| Autant il faut vous féliciter pour votre
" sortie au grand jour " pour condamner l'agression du Congo (RD) par le Rwanda,
par l'Ouganda et par le Burundi. Autant il faut dire que cette condamnation arrive un peu
TROP TARD. Les conflits (i.e. la rébellion) ont
débuté le 2 août, et votre condamnation arrive en fin août. Pendant ce temps vous
étiez resté assis sur la clôture, en train de vous demander de quel côté de la
barrière atterrir. Vous avez joué à la " POLITIQUE DE S'ASSEOIR SUR LA CLOTURE
", si vous me permettez ce terme.
Maintenant que les choses semblent jouer en la défaveur
des agresseurs (i.e. de la rébellion), vous voulez sauter du côté congolais de la
clôture. N'est-ce pas trop facile ou trop beau?
Vous auriez pu faire vos déclarations dès le départ et
faire face aux conséquences qui s'en suivront. Et, là vous auriez mérité tout le
respect des deux camps. Aujourd'hui vous n'avez droit au respect d'aucun des camps.
A titre d'illustration, faisons le parallèle avec
l'Afrique du Sud. Les blancs qui s'opposaient réellement à l'Apartheid ont rendu
publique leur opposition au système, et ils ont fait face aux conséquences en courant le
risque d'être tué par la police ou en allant en exil. C'est notamment le cas de Joe
Slovo et bien d'autres. Mais des milliers d'autres blancs ont profité du système en
gardant le silence. Car l'Apartheid les arrangeait matériellement et socialement,
d'autant plus qu'ils étaient du bon côté de la barrière.
Contrairement à ce qui est répandu comme bruit par les
média internationaux, tous les Congolais ne détestent pas les Banyamulenge. Cela n'est
pas du tout vrai. Mais ce qui a le plus fait mal aux gens, c'est la perception que nos
frères Banyamulenge nous ont " poignardé dans le dos ".
Même si vous n'aviez rien à avoir avec l'agression, vous
avez toutefois été les complices des agresseurs par votre silence. C'est ce qu'on
appelle " la Conspiration du Silence ". Ou vous êtes simplement des "
opportunistes " qui veulent sauver ce qu'il y a encore à sauver du côté congolais.
Les Congolais savent que les Banyamulenge étaient au
courant de tout ce qui se tramait. Nous savons aussi que nos frères Banyamulenge (ceux
qui pouvaient se le permettre) ont mis leur famille à l'abri bien avant tous ces
évènements. Est-ce par hasard? Auriez-vous envoyé cette lettre à Monsieur Bizima si
son camp avait toujours le dessus.
Tout ce qu'on peut dire c'est que tout ça est bien
dommage. C'est vraîment la dernière chose dont on avait besoin au Congo, i.e.
s'entretuer. Pourquoi?
Toza Zobate
Le 29 août 1998 |