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Le Sida déstabilise l'Afrique
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transmis par Poly M. Kalembwe
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AUJOURD'HUI, tout laisse penser que la propagation de l'épidémie de SIDA aura, en Afrique, des conséquences dramatiques. Les docteurs Thomas Quinn (National Institute of Health), Jonathan Mann (Organisation mondiale de la santé), James Curran (Center for Disease Control, Atlanta) et Peter Piot (Institut de médecine tropicale d'Anvers) voyaient malheureusement juste quand ils affirmaient, en novembre 1986, dans l'hebdomadaire scientifique américain Science que "plusieurs millions d'Africains avaient été infectés par le virus du SIDA", ajoutant que, sur le continent noir, cette épidémie était devenue "un problème de santé publique majeur".


C'est maintenant au tour des spécialistes de géopolitique de se pencher sur cette maladie. Et de prévoir qu'à terme la propagation de l'épidémie de SIDA pourrait avoir en Afrique des conséquences politiques considérables. La Revue internationale de défense publie, dans son numéro d'avril, un article fort documenté au pronostic sombre : "La dépopulation éventuelle de la majeure partie de l'Afrique noire [du fait du SIDA] aurait des conséquences incalculables sur le plan internationale."(Sic)


"Combler le vide"

Rappelant que l'Afrique représente le plus grand réservoir du monde en ressources naturelles, aussi bien minérales que végétales, l'auteur de l'article, M. Al J. Venter, estime que "les gouvernements de plusieurs nations -dont l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, la France, l'Inde et l'URSS - suivent attentivement l'évolution de la dépopulation du continent africain, en vue de "combler le vide" qui résulterait de la disparition de 80 à 150 millions d'Africains au cours de la prochaine décennie".


Sans céder au catastrophisme - ce qui pourrait être le cas avec cet article, - une affirmation semble cependant avérée : "Dans plusieurs pays d'Afrique orientale ou centrale, notamment au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, en Zambie, au Mozambique et au Zaïre, le SIDA affecte une bonne partie des classes dirigeants et moyennes." Selon cette revue internationale, les membres des forces armées zambiennes seraient séropositifs à 50 %.


Trop de femmes séropositives

Dans certains "point chauds" de l'Afrique, la situation politique pourrait évoluer à cause de l'épidémie. Ainsi, croit savoir l'auteur de l'article, Fidel Castro aurait l'intention de retirer ses troupes d'Angola parce qu'il accorde "la priorité à la survie de son peuple plutôt qu'à des considérations stratégiques, si l'infection continue de s'étendre à ses troupes".

Si, actuellement, la population africaine ne cesse de croître (au Zaïre, par exemple, il y avait en 1987 31,8 millions d'habitants et les Nations unies prévoient qu'il y en aura 82 millions en 2020), le SIDA pourrait nettement infléchir cette croissance.

Etant donné le fort pourcentage de femmes séropositives dans les grandes villes d'Afrique noire - sans doute près de 10%, - le taux de fécondité, c'est-à-dire le nombre d'enfants par femme, pourra-t-il longtemps se maintenir au niveau actuel ? Il est au Zaïre, par exemple, de 6,1.

On peut s'interroger de la même manière sur la mortalité infantile et la mortalité totale pour 1 000 habitants qui sont actuellement au Zaïre, respectivement, de 103 et de 15.

Même s'il est encore trop tôt pour affirmer que l'épidémie de SIDA va "dépeupler l' Afrique", il semble probable que l'épidémie bouleversera les données politiques sur le continent noir.



FRANCK NOUCHI.

Transmis par Poly M. Kalembwe
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