| A Clement Kanyinda:
Comment relancer l'économie ? |
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| Faustin Kutshienza |
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Cher Monsieur,
1. Dans mon message du 15/10/1998, j'ai donné le préalables (conditions) à une relance
économique. Dans ce message, il faut lire au point 13: l'effort de guerre absorbe
l'essentiel de ressources.
2. Dans le présent message, je vais tenter de répondre sans trop entrer en détail à
votre question. Cette réponse est la mienne car quelqu'un d'autre pourrait vous donner la
sienne.
3. Relancer une économie, c'est la faire passer de la stagflation (récession) à la
croissance, c'est-à-dire réaliser des taux de croissance positifs.
4. Il n'existe pas un schéma type pour la relance de l'économie. Tout dépend du
contexte national et de l'ampleur de la crise dans le pays concerné.
5. L'économie d'un pays étant constituée de deux sphères: financière et réelle, il
est indiqué de choisir la sphère qui pourrait être le moteur de la relance par le biais
des effets d'entrainement. Sinon, adopter une sratégie mix visant à mener ds réformes
simultanées dans les deux sphères.
6. Dans le cas de la République démoc. du Congo, une fois les conditions de base du
développement remplies à savoir: un dégré minimum de cohésion sociale (l'absence de
guerre civile, rebellion) un minimum de stabilité macroéconomique (en terme d'inflation,
de solde budgétaire, de solde extérieur..) et les conditions minimales d'allocation
efficace de
ressources, il me paraît qu'il faille commencer la relance de l'économie par la
restructuration de la sphère financière nationale.
7. Cette restructuration devrait viser:
- la réorganisation du secteur bancaire et des autres institutions financières comme la
SOFIDE, la CADECO, les caisses d'epargne et de crédit rural;
- l'élaboration et la mise en oeuvre d'une politique monétaire avec une banque centrale
indépenadante et capable de gérer la monnaie et réguler l'économie.
8. Le but de la restructuration financière devrait être d'attirer les ressources
financières dont la sphère réelle a besoin. Ces ressources constituent les capitaux,
qui sont privés nationaux, privés étrangers et publics. Une fois investis, ces capitaux
sont les investissements susceptibles d'accoître la production des biens et services dans
le pays.
La sphère financière doit être l'instrument de financement de la sphère réelle. Elle
doit drainer les flux financièrs recquis par l'activité de production des biens et
services.
9. Comment et où investir les capitaux ? Aujourd'hui, deux facteurs tirent la croissance:
LES INVESTISSMENTS ET LES EXPORTATIONS.
Comment investir? Il faut investir de façon efficiente, c'est-à-dire que les
investissments devront se traduire en terme réel par une augmentation du PIB. Il faut
donc éviter des investissments de spéculation ou de prestige sans impact sur la
croissance.
Où investir ? Dans des seteurs d'activité productive et dans les ressources humaines.
C'est ici où il faudrait partager le rôle entre l'Etat et le secteur privé.
10. L'Etat devrait investir dans:
- les ressources humaines càd permettre d'assurer leur santé et leur formation
(enseigenement primaire et secondaire obligatoire, technique et professionnel ainsi que
l'université et la formation à larecherche).
Aujourd'hui, les investissements dans les ressources humaines font partie des
investissments productifs, car ce sont des hommes en bonne santé et bien formés qui
créent les richesses.
- les infrastructures de communication (routes en priorité, rails, ports et aeroports) et
les télecommunications.Le Congo sans routes est voué au sous-développement.
- les infrastructures de fourniture d'eau et d'électricité (SNEL, REGIDESO);
- la création d'un cadre juridique, institutionnelle et règlementaire favorisant
l'activité économique nationale et attirant d'avantage des capitaux privés étrangers
et nationaux.
11. L'Etat devrait également réorganiser le secteur public (entreprises publiques):
privatiser les entreprises qui ne répondent plus aux critères d'efficacité (allocative
ou technique), de la valeur ajoutée/PIB ou de l'encours du crédit à l'entreprise
publique/encours du crédit à l'économie pour éviter l'effet d'éviction du secteur
privé par le secteur public.
Certes la privatisation crée un marché de capitaux mais elle ne peut devenir un but en
soit, car vaut mieux une réoganisation efficiente et crédible de la gestion des
entreprises publiques congolaises qu'une privatisation sauvage.
12. Le secteur privé devrait investir dans les secteurs industriel (notamment la
production manufacturière), agro-industriel (produits agro-industriels alimentaires et
vivriers) et minier (produits miniers élaborés à haute valeur ajoutée).Ces
investissments devraient viser à stimuler les exportations, qui devraient rester le
pilier de la croissance.
13. Comme vous pourrez le constater, il faut attirer des capitaux sur le territoire
congolais pour aboutir à une hausse de l'investissment, soit un rapport Investissment/PIB
supérieur à 30% au moins.
14. La République démoc. du Congo possède beaucoup de ressources naturelles. Elles ne
sont que des potentialités. La dotation naturelle en ressources ne fait pas la croissance
sinon Singapour serait pauvre et la République démoc. du Congo riche (développée). Il
faut donc des investissments pour produire les biens et services (les exportations).
D'où, la dimension investissments et commerce pour reussir la relance économique.
15. A noter que ces investissments devraient se traduire également par un accroissement
de l'emploi et le progrès social, qui sont intimement liés au développement du secteur
privé autant qu'à l'amélioration du fonctionnement de l'Etat.
16. L'accroissement de l'emploi reduirait le chômage et permettrait aux congolais de
diaposer des revenus, ce qui relancerait la consommation intérieure. A noter que le taux
de chômage à Kinshasa par exemple était de 60% avant le déclanchement de la rébellion
d'août 1998.
17. Dans un environnement mondial en évolution rapide (mondialisation, globalisation) le
défi de la relance économique en République démoc. du Congo est: interrompre la
marginalisation économique et s'intégrer dans les échanges internationaux. Car,
l'histoire économique de ces dernières années a apporté une leçon sans équivoque:
c'est sa participation à l'économie mondiale qui est aujourd'hui la clef de la
croissance économique et de la prospérité d'une nation.
18. Le défi majeur de la République démoc. du Congo est donc d'opérer la
transformation politique, économique et sociale interne nécessaire au fonctionnement
d'une société démocratique et d'une économie de marché, assurer les conditions d'un
développement durable et d'une réduction de la pauvrété.
19. Voici décrit, sans trop en détail, comment relancer l'économie congolaise. Pour que
la relance reussisse, trois dimmensions sont donc nécessaires: la dimmension
institutionnelle; la dimension économique, sociale et environementale; l'investissment et
le commerce. Faustin Kutshienza |
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