| Frère Bernard Ilunga, 1. Je vous remercie d'avoir signifié que vous n'êtes l'avocat de
personne.
Dur comme roche, vous êtes au service de la vérité sans
toute fois en détenir le monopole. C'est vrai, Frère Bernard, car Dieu seul détient la
vérité puisqu'Il est la VERITE.
2. Frère Bernard Ilunga, puisque vous êtes au service de
la vérité, vous aimez donc la vérité. Si vous aimez la vérité, vous devrez haïr le
mensonge.
3. Notre préoccupation est la FIN de la GUERRE le plutôt
possible.
Cependant, comment peut-on mettre fin à la guerre le
plutôt posible si il n'y a pas de négociations entre Monsieur Kabila et le Professeur
Wamba Dia Wamba, le premier représentant le gouvernement et le second, la rébellion ?
4. Certes, il y a aussi une autre façon de mettre fin à
cette SALE GUERRE: la victoire de l'un des camps, soit Kabila , soit la rébellion. Mais,
ceci implique la poursuite de le guerre avec comme conséquence son cortège des morts au
sein du peuple congolais. Or, Frère Bernard Ilunga, nous ne voulons pas que la guerre
continue. Donc, les deux parties en conflit doivent NEGOCIER.
5. Comme Mr Kabila, vous considérez que Wamba Dia Wamba
et consort sont des marionnettes? Savez-vous, Frère Bernard Ilunga que Mr. Mobutu avait
qualifié Mr. Kabila de marionnette, homme de paille à la solde du Rwanda et de l'Ouganda
? Mais, devant l'avancée de Mr.Kabila et forcée par les USA et l'Afrique du Sud,
n'est-ce pas que Mr. Mobutu s'etait assis sur la même table que Mr Kabila ? Il me semble
que ce soit pareille aujourd'hui entre Kabila et le Prof. Wamba Dia Wamba. Si l'on veut la
fin de la guerre dans notre pays, la première marionnette (Kabila) doit négocier avec la
deuxième marionnette (le Prof. Wamba Dia Wamba).
6. Vous dites que cette guerre est essentiellement UNE
GUERRE IMPERIALISTE AMERICANO-TUTSI. Connaissez-vous celui qui a donné, le premier,
l'occasion aux Américains et Tutsi d'exercer leur impérialisme sur le Congo ?
7. Puisque vous êtes, Frère Bernard Ilunga, un homme au
service de la vérité, voici un peu de vérité: Mr. Kabila est le PRODUIT des Americains
et des Tutsi. Ce sont eux qui l'ont porté au pouvoir à Kinshasa en dehors de toute
volonté du peuple congolais. De même il (Mr. Kabila) est venu par leur volonté, de
même ils le font partir par leur volonté. Si, lors de la venue de Kabila par la volonté
américano-Tutsi, il n' y a pas eu d'agression du Zaîre par le Rwanda et l'Ouganda,
aujourd'hui où il doit partir, il est MALHONNETTE de brandir la thèse d'une agression.
8. Pour mieux comprendre que la thèse de l'Agression est
denudée de tout fondement, il faut examiner le contexte qui a précedé le déclanchement
de la rébellion actuelle. Dans ce contexte, Mr. Kabila etait un HOMME INDESIRABLE aussi
bien sur le plan national qu'international.
9.SUR LE PLAN INTERNATIONAL, les Etats-Unis qui ont porté
et installé Kabila au pouvoir lui reprochaient de vouloir instaurer une nouvelle
dictature au lieu d'ouverture politique en vue de l'Etat de droit et de la démocratie, de
ne pas respecter les engagements pour lesquels ils l'avaient porter au pouvoir.Cfr les
visites du Pasteur Jesse Jackson et Mme la Sécrétaire d'Etat Albraigth. De plus il lui
était reproché de pactiser avec Fidel Castro (Cuba) et le Colonel Kadhafi (Libye).
Auprès de Fidel Castro, Kabila voulait savoir comment le Cuba resiste à l'embargo
américain et en Libye, comment Kadhafi tient tête aux Etats-Unis. QUELLES STIPUDITES ?
10. Avec l'ONU, Kabila avait engagé un bras de fer dans
le dossier des massacres des refugiés HUTUS qu'il a par la suite reconnus à Durban en
Afrique du Sud en marge du Sommet des Non Alignés. Massacres qui seront également
reconnus par Mr. Victor Mpoyo Ministre d'Etat de Kabila en ces termes: "Nous savions
que des massacres étaient commis sur les refugiées Hutus, mais on nous avaient fermé la
bouche".
11. SUR LE PLAN REGIONAL, les relations de Kabila avec ses
anciens Alliés le Rwanda , l'Ouganda et l'Angola d'abord et avec les autres pays
africains notamment d'Afrique francophonne n'étaient pas au bon fixe. Souvenez vous du
boycot par touts ses pays du Sommet de Kabila sur la Solidarité et le Développement.
12. SUR LE PLAN NATIONAL , l'impopularité de Kabila
grandissait à la suite des éxecutions sommaires, condamnations arbitraires (NGOMA
ZAHIDI, OLENGA NKOY, ANSELME MASASU), rélegation (Etienne TSHISEKEDI), sa détermination
à faire de l'AFDL un nouveau PARTI-ETAT après le MPR, la Tribalisation du pouvoir que
certains congolais ont nommée la "KATANGALISATION DU POUVOIR" et l'accaparation
et la conentration du pouvoir autour de sa seule personne voulant ainsi règner en
MONARQUE ABSOLU (NZEE KABILA).
