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Trop de coïncidences...
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Clement Kanyinda
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Le Congo-Kinshasa est en prise a une guerre dont les raisons profondes sont difficiles a decouvrir.

Neanmoins il y a beaucoup de coincidences.

1. Le voyage du President americain en Afrique.

Le president des USA a fait le voyage en Afrique dans le but de relancer la nouvelle politique americaine a travers ce qu'il appelle "La nouvelle renaissance de l'Afrique". Pendant les preparatifs du voyage, Kinshasa etait cite comme une des escales du President americain. Helas! Ce n'est qu'en derniere minute que l'itineraire de Clinton a ete modifie. Ceci devrait etre un signal envoye au Chef de l'Etat du Congo-Kinshasa afin de reviser sa position vis-a-vis de l'administration Clinton. Dieu seul sait si cela a ete entendu comme cela a Kinshasa. Aujourd'hui que le Responsable de la politique exterieure de l'epoque est dans le camp oppose, il est difficile de savoir ce qui fut fait.

2. Les negociations FMI et Banque Mondiale.

Bien que la rencontre Gouvernement- institutions financieres, appeles amis du Congo, eut suscite beaucoup d'espoir, combien le peuple Congolais n'a ete decu par les tenants de la politique economique du Monde. Peut-etre, comparaison n'est pas raison, les memes institutions ont aide le Rwanda avant que la lumiere soit faite sur le genocide survenu a la chute du President Habyarimana. Ne citons le cas de Congo-Brazza pour ne pas allonger la liste. Dans le cas de Kinshasa, a peine arrive a Kinshasa, Kabila devrait s'expliquer avec l'ONU, si oui ou non il y a eu massacre des HUTU lors de l'avancee de ses troupes. (Notons que la demande a ete formulee pour la premiere fois par le pays qui partage avec nous la langue officielle).

Deuxieme signal envers Kabila pour lui dire, vous ne dependez pas de vous meme. Quelle a ete la reaction du gouvernement? Quant a l'argent promis, la partie qui a ete deboursee ne represente meme pas le centieme des besoins du Congo. A Kabila on lui a demande des miracles, parmi lesquels: une armee professionnelle dans moins de 15 mois sans argent, relancer l'economie dans un pays a 3 zones monetaires sans l'aide du FMI ni de la BM, organisations des elections libres et democratiques deux mois apres son arrivee au pouvoir, reforme de la sante et de l'education, etc ... tout cela sans l'aide exterieure. S'il avait reussi, il devrait etre decore car aucun humain, ne peut dans les conditions de Congo-Kinshasa battre un tel record.

La preuve, Rwanda, Congo-Brazza et Uganda recoivent de l'aide, mais tout n'est pas encore au point ...

3. La sortie du Franc-Congolais.

Un des paris de la reconnaissance de Kabila dans tout le pays, le retard dans la sortie du franc Congolais a ete presente comme un echec en plus dans la politique de Kabila. Plusieurs fois, il a ete reporte que le gouvernement etait incapable de realiser la reforme monetaire. D'ailleurs, les institutions financieres n'ont jamais imagine qu'un pays sorti de la guerre, puisse realiser une reforme monetaire sans son appui. Les commentaires n'ont pas ete tendres sur cette question. Il faut reconnaitre que c'est un des moments ou les 2 protagonistes de la politique au Congo sont sortis agrandis par la reforme monetaire. La negociation entre Tshisekedi et Kabila avant le lancement du Franc congolais a permis d'appaiser le public et avait ouvert le chemin vers des lendemains meilleurs. Un signal, cette fois-ci des Congolais envers le monde qu'ils peuvent s'entendre malgre les differences.

Pourquoi ne font-ils pas de meme afin de sortir le pays du goufre? Qui les a conseille d'eteindre cet espoir?

