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Si on allait jusqu’au bout…
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Kawata Ashem Tem

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Le Comité de Bons Offices et de Facilitation pour le Consensus National, présidé par Victor NENDAKA BIKA, a tenu une conférence de presse, le 12 octobre dernier, dans la salle Lulli du Grand Hôtel, près de l’Opéra à Paris.

Entouré de MM. Adeito BAGBENI, d’André-Alain ATUNDU, de Jean-Claude VUEMBA et d’Alexis KADIMA LUMEMBA, tous membres fondateurs du comité, le président en a défini les objectifs tout en se défendant de constituer un parti politique.

Mais où sont-ils partis chercher une appellation aussi alambiquée ? Il faut souffler pour arriver à tout lire. On doit développer le sens de la concision.

" Bons Offices et Facilitation " : voilà une action destinée en même temps au Peuple congolais, au Président Kabila et aux Présidents d’autres pays d’Afrique et du monde. Elle n’est ni limitée dans le temps, ni dans son objet même. Quelques bonnes intentions, mais rien de vraiment concret.

Elle implique surtout le fait que les "fondateurs " du Comité se placent eux-mêmes dans une position confortablement supérieure pour être entendus par tout le monde. Pour adopter une position de médiateurs, ne faut-il pas, d’abord, un crédit sur le plan national et international et ensuite un mandat de la part du peuple que l’on engage auprès des autres Etats ?

C’est vrai et juste que tout congolais ait le droit de parler de son pays et d’en discuter avec passion. Il est même indispensable que toutes ces réflexions éparses, disséminées dans le monde, atteignent des cibles précises et soient coordonnées en vue du développement du Congo. Cependant, seul le peuple congolais a le pouvoir de donner mandat à des hommes ou des femmes choisis par lui, pour le représenter. C’est le sens même de la démocratie.

Le consensus appartient au peuple et doit sortir de ses rangs, de ses souffrances et de ses joies. Mais ce n’est pas le résultat de quelques artefacts ou combinatoires concoctés à l’étranger. Et non plus un produit manufacturé, made in Europe, prêt à l’emploi, comme le sont devenus "démocratie, république et droits de l’homme " que nous devons absolument ingurgiter sous peine de rater notre humanité. Comme disait Paulin Outondji, dès qu’un Européen attrape la fièvre, la fièvre devient universelle. Cette appropriation des notions et des réalités relève d’un nombrilisme voisin de la puérilité.

C’est au nom de pareil consensus, drapé du voile pudique de la paix civile, qu’un seul homme a réalisé la plus extraordinaire consommation d’universitaires en trente-deux ans avec le résultat que l’on connaît.

Nul n’a jamais géré un pays en mettant toutes les forces vives dans un même panier. Je n’ai jamais compris pourquoi dans notre pays tout le monde se sent investi d'une "vocation politique " alors que partout ailleurs industriels et chefs d’entreprise sont plus riches que les ministres.

Il faut que nous transformions la recherche du consensus par le sens aigu de l’alternance du pouvoir. Les démocrates remplacent les Républicains, la Gauche renvoie la Droite à ses chères études ou vice-versa… Le peuple a besoin de savoir : qui fait quoi ? Avec qui? Où ? Quand ? Comment ?

Chacun doit supporter la responsabilité de sa magistrature et non pas constituer une sorte de "bitoto ou patchwork" dans lequel, à la fin, personne n’est responsable de rien du tout. Dans ces conditions, l’espace politique devient propice à toutes les compromissions.

Face à notre peuple, nous devons nous montrer modestes, mesurés, clairvoyants dans notre démarche. Il est très important que l’on sache que la recette politique n’agit plus auprès des Congolais et que l’histoire, souvent capricieuse, refait surface. C’est pourquoi elle requiert toute notre vigilance et une lecture lucide et méthodique des données issues du passé.

Victor NENDANKA, Adeito BAGBENI, André ATUNDU, Jean-Claude VUEMBA et Alexis KADIMA peuvent encore devenir de nouveaux entrepreneurs de ce pays. Eux comme nous devons y retourner avec de petites et moyennes entreprises, pleines les bras, pour bâtir de nouvelles fondations et ériger d’intéressantes perspectives d’avenir. Il nous suffit simplement de regagner les bords du Ko-Ngo : TERRE DU LION.

Kawata Ashem Tem

 

Et On reparle de la Partition du Congo. Une idée terrible et saugrenue, véhiculée par les médias et reprise à satiété par les Occidentaux, surtout les Français, commence à être banalisée, c’est-à-dire, à s’insinuer dangereusement dans notre conscience. Jadis, nous avions refusé les sécessions katangaise et kasaïenne. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il nous faut accorder une once d’attention à cette rocambolesque idée.

Les rebelles, tous les rebelles congolais d’hier et d’aujourd’hui, ne sont pas des indépendantistes ou de sécessionnistes. Ils ne l’ont jamais affirmé ni même pensé. Ce sont justement des voix, appartenant au seul pays européen où l’indépendantisme est la revendication la plus anachronique de cette fin de siècle, qui proposent cette solution pour le Congo. Elles seraient plus avisées d’opérer d’abord la partition de leur propre pays.

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