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A Madame Libambu
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Léon Diatezua, D.M.
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Chere Madame Libambu,

C'est avec interet que je viens de lire votre message qui semble avoir la caracteristique d'un plan de resolution des problemes que notre pays connait en ce moment. Je vais essayer d'etre sage (promis, jure) pour que nous mettions un peu ensemble des contours clairs sur certaines notions a la mode dans le milieu congolais. Si vous me le permettez, je vais de ce fait parcourir votre texte pour soulever des points qui a mon avis sont si fondamentale qu'il nous faut le debarrasser des possible malentendus qui peuvent les envelopper. Je vous mets d'emblee en garde que je n'ai pas l'ambition de parler d'autorite, mais je vais juste essayer d'avancer ma comprehension de certains points et je serai alors ouvert aux interpretations des autres .

Vous avez ecrit:

"Le conflit arme que nous connaissons pourrait etre rapidement resolu si les acteurs principaux placaient chacun le bien-etre (psychologique, moral et physique) de ses propres sujets au centre de ses preoccupations. Malheureusement tout tourne autour du Pouvoir national et regional."

Ma reponse est que dans cette guerre, il n'y a que les pseudo-rebelles qui agissent comme vous le dites. Le Ruanda et l'Ouganda clairement cherchent de l'espace vital pour leurs peuples (j'evite de parler des sujets de Museveni ou de Kagame). Kabila en s'opposant a l'agression de ces deux pays ne fait que lui aussi defendre l'integrite du territoire comme son peuple l'exige. Ainsi, il ne reste que nos "rebelles" qui pour favoriser les envahisseurs jouent aux traitres et donc pietinent a l'unison le bien-etre du peuple congolais.

Dans votre rubrique sur les aspects internationaux de cette crise, j'ai ete un peu decu de voir que vous etablissez une correspondance horizontale entre les troupes des envahisseurs et celles des allies. En effet, vous ecriviez: "Retrait de toutes les troupes etrangeres sans exception, mais selon l'ordre d'arrivee, c.a.d. Rwandaises, Ougandaises, Zimbabweennes, Angolaises, Namibiennes, Soudanaises, Tchadiennes, etc."

A moins que vous ne reconnaissiez as a Kabila les prerogatives de Chef de l'Etat, il n'y a aucune raison defendable de mettre sur le meme pied d'egalite ces deux genres de troupes puisque les derniers ont repondu a l'appel au secours d'un pays souverain et d'un gouvernement legitime. Le Ruanda et l'Ouganda doivent partir sans autre forme de proces. Quant aux autres, ils le seront sur demande de notre gouvernement. En d'autres termes, aucun plan viable ne doit lier les sorts de ces deux types d'armee qui sont present sur notre sol. Faire ne fut qu'une allusion au depart des troupes allies comme condition au reglement, c'est nier au Congo sa souverainette, et cela devrait etre inacceptable pour tout congolais fier de l'independance de son pays.

Vous avancez plutard ceci: " Creation d'une zone demilitarisee entre la RDC et le Rwanda et entre la RDC et l'Ouganda qui serait surveillee par une force de maintien de la paix neutre, de preference a majorite non-africaine."

Je crois Madame que cette option des zones demilitarisees a surveiller est un arbre qui cachera simplement la foret. C'est une solution fragile car elle engendrerait une paix sous surveillance et donc fragile surtout quand on connait la capacite de mentir d'un Kagame. La solution durable aux problemes de l'Afrique des Grands-Lacs tient d'abord a la resolution des problemes crees par les phenomenes d'exclusion qui ont lieu dans ces trois pays que sont le Ruanda, l'Ouganda et le Burundi. Je suis d'accord avec vous qu'il faut des solutions definitives dans l'echelle de temps en terme de long terme. Il y a quelque temps, le President Kabila conscient de ce fait a tenter de reunir toutes les puissances de la region pour adopter une approche non militaire aux questions de la securite dans cette region. En effet notre President, tout en ne niant pas le genocide de 1994, a voulu faire remarquer que continuer a utiliser ce pretexte pour exclure a jamais une partie de la population du Ruanda de leurs droits de citoyen a part entiere dans leur pays etait une utopie grave car contenant en elle une source permanente d'instabilite qu'aucune force militaire au monde ne pourrait maitriser.

