GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)
Rendons-nous à l’évidence. Réponse (3) à Mr. Faustin Kutshienza
wpe141.jpg (679 octets)
Bernard Ilunga
wpe141.jpg (679 octets)

Au terme d’un tête-à-tête avec Mandela, vendredi dernier à Kigali, Kagame est passé aux aveux. Il a admis publiquement, et pour la toute première fois, que des soldats rwandais sont présents en territoire congolais. Museveni l’avait déjà admis... Alos, monsieur Kutshienza, allons-nous finalement nous rendre à l’évidence ? J’ose espérer que vous ne nous direz plus que, je vous cite, "la thèse d’Agression est dénudée de tout fondement" ou que "c’est malhonnête de soutenir que la RDC est agressée de l’extérieur".

Quand des soldats, bien armés, d’un pays se trouvent dans un territoire autre que le leur, sans y avoir été invités, il s’agit d’agression. Quand des soldats d’un pays prêtent main-forte à des citoyens d’un autre pays qui se soulèvent contre le pouvoir, sans avoir été invités par ledit pouvoir (ce qui serait absurde), il s’agit d’agression. Rendons-nous à l’évidence, mon frère Kutshienza. Je me demande maintenant, après les aveux du Rwanda, quels arguments vous nous avancerez encore pour soutenir votre thèse selon laquelle la thèse de l’agression est imaginaire.

Après lecture de l’ensemble de vos interventions sur les forums relatives à la guerre actuelle en RDC, je suis arrivé à la conclusion suivante : ce qui compte éminemment pour vous, c’est le départ de Kabila. Périsse la Terre-Mère, dites-vous, entre les lignes, pourvu que Kabila parte ! Que soient assassinés sordidement nos frères et soeurs à Kasika, que soit pillée et détruite l’infrastruture économique de l’Est, que soient violées nos mères, nos soeurs, nos filles à l’Est, que soient déportés nos compatriotes vers des destinations inconnues, peu importe, pourvu que Kabila soit fauché ! Voilà votre logique. Vous êtes obsédé par cette idée à telle enseigne que vous ne voyez plus là où se trouve le vrai intérêt du pays.

Oui, frère Kutshienza, c’est cela votre priorité - je dirais votre obsession. Vous faites du départ de Kabila et de son gouvernament "qui assassine et détruit" (ce sont vos mots) une priorité absolue. Et au nom de cette priortié-obsession, vous êtes prêt à vous mettre à genoux devant Kagame et Museveni ; vous ête prêts à souscrire au plan impérialiste américain ; vous êtes prêt à hypothéquer même l’avenir de la RDC en tant nation unie... Si je me trompe, dites-le moi. Quand vous me dites, dans l’une de vos réponses, que Kabila doit accepter de négocier avec Wamba dia Wamba même si à l’ordre du jour figure seulement un seul point, à savoir le départ de Kabila, vous manifestez clairement que pour vous ce qui prévaut c’est purement et simplement la disparition politique de Kabila.

Lorsqu’un tel chef de file de l’opposition appelle les populations du Kasaï à accueillir les "rebelles" en frères et que vous dites qu’il a raison, vous traduisez simplement en acte cette idée qui vous obsède : le gouvernement de Kabila qui "assassine et tue" doit politiquement mourir ; et tant pis si cette mort entraînera, dans l’état actuel de choses, des conséquences fâcheuses pour l’ensemble de notre Terre-Mère.  Accueillir les "rebelles" en frère signifie au fond ceci : ouvrez-leur la porte vers Kinshasa ; ne luttez pas, comme ont lutté les compatriotes de Kinshasa à la fin d’août dernier. Parce qu’il faut, vaille que vaille, qu’ils arrachent le pouvoir à un "gouvernement qui assassine et tue". Et tant pis si sur leurs passages, ils laissent des morts, ils pillent.... Ce qui compte, c’est le départ de Kabila ! Soit dit en passant, si les "rebelles" veulent maintenant aller au Kasaï, qu’ils y aillent : ils seront très bien accueillis en frères par les Zimbabwéens et les Angolais... mais ils seront accueillis en frères-terroristes.

Quand les kinois, à l’appel des autorités, ont pris en main la défense de leur ville, (bien sûr qu’il faut déplorer les débordements, le châtiment capital imposé à des hommes dans les rues...) ; quand les compatriotes veulent défendre leur pays, en s’alignant, nécessité historique oblige, derrière Kabila, vous dites qu’ils sont naïfs ! Car pour vous, il aurait fallu que le peuple congolais s’allie aux "rebelles" afin de faucher le gouvernement "qui assassine et détruit", votre obsession étant la chute de Kabila. Quand l’Angola et le Zimbabwe ont décidé de voler au secours de la RDC, vous leur adressez des critiques. Car pour vous, il aurait fallu infiniment mieux qu’ils n’intervinssent pas, pour que Kabila soit terrassé.

Frère Kutshienza, je ne me fais pas l’avocat de Kabila. Essayons de voir plus loin... Kabila est mortel, comme vous et moi, il passe. L’intérêt supérieur de la nation devrait plus nous préoccuper que le destin d’un homme. Et ce n’est pas non plus puisque Kabila n’a pas tenu compte des "conseils" de... du premier ministre élu à la CNS, ce n’est pas non plus parce qu’il l’a relégué dans son village natal (une erreur évidemment dont Kabila aurait dû ne pas commettre) qu’il faut maintenant dire aux "rebelles" : "Terrassez-nous cet homme, il est l’ennemi de... Terrassez-le nous même au prix des pleurs de nos compatriotes et de la destruction de notre pays". Pour nombre de compatriotes qui soutiennent ou tout simplement ont de la sympathie pour ceux qu’on appelle improprement les rebelles, c’est cette logique bien connue qui fonctionne : "L’ennemi de mon ennemi, c’est mon ami". Non, si vraiment nous voulons le bien de notre pays, il n’y a pas d’autre choix que de se désolidariser d’avec l’agresseur.

Conclusion :  sauvons notre Terre. Faisons taire nos querelles intestines en ce moment. Après, nous pourrons toujours nous demander des comptes les uns aux autres. Enfin, monsieur Kutshienza, pour ne pas ennuyer les internautes avec notre débat à deux, je vous propose, si vous en avez l’envie, de le continuer en privé... ci-dessous vous avez mon e-mail.

Bernard Ilunga

pax95@yahoo.fr

Copyright Afriqu'Info asbl.