4. La parite du franc-Congolais.

Vraie ou fausse reforme? Cette reforme ne pouvait pas etre acceptee par les USA et les autres pays. Comment pouvait-on accepter que le franc-Congolais, venu juste apres une annee de guerre puisse s'echanger au meme taux que la devise forte: le dollar? Cela, sans le dire, n'a pas ete bien accueilli dans les milieux financiers, qui pouvaient considerer ce fait comme un vol. Cette reforme a fait que les epargnes en dollar aient connu un coup serieux, a Kinshasa. D'ailleurs, certains commentaristes sont restes incredules face au comportement du Franc congolais. Il apparait vraisemblable que si l'on laissait Kabila tranquille, il allait encore une fois "dribbler" (le mot n'est pas mien, je l'empreinte aux journalistes) l'opinion internationale et negocier la legitimation de son pouvoir, dont il preparait la victoire d'une main forte mais avec methode. Il n'est pas trop risque de dire que Kabila allait negocier avec Tshisekedi la formation de la Constituante, comme il l'a fait pour la Reforme monetaire. Le jeu a ete connu d'avance et il fallait arreter. C'est ce que nous vivons maintenant.

Tous ces elements reunis, il y a lieu de dire: tout homme normal place dans les conditions semblables devrait piquer des nerfs et perdre confiance en tout le monde. Traque de l'interieur et de l'exterieur, Kabila ne devait que agir d'une main forte pour se faire entendre. Avait-il un autre choix?

Aujourd'hui quel est le scenario probable qui pointe a l'horizon?

Aux derniers echos, il semble que l'on privilegie la solution negociee, parce que la solution militaire ne semble pas avancer, ni du cote gouvernement, ni du cote rebel. Pour preuve, les FAC et allies ont une superiorite numerique, je dirais meme technique sur le terrain. Mais ils ne sont pas battus a Kindu. Meme le Commandant Ondekane reconnait qu'ils sont entres sans beaucoup de difficultes. Il n'y a eu aucun avion de chasse qui a tente d'attaquer les positions rebelles. Cela signifie que le gouvernement ne veut plus se charger d'un hypothetique massacre en plus. L'histoire de cette guerre nous a demontre que les cameras et les chaines de TV montrent les images horribles lorsque c'est le gouvernement qui est incrimine. Du cote des rebelles, tout est propre, disent les medias. Les images viendront plus tard, nous en sommes surs. D'ailleurs, certaines presses vont jusqu'à dire que l'on prepare un gouvernement de transition sans Kabila (cfr Mail & Guard). L'on fera croire a Kabila que celui qui sera president pendant la transition ne devra pas se presenter aux elections. Va-t-il tomber dans ce piege?

Autre element en faveur de la negociation: les rebelles sont convaincus que la situation sociale et economique du Congo est difficile. Il n'y a qu'un gouvernement fort et appuye par le peuple qui peut prendre les mesures impopulaires afin d'assainir les finances publiques et imposer des reformes essentielles pour relancer l'economie. (Le President Kabila est en voie de reunir l'appui du public, bien qu'il lui reste des gestes a faire sur le plan politique). Les nouvelles qui nous arrivent font etat de la non-acceptation du mouvement rebelle dans les zones qu'il controle. Ce sentiment peut s'accentuer en cas d'une victoire militaire des rebelles. Les revendications qui attendraient les rebelles seraient encore plus dures que celles faites a Kabila. Les rebelles ont tout interet a negocier afin de ne pas se retrouver face a des protestations de tout genre. Il faut noter que dans plusieurs zones, les populations ont fui les villages afin d'echapper a des eventuels sevices. A leur place, on nous apprend que certaines populations les remplacent. C'est la meme tactique qui a ete appliquee au Rwanda, ou les quelques refugies Hutu qui avaient tente de rentrer se sont retrouves sans logis parce qu'occupes par les autres. Ainsi donc, lorsque les chefs militaires font dire aux journalistes de l'AFP que les populations retournent dans la ville, le Congolais se demande si c'est vraiment les occupants qui revienent ou ce sont des nouveaux qui occupent.

En conclusion, tout porte a croire que la volonte des "financiers" ayant ete d'avoir un president congolais affaibli que l'on peut controler, il ne reste plus qu'a negocier.

La negociation peut trouver un appui favorable du public si l'on ne va pas jusqu'a frustrer ce peuple dans son amour propre. Le congolais aime son pays: la preuve, malgre le manque d'electricite et d'eau et l'inflitration des rebelles a Kinshasa, les Congolais ne se sont pas deverses en masse vers les pays voisins ( a Brazza par exemple). Si les medias nous rapportent que les Congolais ont fui telle ou telle autre partie, cela signifie plutot qu'ils ont ete evacues (tactique bien connue par Kagame et sa suite).

Que triomphe le peuple congolais et non les individus.

Clement Kanyinda

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