De meme, les intrensigeances inutliles de Buyoya et Museveni face leurs rebellions respectives a cause de leurs politiques d'exclusion sont des positions suicidaires. Ce genre de probleme n'existe au Congo que dans les tetes de impatients qui ne comprennent pas que la demarche du Chef de l'Etat vise en fin de course a ouvrir le jeu politique a tout le monde, mais de maniere civilisee. En fait l'exclusion au Congo n'est pas un probleme car elle n'existe pas, sauf peut etre pour les voleurs et les criminels qui eux vont se voir exclus en bonne et due forme selon la loi.

Ce qu'il faut donc a cette region des grands-lacs, c'est d'une grande conference internationale dont l'objet principal serait de reconcillier ces freres qui se battent tous les temps et les aider a trouver les moyens d'une coexistance pacifique dans leurs pays.

En attendant une telle conference, on pourrait a la limite consitituer cette fameuse force internationale, mais comme les problemes (leurs rebellions) se trouvent en Ouganda, au Ruanda et au Burundi, cette force devra etre deployee du cote de leurs frontieres pour momentannement elliminer les incursions que ces pays craignent en attendant la conference.

Dans le cas situation interieure a notre pays, vous avez avance entre autre ceci: "Table Ronde de Reconciliation a laquelle les representants de toutes les forces politiques et sociales prendraient place, y compris ceux des rebelles, dans un pays neutre d'abord."

Je suis tente de vous demander quel sera l'objet de cette table ronde. A mon avis ce genre de solution n'est envisageable que lorsque l'on est en face d'un regime qui n'a aucun agenda qui cadre avec la creation des institutions democratiques comme ce fut le cas de celui de Mobutu. Dans le cas Kabila, a moins que l'on face preuve de mauvaise foi, on ne peut tout de meme pas l'accuser d'en manquer un. Le President Kabila a un agenda clair et qui si on le laisse faire conduirait inexorablement notre pays vers la democratie et l'Etat de droit. Beaucoup dont vous sont convaincus qu'il faut necessairement la participation formelle entant que force politique de tous les mouvements politiques que compte le pays dans le gouvernement qui peut garantir une telle evolution. Ma position est que cela n'est pas tpoujours vrai est et meme faux surtout dans le cas de notre pays. L'experience de 1990-1997 le prouve a suffisance.

En lieu et place de chercher a tout prix a participer dans l'exercice du pouvoir durant la presente periode, il y a un autre moyen d'etre autant efficace, c'est celui de pouvoir approuver ou rejeter. Le President Kabila demande justement cela. Il prepare des textes qui auront cette particularite de vouloir se soumettre a la sanction populaire. Y-a-t-il vraiment plus democratique comme demarche que celle-la? C'est dans le debat qui aura lieu que l'implication politique des uns et des autres sera attendue. Il n'y a aucune raison defendable que cela se fasse avant surtout avec la classe politique que nous avons jusqu'a maintenant.

Notez, chere Madame, que mon aversion a associer la caste des politiciens s'appuient sur notre histoire. En effet notre hisotire est jonchee des crimes et des irresponsabilites que la classe politique qui opere au pays a l'heure qu'il est (il s'agit surtout de ses tenors) ne peut pas agir de maniere desinteressee pour preparer les textes a valeur transgenerationnelle. Tout leur jeu consitera a trouver les voies et les moyens de se guarantir l'impunite. Je vous guarantis chere Madame que la paix des esprits au Congo ne pourra jamais etre bati sur l'absolution sans contre partie des crimes souvent contre l'humanite comises par beaucoup de ces tenors politiques.

Vous dites encore ceci: "Creation d'un Organe de Transition representatif de toutes les forces politiques et, surtout, sociales (c'est la participation massive de la Societe Civile qui va servir de tampon et ouvrir la voie du changement)."

Chere Madame, parfois il m'arrive de me demander qu'est ce qu'il nous faudra encore pour apprendre une lecon. Nous venons justement de sortir d'une tres mauvaise experience avec un parlement non elu et voila que vous voulez recommencer avec la meme histoire. A mon avis, si l'on ecoute vos avis, nous risquons de tourner en rond. Aucun parlement non-elu meme avec toute la bonne volonte du monde ne vaut un parlement elu la meme le plus mediocre. Les membres d'un parlement non-elu ont souvent tendance a creer des conditions pour pereniser leurs assemblees conscients du fait qu'ils risquent de ne plus s'y retrouver si on passait aux elections. La CNS a dure environ deux ans a cause de cette attitude. Le HCR a ete inefficace a cause de la meme tendance. Et le HCR-PT a meme fait pire, elle s'est transforme en un organe avec seul objectif reclammer l'augentation du perdiem.

