974, létablissement du pluralisme politique de tâtonnement
en 1990 après des consultations populaires qui révélèrent à quel point le régime
dictatorial était honni par les forces vives du pays, et partant le foisonnement
inconsidéré des partis politiques sans base populaire réelle dont la plupart étaient
créées par le dictateur et composés des membres de famille de leurs dirigeants,
.consacrèrent en fait dans ce pays la politique politicienne visant le repositionnement
de nombreux politiciens véreux, la recherche de leurs intérêts égoïstes et de ceux de
leurs soutiens extérieurs à travers le credo du partage équitable et équilibré du
pouvoir; ce qui a entraîné, somme toute, la prise en otage du peuple et
particulièrement, le maintien de la population active dans une situation de marasme et de
misère exacerbées.
Exaspérées par cette situation chaotique du régime dictatorial de la 2ème République,
le peuple congolais sadonna à la résistance passive et parfois active. Vint alors
la libération du 17 mai 1997 conduite par MZee Laurent Désiré Kabila. Depuis son
déclenchement, à lexception de la parenthèse honteuse de quelques actes de
violations des droits de lhomme perpétrés par des militaires tutsis rwandais alors
alliés à lAFDL sur les réfugiés Hutus errant sur le territoire congolais, cette
libération fulgurante fut appréciée par toutes les forces vives congolaises
Et à partir de la victoire finale du 17 mai 1997, la République Démocratique du Congo
commence à sorganiser péniblement avec seulement ses propres ressources internes
sans assistance extérieure même humanitaire dont le cordon a été curieusement coupé.
Sous limpulsion de MZee Laurent Désiré Kabila, le peuple congolais apprend
à ne compter que sur ses propres efforts. Au bout dun an, les contours de cette
autodétermination en vue dune véritable reconstruction nationale précisent :
progressivement lautorité de lEtat se restaure, la sécurité de personnes et
de leurs biens se concrétise, la lutte contre limpunité et les détournements est
déclenchée, ladministration publique se réorganise, nos villes commencent à
fleurir, le fonctionnement moyen voit son salaire mensuel relevé momentanément de 0,125
$ à 20 $ US, les travaux préparatoires pour la fixation du SMIG sont achevés et
nattendent que la tenue du Conseil National du travail pour la finalisation, la
cacophonie politicienne est apaisée, la réform
Bref lespoir renaît dans tout le pays, et inexorablement la confiance se restaure
par limplication des travailleurs dans les efforts de reconstruction et de relance
de léconomie du Congo-Kinshasa. Et voilà le moment choisi par la vieille classe
politique tant décriée, cette fois-ci parsemée de quelques professeurs
duniversité aux nationalités douteuses pour venir jouer aux marionnettes dans
cette macabre danse sanglante orchestrée par les «Banyaruanda» en armes avec les
frères de lOuganda contre notre pays. Elle est donc poussée de reprendre le
pouvoir en RDC pour nous ajouter encore, aux maux considérables quils ont causés
avant le 17 mai 1997, la mainmise tutsie.
LETAT DE CETTE GUERRE DINVASION
Etant clairement établi que la RDC, Etat souverain et indépendant, subit une agression
extérieure du Rwanda et de lOuganda commanditée par certaines puissances
occidentales, le peuple congolais sindigne de la passivité de la communauté
internationale, et particulièrement de lhypocrisie du Conseil de sécurité de
lONU qui ne parvient même pas à condamner sans équivoque le Rwanda et
lOuganda pour les obliger à quitter le territoire congolais.
Dans leurs différentes communications, les officiels rwandais avancent que lune des
causes de cette guerre au Congo est lincapacité du gouvernement congolais à
pouvoir sécuriser les frontières avec le Rwanda en vue dempêcher les incursions
des rebelles hutus.
Nous rappelons que durant les 15 mois du pouvoir AFDL au Congo, larmée était entre
les mains de Monsieur James Kabarehe, le Gouverneur du Nord-Kivu, le vice-gouverneur du
Sud-Kivu et plusieurs autres autorités nationales de lEst du pays étaient des
tutsis en récompense momentanée de leur concours durant la guerre de libération de
1997. Ce sont alors justement ces gens qui devaient être plus motivés et empêcher
déventuelles incursions hutu au Rwanda.
