Opération Baie des cochons.
Il faut entendre par "opération Baie des Cochons" le débarquement via le
Nicaragua de 1500 hommes (mercenaires américains et exileés cubains) entrainés par la
CIA au Guatemala sur la Playa Giron dans la Baie des Cochons sur les côtes cubaines le 17
avril 1961. . Ce débarquement fut l'illustration d'une épreuve de force entre les USA et
le gouvernement Fidel Castro. L'objectif prioritaire était, de toute évidence, de mettre
à bas le régime Castro. Cette opération fut précédée le 15 avril de la même année
d'une expédition aérienne préparée par la CIA mais confiée aux pilotes cubains
exilés aux USA.
En ce qui concerne cette opération, la qualification d'"invasion américaine"
contre Cuba n'a jamais fait l'objet de discussions. L'intention américaine d'envahir Cuba
était établie. En effet, la CIA avait procédé au recrutement et à l'entrainement de
ses troupes auxquelles étaient associés des exilés cubains partisans de l'ancien
président BATISTA renversé par Fidel Castro.
L'opération fut entièrement américaine, c'est-à-dire conçue, préparée, ménée par
les forces armées américaines, et plus est engagée par le président américain John
Kenedy. Ce qui explique que John Kenedy assuma personnellement l'entière responsabilité
de l'echec de l'opération. Cela étant il est
aisé de faire la différence entre l'opération Baie des Cochons et l'actuelle rébellion
au Congo.
- L'opération Baie des Cochons ne fut pas une rébellion intérieure ni extérieure
cubaine qui béneficia du soutien des Etats-Unis mais bien un débarquement ou une attaque
armée américaine contre le régime au pouvoir à Cuba. La théorie de droit
international est claire et sans équivoque sur ce sujet.
- A l'inverse, l'actuelle rébellion au Congo est une rébellion intérieure, un mouvement
de soulevement armé composé essentiellement d'une partie ses éléments des Forces
armées congolaises (222è brigade, 10è Bataillon des commndants JP Ondekane et Sylvain
Buki et d'autres unités en formation à Kitona) et de certains leaders de la scène
politique nationale. Pour des raisons que vous connaissez, les armées rwandaise et
ougandaise sont venues en soutien à cette rébellion comme par ailleurs Mr Kabila avait
eu le bénéfice du soutien de ces mêmes pays lors de sa rébellion de 1996-1997.
Je me suis toujours posé la question suivante: Si la rébellion de 1996-1997 pendant
laquelle l'armée rwandaise, déguisée en AFDL installa Kabila au pouvoir ne fut pas
qualifiée d'agression étrangère en foi de quoi celle du 2 août pourrait l'être ?
De l'exercice des fonctions politiques.
Exercer des fonctions politiques n'est pas une finalité ni une obssession de ma vie.
Toutefois, si j'étais amené à cette tâche, je le ferai suivant les voies de droits,
c'est-à-dire par l'élection. Si le verdict des urnes ne m'est pas favorable, je
l'accepterai et attendrai les écheances électorales à venir.
Il est certes vrai que certaines fonctions politiques ne requièrent pas l'élection. Vous
citez à titre d'exemple les fonctions au sein du gouvernement. Sachez cependant que dans
un Etat de droit, le gouvernement est aussi à certain niveau l'émanation d'une élection
soit présidentielle (si le système politique est présidentiel, le président élu nomme
le premier
ministre qui forme le gouvernement), soit législative (si le système politique est
parlementaire, le parti majoritaire à l'Assemblée forme le gouvernement). Comme vous le
savez, je suis partisan du droit et non de la confusion. En conséquence, pour ma part,
toute hypothèse de participer à un gouvernement non issue des voies de droit est à
exclure.
Un appel de ma personne dans la situation actuelle.
Je voudrai d'abord préciser que je ne suis pas un leader politique. Un appel de ma
personne dans la situation actuelle, je le déclinerai pour les deux raisons suivantes:
- une raison d'études. Au niveau où je suis, je ne pourrais pas interrompre les études.
-une raison de respect des principes, de probité, de constance des convictions et de
morale démocratique. Quelque soit le poste proposé, jamais je ne me compromettrai en
composant avec un regime venu au pouvoir en dehors des règles élémentaires de droit et
de démocratie, et qui cimente son pouvoir sur la sang des autres, la haine ethnique et
les appels à la xénophobie et au génocide. Je ne compromettrai jamais avec un régime
qui a
choisi la terreur comme système de gouvernement et dont l'action aboutit à des
bouleversements qui entrainent le passage du Congo sous l'entière domination des pays
dont il a fait des "puissances étrangères". Ce que nous sohaitons, c'est que
le gouvernement Kabila négocie avec la rebellion qui est déjà prête à exercer le
pouvoir dans le cadre pluraliste dont vous parlez.
A la prochaine,
Faustin Kutshienza
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