Ce qu'il nous faut a l'heure actuelle c'est d'un parlement elu. Meme hautement imparfaite, elle ne saura passer en dessous d'un parlement non-elu. Ce parlement aura au moins pour lui une echeance, et il n'y a pas mieux que l'existence d'une echeance inamovible pour rappeler les elus a la responsabilite. Ainsi donc, aussitot que la consititution sera adoptee, il faudra sans tarder passer aux elections pour donner des mandats clairs a certaines personnes et pour des durees fixes.

L'Examen de la Constitution de la consititution exige simplement une procedure referendaire. Entretemps, les pros et les antis auront fait campagne pour l'adoption ou pour le rejet. Une fois adoptee, elle deviendra la CONSITUTION DU CONGO qu'on l'ai combattu ou non. C'est cette tendance a vouloir obtenir l'unanimite dans une societe d'hommes et de femmes qui nous cree des problemes. Quant a son ecriture, elle n'exige pas que tout le monde soit la. Seul le resultat compte, et comme le resultat est soumis au referendum, les Framers auront l'obligation de l'ecrire de maniere qu'elle reponde le mieux que l'on peut le faire aux aspirations de leur peuple. Si vous avez lu le draft de la commission Kashamura, vous seriez d'accord avec moi que cette etape a ete atteinte.

Reste a voir ce que l'examen par la commission Mwenze va produire.

Vous dites: "L'adoption et Referendum qui inaugureront l'Etat de Droit (TOUS ALORS, SANS EXCEPTION AUCUNE, SERONT SOUS LA LOI)". J'admire les voeux que vous affichez bein que entre parenthses, mais j'aimerai simplement vous mettre en garde sur un triomphalisme qui emanerait simplement du fait de l'existence des textes. Chere Madame l'accomplissement de cet Etat de Droit sera un processus long et exigera la vigilence de tout le monde et a tout moment. En effet, l'existence des textes ne guarantit pas qu'il n'y aura pas des juges verreux, ni des policiers ou des magistrats ripoux. Nous construirons cet Etat de Droit par une participation perpetuelle a l'exercice de nos droits et nos devoirs de citoyens. Personne ne peut logiquement devenir dictateur meme dans un Etat sans droit s'il n'arrive a trouver dans son peuple un groupe pret a l'aider a le devenir. L'existence ou non des opportunistes prets a se vendre a n'importe qui qui leurs garantis en retour une existence doree (cas des africains pour qui politiques riment avec puissance (financiere surtout) et donc a la dolce vita). C'est pour cette raison Madame qu'il nous faut des le debut etablir des antecedents qui serviront de dissuasion a tout groupe d'individu, elite ou pas.

Parmis les antecedents a a etablir, il y a la punition exemplaire pour ces mobutistes qui ont introduits chez nous ce culte du vice. Il faut que l'exemple sur eux soit si severe que plus personne ne soit capable d'etre complaisant dans l'avenir au Congo. J'ai toujours cru que la morale des adultes c'est la durete de la loi. Et pourque cette loi soit et reste dure, il faut un appareil judiciaire quasi parfaite dans tous les sens du mot.

 

En ce qui concerne l'Amnistie Conditionnelle en faveur des exiles politiques, je me demande toujours de quoi parle t-on encore? Le President Kabila a a mon avis fait preuve de tant d'ouverture que je me demande qu'est ce que l'on demande encore? Si un Sakombi ou un Bemba sont libre de leurs mouvements a Kinshasa, qu'est ce qu'il faut encore. A mon avis le probleme chez nous ce n'est pas le pouvoir qui doit se reconcilier avec les fuyards (qui se reprochent beaucoup de choses), mais ce sont ces derniers qui ont plutot a se faire pardonner par le peuple. La reconcillation doit suivre le pardon demande au peuple congolais, ce peuple qu'ils ont pietine sans commune mesure meme avec les colons. Si par amnistie, c'est un eponge a passer sur leurs actes qu'ils cherchent, alors de cette reconciliation la personne n'en veut. Et si au lieu de de se calme, ils commencent a nous faire la guerre pour exiger l'oubli alors rien ne leur sera a jamais pardonner. La derniere lecon est que lorsque l'on demande pardon, l'on se met a la disposition de la victime. On ne s'impose pas et surtout on ne reclame pas que l'on vous restitue la partie du butin arrache.

Voila chere Madame mon point de vue.

Portez vous bien.

Léon Diatezua, D.M.

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