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Arrogance politique, et propagande de l'opinion publique doit savoir au Congo. Au frère Bernard Ilunga

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Faustin Kutshienza
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Frère Beranard Ilunga,

1. Avant de développer à votre intention les concepts d'arrogance politique et la propagande de l'opinion publique doit savoir, permettez-moi, en rapport avec votre dernier message, de revenir brièvement sur la thèse de l'agression rwando-ougandaise.

2. Il est parfaitement de votre droit de voir dans la reconnaissance par Paul Kagamé de la présence de ces troupes au Congo et le changement intervenu à la tête du commandement militaire de la rébellion des preuves irrefutables qui confirment la thèse de l'agression.

3. Concernant la présence des troupes rwandaises, je vous suggère de lire l'article de Mr. Clement Kanyinda: Mes doutes: il y a des raisons d'être pessimiste du 17/11/1998. Mr Clement Kanyinda écrit au point 2, je cite: "Il n'y a que des aveugles qui peuvent penser que ceci(la reconnaissance de la présence des troupes rwandaises) comme un élément nouveau". Ce qui, à mon avis, rejoint ce que j'avais déclaré dans un de mes messages: "la présence des troupes rwandaises n'est pas un fait nouveau". Ce que Paul Kagamé avait
reconnu en substance, c'est l'implication de son pays dans l'actuelle rébellion. Or, si l'on s'entient à cette implication, permettez de vous rappeller que ce n'est pas la première fois que Paul Kagamé affirme soutenir une rebellion congonlaise bien après qu'il ait nier. Souvenez-vous qu'alors que dès le début de la rébellion de 1996-1997, tout laissait croire
en une implication du Rwanda, Paul Kagamé ne reconnut cette implication que tard le 6 mars 1997. A cette occasion, il dit: " Kabila est un allié, un ami. Il vient ici pour des consultations, et puis il voyage à partir de chez nous". La deuxième fois, il reconnut le rôle actif des soldats rwandais dans la rébellion bien après l'intronisation de Mr Kabila. Ce fut dans un entretien au quotidien américain The Washington Post. Il fit deux
déclarations principales: " Nos soldats qui sont au Congo remplissent une mission (de paix). Dès que cette mission sera terminée, ils retourneront" et " Nos troupes ont encadré la rébellion congolaise du début à la fin". Cette dernière déclaration fut interprétée en son temps par les média comme une revendication par le Rwanda de la paternité de la rébellion. Ce qui ne plût pas à Mr Kabila. A noter que malgré ses décalrations, la rébellion de Mr Kabila ne fut qualifiée par personne d'une agression rwandaise contre le
Zaîre de Mobutu.

4. Concernant le changement intervenu à la tête des forces rebelles, c'est-à-dire la nommination du général ougandais James Kazimi en qualité de commandant chef en lieu et place du congolais J.P Ondekande, je vous dirai d'abord que cela est une caractéristique de ces rébellions qui sont soutenues par le Rwanda et l'Ouganda. Souvenez-vous que le premier commandant de l'Armée de Libération du Congo (ALC) de l'AFDL fut Ngandu
Kisasse. Après son assassinat planifié, il fut remplacé par James Kabare. Malgré ce changement, personne de ceux qui soutiennent aujourd'hui la thèse de l'agression déclara que le Zaîre etait agréssé.

A noter que pour le Rwanda et l'Ouganda, le changement à la tête du commndement rebelle répond non seulement à une nécessité tactique en vue de renforcer la rébelion mais surtout pour être plus que jamais (selon leur déclaration) prêts à mener la guerre totale contre les armées angolaise, zimbabwéenne, namibienne et tchadienne en territoire congolais comme l'aura manifestement voulu le gouvernement de Kinshasa.

6. Le Rwanda n'envahira jamais le Congo. Mr Kabila l'avait d'ailleurs déclaré, je cite: " Quand même le petit Rwanda ne va pas avaler le Grand Congo". Le Rwanda et l'Ouganda veulent le départ de celui qu'ils ont eux-mêmes porté au pouvoir. Ce qui est doublement regretable, c'est le fait de voir ces pays devenir "faiseurs" des présidents au Congo, et notre peuple plongé dans une logique de guerre et donc des souffrances, alors qu'il avait choisi en 1990 la voie pacifique pour redresser son pays après 32 ans de
dictature et de recul. Pour éviter que cette situation se perpetue, il faut attaquer le mal à la racine. Cela dit, j'en viens à présent aux concepts cités ci-haut.

