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L’UDPS de Tshisekedi wa Mulumba devant la critique et l’autocritique
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Bernard Ilunga
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D’entrée de jeu, je me dois de préciser une chose : je ne suis pas membre de l’UDPS, encore que j’ai beaucoup de sympathie pour ce parti politique. Je ne suis pas non plus membre d’un quelconque parti. Par choix délibéré, je me tiens, et me tiendrai certainement toute ma vie hors des partis politiques. C’est donc de l’extérieur que je me mets à parler de l’udps. Et j’en parle en connaissant d’avance tout le courroux auquel je m’expose. La vérité doit être défendue, servie, contre vents et marées. Malheureusement, bien des amis de l’udps semblent très peu ouverts à la critique. Ils sortent les griffes, avec une aisance déconcertante, dès qu’ils entendent des paroles très peu louangeuses prononcées à l’égard de leur président ou tout simplement de leur parti... Et pourtant, la critique et l’autocritique sont source de croissance, de progrès. C’est même une contradiction exercée : ce parti qui se veut démocratique et qui combat pour la démocratie refuse toute remise en question ! Ce qu’il proclame en paroles, il le nie en actes.

Un exemple concret : des compatriotes ont réagi au mémorandum de Tshisekedi affiché sur ce forum. Des membres de l’udps leur ont fait un procès d’intention ! Ils les ont accusés de faire des courbettes afin d’obtenir un poste dans le gouvernement actuel ; ils les ont accusés d’être des kabilistes, etc. Tout se passe comme si Tshisekedi était à l’abri de l’erreur. Non, non et non ! Tshisekedi n’est pas Dieu ; il n’est même pas un dieu (avec d minuscule). Comme tous les hommes, de chair et de sang, il peut se tromper, il est faillible. Ses paroles ne sont pas comme des dogmes de l’Eglise qu’on doit accueillir tels quels. C’est vrai, Tshisekedi n’est pas n’importe qui. Sa lutte courageuse et constante contre la dictature mobutienne lui mérite beaucoup de respect de la part de tous nos compatriotes. Tshisekedi compte en effet parmi ces rarissimes hommes politiques de chez nous qui sont prêts à foncer jusqu’au sacrifice suprême pour que triomphe la cause qu’ils défendent. Mais, soit dit encore une fois, cela ne le met pas à l’abri de l’erreur et ne le déifie pas. Il reste un homme, comme tous les autres. Il n’est donc pas intouchable comme le voudraient bien de ses disciples. Seul Dieu est intouchable, car infaillible.

Chers internautes, dites seulement sur ce forum que vous n’êtes pas d’accord avec Tshisekedi sur tel point ou tel autre, et vous verrez comment la foudre vous tombera sur la tête. Ensuite, une autre erreur que commettent ces amis, c’est qu’ils laissent de côté le fonds de votre article et vous font carrément un procès d’intention. Si on ne vous accuse pas de lécher les bottes aux autorités politiques actuelles du pays, on vous dira que vous êtes mobutiste, ou kabiliste, ou encore que vous en voulez à Tshisekedi et à l’udps parce que vous êtes de la région de Kabila. Dans le pire de cas, on vous injurie ! Et laissez-moi vous dire, qu’en agissant de la sorte, vous rendez un mauvais service à votre parti et à Tshisekedi lui-même. Un parti politique qui combat pour la démocratie ne doit pas verser dans le fondamentalisme. Ce serait une contradiction. Ensuite, un autre fait à relever, c’est que ceux qui rejettent toute critique, outre le fait qu’ils appartiennent presque tous à l’udps, ont encore un autre point en commun... Non, ne prenez pas en otage Tshisekedi. Lâchez-le ! Tshisekedi est une richesse propre à tous les Congolais. Permettez aussi aux autres de s’aligner derrière lui. Je voudrais dire ceci que la tendance au fondamentalisme de certains de ses disciples et la prise en otage de Tshisekedi par ces derniers rendent l’udps détestable en certains coins du pays. Finalement, à bien y réfléchir, c’est vous-mêmes qui perdez, car votre tendance au fondamentalisme, en vertu du radicalisme que vous avez joliment érigé en principe absolu, je disais que cette tendance-là est d’abord et avant tout nuisible à votre parti, c’est purement et simplement une contre-publicité.

Dans des pays où la démocratie est un peu plus développée, la critique, on l’accueille, on y répond... sans trop faire de procès d’intention et sans verser dans l’injure (on vous traduirait en justice). Ensuite, dans ces mêmes pays, les partis politiques devancent les critiques des autres en s’adonnant à l’exercice de l’auto-critique. Je ne fais pas partie de l’udps. Donc, je ne saurais vraiment pas dire si l’auto-critique est de mise au sein de ce parti. Mais tout laisse croire que ce parti ne s’adonne pas, comme il se doit, à cet exercice. Si je me trompe, qu’on me le dise. Par peur des sanctions lourdes qui frappent ceux qui sont accusés de "vagabondage politique", n’étouffe-t-on pas le droit à la discussion et à l’opinion contraire au sein même de l’udps ? Si je me trompe, qu’on me le dise. Que signifie finalement "vagabondage politique" ? Il ne s’agit pas tellement ici de petites discussions sur l’organisation d’une marche ou sur des choses secondaires, mais bien d’une discussion sur l’essentiel...

L’udps a-t-elle déjà fait, par exemple, son examen de conscience (auto-critique) sur la manière dont elle a géré ou aurait pu gérer la longue transition démon-cratique qu’a connue notre pays ? Tout le tort ne doit pas être mis sur le compte de monsieur Mobutu et de ses courtisans. Si l’udps avait agi autrement, la situation aurait été autrement, à coup sûr. Quelles sont les erreurs commises par Tshisekedi et son parti pendant cette transition politique luciférienne ? L’udps peut-elle nous le dire, si elle a déjà fait son auto-critique ? C’est très facile de dire que tout repose sur les épaules de Mobutu qui, lui, repose en paix quelque part au Maroc. J’invite l’udps à nous dire ces erreurs... Elle en sortirait plus crédible. Maintenant, par exemple, Tshisekedi invite la population de Mbuji-Mayi à accueillir les rebelles "qui sont nos frères". Et demain, le même Tshisekedi invitera celui qui serait président de la République à se débarrasser des Rwandais. Vous, membres de l’udps, réagissez aux propos de ce genre ; faites fonctionner votre esprit critique. Dites à votre chef qu’il verse dans l’erreur, dans l’incohérence. Si vous, vous ne pouvez pas le lui dire, permettez alors aux autres, qui sont libres, eux, de le lui dire.

Conclusion : deux choses : 1) Nous invitons l’udps à s’ouvrir à la critique et à développer en son sein la liberté de pensée et d’opinion, bref l’auto-critique . 2) Que l’entourage de Tshisekedi ne prenne pas ce dernier en otage, qu’il permette aux autres de s’aligner eux aussi derrière ce compatriote au courage qui tient du prodige ; car Tshisekedi n’est pas une propriété privée d’un groupe d’hommes et de femmes, il appartient à tout notre pays.

Bernard Ilunga

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