Bien plus, le 05 septembre 1998, pendant que ces mêmes frontières sont surveillées par
les militaires rwandais au Congo dans les deux Kivu occupés et au Rwanda, les groupes
armés Hutu ont réalisés un grand forcing à lintérieur du Rwanda en libérant
plus de deux mille prisonniers hutus. Peut-on dire que les Bizima, ZAhidi, Bugera et
autres soldats rwandais qui les accompagnent dans leur aventure sont aussi incapables de
sécuriser les tutsis au pouvoir au Rwanda ? Le problème est mal appréhendé, et
manifestement il est ailleurs.
Dès lors, une série dinterrogations simpose.
Quels sont les prétendus intérêts rwandais et ougandais sur le territoire congolais que
les voies diplomatiques ne pouvaient régler pour justifier linvasion de la RDC ?
Pourquoi certaines grandes puissances occidentales qui régentent lONU se sont
curieusement tues pendant la progression des agresseurs étrangers et leurs marionnettes
congolaises, et ne sactivent quen ce moment pour bloquer la reconquête du
territoire national occupé et nous imposer des négociations avec ces politiciens
décrits précédemment ?
Pourquoi lONU, les USA, la France, les Organisations internationales de défense de
droits de lhomme et la Communauté Européenne se gardent de dénoncer et de
condamner clairement les exactions, les massacres des civils, des prêtres, des
religieux,... et les pillages perpétrées par les tutsis rwandais à Uvira, Lemera,
Kasika, Kalambi, Kilungutwe, Butembo et consorts ?
Les tutsis «Banyaruanda» abusivement appelés Banyamulenge qui sont quémandeurs de la
nationalité congolaise, peuvent-ils raisonnablement lacquérir par les armes en
semant la mort parmi les autochtones ?
Mulenge : Petit village situé à Uvira où le colon belge avait installé les immigrants
tutsis; et qui pour mieux dissimuler sa vrai identité sest surnommé «
Banyamulenge».
Croit-on sincèrement que des divergences de vues sur lévolution de la
démocratisation en RDC seront aplanis par la guerre impliquant le Rwanda et
lOuganda ainsi quen propulsant certaines marionnettes congolaises inconnues de
la majorité des Congolais ou, tristement célèbres dans des hauts faits de vol, pillage,
des richesses de létat pendant le règne déchu de Monsieur Mobutu?
Comment expliquer le mutisme de lONU, de la Commission des Droits de lhomme de
la communauté Européenne, et des autres Organisations des Droits de lhomme devant
lacte odieux perpétré par les forces dinvasion qui ont sadiquement coupé
lélectricité du barrage dInga, privant ainsi les populations civiles
deau et de courant électrique, et provoquant par ricochet la mort de centaines de
malades et des bébés dans des hôpitaux ? Allant jusquà abattre un avion civil en
plein vol à Kindu. Pourquoi les auteurs et les commanditaires de ces actes insupportables
en ce 20ème siècle ne sont pas encore poursuivis pour crime contre lhumanité ?
Le répit de deux ans des adversités et activismes politiciens décrétés par le
Président de la République de la RDC pendant la transition pour restaurer notamment
lautorité de lEtat paralysée à la fin du régime mobutien, est bien
apprécié du peuple congolais. Il ny a que des politiciens véreux, assoiffés de
pouvoir et en mal de repositionnement qui narrivent pas à en saisir la nécessité.
Mais les populations congolaises, quant à elles le comprennent.
CONCLUSION
Au cur de ce qui anime et inspire la volonté politique du Chef de lEtat
Congolais, il y a la notion de paix. Et comme il aime à sinterroger : comment
envisager valablement le développement, qui est la condition sans laquelle notre
aspiration à la dignité resterait un vu pieux, sans installer la paix comme ciment
de ladite prospective ?
Puisse-t-elle réactualiser nos traditions de tolérance et de convivialité ;
puisse-t-elle tenir loin de nos frontières les démons de la haine qui poussent un paysan
à assassiner son voisin sans autre raison que son appartenance à une autre ethnie, qui
justifient les exactions de militaires abattant de sang froid des femmes et des enfants.
Le peuple congolais remercie chaleureusement les Présidents et le peuple de
lAngola, de Zimbabwe et de la Namibie, du Tchad et dautres pour leurs soutien
à la juste cause congolaise, manifestant ainsi leur panafricanisme agissant.
Il remercie également les pays occidentaux qui ont essayé dapporter leur modeste
contribution pour laboutissement dune paix durable en RDC.
Sauvegardons désormais les liens de coopération digne et avantageuse entre les peuples
pour le mieux être de lhumanité.
Association Lusadisu
|