13. Au sein de son gouvernement, la frustration par Kabila
de ses compagnons Tutsi s'accélerait: arrestation des uns, limogage des autres pour les
remplacer par sa famille Katangaise. Cfr, la presse de Kinshasa.
14. Au sein des Forces Armées, Kabila a frustré ses
compagnons "les lieutenants de Kabila" et a systématiquement négligé
certaines unités notamment les Ex-FAZ qui, pourtant avaient refusés de combattre pour la
Dictateur Mobutu. Mr. Kabila a traité ces dignes fils du Congo en véritables prisonniers
de Guerre notamment à KITONA.
15. Dans ce contexte, Mr. Kabila s'est retrouvé laché et
isolé de par tout sauf de Robert Mugabe (Zimbabwe) conduit par des intérêts
économiques personnels.
16. Sentant qu'une rébellion devrait éclater contre lui,
Mr. Kabila a trouvé l'astuce de s"attirer l"adhésion du peuple congolais. Pour
ce faire, il a profité du SENTIMENT ANTI-RWANDAIS qui a toujours existé dans notre pays
en prenant sa décision de mettre fin à la présence rwandaise dans les Forces Armées.
Cette décision est l'ALIBI DE TAILLE dont il s'est servi pour brandir la thèse de
l'agression après le déclanchement de la rébellion. Comme le peuple congolais est en
majorité NAÏF, il a cru et continue de croire.
17. Comme vous pourrez le constater, la THESE D'AGRESSION
EST DENUDEE DE TOUT FONDEMENT. Elle n'est qu'un alibi pour s'attirer l'adhésion populaire
et justifier une guerre que l'on aurait pu éviter. de telles stratégies sont souvent
utiliseés par des présidents en panne de popularité dans leurs pays. A titre d'exemple,
confronté à l'Affaire Monica Lewinsky, Bill Clinton avait ordonné des frappes au Soudan
et en Afganistan profitant des attentats de Nairobi (Kenya) et Mombassa (Tanzanie).
18. Si des congolais soutiennent que BIZIMA KARAHA,
DEOGRTIAS BOUGERA, JAMES KABARERE sont des Rwandais, Mr. Kabila lui-même n'a jamais remis
en cause leur appartenance à la nation congolaise. Rapellez-vous que des congolais ont
trouvé la mort pour avoir dénoncé leur présence dans les institutions de la
République. Mr. Kabila ne les avaient pas graciés.
19. Frère Bernard Ilunga. La natinalité congolaise des
deux ethnies venues du Rwanda et du Burundi (les Hutus et les Tutsi) a été relise en
cause par l'Assemblée Nationale en 1981. SI aujourd'hui les Tutsi notamment voudraient
exercer un impérialisme sur le Congo, n'est-ce pas avec la bénediction de Mr. Kabila ?
20. Frère Bernard Ilunga. La rébelion actuelle obéit au
même schéma que celle de Kabila de 1996-1997, c'est-à-dire partie de l'Est avec le
soutien du Rwanda et de L'Ougnda avec comme principaux combattants les Banyamulengues
(Tutsi). Ces deux rebellions diffèrent du point de vue de l'objectif: celle de Kabila
visait le départ de Mobutu, l'actuelle vise sans doute celui de Kabila. Tels sont les
faits. Ces faits ne sont pas déformés.
Etant donnée que la rébellion de Kabila n'a pas été
considéré comme une Agression du Zaîre par le Rwanda et l'Ouganda, C'EST UNE MALHONNETE
de voir dans l'actuelle rebellion une agression par le Rwanda et l'Ouganda.
21. Frère Bernard Ilunga. Vous parlez des présidents
africains qui sont traités comme des enfants en Occident. Savez-vous pourquoi ? C'est
parce qu'au lieu de d'obtenir le pouvoir et la légitimité de leur peuple, certains
présidents africains quémandent le pouvoir et la légitimité auprès des puissances
occidentales à travers des rébellions par lesquelles ils sont portés et installés au
pouvoir. La conséquence logique est que certains présidents africains sont le PUR
PRODUIT des occidentaux.
22. Aujourd'hui, le défi de l'Afrique n'est pas de dire
NON au reste du monde ni à l'Occident. Le défi majeur de L'Afrique est d'opérer la
transformation politique, économique et sociale interne nécessaire au fonctionnement des
sociétés africaines démocratiques et des économies de marché, assurer les conditions
d'un développement durable, de l'éradication des conflits civils armés (rébellions) et
de la réduction de la pauvrété.
L'Afrique doit rompre avec la marginalisation économique
et s'intégere dans les échanges internationaux.
L'exemple d'ouverture du Japon, de la Chine et des pays de
l'Asie du Sud-Est devrait servir à l'Afrique.
23. Frère Bernard Ilunga. Si pour notre Terre-Mère, ses
fils croient que celle-ci se développera avec des dirigeants notalgiques d'idéologies
maoïste, marxiste-leniniste et qui trompent la population, eux-mêmes ignorants des
réalités économiques et politiques actuelles, alors, toutes les chances de son
développement sont d'ores et déjà perdues.
24. Si le peuple congolais est DIGNE de sa Souverainété
et FIERE de son Indépendance, s'il aspire à son développement économique et social, il
devra IMPERATIVEMENT se débarasser des tels dirigeants SANS INTELLIGENCE REELLE.
Car ils feront une fois de plus reculer notre TERRE-MERE:
La TERRE CONGOLAISE.
25. Vous êtes, Frère Bernard Ilunga au service de la
vérité. Voici une partie de la vérité, servez-là.
Faustin Kutshienza
Université d'Auvergne. |