7. Lorsque l'on fait une analyse approfondie de la façon dont le pouvoir est exercé, on peut constater que depuis que les Banyamulengues l'ont tiré de sa retraite politique, Mr. Kabila et son gouvernement ont choisi la terreur comme système de gouvernement, l'arrogance politique comme moyen de cacher les faits et étouffer la vérité, et la propagande de l'opinion publique doit savoir comme mécanisme pour rallier injustement l'opinion publique à leurs vues souvent érronées.

L'ARROGANCE POLITIQUE QUI VISE A CACHER LES FAITS ET ETOUFFER LA VERITE.

8. Le gouvernement traite les dossiers d'intérêt superieur de la République comme des affaires familiales. Ce qui implique que le peuple est tenu à l'écart des faits soit qu'il est désinformé soit il est simplement manipulé.
Mais dès que la vérité pointe à l'horizon, le gouvernement s'emploie à l'arrogance politique au moyen des arrestations, emprisonnement, revocations et mise en résidence surveillée pour l'étouffer. Dans ce cadre on peut citer les arrestations récentes de l'ancien Ministre des Finances, Mr Tala Ngai pour avoir avoir déclaré entre autre "l'effort de guerre absorbe l'essentiel des ressources pour la reconstruction", de l'ex PDG de la Gécamine, accusé d'avoir dénoncé les irrégulatités en ce qui concerne le contrat de cession de la Gécamines à un groupe industriel zimbabwéen, de l'ex-Ministre de la Santé, Dr Sondji pour avoir dénoncé le vice de procédure en ce qui concerne le projet de Constitution du pays. Aujoud'hui, quelques soient les collaborateurs de Mr Kabila depuis Goma jusqu'à Kinshasa, on trouve très peu sont encore en libérté. Je crois que tous les autres sont sur le qui vive par rapport à ce qui se passe à Kinshasa.

LA PROPAGANDE DE L'OPINION PUBLIQUE DOIT SAVOIR.

9. Chaque que le gouvernement est confronté à des évenements d'ampleur dans lesquels sa responsabilité est d'une manière ou d'une autre engagée, il recourt à la propagande pour s'attirer injustement l'adhésion de l'opinion publique. C'est ainsi que confronté au dossier de massacres des réfugiés hutus rwandais, le gouvernement se rallia l'opinion publique congolalise au moyen d'un discours paradoxal de négation des faits: "il n'y a jamais eu des
massacres au Congo" qui se mellait à la relativisation des exactions "c'est un petit problème". De plus le gouvernement opposa la population à la mission de l'ONU et l'incita à des mainfestations (hostiles) anti-onusiennes. Pour se faire, le gouvernement brandit la thèse de la profanation des tombes notamment à Mbandaka. Or , en réalité, le exhumations auxquelles la mission d'enquête avait procédé avaient pour but de mettre à
jour les fosses communes. Aujourd'hui, ces massacres et l'existence de charniers ont été confirmés. Que devient alors la thèse de la profanation des tombes ? Non fondéé ou caduque ?

10. La propagande de l'opinion doit savoir est également à l'oeuvre en ce qui concerne la guerre. Ici, l'objectif ultime du gouvernement est que l'opinion doit savoir que le Rwanda et l'Ouganda sont les agresseurs.
L'offensive diplomatique de Mr Kabila depuis le debut de cette guerre s'inscrit dans cette ce cadre. Malheureusement, il semble que c'est auprès des gouvernements de même genre que celui du Congo que cette propagande trouve écho. En revanche, les gouvernements "responsables" des autres pays déplorent l'implication des troupes étrangères au Congo dont ils exigent par ailleurs le retrait afin de faciliter un reglèment pacifique de la crise.
C'est également auprès des personnes que le Professeur Jules de Tiberio appelle les chantres de la négation, partisans de la confusion et des autres que l'Association des Moralistes Congolais désignent par les " bas instincts de la population congolaise" que cette propagande trouve écho.

11. Frère Bernard Ilunga! Sauf poursuite de la logique de guerre, Mr Kabila négociera directement avec les rebelles. C'est à cette occasion que se revelera le fondement ou le non fondement de la thèse de l'agression. Si elle est fondée, alors le ridicule me couvrira. Je l'assumerai.

Mes salutations.


Faustin Kutshienza
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