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Rdc: les dangers de la paix négociée
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Amissi Rehani
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Si les dangers de la guerre sont désastreux, ceux de la paix sont encore beaucoup plus dangereux. En effet, les envahisseurs de la République Démocratique du Congo ne cessent depuis plus d'un mois maintenant de faire du règlement pacifique à cette guerre qu'ils ont eux même provoquée leur second champs de bataille.

Ainsi, je pense ce qu'il faut se demander pourquoi insistent-ils plus sur les négociations politiques que sur sa continuation ? En la provoquant, est-ce qu'ils ne savaient pas que la guerre a toujours été quelque chose d'odieux, dévastatrice et économiquement ruineuse ? S'ils sont pour la paix et qu'ils ont à cœur les intérêts du peuple congolais pourquoi ne pas arrêter d'eux même cette guerre comme ils l'ont commencé ?

De toute évidence, le Rwanda et l'Uganda ont un immense intérêt à faire les offres de la paix. D'abord ils se rendent compte que cette guerre est inutile et qu'ils ne sont pas sûrs de gagner, alors des offensives pacifistes sont une alternative conséquente. Mais aussi pour eux c'est une stratégie pour tenter de briser le moral de la coalition pro-kabiliste (Zimbabwe, Namibie, Angola et Tchad). Et deuxièmement, jouissant de l'appui de certaines puissances occidentales qui cherchent à convaincre l'opinion internationale et congolaise que cette guerre est une rébellion interne et non une agression étrangère, leurs offrent de négocier rêvent de toute manière un caractère dissuasif plutôt que réaliste. D'ailleurs, les arguments des certains pays occidentaux sont considérés comme piètres mots par l'ensemble du peuple congolais qui juge cette guerre comme un affront sans précédant qui brave leur souveraineté, leur sécurité et leur honneur.

D'autre part, les offres de la paix font généralement partie des opérations militaires qu'on utilise souvent pour faire ébranler son adversaire. Comme la guerre elle-même, elles ont leurs raisons, leurs techniques et leurs agents. Ce faisant, la coalition rwando-ugandaise cherche aussi désespérément à exciter la psychologie consciente ou inconsciente de la population congolaise car, ils savent que certains éléments qui sont pour la paix vont les aider par des pressions demandant le gouvernement de négocier. D'ailleurs, la positions des certains partis politiques congolais et la dernière déclaration des Évêques congolais si l'on en doute pas sont des résultats de cette tentative.

En effet, trois enjeux majeurs tergiversent autours de cette guerre. Il y a d'abord la question de sécurité que le Rwanda et l'Uganda présentent comme la raison qui légitime leurs présences militaires sur le sol congolais. Le deuxième problème est celui du statut des Tutsi vivants en République Démocratique du Congo où ils croient, ne sont pas reconnus comme des citoyens à part entière de ce pays. Et en dernier lieu, on accuse le gouvernement de Kabila d'antidémocratique, de népotisme et de la malversation publique.

Deux de ces trois problèmes sont entièrement congolais, et peuvent être résolus sans armes conformément aux lois de ce pays mais aussi par différents mécanismes institutionnels et politiques créés pour cette fin. Mais depuis 1996 pendant la guerre qui a amené Kabila au pouvoir, le Rwanda a toujours fait valoir son droit d'intervenir dans les affaires intérieures de la RD du Congo aussi longtemps que la question des Tutsi ne sera pas résolue. Considérées sous cet angle, ces prétentions rwandaises n'ont seulement violent les règles du Droit International régissant les relations entre les États membres de l'ONU et de l'OAU, mais aussi exacerbent les doutent qui planent sur la présence de cette communauté en territoire congolais.

.Par ailleurs, la question de sécurité est de toute évidence de nature très complexe, ambigu et équivoque. Le Rwanda et l'Uganda accusent de façon passionnée le gouvernement de Kabila d'être incapable de contrôler ses frontières de l'Est et plus particulièrement au Kivu. C'est pourquoi, les Interahamwe et les ex-Far (pour le Rwanda ) et les combattants du Lord's Resistance Army et ceux de l'Allied Democratc Front - Front Démocratique Allié (pour l'Uganda) s'infiltrent régulièrement sur leurs territoires. Cependant, c'est qui est surprenant, depuis le 02 août dernier, les attaques des ex-FAR et du L.R.A n'ont pas cessé mais elles ont aussi augmenté de façon considérable.

Pourtant le Rwanda, l'Uganda et le Burundi ont le contrôle sur le plan militaire de l'ensemble de la province congolaise du Kivu d'où (selon eux) proviennent leurs assaillants. Alors, où se cachent-ils encore ces rebelles ? Est-ce réellement au Kivu ou ils sont tout simplement disséminer à l'intérieur de leurs propres pays ?

