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" Halte aux tortures, des pratiques à bannir..."
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Centre des Droits de l'Homme et du Droit Humanitaire
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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 009/CDH/98


1. Le Centre des Droits de l'Homme et du Droit Humanitaire dénonce l'arrestation, la détention ainsi que les tortures et autres peines et traitements cruels, inhumains et dégradants subis à l'Agence Nationale de Renseignements en date du 5 novembre 1998, par 13 personnes toutes membres de la délégation des cadres administratifs et techniques de l'Université de Lubumbashi. Il s'agit de : 1) Ilunga Kabeya; 2) Umba Ngoy; 3) Muhunga Yav; 4) Kwesha Mbuya; 5) Mbamba Tshipande; 6) Mayunga Kisumbule (femme); 7) Kamwashi Kawel; 8) Amisi Muchukiwa; 9) Vela Kayowa (femme); 10) Chaonda Kalikeuka; 11) Kasangu Ndwaya; 12) Ilunga Kazadi; 13) Tumba Betu (femme).

2. Il est en effet signalé qu'à la suite d'une reclamation sans suite des salaires qui auraient été détournés, les agents administratifs et techniques de l'Université de Lubumbashi ont déclenché une grève à partir du 3 novembre 1998 en barricadant toutes les portes d'entrée du Building Administratif jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.

3. Dans la recherche d'un compromis entre les grévistes et les membres du Comité de Gestion de l'Université de Lubumbashi, ladite délégation a été invitée le 5 novembre 1998 à la Direction Provinciale de l'Agence Nationale de Renseignements où ses membres ont été retenus. Nous apprenons que ces 13 personnes subissent des tortures et des traitements inhumains et dégradants pendant leur détention, ce qui a même provoqué un avortement chez la dame Mayunga admise à Sendwe puis transférée aux Cliniques Universitaires de la Rwashi depuis vendredi 6 novembre 1998.

4. Le CDH s'inquiète à la fois de la détention illégale de ces agents de l'Etat et les tortures qu'ils subissent qui sont ni plus ni moins des violations des droits de l'homme.

5. Le CDH attire l'attention du gouvernement sur les violations délibérées des procédures légales qui jettent évidemment le doute sur la volonté des autorités de l'ANR d'agir avec partialité.

6. De tout ce qui précède, le CDH recommande :
a) à l'ANR
- de libérer immédiatement ces 13 agents;
- de veiller au respect des dispositions légales en matière de détention, et notamment à l'arrêt des tortures qui sont des pratiques avilissantes;
- de s'engager désormais à transférer devant les magistrats ou le tribunal tous les dossiers judiciaires ce, dans les délais prévus par la loi;
- de prendre toutes les dispositions afin que justice soit faite.

b) au parquet général
- de rétablir les personnes lésées dans tous leurs droits et particulièrement Dame Mayunga ayant avorté de suite des tortures subies en supportant tous les frais engagés et de réparer tous les préjudices causés;
- de prendre toutes les dispositions afin que justice soit faite.


Fait à Lubumbashi, le 9 novembre 1998


Le Centre des Droits de l'Homme et du Droit Humanitaire
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