En effet, il apparaît clairement que la sécurité que ces deux pays évoquent y comprit le Burundi comme le leitmotiv de leurs interventions militaires en RDCongo n'est que l'écume à la surface de l'eau et qu'il faudrait scruter au fond des vraies raisons. Et, il faudra d'ailleurs rappeler qu'en mai dernier la RDC, le Rwanda et l'Uganda ont signé un accord de coopération et d'échanges d'informations pour éliminer les Interahamwe. Et en juillet Kabila a autorisé l'armée ugandaise à installer un détachement à Ntabi, en RDC à quinze kilomètres de sa frontière pour en découdre avec sa rébellion. En dépit de tout ça, ces deux pays ont privilégié le recours à la force. Pourquoi ?

Aujourd'hui les milieux politiques et diplomatiques travaillent pour une paix négociée entre les belligérants C'est-à-dire la Coalition rwando-burundo-ugandaise et le gouvernement de la RDCongo sous prétexte de ramener le calme dans la Région des Grands Lacs africains. C'est peut être vrai, mais des multiples indices prouvent que l'on n'en discerne pas la condition fondamentale et inéluctable. Car les manœuvres misent de l'avant sont d'autant plus dangereuses que d'astucieux personnages qui en font le jeu, et cela le grand danger.

Si Kabila doit négocier une solution politique avec les soi-disant rebelles, pourquoi pas le Rwanda et l'Uganda ne doivent pas faire autant et tous réunis autour d'une même et seule table de négociation ? Après tout l'enjeu majeur reste les attaques perpétuelles des rebelles dans ces deux pays et au Burundi, c'est ce qui explique la présence militaire rwando-burundo-ugandaise en RDC. Dans ces conditions, la paix se négociera dans un cadre global et élargi pour une paix régionale totale, complète et probablement absolue.

L'autre danger trouve son explication dans le mensonge que véhiculent les envahisseurs de la RDC. Au début ils ont tous niés leurs implications dans cette guerre. Il a fallu presque un mois soit du 2 -25 août dernier pour que l'Uganda admette son implication. Le Burundi lui vit en retrait son implication militaire en RDCongo. A la dernière Assemblée générale de l'ONU à New York, lors d'une conférence de presse le président burundais Pierre Buyoya a menti au monde entier que son pays n'a pas des militaires au Congo, alors que, des sources locales confirment la présence des militaires burundais Tutsi dans tous les villages au sud d'Uvira (Makobola, Mboko, Baraka, Ubwari-Dine, jusqu'à Kalemie).

Mais le comportement du Rwanda est celui qui énerve beaucoup. Il s'est fait huer plus de deux fois en pleines conférences de négociation. Eurêka ! Après trois refus, il vient de reconnaître son mensonge grâce aux conseilles de leur allié Nelson Mandela qui aussi est impliqué indirectement par l'octroi des armes à ces trois pays. Cependant une question se pose, comment est-ce que des tels comportements peuvent rassurer le bien fondé de la revendication de sécurité de ces trois pays mais, surtout pouvoir garantir la paix une fois négociée ?

Certains pays de la SADC sont honnêtes et travaillent avec toute la bonne volonté pour trouver une solution à cet imbroglio militaire de l'Afrique centrale, d'autres par contre ne le sont pas. Ainsi, dans l'ensemble, d'innombrables faits établissent que ces négociations en cours convergent petit à petit à des fins dont la coalition rwando-burundo-ugandais souhaite obtenir. Ceci étant, il est à craindre que ces négociations ne puissent pas permettre aux envahisseurs de la RDCongo de mieux préparer leur coup. Car, il est clairement évident que les pays honnêtes ont une croyance qui procède d'une incompréhension totale des agresseurs qui depuis longtemps ont préparé un plan dont les visées d'expansion territoriale ne se cachent plus.

Tout le monde aspire à la paix c'est bien légitime, mais une paix mal faite fait perdre au peuple l'honneur des sacrifices immenses qu'il a consenti et qu'il est encore prêt à souscrire. Et, je pense, ce que le peuple congolais doit pouvoir comprendre, est qu'il y a dans l'histoire d'un peuple des moments redoutables qui engagent sa destinée pour une longue période. Devant le danger immense qui menace notre pays ou pour mieux le dire notre existence, chacun doit donner le maximum de lui-même pour notre salut commun. Car, nous ne sommes pas une nation des sans volonté, des gens qui ont peur de nous-même. Et retenez que la responsabilité de la victoire finale c'est-à-dire une victoire intégrale, totale et générale repose sur notre volonté, la volonté du peuple congolais, c'est à quoi, je vous convie tous.


Amissi Rehani

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